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G8/ Chapitre 48 - Une retraite éducative
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Rose sut tout de suite, au ton de sa voix, que Caleb n’était pas content du tout.
- Comment sais-tu que je suis allée dehors ?
- L’ordinateur...
- Je n’ai fait qu’un aller-retour. Juste le temps d’aller le chercher.
- Je t’ai dit de ne pas sortir. Et depuis quand es-tu levée ? Tu sais que tu as besoin de te régénérer.
Caleb monta se changer, et Rose en profita pour s’assoir sur le canapé. Mais sa tranquillité ne dura pas longtemps. Caleb l’invectiva du haut de l’escalier pour qu’elle monte, à son tour.
La première chose qu’elle vit en arrivant dans la chambre fut que Caleb avait revêtu une chemise à fleurs.
- Je ne savais pas que tu aimais les chemises à fleurs.
Il ne releva pas la remarque.
- Regarde dans la commode, je t’ai ramené quelques affaires.
Rose choisit un short et un petit haut bleu.
- Comment me trouves-tu ?
- Tu es à croquer. Cette tenue te va très bien.
Caleb se leva pour l’embrasser...
...puis il la conduisit jusqu’à la salle des cercueils.
- Ça te dit de cracotter, ici, dans mon cercueil ?
Bizarrement, Rose était en confiance et n’appréhendait pas de le rejoindre...
- Allez, viens, ma douce.
Tout se passa nettement mieux que les fois précédentes, et l’expérience lui plut énormément. Sûrement parce qu’elle était, à présent, un vampire.
Ils rigolèrent en cœur lorsqu’ils tombèrent du cercueil.
Caleb aida sa femme à se relever.
- J’n’en reviens pas ! C’était génial !
- Et oui, ça peut être sympa d’être un vampire !
Caleb embrassa alors Rose passionnément.
Puis il s’arrêta et la regarda.
- Maintenant, je vais aller pêcher. J’ai besoin de me détendre. Prépare-nous des macaronis au fromage pour ce soir. Je rentrerai à la nuit tombée.
Rose en avait gros sur le cœur. Elle avait été seule une grande partie de la journée, et voilà que Caleb l’abandonnait encore. Elle le regarda un moment pêcher. Caleb n’était pas très doué pour la pêche et elle espéra qu’il abandonnât l’appât du poisson pour venir la rejoindre.
Mais elle n’y croyait pas trop. Lorsque son mari avait décidé quelque chose, il s’y tenait toujours. C’était sa façon à lui de lui faire comprendre qu’il n’avait pas apprécié qu’elle n’écoute pas ses conseils, conseils qui faisaient partie de son éducation de vampire. Elle respira un grand coup et alla jouer de l’orgue puis, lorsque le jour commença à décliner, elle s’attela à la préparation des macaronis.
Il fallait absolument qu’elle mette de l’eau dans son vin, et tienne compte des décisions de son mari, car leurs rapports étaient de plus en plus tendus, elle en était consciente.
Pourquoi était-ce si difficile ? Cela lui paraissait tellement évident avant...
Lorsque Caleb rentra, la nuit était tombée. Il était allé prendre une douche puis avait rejoint Rose qui jouait aux échecs. Il ne perdit pas de temps en palabres.
- J’ai ramené du poisson. Je veux que tu t’en occupes pour le dîner.
Il la testait ! Elle en était certaine.
- Du poisson ? Mais tu voulais des macaronis au fromage. Je les ai préparés tout à l’heure.
- J’ai changé d’avis.
Elle n’objecta pas.
- D’accord. Tu comptes manger à quelle heure ?
- Dès que ce sera prêt.
Autant dire que c’était tout de suite.
- Je vais préparer les boissons et toi, tu grilleras le poisson. Maintenant. Je t’attends sur la terrasse du haut.
Rose s’exécuta alors, et Caleb était ravi car, c’était la première fois depuis son réveil, qu’elle faisait ce qu’il lui demandait, sans lui imposer de discussion interminable. Elle s’occupa donc du poisson pendant qu’il préparait leurs verres de nectar.
Lorsque le poisson eut fini de griller, ils s’installèrent à table et Caleb le trouva excellent. Rose avait le don de faire de n’importe quel ingrédient, un véritable poème.
- C’est vraiment exquis, ma douce.
- Tu trouves ?
- Oui. Un vrai régal pour les papilles.
- Et qui te dis que je n’ai pas mis d’arsenic dans le poisson ?
- Tu ne l’aurais pas mangé.
- Je n’en ai pas mis sur le mien.
- Les vampires ne craignent pas l’arsenic. Au pire, j’aurais mal au ventre.
- Tu as réponse à tout, pas vrai Caleb ?
- Et toi, tu n’as pas apprécié que je te laisse toute la journée, pas vrai ?
Qu’est-ce qu’il pouvait aimer cette femme ! Il l’aimait tellement, même lorsqu’elle le provoquait.
- Peut-être un petit peu.
- Je sais que tu as détesté. La prochaine fois, tu m’écouteras certainement.
Rose n’avait pas du tout envie de parler de ça. Elle changea de sujet...
- Et ton tour à Ohan’ali ? C’était comment ?
- Très sympa. Les habitants sont toujours aussi charmants.
- J’ai trouvé la petite boutique de vêtements, la seule d’ailleurs et j’ai beaucoup discuté avec le propriétaire. Il m’a dit qu’il y avait très peu d’habitants et que tous ou presque, possédaient une île, comme nous. Parfois il y a deux ou trois maisons sur la même île mais pas plus.
- Il ne doit pas y avoir de touristes par ici. Je n’ai vu personne venir de ce côté de l’île, aujourd’hui.
- Il n’y en a presque jamais. L’archipel n’est pas dans les guides touristiques, et c’est une volonté de la part des habitants.
- Ça se comprend aisément. Cet endroit est si beau qu’ils doivent avoir peur que le tourisme ne finisse par le défigurer.
- C’est la principale raison. Il m’a dit que nous étions les premiers étrangers à mettre les pieds sur l’archipel depuis longtemps.
- Il ne t’a pas regardé d’un mauvais œil ?
- Au contraire, il m’a assuré que nous étions les bienvenus. A condition de respecter l’environnement.
- Ça me parait être la moindre des choses.
- Ils sont très à cheval sur le sujet dans le coin car la nature ici est très fragile. Ils protègent la faune et la flore, aussi bien sur terre que dans l’océan.
- C’est très honorable.
- Il m’a aussi dit que tous les habitants savaient que nous étions là. Nous avons intérêt à ne pas faire d’impair.
- Ce n’est pas notre intention, de toute façon.
- C’est ce que je lui ai dit. Quand j’ai acheté les vêtements pour toi, il m’a questionné sur le fait que tu ne sois pas venue avec moi.
- Et que lui as-tu dit ?
- Que tu étais convalescente. Que tu te remettais d’une longue maladie et que tu étais encore trop faible pour te déplacer.
- Et il t’a cru ?
- Bien sûr. Le pauvre homme n’avait aucune raison de douter de ce que je lui racontais.
- Evidemment. Comment pourrait-il imaginer que des vampires ont élu domicile dans leur bel archipel ?
- Personne ne le pourrait, pas même le mixologue du bar local.
- Tu es retourné là-bas ?
- Je rêve ! Tu es jalouse, n’est-ce pas ?
- Je ne suis pas jalouse mais j’imagine que tu y as, au moins, un souvenir.
- Et bien même pas ! Ce n’est plus du tout le même bar. Ils ont construit un autre baraquement, à la place. Nous allons nous créer plein de souvenirs, toi et moi, à Sulani, et même dans ce bar.
- Tu vas m’y emmener ?
- Oui, dès que je te sentirai prête pour ça.
Rose réalisa alors à quel point la maîtrise de son état vampirique était importante, si elle voulait avoir une vie sociale normale, et Caleb sut le lui rappeler, une fois encore.
- Si tu m’écoutes, tu t’en sortiras plus vite.
- Mais je t’assure que je t’écoute.
- Non, Rose, tu ne m’écoutes pas. Mais ça va changer, je peux te l’assurer.
Caleb se leva, lui demanda de débarrasser les verres, puis de la rejoindre sur le petit balcon.
Rose n’en revenait pas. Elle se croyait revenue aux débuts de leur mariage. Et pourquoi lui imposait-il cette petite terrasse ? La seule qu’elle pouvait utiliser en journée alors que la nuit, il y avait tellement d’autres endroits. Ils auraient pu tout aussi bien rester sur celle-ci, près de la piscine...
Lorsqu’elle arriva sur le petit balcon, Caleb était là, à regarder l’océan. Qu’il était beau et qu’elle l’aimait ! Mais bon, parfois il abusait. Il ne fallait surtout pas l’oublier.
Rose s’assit près de lui, et il commença à lui parler de ce qui le contrariait vraiment.
- Il faut que nous fassions une mise au point. Rose, depuis que tu es sortie du coma, tu ne m’écoutes plus et tu me manques de respect. Tu l’as fait à plusieurs reprises, mais j’ai laissé faire, car tu revenais de très loin, et que j’ai eu très peur de te perdre. Et puis, tu avais besoin de mon soutien durant cette période de transition.
Elle était touchée. Plus qu’en colère, Caleb avait l’air au bout du rouleau. Elle le voyait bien.
- Je ne compte plus tes entorses au protocole mais le pompon, c’est lorsque nous sommes allés chez Landry et Claire ! Tu m’as carrément tenu tête devant mes amis. Et ça, je ne peux pas l’accepter. Je ne veux pas surtout pas être obligé de me perdre en conjectures devant nos amis.
- Je comprends.
Rose ne sut que dire d’autre... Il avait raison, elle le savait...
- As-tu oublié tous nos protocoles ?
- Non, pas du tout. Franchement, tu as été tellement gentil, tellement prévenant, que je n’ai plus pensé aux protocoles.
- Bon sang, Rose ! Tu sais pourtant à quel point j’y suis attaché !
- Je suis désolée...
- Ton comportement de ces derniers jours est inacceptable. Nous sommes ici pour que tu deviennes un bon vampire. Et je compte bien que nous y parvenions. Ensemble. Donc, sois tu m’écoutes, et tu pourras sortir aux abords de la maison, le soir. Soit, tu ne m’écoute pas, et tu resteras ici. Es-tu d’accord, Rose ?
- Oui, je suis d’accord.
- Très bien, parce qu’il sera hors de question de revenir là-dessus.
- Je te montrerai dans quelques minutes à quoi peut ressembler une nuit près de chez nous, mais en attendant, promets-moi de ne plus me faire subir tes discussions interminables. Je dis, tu fais. Tu es toujours d’accord sur le système de punition/récompense ?
- Oui.
- Parfait, alors maintenant, allons mettre nos maillots ! Nous avons encore toute la nuit devant nous après tout !
- Génial !
Ils se rejoignirent sur la plage.
- Alors, tu es prête à profiter de cette belle nuit étoilée ?
- Oh oui ! Je sens le sable sous mes pieds. C’est un vrai bonheur. Et j’aimerais tellement me baigner.
- Qu’est-ce qu’on attend pour y aller. Ce soir, je veux que tu fasses plein de choses ! Mais dès le lever du jour, il te faudra les mériter.
Ils plongèrent donc dans l’océan, ensemble, complices, comme si leur dernière conversation n’avait pas existé...
Seuls au monde...
- C’est quoi ces paniers que tu as mis là-bas ?
- Ce sont des nasses. Je les avais vues près du scooter, et le gars de la boutique de vêtements m’a conseillé de pêcher avec ça. C’est une technique locale. Je vais aller voir si ça a mordu !
- Vas-y. Je reste ici. C’est tellement agréable.
Caleb nagea jusqu’aux paniers tandis que Rose profitait de la fraîcheur océanique.
- Alors, ça donne quoi ?
- Pas grand-chose... J’ai l’impression que cette technique locale n’est pas très efficace. Les poissons nagent autour des nasses...
Caleb éclaboussa Rose.
- Sacripant ! Je ne vais pas me laisser faire !
- J’y compte bien !
Il lui proposa ensuite de faire de la balançoire.
- C’est vraiment génial ! s’exclama-t-elle. Tu peux m’envoyer plus haut ?
- Comme ça ? ça te va ?
- Oh oui ! C’est parfait ! Qu’est-ce que je m’amuse !
Rose était heureuse et Caleb était heureux de la voir heureuse...
Il alla allumer un feu.
- Tu sais, je n’avais jamais fait de balançoire avant ce soir.
- Je m’en suis douté à la façon dont tu t’es accrochée aux cordes lorsque tu t’es assise.
- Et tu étais trop mignonne ! Qu’est-ce que tu aimerais faire maintenant ?
- J’aimerais aller jusqu’à la cascade. Tu crois que c’est possible ?
- Bien sûr ! Nous allons nager jusqu’à elle, ça te dit ?
- Evidemment !
En arrivant de l’autre côté du rivage, Rose nettoya d’abord quelques déchets qu’elle vit dans le sable...
- Il y a donc des gens qui polluent ici...
- Pas nécessairement. La plupart du temps, les déchets arrivent du large. Je vais à la cascade, moi !
Rose courut aussitôt derrière lui mais il était déjà arrivé.
- Il va vraiment que tu m’apprennes à courir aussi vite que toi !
Et elle tenta de l’éclabousser.
Ils jouèrent ainsi sous la cascade...
...comme deux petits fous.
Puis Caleb la ramena près du rivage.
- J’espère que cette belle nuit t’a plu.
- Enormément. Et je me suis beaucoup amusée.
- Et tu en auras d’autres comme celle-ci, je te le promets.
- Merci Caleb.
- Mais il faudra les mériter. Alors dis-toi une chose : tes journées seront peut-être rudes avec ton éducation de vampire, mais tes nuits seront belles...
- Oui, mon amour.
- Et si nous rentrions à présent ? Le jour ne va pas tarder à se lever.
- Je te suis.
Arrivés sur leur plage, ils regardèrent devant eux. Le volcan crachait une fumée rougeâtre.
- Il est beau, n’est-ce pas ?
Caleb embrassa son épouse.
- Sais-tu que tu fais mon bonheur, ma douce ?
A suivre... 🙂
Crédit construction :
- La maison est une création de CRUMBTOPDONUTS que vous pouvez retrouver sur la galerie sous le nom de "Paradise off the grid". J'ai modifié certains éléments de décoration pour les besoins de l'histoire.
Crédit CC :
- Nuisette de Rose : JARUSIMS
- Maillot de bain de Rose : JARUSIMS
- aoi-senritsu1 day agoSeasoned Veteran
Sul sul Natalie-san !
Alors j'ai bien aimé les affrontements et le grand méchant Straud. Revoir les anciennes élues était sympa. 😍 (même si j'aurais aimé aussi voir Maxime, le pauvre a été envoyé le créateur sait où 😑).
Après je ne suis pas une grande fan des femmes soumises/maris autoritaire, ni des demoiselle en détresse donc j'ai un peu de mal avec Rose. Enfin jusqu'à son réveil. Je la préfère insolente et contestaire. J'espère presque qu'elle devienne méchante et grande maitresse de la nuit ! 😎🙊
Je te dis au prochain chap. 😘