Forum Discussion
Nathalie986
4 years agoSeasoned Ace
Suite chapitre 06
A suivre...
Secrets de tournage
Bilan des ventes de la journée
Et voici maintenant l’hôpital à la fin de cette sixième journée.
Les progrès de l'équipe
Spoiler
Lorsque nous eûmes terminé, il faisait déjà nuit. Nos amis étaient tous dans la cuisine, vêtus de leurs pyjamas. Odely avait disparu, tandis que j’étais resté quelques minutes pour discuter avec eux.
Ils avaient trouvé les deux salles de bain, donc nous avions sciemment laissé les portes ouvertes, et en étaient enchantés. Je constatai même, avec soulagement, qu’ils avaient dû s’en servir.
Avant de les quitter, les informai qu’un plat de spaghetti bolognese se trouvait dans le frigo à leur attention, puis je m’éclipsais, bien décidé à aller me servir un petit verre de plasma-mary au salon.
En arrivant, je découvris qu’une nouvelle marque maléfique était apparue sur le sol mais, surtout, que Guidry était là, et qu’il courtisait grossièrement Odely.
Je m’assis à leur table en ne quittant pas des yeux le bellâtre ectoplasmique, puis lui recommandai expressément de cesser ses avances suggestives envers elle.
Guidry n’eut pas l’air ravi d’entendre mes ordres déguisés en demande :
- Et on peut savoir en quoi notre discussion vous concerne ? me lança-t-il sur un ton désagréable.
- Elle me concerne, voilà tout.
- Pas du tout. Mêlez-vous de vos affaires. Nous discutions en toute amitié, et votre intervention est malvenue.
Odely m’envoya un signal pour m’inciter à abandonner la partie.
Je savais qu’elle était assez grande pour se débrouiller seule, et je devinais aussi qu’elle avait certainement eu d’autres amants que moi depuis notre malédiction, mais je ne voulais pas voir. Deviner me suffisait amplement.
Je me levai sans un mot, étouffant ma colère, pour aller rejoindre Amaël, Fantine et Doreen autour de la table de Parcémente.
Mes amis avaient, semble-t-il, tous décidé de garder leurs pyjamas. Les humains étaient parfois très étranges.
Au milieu de la séance, nous entendîmes de légers craquements non loin de nous. Fantine ouvrit les yeux pour voir ce qui se passait, mais rien n’avait changé autour de nous.
Le bruit s’intensifia, comme si quelque chose se promenait dans les murs, puis la voix de Tempérance surgie de nulle part, s’adressa à nous :
« Paaartez.... L’hôpital est à moiiii ! » Son rire diabolique envahit la pièce puis le silence s’imposa à nous.
Amaël se risqua à parler, d’une voix peu assurée :
- Vous avez tous entendu, n’est-ce pas ?
- Ça suffit ! me mis-je à crier. Ne voyez-vous donc pas qu’elle cherche à nous faire peur ? Cessez de rentrer dans son jeu. Elle se nourrit de nos peurs et de nos colères. Tout l’hôpital s’en nourrit.
- C’est malin ! me dit Doreen sur le ton du reproche. Tu as mis fin à la séance.
- Il y en aura d’autres, ne t’en fais pas.
Mon regard glacial n’eut pas à souffrir d’autres de ses réflexions.
J’avais entraîné Fantine un peu plus loin dans le couloir pour lui demander de me donner un peu de sang. Je commençais à avoir sérieusement soif, et je ne voulais pas quitter l’hôpital à la recherche d’un repas en sachant Guidry en train de tourner autour d’Odely.
Fantine accepta tout de suite :
- Avec plaisir. Je suis en pleine forme, alors si je peux te rendre service...
C’est à ce moment-là qu’apparut Susumu, le fantôme avec qui Fantine avait lié une amitié, mais aussi l’auteur du journal que j’avais lu un peu plus tôt dans l’après-midi.
Ce fantôme avait parfaitement l’air sain d’esprit (si je puis m’exprimer ainsi), lorsqu’on sait dans quel état il a achevé sa pauvre vie.
Il nous salua tous les deux puis s’adressa à Fantine en disant qu’il ne comprenait pas pourquoi elle acceptait, de son plein gré, de se faire mordre par des vampires.
- C’est un échange de bons procédés, Susu, lui répondit Fantine.
Susu ?! Mais qu’est-ce que j’exécrais ces surnoms ou diminutifs, par trop courants dans cette époque dévergondée.
- Et je ne ne donne pas mon sang à tous les vampires. Seulement à Odely et Ancelin. Ce sont mes amis. Ils me le rendent bien, je t’assure.
- Tu dois avoir mal, pourtant ?
- Pas tant que ça. C’est même plutôt agréable, parfois. Mais tu es trop mignon de t’inquiéter pour moi.
- Tu me fais penser à la fille que j’aurais pu avoir, lui répondit Susumu. Mais je n’ai eu le temps de n’avoir qu’un fils.
Afin d’éviter les jacasseries inutiles sur le bien-fondé, ou non, de donner son sang à un vampire, j’orientai Susumu sur le journal que j’avais trouvé dans la chambre des femmes.
- Vous êtes bien l’auteur de ce journal, n’est-ce pas ?
- Vous ne vous trompez pas. Je suis bien Susumu Ikeda.
Susumu refusa de s’étendre sur ce qu’il avait écrit sur son internement. Il me convia cependant à découper la couverture de son journal pour y lire d’autres pages, plus accusatrices, celles-là :
- Nous discuterons une fois que vous les aurez lues, me dit-il.
Je me levai donc pour le remercier et lui assurer que je poursuivrais ma lecture, mais il était temps pour moi de me nourrir. Ma soif ne pouvait plus attendre.
Je m’étais alors transformé sous ses yeux.
- Mais comment fais-tu, Fantine ? s’outra-t-il. Franchement, cet aspect-là est très repoussant.
- Ce n’est pas très gentil, ce que tu dis là, Susu ! s’esclaffa Fantine.
Si j’avais conservé une once d’émotion, je crois que j’aurais pu rire aussi, à ces paroles irréfléchies. Susumu ne savait manifestement pas de quoi les vampires étaient capables.
Je lui enviais sa candeur, mais je n’avais pas le temps de m’en interrésser.
Fantine m’avait tendu son poignet et je ne voulais pas la faire attendre.
Susumu ferma les yeux puis se leva. Nous entendîmes, au même moment, une porte grincer en provenance des étages.
- Bon, je vous laisse les amis ! Tout cela est passionnant mais je n’ai pas envie d’en voir plus. Au fait, la porte que vous venez d’entendre est celle de la deuxième chambre du premier étage, dans l’aile ouest. C’est un petit cadeau pour vous, Ancelin.
Ce fantôme était, ma foi, fort sympathique.
Je remerciai Fantine pour son don plasmatique et la félicitai pour le choix de ses amis.
- Tu sais, me dit-elle, je n’ai pas voulu lire ce journal alors qu’il est dans notre chambre, à Doreen et à moi. J’y ai vu le nom de Susumu et je ne voulais pas vio-ler son intimité, mais il n’a pas l’air contre, n’est-ce pas ? Tu crois que je devrais le lire ?
- Agis selon ton cœur. Je ne peux pas te dire plus.
- Merci Ancelin. Tu viens de me donner ma réponse.
- Si je peux être utile...
C’est à ce moment-là que nous entendîmes un bruit si violent qu’il nous sembla que l’hôpital, en son entier, allait s’écrouler sur nos têtes.
Fantine se dirigea vers le salon, tandis que je me hâtai vers la réception. La terre tremblait sous nos pieds. Je reconnus immédiatement la poupée maléfique qui se trouvait assise sur le sol, l’œuvre de Tempérance...
- Quand est-elle apparue ? demandai-je à Amaël.
- Depuis un petit moment déjà.
J’aperçus, au loin, Yoram qui paniquait.
Doreen ne semblait pas se trouver mieux, mais il faut reconnaître qu’elle s’épeurait facilement.
Au moment où Guidry allait pour s’asseoir près de moi, la voix stridente de Tempérance envahit l’hôpital :
« Il y a déjà eu un mort. D’autres suivront si vous restez. ALLEZ-VOUS-EN ! »
L’instant d’après, je sentis qu’Odely était en difficulté, en prise avec un ennemi invisible qui voulait la combattre et qu’elle ne maîtrisait pas.
Comment combattre ce que l’on ne peut voir ? Et comment aurais-je pu l’aider ? Je ne savais même pas dans quelle pièce elle se trouvait.
Le sol redevint stable, les bruits cessèrent, et je me tournai vers Guidry, inamical :
- A quoi riment toutes ces galanteries envers Odely ? Vous êtes un fantôme. Elle est faite de chair et d’os.
- Pas exactement, non... Odely est aussi morte que vous et moi. En cela, nous nous ressemblons. J’aime beaucoup sa présence.
A ces mots et, malgré des émotion anéanties, la colère s’empara de nouveau de moi. Je savais combien elle pouvait être néfaste dans un endroit comme celui-ci, et j’avais mis les autres en garde afin qu’ils n’y succombent pas, mais je fus de ceux qui s’y laissèrent prendre.
Je suis le seul à pourvoir aimer la présence d’Odely. Je m’attaquai donc à Guidry.
Lui, si paisible d’ordinaire, vira du rose au rouge en quelques millisecondes, bien déterminé à ne pas me laisser prendre le dessus, et répliquant à mes violentes accusations.
Au bout d’un échange tumultueux, il finit par se lever. Nous nous jaugions mutuellement d’un regard haineux et féroce.
J’étais dans la détestation de ce fantôme et, pourtant, il me semblait l’estimer.
Je le vis franchir la porte de l’hôpital en me narguant. Il n’avait pas peur de moi et, à aucun moment, je ne l’avais vu courber l’échine devant moi.
Une petite voix en moi me soufflait de ne pas le suivre. ‘Laisse ta colère s’apaiser...’
Mais elle était bien frêle et bien fluette à côté de celle, si puissante, qui guida mes pas jusqu’à lui. Il était furieux.
Il me faisait presque rire, mais quelque chose me poussait à le provoquer. J’aurais tellement aimé avoir une épée entre les mains pour le convier en duel, comme au bon vieux temps. Nous réglions les tensions si facilement, à cette époque-là.
Mais je n’avais pas d’épée et je m’avançai vers lui :
- Tu veux combattre, espèce de mirliflore, alors allons-y !
Mon air arrogant n’avait pas plu au bellâtre, et nous avions combattu, sans répit, dans une lutte acharnée.
L’esbroufeur avait perdu, cela va de soi.
Tout fantôme qu’il était, il n’avait pas mesuré le danger qu’il affrontait, et je l’avais mis à genoux. Je m’en régalai.
- Alors ? Qui est le plus fort ? Accepte de te soumettre à ma volonté, petit ectoplasme.
J’étais tellement sûr de moi, à ce moment-là ; je me sentais tellement supérieur à lui.
Je repris ma forme humaine alors que les gonds d’une nouvelle porte se mirent à grincer pour annoncer la libération d’une autre pièce.
Guidry me foudroya du regard, toujours paré de son aura colérique, et me faisant redescendre de mon piédestal. Il me tutoya, en écho aux propos que je lui avais tenus un peu plus tôt :
- Bravo Ancelin. Une nouvelle chambre vous est accessible à tous, grâce à ta jalousie. Sache que je n’ai jamais envisagé de te prendre Odely. Je connais votre histoire. Je t’ai simplement mené là où je le voulais. Cette querelle était mon but.
Je l’observai, interloqué :
- Que veux-tu dire ?
- Rien de plus, et rien de moins que ce que je viens de te dire. Je t’ai poussé à la colère pour que tu me combattes. L’hôpital m’a bien aidé. Nous sommes à présent ennemis jurés mais, un jour, nous deviendrons sûrement amis. Laissons le temps effacer cette improbable mais nécessaire fâcherie. Je dois y aller, maintenant.
Le jour s’était finalement levé. Guidry s’était bien moqué de moi, et je me félicitai de n’avoir eu aucun témoin de notre discorde.
Je rejoignis la chambre des femmes pour terminer la lecture du journal de Susumu.
Mes pensées vagabonderaient ainsi vers d’autres lieux et d’autres vies... Un triste exutoire pour oublier... et, peut-être... de nouvelles révélations.
Ils avaient trouvé les deux salles de bain, donc nous avions sciemment laissé les portes ouvertes, et en étaient enchantés. Je constatai même, avec soulagement, qu’ils avaient dû s’en servir.
Avant de les quitter, les informai qu’un plat de spaghetti bolognese se trouvait dans le frigo à leur attention, puis je m’éclipsais, bien décidé à aller me servir un petit verre de plasma-mary au salon.
En arrivant, je découvris qu’une nouvelle marque maléfique était apparue sur le sol mais, surtout, que Guidry était là, et qu’il courtisait grossièrement Odely.
Je m’assis à leur table en ne quittant pas des yeux le bellâtre ectoplasmique, puis lui recommandai expressément de cesser ses avances suggestives envers elle.
Guidry n’eut pas l’air ravi d’entendre mes ordres déguisés en demande :
- Et on peut savoir en quoi notre discussion vous concerne ? me lança-t-il sur un ton désagréable.
- Elle me concerne, voilà tout.
- Pas du tout. Mêlez-vous de vos affaires. Nous discutions en toute amitié, et votre intervention est malvenue.
Odely m’envoya un signal pour m’inciter à abandonner la partie.
Je savais qu’elle était assez grande pour se débrouiller seule, et je devinais aussi qu’elle avait certainement eu d’autres amants que moi depuis notre malédiction, mais je ne voulais pas voir. Deviner me suffisait amplement.
Je me levai sans un mot, étouffant ma colère, pour aller rejoindre Amaël, Fantine et Doreen autour de la table de Parcémente.
Mes amis avaient, semble-t-il, tous décidé de garder leurs pyjamas. Les humains étaient parfois très étranges.
Au milieu de la séance, nous entendîmes de légers craquements non loin de nous. Fantine ouvrit les yeux pour voir ce qui se passait, mais rien n’avait changé autour de nous.
Le bruit s’intensifia, comme si quelque chose se promenait dans les murs, puis la voix de Tempérance surgie de nulle part, s’adressa à nous :
« Paaartez.... L’hôpital est à moiiii ! » Son rire diabolique envahit la pièce puis le silence s’imposa à nous.
Amaël se risqua à parler, d’une voix peu assurée :
- Vous avez tous entendu, n’est-ce pas ?
- Ça suffit ! me mis-je à crier. Ne voyez-vous donc pas qu’elle cherche à nous faire peur ? Cessez de rentrer dans son jeu. Elle se nourrit de nos peurs et de nos colères. Tout l’hôpital s’en nourrit.
- C’est malin ! me dit Doreen sur le ton du reproche. Tu as mis fin à la séance.
- Il y en aura d’autres, ne t’en fais pas.
Mon regard glacial n’eut pas à souffrir d’autres de ses réflexions.
J’avais entraîné Fantine un peu plus loin dans le couloir pour lui demander de me donner un peu de sang. Je commençais à avoir sérieusement soif, et je ne voulais pas quitter l’hôpital à la recherche d’un repas en sachant Guidry en train de tourner autour d’Odely.
Fantine accepta tout de suite :
- Avec plaisir. Je suis en pleine forme, alors si je peux te rendre service...
C’est à ce moment-là qu’apparut Susumu, le fantôme avec qui Fantine avait lié une amitié, mais aussi l’auteur du journal que j’avais lu un peu plus tôt dans l’après-midi.
Ce fantôme avait parfaitement l’air sain d’esprit (si je puis m’exprimer ainsi), lorsqu’on sait dans quel état il a achevé sa pauvre vie.
Il nous salua tous les deux puis s’adressa à Fantine en disant qu’il ne comprenait pas pourquoi elle acceptait, de son plein gré, de se faire mordre par des vampires.
- C’est un échange de bons procédés, Susu, lui répondit Fantine.
Susu ?! Mais qu’est-ce que j’exécrais ces surnoms ou diminutifs, par trop courants dans cette époque dévergondée.
- Et je ne ne donne pas mon sang à tous les vampires. Seulement à Odely et Ancelin. Ce sont mes amis. Ils me le rendent bien, je t’assure.
- Tu dois avoir mal, pourtant ?
- Pas tant que ça. C’est même plutôt agréable, parfois. Mais tu es trop mignon de t’inquiéter pour moi.
- Tu me fais penser à la fille que j’aurais pu avoir, lui répondit Susumu. Mais je n’ai eu le temps de n’avoir qu’un fils.
Afin d’éviter les jacasseries inutiles sur le bien-fondé, ou non, de donner son sang à un vampire, j’orientai Susumu sur le journal que j’avais trouvé dans la chambre des femmes.
- Vous êtes bien l’auteur de ce journal, n’est-ce pas ?
- Vous ne vous trompez pas. Je suis bien Susumu Ikeda.
Susumu refusa de s’étendre sur ce qu’il avait écrit sur son internement. Il me convia cependant à découper la couverture de son journal pour y lire d’autres pages, plus accusatrices, celles-là :
- Nous discuterons une fois que vous les aurez lues, me dit-il.
Je me levai donc pour le remercier et lui assurer que je poursuivrais ma lecture, mais il était temps pour moi de me nourrir. Ma soif ne pouvait plus attendre.
Je m’étais alors transformé sous ses yeux.
- Mais comment fais-tu, Fantine ? s’outra-t-il. Franchement, cet aspect-là est très repoussant.
- Ce n’est pas très gentil, ce que tu dis là, Susu ! s’esclaffa Fantine.
Si j’avais conservé une once d’émotion, je crois que j’aurais pu rire aussi, à ces paroles irréfléchies. Susumu ne savait manifestement pas de quoi les vampires étaient capables.
Je lui enviais sa candeur, mais je n’avais pas le temps de m’en interrésser.
Fantine m’avait tendu son poignet et je ne voulais pas la faire attendre.
Susumu ferma les yeux puis se leva. Nous entendîmes, au même moment, une porte grincer en provenance des étages.
- Bon, je vous laisse les amis ! Tout cela est passionnant mais je n’ai pas envie d’en voir plus. Au fait, la porte que vous venez d’entendre est celle de la deuxième chambre du premier étage, dans l’aile ouest. C’est un petit cadeau pour vous, Ancelin.
Ce fantôme était, ma foi, fort sympathique.
Je remerciai Fantine pour son don plasmatique et la félicitai pour le choix de ses amis.
- Tu sais, me dit-elle, je n’ai pas voulu lire ce journal alors qu’il est dans notre chambre, à Doreen et à moi. J’y ai vu le nom de Susumu et je ne voulais pas vio-ler son intimité, mais il n’a pas l’air contre, n’est-ce pas ? Tu crois que je devrais le lire ?
- Agis selon ton cœur. Je ne peux pas te dire plus.
- Merci Ancelin. Tu viens de me donner ma réponse.
- Si je peux être utile...
C’est à ce moment-là que nous entendîmes un bruit si violent qu’il nous sembla que l’hôpital, en son entier, allait s’écrouler sur nos têtes.
Fantine se dirigea vers le salon, tandis que je me hâtai vers la réception. La terre tremblait sous nos pieds. Je reconnus immédiatement la poupée maléfique qui se trouvait assise sur le sol, l’œuvre de Tempérance...
- Quand est-elle apparue ? demandai-je à Amaël.
- Depuis un petit moment déjà.
J’aperçus, au loin, Yoram qui paniquait.
Doreen ne semblait pas se trouver mieux, mais il faut reconnaître qu’elle s’épeurait facilement.
Au moment où Guidry allait pour s’asseoir près de moi, la voix stridente de Tempérance envahit l’hôpital :
« Il y a déjà eu un mort. D’autres suivront si vous restez. ALLEZ-VOUS-EN ! »
L’instant d’après, je sentis qu’Odely était en difficulté, en prise avec un ennemi invisible qui voulait la combattre et qu’elle ne maîtrisait pas.
Comment combattre ce que l’on ne peut voir ? Et comment aurais-je pu l’aider ? Je ne savais même pas dans quelle pièce elle se trouvait.
Le sol redevint stable, les bruits cessèrent, et je me tournai vers Guidry, inamical :
- A quoi riment toutes ces galanteries envers Odely ? Vous êtes un fantôme. Elle est faite de chair et d’os.
- Pas exactement, non... Odely est aussi morte que vous et moi. En cela, nous nous ressemblons. J’aime beaucoup sa présence.
A ces mots et, malgré des émotion anéanties, la colère s’empara de nouveau de moi. Je savais combien elle pouvait être néfaste dans un endroit comme celui-ci, et j’avais mis les autres en garde afin qu’ils n’y succombent pas, mais je fus de ceux qui s’y laissèrent prendre.
Je suis le seul à pourvoir aimer la présence d’Odely. Je m’attaquai donc à Guidry.
Lui, si paisible d’ordinaire, vira du rose au rouge en quelques millisecondes, bien déterminé à ne pas me laisser prendre le dessus, et répliquant à mes violentes accusations.
Au bout d’un échange tumultueux, il finit par se lever. Nous nous jaugions mutuellement d’un regard haineux et féroce.
J’étais dans la détestation de ce fantôme et, pourtant, il me semblait l’estimer.
Je le vis franchir la porte de l’hôpital en me narguant. Il n’avait pas peur de moi et, à aucun moment, je ne l’avais vu courber l’échine devant moi.
Une petite voix en moi me soufflait de ne pas le suivre. ‘Laisse ta colère s’apaiser...’
Mais elle était bien frêle et bien fluette à côté de celle, si puissante, qui guida mes pas jusqu’à lui. Il était furieux.
Il me faisait presque rire, mais quelque chose me poussait à le provoquer. J’aurais tellement aimé avoir une épée entre les mains pour le convier en duel, comme au bon vieux temps. Nous réglions les tensions si facilement, à cette époque-là.
Mais je n’avais pas d’épée et je m’avançai vers lui :
- Tu veux combattre, espèce de mirliflore, alors allons-y !
Mon air arrogant n’avait pas plu au bellâtre, et nous avions combattu, sans répit, dans une lutte acharnée.
L’esbroufeur avait perdu, cela va de soi.
Tout fantôme qu’il était, il n’avait pas mesuré le danger qu’il affrontait, et je l’avais mis à genoux. Je m’en régalai.
- Alors ? Qui est le plus fort ? Accepte de te soumettre à ma volonté, petit ectoplasme.
J’étais tellement sûr de moi, à ce moment-là ; je me sentais tellement supérieur à lui.
Je repris ma forme humaine alors que les gonds d’une nouvelle porte se mirent à grincer pour annoncer la libération d’une autre pièce.
Guidry me foudroya du regard, toujours paré de son aura colérique, et me faisant redescendre de mon piédestal. Il me tutoya, en écho aux propos que je lui avais tenus un peu plus tôt :
- Bravo Ancelin. Une nouvelle chambre vous est accessible à tous, grâce à ta jalousie. Sache que je n’ai jamais envisagé de te prendre Odely. Je connais votre histoire. Je t’ai simplement mené là où je le voulais. Cette querelle était mon but.
Je l’observai, interloqué :
- Que veux-tu dire ?
- Rien de plus, et rien de moins que ce que je viens de te dire. Je t’ai poussé à la colère pour que tu me combattes. L’hôpital m’a bien aidé. Nous sommes à présent ennemis jurés mais, un jour, nous deviendrons sûrement amis. Laissons le temps effacer cette improbable mais nécessaire fâcherie. Je dois y aller, maintenant.
Le jour s’était finalement levé. Guidry s’était bien moqué de moi, et je me félicitai de n’avoir eu aucun témoin de notre discorde.
Je rejoignis la chambre des femmes pour terminer la lecture du journal de Susumu.
Mes pensées vagabonderaient ainsi vers d’autres lieux et d’autres vies... Un triste exutoire pour oublier... et, peut-être... de nouvelles révélations.
A suivre...
Secrets de tournage
Spoiler
Ami et ennemi...
J’ai bien ri en voyant cela :
J’ai bien ri en voyant cela :
Bilan des ventes de la journée
Et voici maintenant l’hôpital à la fin de cette sixième journée.
Spoiler
(en bleu ciel, les pièces accessibles dès le début - En vert, les pièces débloquées dans les précédents chapitres - En jaune, les pièces débloquées au cours du chapitre)
Rez-de-chaussée
Premier étage
Deuxième étage
Les objets maléfiques apparus jusqu'à maintenant :
Rez-de-chaussée
Premier étage
Deuxième étage
Les objets maléfiques apparus jusqu'à maintenant :
Les progrès de l'équipe
Spoiler
Les traits de terrain « répugnant » et « gremlins » ont été enlevés suite au déblocage des deux chambres.
Traits enlevés depuis le début : « maudit » et « dégoutant »
Les traits de terrain « répugnant » et « gremlins » ont été enlevés suite au déblocage des deux chambres.
Traits enlevés depuis le début : « maudit » et « dégoutant »