Forum Discussion
@L4GaM3US3 Ah le poses, c'est le mal! Elles offrent tellement de possibilités que depuis que j'ai essayé je suis bien incapable de pas m'inventer des histoires autour. J'aime tellement ça :D
Mais qu’est-ce que je fais, là ?
La meilleure chose quand on vie comme moi c’est qu’on ne ressent aucun manque. N’ayant rien connu de bien dans ma vie je ne manque de rien. Je me contente de ce que j’ai, de ce qui se passe peu importe ce que c’est. Pas de familles, pas d’attaches, personne ne m’attend jamais nulle part. Le problème c’est qu’ici je prends mes marques petit à petit. Si les 15 premiers jours je restais sur ma réserve ça devient de plus en plus compliqué maintenant.
Maintenant que le plus gros du nettoyage est fait je me suis aventuré en ville faire un stock de graines, d’engrais et de divers choses qui nous seront nécessaires pour relancer les cultures. J’ai été accueilli avec tant de gentillesse par les habitants de ce patelin paumé que j’ai baissé ma garde. Me voilà à papoter avec le livreur, rendre service à Madame la maire ou à l’épicière. Sans que je m’en rende vraiment compte je tisse des liens, je fais connaissance et j’en oublie presque que tout ceci est provisoire. Comme me le rappelait souvent la famille 5 ce n’est pas chez moi, je n’ai pas ma place ici. Je n’ai de place nulle part.
Horrible ! Voilà un parfait résumé de ce bor *** sans nom. Oui je me répète encore et encore depuis quelques semaines. Je ne comprends même pas pourquoi. Mais qu'est ce qui ne va pas chez moi ?
Aaron a fait un travail extraordinaire en peu de temps redonnant une seconde jeunesse à la ferme, j’ai l’impression de revenir à l’époque où j’étais gamin et où mon père bichonnait l’exploitation. Les ronces, les arbustes morts, les mauvais herbes, tout à disparu. Il à même déjà commencé à préparer les carrés potager qui pourront très vite être ensemencés.
L'étable est à nouveau fonctionnelle j'ai donc plus réinvestir dans du bétail, une vache pour commencer, que Rambo a tenu absolument à nommer Marguerite. Et moi je fond encore plus devant ce nom ridicule et si commun, c'est drôle et touchant en même temps. J'ai assez de temps libre pour voir les changements qui s'opère en lui. Il s'est détendu, calmé et surtout il semble prendre plaisir à chaque tache qu'il accompli ici, trouvant toujours de nouvelles choses à faire auquel moi même je n'avais pas pensé.
Après les champs, l'étable et la cours il a entrepris de remettre en état toute les clôtures et le poulailler. Je n'y songeais même plus au poulailler, je ne songeais plus a grand chose ces dernières années, plongé trop profondément dans ma détresse. J'en avais perdu le goût de tout et depuis son arrivée ici c'est comme si la lumière apparaissait enfin au bout de ce très long tunnel.
Pour preuve j'ai retrouvé ma place derrière les fourneaux, chose que j'avais totalement laissé tomber depuis l'accident, l'inspiration et l'envie qui m'avaient deserté semble à nouveau se refaire une place dans mon quotidien. Je fourmille d'idées nouvelles, de recettes à essayer, de mélange à tenter.
Je me surprend aussi à reprendre plaisir à jardiner. Je ne peux malheureusement pas le faire sur une longue durée, et si d'ordinaire ma condition me plonge dans la honte, ici je ne m'attarde pas là-dessus. Je fais ce que je peux dans le potager, aussi peu soit il, et m'en contente. C'est déjà tellement plus que ce que je faisait il y a moins de trois mois. Je ne suis pas idiot, bien conscient que mon Rambo là dehors est la seule raison à mon retour à la vie, j'ai essayé de garder mes distances, de faire preuve d'indifférence à son égard mais plus les jours passent plus cela s'avère difficile. Il se montre plus ouvert, plus locace et je revois l'homme que j'ai rencontré au café il y a quelque semaines.
On se met à discuter, parfois même à rire, et petit à petit je baisse ma garde.
Pourquoi tout cela est donc si horrible alors ? Parce que malgré tout cela, rien ne change réellement, je reste un infirme inutile et sans intérêt fasciné par un homme de passage bien trop bien pour lui. Si je ne prend par garde à museler mo esprit et mon cœur c’est moi qui serais décrépi et abandonné encore une fois une fois la ferme remise en état et lui reparti. Qu'est ce que je dois faire ?
La petite routine de la ferme n’est pas la seule chose qui dérègle mes pensées. Comme depuis le premier jour je me sens irrémédiablement attiré par Clark.
Ces derniers temps il semble baissé sa garde de plus en plus et quand il ne fait plus attention à me présenter son masque d’indifférence il en devient solaire. Au milieu de toute la douleur qui semble lui alourdir le cœur il rayonne de joie, d’esprit et de charme c’est indéniable.
J’ai découvert un tout autre homme quand je l’ai aperçu avec sa bande d’amis. Je n’ai pas voulu m’imposer mais je suis resté quelques instants mon regard scotché sur lui. Loin du Clark que je connais, un Clark que j’aimerais beaucoup apprendre à connaitre. Certains jours je m’y emploi, et le lendemain je me referme, à quoi cela pourrait bien servir ?
Tout ceci devient bien trop important. Quand j'ai accepté ce deal je ne m'attendais pas à apprécier tout ça.
J'apprend à traire et à m'occuper d'une vache et j'adore.
J'apprend à cultiver les champs et j'adore.
Et j'apprend à le connaître lui et j'adore ça, beaucoup trop pour mon bien.
Quand on ne possède rien, quand on ne désire rien, on ne risque pas d’être blessé ou déçu. Si je venais à m’attacher à lui, plus que ce ne l’ai déjà fait, je souffrirais quand il faudra repartir. Il me reste cinq mois ici, cinq mois avant de repartir nulle part, dans un lieu où je ne serais personne.
En attendant j’effectue mon travail du mieux que je le peux en rêvant d’un monde où je serais assez bien pour un homme comme lui.