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2 years ago
Les jours se succédèrent depuis cette nuit là, et tel l'homme de parole qu'il m'avait assuré être depuis nos épousailles, mon doux sire tenait à me révéler la nature exacte de ces secrets. Si j'en connaissais par avance l'essence, bien des détails manquaient mais fichtre je ne pouvais me résoudre à l'entendre. Le courage semblait m'avoir abandonné et je me complaisait délicieusement dans cet état au bords des limbes. Savoir sans rien savoir me convint à merveille, peu assurée de supporter plus encore d'explications. Un état d'esprit qui apparu vite au regard de mon époux et dès lors il laissa de côté toute tentative d'arguments, préférant de légères discussions sur nos goûts et nos passe-temps, devisant des heures sur tout les sujets possibles, de l'économie du duché à la fabrication de la nouvelle selle de son fidèle destrier, ou s'octroyant quelques courts moments de détente à jouer aux cartes à mon côté. Mon bien étrange époux s'était mis à me faire une cour des plus enflammées.
Bien assez tôt, mue par un étrange besoin de clairvoyance sur toute ma destinée je me décida enfin à demander les réponses que je repoussait avec tant de vigueur.
Et comme une habitude déjà fort ancrée, il me surpris par sa douceur, et sa patience. Après m'avoir fermement tenu blotti contre lui nous montâmes dans nos appartements, dinâmes prestement, et nous nous préparâmes déjà pour la nuit afin de congédier au plus tôt les gens du château. Nos ablutions terminées, c'est le cœur serré de doute que je pris sa main tendu et le suivit.
- Voilà donc ma crypte ma Rosie. En ce lieu connu uniquement de moi, et de toi, je peux être moi-même, le moi qui te cause tant de souffrance. Point de secrets, point de pieux mensonges en ce lieu, c'est ici temple.
- Je ne suis point homme à révéler les secrets d'un autre, or ce soir je n'aurais d'autre choix que de m'y contraindre. Vous êtes, ma douce Rosie, ma duchesse, mon épouse et mon unité, je ne puis taire un seul mot de ma vérité car il vous faudra tout entendre, tout comprendre pour choisir votre destinée de manière éclairée.
- Je naquit humain il y a de cela 226 ans, dans un hameau pauvre du comté de Forgotten Hollow. Abandonné à peine mis au monde par une froide et sombre nuit sans lune, je fus bientôt recueilli par le Baron qui chassait cette nuit là. Vladislaus Straud, Baron de Forgotten Hollow, m'éleva comme son fils de sang, me donna un nom, des valeurs, une éducation, et bientôt il fit de moi le confident de tout ses secrets, même les plus inavouables. Bien que ne m'en ayant point donné la confirmation sans conteste, je sais qu'il n'en me reprochera point de m'en ouvrir à toi aujourd'hui. Ce cher baron est depuis bien des années un vampire, une âme damnée, condamnée à vivre en marge des modestes humains et à se repaitre de leur sang. Quand une terrible bataille m'amena à l'aube du jugement dernier il me transforma à mon tour, ne supportant pas l'idée de perdre son fils, si ce n'est de chair, au moins de cœur. Et alors que la mort devait m'emporter avec elle dans les limbes de l'oubli je m'éveilla quelque jours plus tard, empli d'une force nouvelle et d'une soif inextinguible.
- Je suis bien un monstre ma mie, l'un de ces monstres qui peuplent les histoires terrifiantes que l'on narrent aux enfants pour les mettre en garde sur la noirceur de ce monde. Bien que n'ayant jamais fait aucune victime humaine, car je ne pus jamais me résoudre à une telle ignominie, le monstre tapi en moi s'est moult fois abreuvé aux cous d'innocents qui avaient eu le malheur de croiser mon chemin. Jusqu'au jour au Vladislaus, lui aussi rebuté à l'idée d'ôter la vie d'innocents humains par essence bien faible face à nous, trouva un élixir issu d'étrange fruits très rare qui comblent nos envies de sang. Nous mangeons et festoyons tel les humains mais cela n'est pour nous que successions de plats et breuvage insipides et peu ragoutant...
- Ne me fuis pas mon aimée, point encore, laisse moi terminer et tu pourras décider du sort qui sera le tien...
- Ne me craint point non plus ma douce, je ne mentais point en te disant que tu ne serais jamais plus en sécurité qu'à mon côté. Il m'est totalement impossible de te faire le moindre mal depuis le premier regard que je posais sur toi....
- Nous sommes des êtres damnés, jusque dans les affres de l'amour. Nous pouvons courir la campagne, passant de port en port, de filles en filles sans le moindre effet, sans aucun lien, jusqu'à croiser la route de notre unité. Chacune des âmes damnés cachées en ce monde trouvera son unité, sa moitié, une âme des plus pures que son âme reconnaitra l'autre part d'elle même. Une fois rencontrée, que cette personne nous offre son cœur ou nous rejette nous n'appartenons plus qu'à elle. Jamais plus nous n'aimerons une autre qu'elle, jamais plus nous ne courtiserons une autre, et jamais nous ne pourrons nuire à notre unité. Ils nous est physiquement impossible de la blesser.
-Chaque vampire qui fut rejeté par son unité se mit a errer sans but comme un pauvre hère, sombrant peu à peu dans la folie, jusqu'à ce qu'il ne reste de lui qu'une coquille vide. C'est ainsi que pourtant si différent le baron et la baronne s'aiment d'un amour si puissant, ils sont leur unité. Une âme pure qui acceptera pleinement l'âme meurtri de l'autre, et dans cette amour ils s'équilibreront l'un et l'autre. Cependant ce lien ne peut au aucune manière être imposé de force. C'est pourquoi ma douce Rosammund il est maintenant temps de décider de ton destin...
- Prend le temps mon amour, choisi ta voie. Tu peux décider de ne point vouloir de cette vie, alors je te ferais installer dans mon château d'été, avec des gens, et toute les ressources dont tu auras besoin. Tu seras totalement libre de mener ta vie comme tu l'entends, et jamais plus ta route ne croiseras la mienne...
Décides ...
Prends en main ton destin ...