Forum Discussion
2 years ago
L'esprit embrumé par toutes mes récentes déconvenues je me découvrais à présent une incapacité à faire mes propres choix. Je m'étais toujours prévalue d'être une femme forte et raisonnable, capable et désireuse de faire ses propres choix de vie et il m'en était aujourd'hui impossible, partagée entre ma raison et mon cœur. Car il e m'était point possible de taire ce dernier, qui bien qu'en proie au doute sur l'avenir n'avait point de cesse de battre pour mon époux. Les timides élans qui m'avaient saisi durant les premiers jours de notre union face à ce que j'apprenais sur la véritable personnalité de mon duc de mari ne s'étaient point taris en découvrant ses sombres secrets, et s'étaient même vu s'épanouir face aux sentiments de sécurité qui s'était emparé de moi lorsqu'il m'avait serré au creux de ces bras cette nuit là, et encore face à la douleur que j'avait vu croitre dans ses yeux en pensant me perdre. Il n'était que vérité de dire que j'avais développé un amour sincère et secret pour mon époux, mais ma raison se percutait à sa véritable nature. Pourrions nous avoir un avenir serein, pourrais je lui faire confiance et ne plongerait je jamais dans la peur de mon époux? Tant de questions qui demeuraient sans réponses.
Lady Lilith, au fait des mes tourments passait de long moment en ma compagnie, amie dévouée prête à bavasser de tout et de rien si j'en ressentais le besoin mais aussi oreille attentive pour que j'y déversa mes doutes. Mais toujours égale à ce qu'elle m'avait dit plutôt et sans jamais vouloir m'imposer ses idées propres elle me répétait encore et encore les tendres sentiments de mon époux et la sécurité qu'il essayerais à tout jamais de m'apporter.
En mon for intérieur ma décision était déjà prise, et cela je crois depuis les premiers mots de mon mari ce triste matin, mais pour la première fois de ma vie je manquait de courage. En moi se mélangeait la peur de l'étrangeté de mon époux, la peur que d'autres secrets se tapissent encore dans l'ombre mais aussi la peur de ne plus lui convenir, et de perdre un jour prochain l'homme que j'avais appris à aimer malgré tout.
Nous nous croisions, inconnus silencieux, sans jamais échanger un mot. Le duc ne me pressa point, n'attendant aucune réponse de moi avant que je sois prête à lui en donner une. Il me saluait chaque matin, mais jour après jour je voyais son regard se ternir. Ses yeux, miroir ouvert sur son âme et ses pensées, devenaient vide, creux, à mesure que les jour passaient. Point de doute ici aussi que mon silence était la cause de ses tourments, et quand ce matin là je ne le croisais point, et que toute la maisonnée semblait plongée dans une profonde inquiétude et un silence mortuaire mes doutes s'évanouirent comme neige au soleil.
Mon époux, peut importe ce qu'il était, avait fait le vœux solennel de me chérir et de me protéger, et il s'y était employé avec ferveur et dévotion. Il ne s'était point imposé à moi, il n'avait point essayer de me changer, m'encourageant même à approfondir mes passe temps, aussi bien la lecture que le maniement des armes. Il m'avait livré toutes se vérités sans même cacher la profonde détresse que l'idée de me perdre déclenchait en lui. Et surtout il ne m'eut point menti, s'étant toujours présenté comme le monstre qu'il pense être. Le plus monstrueux aujourd'hui s'avérait bien être moi, tourmenteuse volontaire de nos cœurs blessés. Il était mon époux, un époux que je n'avait pas choisi, un époux tendre, honnête et respectueux, et je l'aimais. Le temps des doutes n'était plus, il était temps de m'emparer du cœur de mon époux, de panser les vilaines plaies que je lui avait infligés et de le garder en sécurité.
- Milord, pardonnnez moi d'interrompre... et bien de vous interrompre mais je pense qu'il nous faut parler maintenant....
- Oui Milady, je crois en effet qu'il est temps. J'enverrais mon intendant faire ouvrir le domaine tantôt, le temps de tout mettre en ordre vous devriez pouvoir vous y installer sous peu.
- Plait il sire ? Le domaine ?
- Oui ma mie, je ne peux vous proposer le divorce malheureusement, votre réputation serait brisé à jamais, et vous vous retrouveriez seule dans ce monde cruelle. Puissiez vous me pardonner de vous contraindre à demeurer mariée mais j'ai juré de vous protéger et je le ferais à jamais. Cependant je vous rend autant de liberté qu'il m'en ait possible. Vous pourrez gérer le domaine comme il vous plait. Je vous assurez une rente des plus confortable, et jamais plus vous ne croiserez ma route, mais sachez bien que si vous avez besoin de quoi que ce soit Milady je m'efforcerais d'y pourvoyez.
- Sire je ne peux vivre une vie de solitude, enfermée dans un domaine, tout aussi confortable soit il. J'aspire à un foyer chaleureux, un tendre compagnon pour partager la vie...
Cette conversation ne pouvait assurément se dérouler plus mal. Une indicible douleur traversa les traits de mon époux et c'est dans un souffle roque qu'il m'adressa la plus douloureuse réponse qu'il fut possible.
- Milady ayez pitié.... Je, je ne peux vous contraindre à cette vie de solitude j'en conviens, et je n'exprimerais aucun désaccord à ce que vous trouviez un amant, un compagnon qui accompagnera vous jours.....
- Je ne comprend.. milord je ne sais que comprendre. Ne m'aimez vous donc plus ?
- Oh ma Rosie je vous aimerez pour l'éternité... Et pas un seul jour je n'aurais de cesse de penser à vous, mais .....
- Pauvres sots que les gens amoureux Milord, surtout quand ils semblent ne point savoir communiquer.
- Milady ?
- Oui Milord sommes nous sots de nous infliger pareils tourments. Je n'aspire pas à un domaine à moi, ni à une totale liberté, et surtout pas à un amant. Caleb, mon amour, je sis votre épouse, j'ai fait le vœux de vous aimer et de vous chérir, et je compte m'y employer tant que l'on me prêtera vie.
- Rosie, ma douce Rosie, vous ... vous m'aimez ? Malgré, malgré tout ? Milady, vous ne pouvez point, ce n'est que folie. Je vous l'interdit! Je ne suis qu'un monstre, une bête cruelle dépourvue d'âme.
- Vous êtes ce que vous êtes mon aimé, mais vous êtes surtout honorable, courageux, tendre, simple, honnête, protecteur, vous êtes peut être un monstre, quoi que j'en doute fortement, mais vous êtes mon monstre Milord. Un monstre avec l'âme la plus belle qui puisse exister.
- Rosie, auriez vous la fièvre ? Vous n'êtes pas ....
Suis je une mauvaise personne ? Je ne m'étais jamais questionné à ce sujet, mais il semblerait que je sois plus mauvaise que mon monstre de mari, car après lui avoir infligé pareil douleur, voilà que son obstination à me refuser m'emplit d'allégresse et de joie, dans ses yeux se déchirent le terreur, l'amour, la peur, tant que sentiments qui tiraille son esprit et moi je me retiens à peine d'en rire. Seigneur qu'ai-je pu être sotte à mon tour, mon doux, mon tendre époux est certes un vampire mais c'est l'homme le plus dévoué, généreux et altruiste de tout temps. Un dernier regard au fond du sien et je sais que je ne dois être nulle part ailleurs qu'ici, dans les bras de mon époux, qui sombre plus encore dans la panique à l'idée de mon amour pour lui. Alors je suis saisi d'une nouvelle force et je sais la seule et unique chose que je dois faire en cet instant.
Mes lèvres se posent délicatement sur ses lèvres et il bascule. Dans ce baiser nous scellons notre promesse, il m'appartient et je suis à lui. Le reste n'a aucune importance.
C'est un mariage arrangé que je ne désirait pas, c'est un mari étrange que je n'aurait pus imaginer que dans mes cauchemars les plus noirs, c'est une vie que je n'aurais pas chois, c'est un avenir incertain et des questionnements à venir.
Mais je sais avec certitude et avec bonheur que c'est ma place, c'est mon mari, ma vie et mon avenir, c'est mon destin, un destin que j'ai choisi de suivre parce qu'être l'épouse d'un homme tel que lui vaut tout au monde.
Il est à moi et je lui appartiens, ce soir et à jamais.
******************************
FIN DE LA PREMIERE PARTIE.
******************************