Forum Discussion
Nathalie986
4 years agoSeasoned Ace
Tout d’abord je vous souhaite à tous une belle et heureuse année 2022. Je suis heureuse de vous retrouver pour vous raconter la suite des aventures de mes mercenaires.
@Eljisim
Heureuse que cette croix sur le visage d’Opaline t’ait fait rire ! :D Je pense que tu n’as pas saisi la dimension dramatique qui voulait dire « Et un de moins ! ». :p o:)
En fait, j’ai fait disparaître Opaline à cause de toutes ces crises de sirène à propos des poissons, même si elle n’en a jamais rien dit. Elle aurait pu le faire, après tout ! :D
Euh... combattre le feu par le feu, je ne suis pas sûre que ce soit l’idée du siècle. Mais c’est peut-être ce qu’avait Audric en tête... vas savoir
Merci pour ton commentaire, Elji :kissing_heart:
@idjya
Je me suis bien marrée à la lecture de ton commentaire ! Mais oui, je crois sincèrement qu’Audric déteste tellement les poules et les poissons, qu’il en préfère les fantômes ... ou le feu. :mrgreen:
Merci pour le repas en souvenir d’Opaline. :kissing_heart:
@oiseaudelune
Merci pour les funérailles d’Opaline, mais ne te sens pas inhumaine pour Sohaïl. Il n’était pas humain de toute façon. :D
Je suis contente de t’avoir fait rire avec le désarroi d’Audric face à l’enclos des poulets.
Concernant les statuettes, j’ai décidé de les cacher car Tempérance n’est pas encore apparue sur le terrain, et je ne voudrais pas que ça l’empêche d’y venir.
Bien sûr que Susumu est sympa mais le pauvre Audric s’est laissé envahir par une colère inattendue... C’est de la faute à l’hôpital (et peut-être de la mienne, aussi) :wink:
Oui, Opaline, le retour. Personne n’est en fait réellement mort dans cet hôpital.
A propos du plan pour détruire Tempérance, Audric en a un bien ficelé, mais que nous ne découvrirons qu’en temps voulu... ça risque d’être très intéressant, en effet. :wink:
La colère a tellement consumé Audric qu’elle lui a mis des idées folles en tête, comme le feu. Sauf que ben... non seulement, ce n’était pas une bonne idée, mais en plus les guêpes se sont attaquées à lui pour montrer leur mécontentement. :grimace:
Alors ? L’hôpital va-t-il brûler ? La réponse tout de suite.
Merci beaucoup pour ton commentaire. Bisous à toi aussi. :kissing_heart:
@Arcaluce
Merci beaucoup pour l’air coincé trop mignon d’Audric. Je trouve que ça lui va bien aussi. :blush:
Je te concède que folie incendiaire d’Audric laisse imaginer le pire et qu’il aurait dû rester en cuisine. C’était plus calme. On va voir tout de suite si le pire va se produire. :open_mouth:
Des cupcakes ? Mais tu sais le prix que ça coûte une machine à cupcakes, et surtout la place que ça prend, même si c’est bon pour le moral ? Il n’y a pas d’atelier prévu pour, ici.. :wink:
Merci pour les petites touches d’humour que j’ajoute au récit. Ça me fait plaisir que tu les aies relevées.
J’essaye de donner un côté attachant à tous les personnages, même si j’en préfère certains plutôt que d’autres. Alors, je suis heureuse si ça fonctionne. :blush:
Je trouve très joli l’adjectif que tu as utilisé pour décrire la forme fantomatique d’Opaline : vaporeuse. J’aime beaucoup.
L’avantage avec les fantômes, c’est qu’on a l’impression que les sims ne sont pas morts car ils reviennent. C’est une découverte intéressante pour moi car ne je joue que très rarement, voire jamais, avec eux, comme les extraterrestres d’ailleurs. Je découvre tout cela avec ce challenge. :kissing_heart:
@Pascalimsette
Merci pour l’hommage à Opaline. Oui, elle est de retour, en fantôme, comme si rien ne s’était passé.
L'aspirateur souffleur n’est pas toujours disponible pour désherber. Il faut avoir un certain niveau en jardinage pour l’utiliser, et Audric l’a.
Audric a récupéré la statuette pour que Tempérance se montre. Et il a un beau projet pour la vaincre, que nous ne connaîtrons pas tout de suite.
Qu’est-ce qui lui a pris de mettre le feu au désordre devant l'HP ? Je dirais, sa colère incontrôlable... ou peut-être son observatrice qui voulait faire une expérience... Oups ! :mrgreen:
C’est vrai que la tête des autres est assez marrante à voir.
On va savoir tout de suite s’il y a eu des pertes. :kissing_heart:
Et maintenant la suite...
Point de vue d'Ancelin
Il était près de 15 heures... Le feu avait brûlé toute la nuit et commençait seulement à s’étouffer.
Nous étions tous animés par un ressentiment puissant envers Audric. Guidry lui-même était aussi exaspéré qu’Odely et moi.
S’il y avait bien une chose que les vampires craignent, c’est le feu.
La suite juste en dessous :smile:
@Eljisim
Heureuse que cette croix sur le visage d’Opaline t’ait fait rire ! :D Je pense que tu n’as pas saisi la dimension dramatique qui voulait dire « Et un de moins ! ». :p o:)
En fait, j’ai fait disparaître Opaline à cause de toutes ces crises de sirène à propos des poissons, même si elle n’en a jamais rien dit. Elle aurait pu le faire, après tout ! :D
Euh... combattre le feu par le feu, je ne suis pas sûre que ce soit l’idée du siècle. Mais c’est peut-être ce qu’avait Audric en tête... vas savoir
Merci pour ton commentaire, Elji :kissing_heart:
@idjya
Je me suis bien marrée à la lecture de ton commentaire ! Mais oui, je crois sincèrement qu’Audric déteste tellement les poules et les poissons, qu’il en préfère les fantômes ... ou le feu. :mrgreen:
Merci pour le repas en souvenir d’Opaline. :kissing_heart:
@oiseaudelune
Merci pour les funérailles d’Opaline, mais ne te sens pas inhumaine pour Sohaïl. Il n’était pas humain de toute façon. :D
Je suis contente de t’avoir fait rire avec le désarroi d’Audric face à l’enclos des poulets.
Concernant les statuettes, j’ai décidé de les cacher car Tempérance n’est pas encore apparue sur le terrain, et je ne voudrais pas que ça l’empêche d’y venir.
Bien sûr que Susumu est sympa mais le pauvre Audric s’est laissé envahir par une colère inattendue... C’est de la faute à l’hôpital (et peut-être de la mienne, aussi) :wink:
Oui, Opaline, le retour. Personne n’est en fait réellement mort dans cet hôpital.
A propos du plan pour détruire Tempérance, Audric en a un bien ficelé, mais que nous ne découvrirons qu’en temps voulu... ça risque d’être très intéressant, en effet. :wink:
La colère a tellement consumé Audric qu’elle lui a mis des idées folles en tête, comme le feu. Sauf que ben... non seulement, ce n’était pas une bonne idée, mais en plus les guêpes se sont attaquées à lui pour montrer leur mécontentement. :grimace:
Alors ? L’hôpital va-t-il brûler ? La réponse tout de suite.
Merci beaucoup pour ton commentaire. Bisous à toi aussi. :kissing_heart:
@Arcaluce
Merci beaucoup pour l’air coincé trop mignon d’Audric. Je trouve que ça lui va bien aussi. :blush:
Je te concède que folie incendiaire d’Audric laisse imaginer le pire et qu’il aurait dû rester en cuisine. C’était plus calme. On va voir tout de suite si le pire va se produire. :open_mouth:
Des cupcakes ? Mais tu sais le prix que ça coûte une machine à cupcakes, et surtout la place que ça prend, même si c’est bon pour le moral ? Il n’y a pas d’atelier prévu pour, ici.. :wink:
Merci pour les petites touches d’humour que j’ajoute au récit. Ça me fait plaisir que tu les aies relevées.
J’essaye de donner un côté attachant à tous les personnages, même si j’en préfère certains plutôt que d’autres. Alors, je suis heureuse si ça fonctionne. :blush:
Je trouve très joli l’adjectif que tu as utilisé pour décrire la forme fantomatique d’Opaline : vaporeuse. J’aime beaucoup.
L’avantage avec les fantômes, c’est qu’on a l’impression que les sims ne sont pas morts car ils reviennent. C’est une découverte intéressante pour moi car ne je joue que très rarement, voire jamais, avec eux, comme les extraterrestres d’ailleurs. Je découvre tout cela avec ce challenge. :kissing_heart:
@Pascalimsette
Merci pour l’hommage à Opaline. Oui, elle est de retour, en fantôme, comme si rien ne s’était passé.
L'aspirateur souffleur n’est pas toujours disponible pour désherber. Il faut avoir un certain niveau en jardinage pour l’utiliser, et Audric l’a.
Audric a récupéré la statuette pour que Tempérance se montre. Et il a un beau projet pour la vaincre, que nous ne connaîtrons pas tout de suite.
Qu’est-ce qui lui a pris de mettre le feu au désordre devant l'HP ? Je dirais, sa colère incontrôlable... ou peut-être son observatrice qui voulait faire une expérience... Oups ! :mrgreen:
C’est vrai que la tête des autres est assez marrante à voir.
On va savoir tout de suite s’il y a eu des pertes. :kissing_heart:
Et maintenant la suite...
*** *** *** *** *** *** ***
Point de vue d'Ancelin
Il était près de 15 heures... Le feu avait brûlé toute la nuit et commençait seulement à s’étouffer.
Nous étions tous animés par un ressentiment puissant envers Audric. Guidry lui-même était aussi exaspéré qu’Odely et moi.
S’il y avait bien une chose que les vampires craignent, c’est le feu.
Spoiler
Nos amis humains dégageaient une odeur nauséabonde et tombaient de fatigue.
Audric fut le premier à se laisser choir, inconscient et misérablement, sur les pavés, au pied de l’escalier de l’hôpital.
Mais qu’était-il donc passé par la tête de cet humain-jeteur de sort, pour avoir imaginé une absurdité pareille ? Sa sottise me laissait complètement médusé.
Nous le vîmes se redresser après une dizaine de minutes, et faire quelques pas avant de s’arrêter près de la fontaine. Il affichait un air abattu.
Je me précipitai, à vitesse vampirique, vers le dernier foyer encore allumé pour y déverser toute la puissance de l’extincteur que j’avais saisi.
J’entendis Audric accourir vers moi, aboyant des mots décousus, pour m’empêcher de mettre fin à l’incendie.
Il fut heureusement arrêté par Odely et Amaël qui se chargèrent de l’accompagner jusqu’à son lit pour qu’il puisse se reposer.
A 15h20, l’incendie était complètement maîtrisé.
Mes amis étaient dans un état calamiteux. Ils avaient faim, sommeil, et la pestilence qui émanait d’eux n’avait rien à envier au tas de déchets qui venait de brûler des heures durant.
Ils s’étaient réunis dans la cuisine pour satisfaire leurs estomacs endoloris puis avaient rejoint leurs couches sans plus attendre, s’endormant, pour certains, dans leur propre saleté.
Je me dois cependant de souligner que mes compères masculins ont fait preuve de courtoisie et de bienveillance, puisqu’ils ont élégamment laissé la seule baignoire, et la seule douche de l’hôpital, à Fantine et Doreen afin qu’elles puissent se laver.
Odely et moi avions alors mesuré l’urgence qu’il y avait à posséder des sanitaires supplémentaires, et nous avions offert à Guidry, avant qu’il ne reparte, six cents simflouz, afin qu’il nous donne accès à deux salles de bain de l’étage.
L’ectoplasme avait été ravi de nous aider puis s’en était retourné dans son « au-delà » en péril, après nous avoir salués.
Odely m’avait aidé à nettoyer les sanitaires, à boucher les fissures et à enlever les toiles d’araignées qui s’étaient installées un peu partout.
Nous n’étions que deux mais, deux vampires tels que nous pouvaient abattre le travail de trente humains en un temps record.
Lorsque nous eûmes fini, Odely m’accompagna jusqu’au centre-bourg, à la boutique « Trouves-y-tout » de Juju, afin d’y acquérir deux baignoires pour nos compagnons d’infortune.
Nous n’échangeâmes que des banalités. Son visage était aussi fermé qu’une stèle de tombeau... Pourtant, je ne pouvais m’empêcher de la regarder... elle... si belle et si forte.
Lorsque nous rentrâmes à l’hôpital, nous installâmes les baignoires et les raccordâmes au réseau interne de l’établissement.
Nous n’avions pas oublié de remplir quelques seaux avec l’eau du lac. Il n’était pas envisageable d’en manquer maintenant. Nos amis en auraient été effondrés.
Odely s’éclipsa ensuite en me laissant seul dans une salle de bain flambant neuve.
Je me faufilai ensuite jusque dans la chambre des femmes pour y lire le journal que nous avions aperçu la veille. Elles dormaient encore...
Audric nous avait déjà résumé le contenu du journal se trouvant dans la chambre des hommes et, celui-ci semblait relater les mêmes évènements, et exprimer les mêmes désespoirs que ce qu’il nous avait conté.
Ces pauvres humains avaient été arrachés à leurs familles contre leur volonté, simplement parce qu’ils étaient victimes de maux psychiatriques passagers qui auraient pu être soignés autrement. Celui-là avait été déprimé parce qu’il venait de perdre sa femme et cela avait suffi pour justifier son internement.
Il avait aimé sa femme plus que tout autre chose au monde.
Au fil de ma lecture, je me rendis compte que ses propos devenaient de plus en plus incohérents à mesure qu’il racontait ses passages à l’infirmerie pour y avaler ses traitements et y subir des tourments indescriptibles. Il les nommait des « expériences ».
Parfois, il revenait dans sa chambre sans pouvoir parler, parfois, il n’avait plus aucune motricité, parfois, il ne se souvenait de rien.
L’hôpital l’avait rendu fou alors qu’il ne l’était pas en y entrant, et, tout comme dans l’histoire qu’Audric nous avait résumée, cet homme-là avait fini par voir des « choses ». Il parlait de « boules de couleurs ». Certaines souriaient tandis que d’autres crachaient du feu, malfaisantes.
Est-ce la folie qui lui avait permis de les voir ? C’est ce qu’il pensait. Les spectres ? Car je savais qu’il parlait d’eux.
Une chose est sûre, les médecins avaient prévu d’augment son traitement, de lui mettre une camisole et de l’isoler.
Le journal s’arrêta là, ou presque... Il eut une dernière pensée pour sn fils qu’il évoquait souvent, et il priait le ciel pour qu’il ne lui arrivât rien de mal, et qu’il réussît sa vie.
Le journal finissait par ces quelques mots : « Je t’aime, Naoki. Ton père, Susumu. »
Je me levai alors pour observer les photos qui étaient punaisées sur le mur de sa chambre. Il y avait de nombreuses photos de femme, la même, à différents moments. Je pouvais supposer qu’il s’agissait de Manon, la femme de Susumu, morte prématurément de la tuberculose.
Le portrait, un peu plus bas, représentait un homme brun avec une moustache élégante. Il s’agissait de Susumu avant son entrée à l’hôpital. Il avait la posture de tête d’un homme fier et heureux, un bel homme de son époque.
A ma gauche, déposé au sol mais appuyé contre le mur, se tenait le portrait d’un enfant, à peine adolescent. Je n’eus aucun mal à deviner que se trouvait devant moi, Naoki, son fils... un fils qu’il n’eut jamais le loisir de revoir.
Je contemplai la photo, usée et abîmée à force d’avoir été touchée par les doigts du père, d’un air détaché.
Même si je comprenais, et même si je trouvais cette histoire horrible, je m’étais forgé une carapace suffisamment dure pour ne pas m’appesantir sur le malheur d’autrui. Les faits... juste les faits...
Je descendis jusqu’à la réception pour me réfugier dans cette musique troublante que j’aimais tant.
L’orgue avait un effet salutaire sur moi. Dans quelle mesure ? Je ne saurais le dire, car depuis que la malédiction m’avait séparé de ma femme, je ne ressentais plus rien. Ni haine, ni colère, ni peine, ni tristesse.
Seule sa présence me rappelait que je n’étais pas complètement mort ou insensible, et la musique m’y aidait aussi, me berçant de doux souvenirs.
Elle s’était assise pour m’écouter jouer, comme elle l’avait fait tant de fois par le passé... à la différence près qu’elle avait pris un siège à distance respectable, et que mes doigts auraient pu saigner de la violence avec laquelle je heurtais les touches, si je n’avais pas été un vampire...
Je pouvais sentir son âme se repaître de cette mélodie qui fut la nôtre, et entendre ses pensées, inconsolables d’être, à la fois, si près et si loin de moi.
Au cours de leur existence éternelle, les vampires ne pouvaient aimer qu’une seule et unique fois. Nous pouvions tomber amoureux plusieurs fois, comme n’importe quel humain, bien sûr, mais... aimer avec un grand A, nous ne le pouvions qu’une fois.
A condition que nous trouvions notre âme sœur, celui ou celle qui serait notre Unique. Et je l’avais trouvée... celle que j’aimais par-dessus tout, qui m’aimait plus que de raison, celle avec qui je pouvais communiquer par la pensée, celle qui me comprenait d’un seul regard... Et nous nous étions perdus.
Alors que nous étions heureux depuis des siècles, il avait fallu que nous acceptions, en 1989, une mission dans cet hôpital maudit.
Nous y étions venus avec Adrian Duplantier et Luc Lapierre, un de ses amis jeteur de sorts.
C’est là que nous avons croisé Tempérance pour la première fois. Notre présence sur les lieux l’avait rendue hors d’elle, et elle avait menacé Odely.
Luc avait bien tenté d’user de ses pouvoirs pour la dompter, mais sans succès. Il était trop jeune et ne maîtrisait rien face à la puissante dame en colère que nous avions tous sous-estimée.
La fureur de Tempérance nous avait tous surpris, tous sauf Odely qui s’était ruée sur elle, comptant lui donner une bonne leçon.
Ma douce y parvint, mais ce ne fut pas sans conséquences.
Tempérance s’en prit à nous, à notre couple. La menace m’avait semblée bien réelle et je me souviens l’avoir sentie venir au plus profond de moi. Mais Odely la narguait. Elle la fixait de ses grands yeux, sans peur et sans crainte.
Sur mon insistance, elle finit par cesser ses provocations...
...mais trop tard.
Tempérance lança sur nous sa malédiction infernale, la malédiction qui nous séparerait à jamais.
Nous eûmes un temps infime pour nous serrer l’un contre l’autre une dernière fois.
Luc Lapierre tenta une dernière expérience magique pour contrer le sortilège mais il échoua une nouvelle fois, et une décharge de feu nous sépara, Odely et moi, décharge qui nous aurait probablement transformés en tas de cendres, si nous ne nous étions pas éloignés l’un de l’autre... pour toujours.
Je m’étais arrêté de jouer sans même m’en rendre compte.
- N’y pense plus, Ancelin... me dit-elle de sa voix douce.
- J’essaye... mais j’y pense chaque jour que Dieu fait.
- Je le sais bien.
Nous étions si proches sans pouvoir nous toucher...
Odely s’occupa de faire changer de direction à nos pensées en me proposant de m’occuper de la survie du groupe jusque dans la nuit du lendemain.
- Etant donné qu’Audric ne t’a pas permis de prendre les choses en main avant quinze heures, il serait plus juste que tu gardes ton tour jusqu’à demain. Toi aussi, tu as le droit à une journée entière.
- Tu as raison. Sans compter que j’ai tout de même fait ma part de travaux forcés aujourd’hui, alors que c’était le seul jour de la semaine où j’aurais dû en être exempté.
J’avais essayé de dire cela sur le ton de la plaisanterie, mais le cœur n’y était pas.
- Parfait. Je préviendrai Amaël qu'il prendra son tour après-demain. Et si on allait faire un peu de cuisine avant que les autres ne se réveillent ?
Nous avions donc partagé la cuisine dans la bonne humeur.
Odely avait remarqué que certains ingrédients indispensables nous manquaient, mais je l’avais tout de suite rassurée. J’avais donné à Juju une liste de courses qu’il avait promis de nous faire livrer, dès le lendemain matin.
Audric fut le premier à se laisser choir, inconscient et misérablement, sur les pavés, au pied de l’escalier de l’hôpital.
Mais qu’était-il donc passé par la tête de cet humain-jeteur de sort, pour avoir imaginé une absurdité pareille ? Sa sottise me laissait complètement médusé.
Nous le vîmes se redresser après une dizaine de minutes, et faire quelques pas avant de s’arrêter près de la fontaine. Il affichait un air abattu.
Je me précipitai, à vitesse vampirique, vers le dernier foyer encore allumé pour y déverser toute la puissance de l’extincteur que j’avais saisi.
J’entendis Audric accourir vers moi, aboyant des mots décousus, pour m’empêcher de mettre fin à l’incendie.
Il fut heureusement arrêté par Odely et Amaël qui se chargèrent de l’accompagner jusqu’à son lit pour qu’il puisse se reposer.
A 15h20, l’incendie était complètement maîtrisé.
Mes amis étaient dans un état calamiteux. Ils avaient faim, sommeil, et la pestilence qui émanait d’eux n’avait rien à envier au tas de déchets qui venait de brûler des heures durant.
Ils s’étaient réunis dans la cuisine pour satisfaire leurs estomacs endoloris puis avaient rejoint leurs couches sans plus attendre, s’endormant, pour certains, dans leur propre saleté.
Je me dois cependant de souligner que mes compères masculins ont fait preuve de courtoisie et de bienveillance, puisqu’ils ont élégamment laissé la seule baignoire, et la seule douche de l’hôpital, à Fantine et Doreen afin qu’elles puissent se laver.
Odely et moi avions alors mesuré l’urgence qu’il y avait à posséder des sanitaires supplémentaires, et nous avions offert à Guidry, avant qu’il ne reparte, six cents simflouz, afin qu’il nous donne accès à deux salles de bain de l’étage.
L’ectoplasme avait été ravi de nous aider puis s’en était retourné dans son « au-delà » en péril, après nous avoir salués.
Odely m’avait aidé à nettoyer les sanitaires, à boucher les fissures et à enlever les toiles d’araignées qui s’étaient installées un peu partout.
Nous n’étions que deux mais, deux vampires tels que nous pouvaient abattre le travail de trente humains en un temps record.
Lorsque nous eûmes fini, Odely m’accompagna jusqu’au centre-bourg, à la boutique « Trouves-y-tout » de Juju, afin d’y acquérir deux baignoires pour nos compagnons d’infortune.
Nous n’échangeâmes que des banalités. Son visage était aussi fermé qu’une stèle de tombeau... Pourtant, je ne pouvais m’empêcher de la regarder... elle... si belle et si forte.
Lorsque nous rentrâmes à l’hôpital, nous installâmes les baignoires et les raccordâmes au réseau interne de l’établissement.
Nous n’avions pas oublié de remplir quelques seaux avec l’eau du lac. Il n’était pas envisageable d’en manquer maintenant. Nos amis en auraient été effondrés.
Odely s’éclipsa ensuite en me laissant seul dans une salle de bain flambant neuve.
Je me faufilai ensuite jusque dans la chambre des femmes pour y lire le journal que nous avions aperçu la veille. Elles dormaient encore...
Audric nous avait déjà résumé le contenu du journal se trouvant dans la chambre des hommes et, celui-ci semblait relater les mêmes évènements, et exprimer les mêmes désespoirs que ce qu’il nous avait conté.
Ces pauvres humains avaient été arrachés à leurs familles contre leur volonté, simplement parce qu’ils étaient victimes de maux psychiatriques passagers qui auraient pu être soignés autrement. Celui-là avait été déprimé parce qu’il venait de perdre sa femme et cela avait suffi pour justifier son internement.
Il avait aimé sa femme plus que tout autre chose au monde.
Au fil de ma lecture, je me rendis compte que ses propos devenaient de plus en plus incohérents à mesure qu’il racontait ses passages à l’infirmerie pour y avaler ses traitements et y subir des tourments indescriptibles. Il les nommait des « expériences ».
Parfois, il revenait dans sa chambre sans pouvoir parler, parfois, il n’avait plus aucune motricité, parfois, il ne se souvenait de rien.
L’hôpital l’avait rendu fou alors qu’il ne l’était pas en y entrant, et, tout comme dans l’histoire qu’Audric nous avait résumée, cet homme-là avait fini par voir des « choses ». Il parlait de « boules de couleurs ». Certaines souriaient tandis que d’autres crachaient du feu, malfaisantes.
Est-ce la folie qui lui avait permis de les voir ? C’est ce qu’il pensait. Les spectres ? Car je savais qu’il parlait d’eux.
Une chose est sûre, les médecins avaient prévu d’augment son traitement, de lui mettre une camisole et de l’isoler.
Le journal s’arrêta là, ou presque... Il eut une dernière pensée pour sn fils qu’il évoquait souvent, et il priait le ciel pour qu’il ne lui arrivât rien de mal, et qu’il réussît sa vie.
Le journal finissait par ces quelques mots : « Je t’aime, Naoki. Ton père, Susumu. »
Je me levai alors pour observer les photos qui étaient punaisées sur le mur de sa chambre. Il y avait de nombreuses photos de femme, la même, à différents moments. Je pouvais supposer qu’il s’agissait de Manon, la femme de Susumu, morte prématurément de la tuberculose.
Le portrait, un peu plus bas, représentait un homme brun avec une moustache élégante. Il s’agissait de Susumu avant son entrée à l’hôpital. Il avait la posture de tête d’un homme fier et heureux, un bel homme de son époque.
A ma gauche, déposé au sol mais appuyé contre le mur, se tenait le portrait d’un enfant, à peine adolescent. Je n’eus aucun mal à deviner que se trouvait devant moi, Naoki, son fils... un fils qu’il n’eut jamais le loisir de revoir.
Je contemplai la photo, usée et abîmée à force d’avoir été touchée par les doigts du père, d’un air détaché.
Même si je comprenais, et même si je trouvais cette histoire horrible, je m’étais forgé une carapace suffisamment dure pour ne pas m’appesantir sur le malheur d’autrui. Les faits... juste les faits...
Je descendis jusqu’à la réception pour me réfugier dans cette musique troublante que j’aimais tant.
L’orgue avait un effet salutaire sur moi. Dans quelle mesure ? Je ne saurais le dire, car depuis que la malédiction m’avait séparé de ma femme, je ne ressentais plus rien. Ni haine, ni colère, ni peine, ni tristesse.
Seule sa présence me rappelait que je n’étais pas complètement mort ou insensible, et la musique m’y aidait aussi, me berçant de doux souvenirs.
Elle s’était assise pour m’écouter jouer, comme elle l’avait fait tant de fois par le passé... à la différence près qu’elle avait pris un siège à distance respectable, et que mes doigts auraient pu saigner de la violence avec laquelle je heurtais les touches, si je n’avais pas été un vampire...
Je pouvais sentir son âme se repaître de cette mélodie qui fut la nôtre, et entendre ses pensées, inconsolables d’être, à la fois, si près et si loin de moi.
Au cours de leur existence éternelle, les vampires ne pouvaient aimer qu’une seule et unique fois. Nous pouvions tomber amoureux plusieurs fois, comme n’importe quel humain, bien sûr, mais... aimer avec un grand A, nous ne le pouvions qu’une fois.
A condition que nous trouvions notre âme sœur, celui ou celle qui serait notre Unique. Et je l’avais trouvée... celle que j’aimais par-dessus tout, qui m’aimait plus que de raison, celle avec qui je pouvais communiquer par la pensée, celle qui me comprenait d’un seul regard... Et nous nous étions perdus.
Alors que nous étions heureux depuis des siècles, il avait fallu que nous acceptions, en 1989, une mission dans cet hôpital maudit.
Nous y étions venus avec Adrian Duplantier et Luc Lapierre, un de ses amis jeteur de sorts.
C’est là que nous avons croisé Tempérance pour la première fois. Notre présence sur les lieux l’avait rendue hors d’elle, et elle avait menacé Odely.
Luc avait bien tenté d’user de ses pouvoirs pour la dompter, mais sans succès. Il était trop jeune et ne maîtrisait rien face à la puissante dame en colère que nous avions tous sous-estimée.
La fureur de Tempérance nous avait tous surpris, tous sauf Odely qui s’était ruée sur elle, comptant lui donner une bonne leçon.
Ma douce y parvint, mais ce ne fut pas sans conséquences.
Tempérance s’en prit à nous, à notre couple. La menace m’avait semblée bien réelle et je me souviens l’avoir sentie venir au plus profond de moi. Mais Odely la narguait. Elle la fixait de ses grands yeux, sans peur et sans crainte.
Sur mon insistance, elle finit par cesser ses provocations...
...mais trop tard.
Tempérance lança sur nous sa malédiction infernale, la malédiction qui nous séparerait à jamais.
Nous eûmes un temps infime pour nous serrer l’un contre l’autre une dernière fois.
Luc Lapierre tenta une dernière expérience magique pour contrer le sortilège mais il échoua une nouvelle fois, et une décharge de feu nous sépara, Odely et moi, décharge qui nous aurait probablement transformés en tas de cendres, si nous ne nous étions pas éloignés l’un de l’autre... pour toujours.
Je m’étais arrêté de jouer sans même m’en rendre compte.
- N’y pense plus, Ancelin... me dit-elle de sa voix douce.
- J’essaye... mais j’y pense chaque jour que Dieu fait.
- Je le sais bien.
Nous étions si proches sans pouvoir nous toucher...
Odely s’occupa de faire changer de direction à nos pensées en me proposant de m’occuper de la survie du groupe jusque dans la nuit du lendemain.
- Etant donné qu’Audric ne t’a pas permis de prendre les choses en main avant quinze heures, il serait plus juste que tu gardes ton tour jusqu’à demain. Toi aussi, tu as le droit à une journée entière.
- Tu as raison. Sans compter que j’ai tout de même fait ma part de travaux forcés aujourd’hui, alors que c’était le seul jour de la semaine où j’aurais dû en être exempté.
J’avais essayé de dire cela sur le ton de la plaisanterie, mais le cœur n’y était pas.
- Parfait. Je préviendrai Amaël qu'il prendra son tour après-demain. Et si on allait faire un peu de cuisine avant que les autres ne se réveillent ?
Nous avions donc partagé la cuisine dans la bonne humeur.
Odely avait remarqué que certains ingrédients indispensables nous manquaient, mais je l’avais tout de suite rassurée. J’avais donné à Juju une liste de courses qu’il avait promis de nous faire livrer, dès le lendemain matin.
La suite juste en dessous :smile: