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G8/ Chapitre 45 - Une transformation compliquée
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Lorsqu’ils rentrèrent au manoir, vers une heure du matin, Rose s’empressa de questionner Caleb sur leur départ précipité de chez Landry et Claire.
- Je commençais juste à m’amuser !
- Je sais, ma douce.
Rose ne connaissait que trop bien ce regard mystérieux chez son mari.
- J’aurais bien voulu rester, moi aussi, mais c’était impossible. Landry le savait.
- Qu’y a-t-il, Caleb ?
Rose repoussa sa main.
- Tu ne vas pas tarder à devenir un vampire. C’est pour cette nuit.
- Déjà ? Tu m’avais parlé de plusieurs jours...
- Tu as réagi très rapidement, ma douce.
- Regarde-moi, je me sens beaucoup mieux ! Je n’ai même plus mal à l’estomac.
- Je m’en suis aperçu.
- Alors peut-être que tu m’as juste guérie, finalement ! Peut-être que tu te trompes.
- Je t’ai guérie, oui, mais je ne me trompe pas. Allons au salon.
- Mais comment le saurais-tu ?
- Rose, je sais comment ça se passe. Et je t’ai observée. Même Landry l’a constaté et on n’a pas eu besoin de se parler pour ça. Il a compris pourquoi je voulais partir.
- Caleb, ce n’est pas possible ! Pas maintenant !
- Je veux manger de la nourriture et ne pas en être dégoûtée. Et je veux voir le soleil ! Comme dans la maison de Landry !
Aux propos de Rose, Caleb sentit son cœur se crisper.
- Je veux être humaine, Caleb !
- Ce n’est plus possible ma douce.
- Alors, j’aimerais ne plus être en vie.
- Ça non plus, ce n’est plus possible.
Caleb s’assit près d’elle, attristé de la voir aussi triste. Il avait cru, à tort, qu’elle s’était faite à cette idée, mais force était de constater que ce n’était pas du tout le cas.
- Je pensais vraiment que tu voulais devenir un vampire...
- Oui je le voulais...
- Alors, qu’est-ce qui a changé ?
- J’ai peur. De cette vie éternelle. Plus le moment approche et plus j’ai peur.
- Je serai près de toi. Pourquoi crois-tu que j’ai voulu rentrer ?
- Je ne serai plus jamais pareille... Et si je faisais du mal à quelqu’un ?
Rose s’était mise à pleurer à chaudes larmes.
- Aux gens que j’aime ?
Caleb savait très bien que c’était une possibilité, car les jeunes vampires ont beaucoup de mal à se maîtriser et à contrôler leurs pulsions.
- Je suis ton Maître, Rose, je vais tout faire pour que tu restes la même et que tu ne fasses de mal à personne. Je te le promets.
- Tu m’apprendras tout ?
- Oui.
- Caleb... Je me sens bizarre, tout d’un coup...
- C’est parce que la transformation commence. Ne t’inquiète pas, tout va bien se passer.
Rose n’eut pas le temps de répondre. Elle se leva vite, sentant son corps se métamorphoser. Caleb était auprès d’elle pour l’aider à passer ce cap difficile.
A deux heures trente du matin, cette nuit-là, elle acheva sa transformation. Rose était à présent un vampire.
Rose était interpellée. Elle ne savait même pas que son mari pouvait se transformer en chauve-souris.
Rose suivit donc les conseils de Caleb mais elle manquait, à chaque seconde, de s’aplatir sur le sol.
Rose réussit donc à déployer ses ailes. Bizarrement, elle trouva cela plutôt facile, et presque naturel. Le fait de voler la rendit complètement euphorique.
Caleb se rapprocha alors d’elle. Jamais elle n’aurait vivre un jour un instant pareil. Ils étaient en train de cracotter, au-dessus de leur salon.
Après l’expérience, Rose se laissa guider par son mari afin de retrouver sa forme initiale. Elle ne tenait pas à rester une chauve-souris et l’observa avec la plus grande attention.
Ce matin-là, Rose réalisa qu’elle ne pouvait plus voir son reflet dans le miroir.
La tristesse l’envahit alors.
- C’est normal, ne t’en fais pas, assura Caleb.
- C’est peut-être normal, Caleb, mais je ne sais même pas à quoi je ressemble.
- Tu es belle, très belle, Rose.
- Ça, tu me l’as déjà dit cent fois, mon amour, mais ce que je voudrais, c’est me voir.
- Je peux te prendre en photo, si tu le souhaites.
- C’est une très bonne idée.
Rose posa donc devant l’appareil de Caleb, puis il lui montra le résultat.
- Tiens, regarde comme tu es belle !
- Tu peux zoomer sur mon visage ?
- Bien sûr... Voilà !
- Mon Dieu... Je suis horrible...
- Mais pas du tout ! Tu es magnifique !
- Tu plaisantes ? Et ces grosses coulures sur mon visage ? Pourquoi j’ai ça ? Tu n’en as pas, toi ! Et Lilith non plus, et Landry non plus !
- Ce noir qui coule représente la tristesse que tu avais au fond du cœur lors de ta transformation. Je m’y attendais un peu pour tout te dire. Tu n’as appris que des mauvaises nouvelles lorsque tu t’es réveillée.
- Je ne sais même pas comment faire pour redevenir humaine. Je ne veux pas rester comme ça !
- Tu ne redeviendras pas humaine. Mais je vais t’apprendre comment prendre ton apparence humaine.
- D’accord. On peut le faire maintenant ?
Caleb conduisit Rose dans la salle de combat et se transforma.
- Maintenant, c’est à ton tour. Pour revêtir ta forme humaine, c’est la même chose. Allez, à toi !
- Mais je ne peux pas...
- Pourquoi ? Tu n’as pas regardé faire ?
- Si, mais tu es allé beaucoup trop vite.
Caleb refit les mêmes gestes, plus lentement, et Rose observa attentivement sa transformation.
- Maintenant, c’est à toi. Ça va aller ?
- Il faudra bien. Je ne peux pas rester comme ça.
Caleb la regarda essayer de reproduire fidèlement ses gestes. Elle se débrouillait bien.
Mais il observa un problème lorsqu’elle commença à tourner. Il y avait beaucoup trop d’aura noire autour d’elle.
Et en effet, la transformation ne s’était pas opérée.
- Je n’ai pas changé, c’est ça ?
Rose fit plusieurs essais sans succès... Caleb espérait de tout cœur que cela fonctionne ! Et la magie vampirique opéra !
- Caleb ! Je crois que c’est bon, cette fois !
- Je me sens à nouveau humaine. Ça a marché, n’est-ce pas ?
- Non, pas du tout. Il va falloir que tu recommences...
Devant la détresse de sa femme, Caleb mit immédiatement fin à sa mauvaise plaisanterie. Il se rendait bien compte que tout cela était beaucoup trop nouveau pour elle, et qu’elle n’était pas prête à en rire.
- Oh non ! Je crois que je n’y arriverai jamais !
- Mais si ! C’était une blague. Tu as bien repris ta forme humaine.
- Une blague ? Mais pourquoi as-tu fait cela ?
- Je pensais te détendre. Je me suis trompé.
Ils remontèrent au rez-de-chaussée car Rose avait très soif.
- Ta soif est une soif de plasma, ma douce, pas d’eau, crois-moi.
- Mais j’ai envie d’eau !
Et elle alla quand même se servir un verre, au robinet de la cuisine.
- L’eau n’arrêtera pas ta soif...
Caleb la laissa faire. Après tout, c’était aussi bien qu’elle se fasse sa propre expérience, comme lui l’avait fait dans le passé.
- Tu me diras ce que tu en as pensé.
- Laisse-moi finir, tu veux bien ? Pour l’instant, c’est très rafraichissant.
- Sûrement, mais je reste persuadé que le plasma fruit étancherait davantage ta soif. L’eau ne peut rien pour nous. Sauf pour le plaisir.
- Cette eau est très bonne.
Rose alla poser son verre sur la table. Elle y remarqua les packs de plasma que son mari avait laissés sur la table, à son attention. Et son gosier criait famine... Elle se retourna vers lui :
- A la vérité, j’aimerais bien goûter une de ces petites gourdes...
- Tu m’en vois ravi. Ce plasma vient de la réserve de Claire.
- La réserve de Claire ?
Rose planta sa paille dans la gourde.
- Oui. Claire garde du plasma pour nous, tout comme le faisait Shelby. Elles n’étaient pas amies pour rien.
Caleb regarda Rose boire goulument. Elle avala les deux gourdes d’une traite, et le rendit fier sans qu’elle ne le sache. Puis il apprécia son apaisement.
- C’était un pur délice, bien meilleur que le plasma fruit !
- Et tu sais quoi ? Je me sens vraiment rassasiée !
- Parfait. Maintenant, je vais aller travailler un peu. J’ai des dossiers en **bleep**. Tu sauras t’occuper sans moi ?
- Mais oui, ne t’en fais pas ! Il y a toujours à faire au manoir.
Caleb monta donc travailler sur l’ordinateur de sa chambre, tranquillisé.
Mais Rose s’était mise en tête de s’occuper de son jardin. Elle savait que les vampires craignaient le soleil et avait prévu de se munir d’un parapluie. Elle avait déjà vu Lilith le faire. Mais le soleil était plus puissant qu’un parapluie et, en une demi-heure, elle sentit qu’il attaquait sa peau. Elle poussa un petit cri...
Petit cri qui alerta Caleb qui arriva en très peu de temps auprès d’elle.
- Mais qu’est-ce que tu fais ?
- Je m’occupe du jardin.
- Je t’ai entendu crier. Rentre tout de suite !
- Mais nos plantes vont mourir...
- Rentre tout de suite, te dis-je ! Ton épiderme va prendre feu !
- Ce n’est rien. J’ai juste eu une petite brûlure dans le dos.
Caleb se rapprocha de Rose.
- Est-ce que tu te rends compte que ton épiderme va grésiller jusqu’à ce que tu brûles entièrement ?
- J’ai un parapluie. Il me protège.
- Tu vas m’écouter enfin ! Ce parapluie ne te protègera pas. Tu n’as aucune tolérance au soleil pour l’instant ! Un parapluie ne protège que les vampires qui ont un peu d’expérience avec le soleil.
- Et mon jardin ? Je ne vais quand même pas le laisser à l’abandon ?
Caleb attrapa Rose par le bras et l’accompagna à l’intérieur du manoir.
- J’en ai assez de toutes ces discussions ! Lorsque je te demande quelque chose, j’attends de toi que tu m’écoutes, c’est compris ?
- Oui Caleb...
Mais elle ne trouvait pas ça juste.
- Mais qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Je me suis juste occupée de mon jardin.
- Tu vois ! Tu discutes encore !
Caleb était comme fou...
- Et qu’est-ce que je dois faire alors ?
- Ecouter, Rose ! Je veux que tu m’écoutes ! Et que tu arrêtes de discuter, surtout !
Rose ne répondit pas. Il la saisit par les deux bras.
- Bon sang, Rose ! Tu n’as aucune tolérance au soleil ! J’aurais pu te perdre ! Définitivement cette fois ! Est-ce que tu te rends compte ?
Lorsqu’il la relâcha, le ton de sa voix s’était adouci.
- Je ne veux pas te perdre, Rose... C’est juste ça.
- Te rends-tu compte que j’adore m’occuper du jardin ? Que j’adore nager dans notre piscine dans l’après-midi, ou lire sur la terrasse quand il fait beau ? Que vais-je faire maintenant ?
- Je sais cela, ma douce... Je ne le sais que trop bien. Mais ça s’arrangera, je te le promets.
- Mais ce ne sera pas pour tout de suite... Alors, qui prendra soin de mon jardin ?
Caleb l’embrassa sur le front. Il se voulait rassurant devant la détresse de Rose.
- Je le ferai. Je m’en occuperai.
- Mais tu n’y connais rien en jardinage...
Il la serra alors contre lui.
- Tu m’expliqueras tout et je ferai comme tu diras, c’est promis. Je ne veux pas que tu sois malheureuse.
Rose passa le reste de la journée à jouer de l’orgue...
...alors que Caleb s’était isolé au sous-sol pour travailler. Il avait besoin de calme. Et ce calme lui permit de réfléchir. Il savait que sa femme souffrait de la situation, et il en était attristé. Il la revoyait profiter de leur piscine quand il faisait beau, nourrir les oiseaux, ou boire une citronnade sur la terrasse.
Elle aimait tant tous ces petits moments précieux... Caleb eut alors une idée et cessa instantanément de travailler, pour effectuer quelques recherches sur son ordinateur.
A suivre... 🙂
Crédits poses :
- Caleb et Rose sur le canapé : ONLINDA, SHARONSIMS et JOANNE BERNICE
- Caleb serrant Rose contre lui : ATASHI77