Forum Discussion
Nathalie986
4 years agoSeasoned Ace
@Eljisim
Puisque le point de vue d’Ancelin t’a autant plu, on va rester un peu sur lui dans le chapitre d’aujourd’hui dont je suis sûre que le titre va te plaire. :smile:
J’espère aussi qu’Odely et lui pourront se retrouver à la fin de cette aventure... Tempérance n’a pas été tendre avec eux. :cry:
Concernant leurs looks rétro, j’avoue que je me suis un peu amusée à les relooker pour la scène de la malédiction. Ça me fait plaisir de lire que tu les as bien aimés. :blush:
Pour débloquer la pièce, il ne fallait pas se battre contre Guidry, mais s’en faire un ennemi, et c’est chose faite. J’apprécie vraiment que tu trouves que l’apport des règles dans le récit, reste cohérent. Si le récit reste fluide, alors, c’est super ! Merci. :kissing_heart:
@oiseaudelune
C’est vrai qu’ils sont gentils, les vampires dans mon histoire. C’est surtout qu’ils forment une équipe et que, pour avancer, l’équipe doit être au top... et propre ! D’où les nouvelles salles de bain. :D
Tu as raison, pauvre Susumu. Il n’a pas eu une vie facile, notre sympathique fantôme. :cry:
Oh mais que de chouettes qualificatifs, tu as trouvé pour Ancelin ! Troublant, beau et sévère... je trouve que ça lui va bien. :love:
Tu vas en savoir plus dans le chapitre qui suit à propos des émotions et des sentiments d’Ancelin.
Merci pour le passage où il joue de l’orgue. :blush:
Que de « Mon Dieu » ! Je peux presque entendre d’ici ton cri de désespoir à la lecture de la malédiction qui sépare Odely et Ancelin. Pourront-ils y remédier ? Tu vas avoir une toute petite réponse à ta question, en lisant la suite. :wink:
Je constate que tu es une grande fan d’Ancelin et que son apparence vampirique te plait. Elle me plait beaucoup à moi aussi.
Le combat contre Guidry était un grand moment. Mais attention, Carmilla ! Pas touche ! Ancelin est chasse gardée pour Odely. :naughty:
Merci beaucoup pour ton gentil petit mot final. Et, comme tu aimes bien Ancelin, on continue avec lui aujourd’hui :kissing_heart:
(euh... en fait, on continue avec lui car il n’a pas eu le droit à sa journée complète après l’incendie qui s’est éteint vers les 15 heures...)
@Arcaluce
Ne t’inquiète pas pour Susumu, c’est une bonne pâte, et il n’est pas du tout vexé. :smile:
Par contre, il est vraiment très touché que tu te sois émue à sa triste histoire.
C’est toujours délicat de trouver les images qui vont venir appuyer le récit ; alors, lorsque tu me dis qu’elles traduisent parfaitement le vide entre Ancelin et Odely, je suis vraiment touchée. :blush:
Ancelin et Odely peuvent toujours s’aimer mais ne peuvent plus se toucher car, au moindre contact physique, la malédiction les tuerait. C’est ce qui rend leur histoire tragique.
C’est aussi pour cela qu’Ancelin, malgré des émotion anéanties, ressent la jalousie. D’ailleurs, les seules émotions qu’il ressent, concernent Odely.
Tu as raison ! Que ne ferait-on pas pour ouvrir les portes ! :D
Ah ? Tu n’as pas aimé le côté « c’est qui le plus fort ? » d'Ancelin ! Il faut dire qu’il a joué les prétentieux sur ce coup-là. :joy:
Merci pour ton petit mot de la fin. Je suis touchée. :kissing_heart:
Oui, le challenge avance bien.
Et maintenant la suite...
Point de vue d'Ancelin
Nous nous apprêtions à entamer notre septième journée en ces lieux maudits...
Mes amis s’étaient levés d’humeur radieuse ce matin. Ils avaient dormi et mangé, ils s’étaient lavés, et étaient maintenant prêts à affronter les surprises que cette journée nous réserverait. La nature humaine était ainsi faite que ces pauvres êtres ne pouvaient faire grand-chose avant d’avoir satisfait leurs besoins primaires. Je crois que c’est une évidence qui me surprendra toujours.
La suite, juste en dessous :)
Puisque le point de vue d’Ancelin t’a autant plu, on va rester un peu sur lui dans le chapitre d’aujourd’hui dont je suis sûre que le titre va te plaire. :smile:
J’espère aussi qu’Odely et lui pourront se retrouver à la fin de cette aventure... Tempérance n’a pas été tendre avec eux. :cry:
Concernant leurs looks rétro, j’avoue que je me suis un peu amusée à les relooker pour la scène de la malédiction. Ça me fait plaisir de lire que tu les as bien aimés. :blush:
Pour débloquer la pièce, il ne fallait pas se battre contre Guidry, mais s’en faire un ennemi, et c’est chose faite. J’apprécie vraiment que tu trouves que l’apport des règles dans le récit, reste cohérent. Si le récit reste fluide, alors, c’est super ! Merci. :kissing_heart:
@oiseaudelune
C’est vrai qu’ils sont gentils, les vampires dans mon histoire. C’est surtout qu’ils forment une équipe et que, pour avancer, l’équipe doit être au top... et propre ! D’où les nouvelles salles de bain. :D
Tu as raison, pauvre Susumu. Il n’a pas eu une vie facile, notre sympathique fantôme. :cry:
Oh mais que de chouettes qualificatifs, tu as trouvé pour Ancelin ! Troublant, beau et sévère... je trouve que ça lui va bien. :love:
Tu vas en savoir plus dans le chapitre qui suit à propos des émotions et des sentiments d’Ancelin.
Merci pour le passage où il joue de l’orgue. :blush:
Que de « Mon Dieu » ! Je peux presque entendre d’ici ton cri de désespoir à la lecture de la malédiction qui sépare Odely et Ancelin. Pourront-ils y remédier ? Tu vas avoir une toute petite réponse à ta question, en lisant la suite. :wink:
Je constate que tu es une grande fan d’Ancelin et que son apparence vampirique te plait. Elle me plait beaucoup à moi aussi.
Le combat contre Guidry était un grand moment. Mais attention, Carmilla ! Pas touche ! Ancelin est chasse gardée pour Odely. :naughty:
Merci beaucoup pour ton gentil petit mot final. Et, comme tu aimes bien Ancelin, on continue avec lui aujourd’hui :kissing_heart:
(euh... en fait, on continue avec lui car il n’a pas eu le droit à sa journée complète après l’incendie qui s’est éteint vers les 15 heures...)
@Arcaluce
Ne t’inquiète pas pour Susumu, c’est une bonne pâte, et il n’est pas du tout vexé. :smile:
Par contre, il est vraiment très touché que tu te sois émue à sa triste histoire.
C’est toujours délicat de trouver les images qui vont venir appuyer le récit ; alors, lorsque tu me dis qu’elles traduisent parfaitement le vide entre Ancelin et Odely, je suis vraiment touchée. :blush:
Ancelin et Odely peuvent toujours s’aimer mais ne peuvent plus se toucher car, au moindre contact physique, la malédiction les tuerait. C’est ce qui rend leur histoire tragique.
C’est aussi pour cela qu’Ancelin, malgré des émotion anéanties, ressent la jalousie. D’ailleurs, les seules émotions qu’il ressent, concernent Odely.
Tu as raison ! Que ne ferait-on pas pour ouvrir les portes ! :D
Ah ? Tu n’as pas aimé le côté « c’est qui le plus fort ? » d'Ancelin ! Il faut dire qu’il a joué les prétentieux sur ce coup-là. :joy:
Merci pour ton petit mot de la fin. Je suis touchée. :kissing_heart:
Oui, le challenge avance bien.
Et maintenant la suite...
*** *** *** *** *** *** ***
Point de vue d'Ancelin
Nous nous apprêtions à entamer notre septième journée en ces lieux maudits...
Mes amis s’étaient levés d’humeur radieuse ce matin. Ils avaient dormi et mangé, ils s’étaient lavés, et étaient maintenant prêts à affronter les surprises que cette journée nous réserverait. La nature humaine était ainsi faite que ces pauvres êtres ne pouvaient faire grand-chose avant d’avoir satisfait leurs besoins primaires. Je crois que c’est une évidence qui me surprendra toujours.
Spoiler
Odely, a contrario, semblait soucieuse. J’avais intercepté certaines de ses pensées en la croisant dans le couloir tout à l’heure, et avais senti qu’elle redoutait que quelque chose ne vienne ternir cette journée festive. Aujourd’hui, devait se dérouler la fête déguisée du samedi, prévue par les spectres des murs.
Je replongeai le nez dans la lecture du Journal de Susumu. J’en avais découpé la couverture cartonnée, comme il me l’avait conseillé, et avec découvert les autres pages dont il m’avait parlé.
Ce que j’y lus me laissa à la fois pantois et révolté. Il y avait là, des noms, des dates et toutes sortes de preuves et de témoignages... Susumu avait recueilli tout cela avec beaucoup de courage, afin de se sauver et de sauver les autres malades de l’hôpital.
Je savais déjà ce que j’allais faire de ses preuves, si nous pouvions sortir d’ici. J’en connais un qui regrettera d’avoir croisé ma route.
En attendant, je trouvais plus sage de garder ces informations pour moi, afin que les autres ne se laissent pas envahir par la colère. Tout sentiment d’animosité, qui se ressentait ici, pouvait prendre de terribles proportions incontrôlables. J’en avais été pour mes frais, hier, en m’en prenant à Guidry. Il y avait longtemps, pourtant, que les émotions, bonnes ou mauvaises, n’avaient plus prises sur moi, mais ici...
Je fermai le journal et l’emportai avec moi, dans l’idée de le cacher. Peut-être faudrait-il que j’en entretienne Fantine car elle était avisée de son existence.
Je me préparai à descendre l’escalier pour rejoindre le rez-de-chaussée, lorsque j’aperçus Amaël et Fantine en train de discuter dans la salle de méditation.
Leurs échanges avaient l’air beaucoup plus qu’amicaux. Je restai les observer quelques minutes avant d’emprunter l’escalier.
J’avais caché le journal sous l’une des céramiques. L’opération avait été aisée. En grattant le plâtre, j’avais pu faire un trou suffisamment grand pour y glisser l’oeuvre de Susumu, puis j’avais recollé le carreau. Personne ne risquait de découvrir mon forfait puisque la céramique utilisée était située derrière le réservoir des toilettes du rez-de-chaussée.
En regardant par la fenêtre, je vis arriver la livreuse envoyée par Juju.
Doreen aussi était dehors, en train de regarder le tas de déchets qui embellissait pitoyablement l’entrée de l’hôpital. J’espère qu’elle n’était pas en train de se demander si elle aurait pu mieux faire qu’Audric. Un incendie était bien suffisant.
J’allai à la rencontre de la livreuse. En ouvrant la porte, je m’aperçus qu’elle se faisait attaquer par de petits spectres rouges. La pauvre fille me tendit le sac en papier qu’elle tenait sous son bras, puis elle partit prestement, sans même attendre mon pourboire.
C’était la première fois que nous voyions ces spectres en plein jour. Jusqu’à présent, ils ne s’étaient manifestés que la nuit. Était-ce les coups frappés à la porte qui les avaient attirés ou le fait qu’une personne étrangère à notre groupe se présente ici ? Le mystère était entier mais je pus constater que quelque chose les avait contrariés au point qu’ils se mirent à éructer des flammes que je dus esquiver rapidement.
Audric, dans le même temps, se faisait attaquer par une ou plusieurs créatures invisibles, du même ordre que celles qui s’en étaient prises à Odely, la veille.
- Audric ! l’apostrophai-je. Tu as besoin d’aide ?
- Non ! Je ne crois pas !
J’arrivai à sa hauteur au moment où il se relevait.
- J’étais sur le point de leur jeter un sort de visibilité lorsqu’elles ont disparu. Je me demande où elles sont passées. J’espère qu’elles ne sont pas restées dans l’hôpital. C’est assez flippant de se faire attaquer par des trucs invisibles.
En réalité, alors que nous discutions, les créatures s’en prenaient à Doreen, et la poursuivaient.
- Tu sais, Ancelin, je tiens à te remercier de m’avoir proposé ton aide. Depuis ce fâcheux incendie, j’ai l’impression que tout le monde m’évite. Je crois que je ne participerai pas à la soirée déguisée, ce soir.
- Ne dis pas de sottises. Ce soir, tu seras avec nous. Tu n’es pas directement responsable de ce qui est arrivé. Ce sont ces murs qui amplifient notre colère. J’en ai moi-même fait l’expérience en menaçant et en combattant Guidry. Il est furieux contre moi, à présent.
Audric avait rigolé à l’idée que j’eus pu me faire un ennemi de Guidry, le fantôme si courtois et si bienveillant, puis il avait accepté de me suivre pour une partie de pêche.
- Je crois que tu as raison. C’est l’hôpital qui nous fait faire des trucs bizarres. Jamais, en temps normal, je n’aurais eu l’idée de mettre le feu aux détritus, même si j’avoue que leur vue et leur odeur me retournent le cœur. J’ai eu l’impression d’être comme possédé...
- C’est aussi mon impression. Et d’ordinaire, la possession ne touche pas les vampires. C’était une sensation suffisamment curieuse pour que l’on s’en inquiète. Je vais parler aux autres. Ils comprendront mieux tes actes, de cette façon.
- Je ne sais pas... Odely leur a déjà parlé.
- S’ils savent qu’eux-mêmes peuvent être victimes du même phénomène, je reste convaincu qu’ils te pardonneront. Nous vivons en vase clos. Nous devons tous nous soutenir.
Nous restâmes un moment pêcher en silence, admirant la beauté et le silence du lieu, puis je déployai mes ailes pour aller faire un tour sur le petit îlot qui se trouvait au milieu du lac. La vue, de ce côté, était encore plus remarquable.
Je m’approchai de la tombe qui se trouvait là, au pied d’un arbre tordu au milieu, pour y lire l’épitaphe :
« Ci-gît Aurora, notre déesse bien-aimée, sœur de la Lune et du Soleil, arbitre entre le jour et la nuit, le Bien et le Mal. Repose en paix. »
Une déesse ? Je n’avais jamais cru en ces entités surnaturelles et celle-ci me donnait raison. Les dieux n’étaient-ils pas, par essence, immortels ?
Je m’envolai alors jusqu’au manoir et atterris dans le salon. Ce soir, nous fêterions... une fête, sans même que nous sachions pourquoi, mais c’était la troisième de la semaine et, d’expérience, je savais que ce genre de réjouissances remontait le moral du groupe.
Tout le monde buvait, rigolait et s’extasiait sur tout et n’importe quoi, et ces petites frivolités semblaient faire oublier à tous la raison véritable de notre présence en ces lieux pendant quelques heures, notre mission.
Je fréquentais les humains depuis de nombreux siècles pour savoir qu’ils aimaient festoyer, peu importe leurs obligations. Et certains festoyaient plus que de raison.
Je leur donnerai donc de quoi s’amuser ce soir. Un de mes petits cocktails maison qui avait fait ses preuves au fil de plusieurs lustres et dont je m’étais servi, à plusieurs reprises, de manière inavouée par le passé, pour obtenir ce que je voulais.
Aujourd’hui, mon fabuleux cocktail de jus permettrait à mes amis de se détendre. J’avais même trouvé quelques petits parasols décoratifs que j’avais prévu de rajouter à la dernière minute, afin que mon breuvage parut plus ludique.
Après ce petit intermède mixologique, je me fis un devoir d’expertiser un vase que nous avions trouvé, Odely et moi, lors de notre dernier séjour à Selvadorada.
Nous avions ramené à l’hôpital quelques-unes de nos trouvailles dénichées dans la jungle et, jusque-là, je n’avais pas eu le temps de m’en occuper vraiment. J’ignorais si ma femme avait analysé celles qui se trouvaient en sa possession, mais j’avais bien l’intention de prouver que ce vase était authentique. L’archéologie était une de mes passions depuis fort longtemps.
Après avoir prélevé quelques échantillons et décrypté les inscriptions présentes sur la terre cuite, je remballai mon matériel pour monter à l’étage et m’employer à aménager les deux chambres que nous avions débloquées la veille grâce à Susumu et Guidry.
Odely m’avait apporté son aide et j’avais gardé, pour la fin, la surprise que je lui réservais :
- Un cercueil ?! s’était-elle exclamée.
- Nous le partagerons à tour de rôle, si tu veux bien. Je l’ai acquis pour une poignée de simflouz, chez Juju. Ce n’est pas le grand luxe auquel nous sommes habitués, mais il fera l’affaire. Cette chambre est la nôtre.
- Tu es merveilleux, Ancelin. Je sais pourquoi je t’...
Elle s’était interrompue. Il y a des mots qu’on s’interdit, aujourd’hui... Nous étions d’accord là-dessus. Alors, elle reprit, comme si de rien n'était:
- Je sais pourquoi je t’estime tant.
Au même moment, alors que la nuit s’était installée, le sol se mit une nouvelle fois à trembler dans tout l’hôpital, et les murs se mirent à gémir.
Fantine, qui avait rejoint sa chambre, pour se préparer à la soirée, se fit attaquer par les créatures invisibles, comme l’avaient été précédemment Odely, Audric et Doreen.
Amaël, qui lui, avait déjà revêtu son déguisement et faisait quelques pas dans le jardin en attendant le début des festivités, vit surgir devant lui une plante maléfique semblable à celle qui ornait déjà notre perron.
Nous nous rejoignîmes au salon lorsque l’hôpital s’apaisa. Chacun fit part aux autres de ses dernières expériences surnaturelles survenues au cours de la journée et j’en profitai pour glisser ma mésaventure avec Guidry ainsi que celle d’Audric avec l’incendie. Mes amis réalisèrent que personne n’était à l’abri, et Audric fut accueilli de nouveau, à bras ouverts dans notre groupe.
La petite fête avait pu alors commencé. Odely et moi avions revêtu, sans nous concerter, les tenues que nous portions le jour de notre rencontre. J’étais alors un pirate sans cœur et elle, un princesse héritière promise à un noble roi dont je ne citerai pas le nom, car il a peu d’intérêt ici.
Amaël aurait pu être ce roi, mais son allure et son port de tête étaient bien plus distingués que ceux de celui que j’avais dû occire, à l’époque.
Fantine s’était déguisée en fée. Cela allait très bien à sa douceur et à sa gentillesse.
Quant à Audric, il arborait avec élégance un costume de marin, en hommage à ces ancêtres qui avaient sillonné toutes les mers du globe et parcouru milliers de miles, uniquement par amour de la mer.
Mes petits parasols semblaient faire leur effet et je n’en étais pas peu fier.
Doreen et Yoram ne s’étaient pas luxés pour choisir leurs costumes.
Yoram avait plongé dans son uniforme de soldat sixamien (le vrai), tandis que Doreen était paré d’un drap blanc agrémenté d’une ceinture et qu’elle avait noué ses cheveux en deux macarons de chaque côté de ses tempes. Elle avait dit être la princesse Leia de Star Wars... oui... peut-être. Mais j’étais là, à la sortie de ce film populaire et nous avons, Odely et moi, rencontré Carrie Fisher, l’actrice qui jouait ce rôle, en 1978. Doreen ne lui ressemblait pas du tout... mais peut-être que cette histoire de déguisement m’échappe. Je n’eus pas le temps de m’appesantir sur le sujet.
Le sol trembla à nouveau, faisant tintinnabuler les verres que nous avions reposés sur la table. Amaël et Fantine ne contrôlaient plus leur effroi.
Heureusement, l’effet ne dura que quelques secondes, et chacun reprit sa place.
C’est à cet instant qu’Audric remarqua le pendentif qui ornait le buste de Fantine.
- Où as-tu eu cette pierre ? lui demanda-t-il.
- C’est mon père qui me l’a donnée. C’est un souvenir précieux.
- Bon sang ! Mais tu ne sais même pas à quoi elle sert, alors ?
- Elle ne sert à rien, Audric. C’est un diamant brut qui a été taillé pour en faire un bijou. Il a une valeur sentimentale. Rien de plus.
Je n’ai jamais cru aux coïncidences et je me levai alors dans l’idée d’examiner la pierre de plus près. Audric était un jeteur de sorts reconnu dans son milieu, et je l’avais nettement vu reconnaître la pierre.
- A quoi te fait penser cette pierre ? lui demandai-je sans vouloir heurter Fantine.
Il n’eut pas le loisir de me répondre. Un vacarme épouvantable retentit dans tout l’hôpital, et chacun quitta son siège. Guidry fit son entrée, quelques secondes après, dans la pièce.
- Elle est là. Elle a trouvé le moyen de revenir. Faites très attention.
Odely avait saisi l’allusion tout autant que moi :
- Viens, Ancelin... Nous devons l’affronter.
Je replongeai le nez dans la lecture du Journal de Susumu. J’en avais découpé la couverture cartonnée, comme il me l’avait conseillé, et avec découvert les autres pages dont il m’avait parlé.
Ce que j’y lus me laissa à la fois pantois et révolté. Il y avait là, des noms, des dates et toutes sortes de preuves et de témoignages... Susumu avait recueilli tout cela avec beaucoup de courage, afin de se sauver et de sauver les autres malades de l’hôpital.
Je savais déjà ce que j’allais faire de ses preuves, si nous pouvions sortir d’ici. J’en connais un qui regrettera d’avoir croisé ma route.
En attendant, je trouvais plus sage de garder ces informations pour moi, afin que les autres ne se laissent pas envahir par la colère. Tout sentiment d’animosité, qui se ressentait ici, pouvait prendre de terribles proportions incontrôlables. J’en avais été pour mes frais, hier, en m’en prenant à Guidry. Il y avait longtemps, pourtant, que les émotions, bonnes ou mauvaises, n’avaient plus prises sur moi, mais ici...
Je fermai le journal et l’emportai avec moi, dans l’idée de le cacher. Peut-être faudrait-il que j’en entretienne Fantine car elle était avisée de son existence.
Je me préparai à descendre l’escalier pour rejoindre le rez-de-chaussée, lorsque j’aperçus Amaël et Fantine en train de discuter dans la salle de méditation.
Leurs échanges avaient l’air beaucoup plus qu’amicaux. Je restai les observer quelques minutes avant d’emprunter l’escalier.
J’avais caché le journal sous l’une des céramiques. L’opération avait été aisée. En grattant le plâtre, j’avais pu faire un trou suffisamment grand pour y glisser l’oeuvre de Susumu, puis j’avais recollé le carreau. Personne ne risquait de découvrir mon forfait puisque la céramique utilisée était située derrière le réservoir des toilettes du rez-de-chaussée.
En regardant par la fenêtre, je vis arriver la livreuse envoyée par Juju.
Doreen aussi était dehors, en train de regarder le tas de déchets qui embellissait pitoyablement l’entrée de l’hôpital. J’espère qu’elle n’était pas en train de se demander si elle aurait pu mieux faire qu’Audric. Un incendie était bien suffisant.
J’allai à la rencontre de la livreuse. En ouvrant la porte, je m’aperçus qu’elle se faisait attaquer par de petits spectres rouges. La pauvre fille me tendit le sac en papier qu’elle tenait sous son bras, puis elle partit prestement, sans même attendre mon pourboire.
C’était la première fois que nous voyions ces spectres en plein jour. Jusqu’à présent, ils ne s’étaient manifestés que la nuit. Était-ce les coups frappés à la porte qui les avaient attirés ou le fait qu’une personne étrangère à notre groupe se présente ici ? Le mystère était entier mais je pus constater que quelque chose les avait contrariés au point qu’ils se mirent à éructer des flammes que je dus esquiver rapidement.
Audric, dans le même temps, se faisait attaquer par une ou plusieurs créatures invisibles, du même ordre que celles qui s’en étaient prises à Odely, la veille.
- Audric ! l’apostrophai-je. Tu as besoin d’aide ?
- Non ! Je ne crois pas !
J’arrivai à sa hauteur au moment où il se relevait.
- J’étais sur le point de leur jeter un sort de visibilité lorsqu’elles ont disparu. Je me demande où elles sont passées. J’espère qu’elles ne sont pas restées dans l’hôpital. C’est assez flippant de se faire attaquer par des trucs invisibles.
En réalité, alors que nous discutions, les créatures s’en prenaient à Doreen, et la poursuivaient.
- Tu sais, Ancelin, je tiens à te remercier de m’avoir proposé ton aide. Depuis ce fâcheux incendie, j’ai l’impression que tout le monde m’évite. Je crois que je ne participerai pas à la soirée déguisée, ce soir.
- Ne dis pas de sottises. Ce soir, tu seras avec nous. Tu n’es pas directement responsable de ce qui est arrivé. Ce sont ces murs qui amplifient notre colère. J’en ai moi-même fait l’expérience en menaçant et en combattant Guidry. Il est furieux contre moi, à présent.
Audric avait rigolé à l’idée que j’eus pu me faire un ennemi de Guidry, le fantôme si courtois et si bienveillant, puis il avait accepté de me suivre pour une partie de pêche.
- Je crois que tu as raison. C’est l’hôpital qui nous fait faire des trucs bizarres. Jamais, en temps normal, je n’aurais eu l’idée de mettre le feu aux détritus, même si j’avoue que leur vue et leur odeur me retournent le cœur. J’ai eu l’impression d’être comme possédé...
- C’est aussi mon impression. Et d’ordinaire, la possession ne touche pas les vampires. C’était une sensation suffisamment curieuse pour que l’on s’en inquiète. Je vais parler aux autres. Ils comprendront mieux tes actes, de cette façon.
- Je ne sais pas... Odely leur a déjà parlé.
- S’ils savent qu’eux-mêmes peuvent être victimes du même phénomène, je reste convaincu qu’ils te pardonneront. Nous vivons en vase clos. Nous devons tous nous soutenir.
Nous restâmes un moment pêcher en silence, admirant la beauté et le silence du lieu, puis je déployai mes ailes pour aller faire un tour sur le petit îlot qui se trouvait au milieu du lac. La vue, de ce côté, était encore plus remarquable.
Je m’approchai de la tombe qui se trouvait là, au pied d’un arbre tordu au milieu, pour y lire l’épitaphe :
« Ci-gît Aurora, notre déesse bien-aimée, sœur de la Lune et du Soleil, arbitre entre le jour et la nuit, le Bien et le Mal. Repose en paix. »
Une déesse ? Je n’avais jamais cru en ces entités surnaturelles et celle-ci me donnait raison. Les dieux n’étaient-ils pas, par essence, immortels ?
Je m’envolai alors jusqu’au manoir et atterris dans le salon. Ce soir, nous fêterions... une fête, sans même que nous sachions pourquoi, mais c’était la troisième de la semaine et, d’expérience, je savais que ce genre de réjouissances remontait le moral du groupe.
Tout le monde buvait, rigolait et s’extasiait sur tout et n’importe quoi, et ces petites frivolités semblaient faire oublier à tous la raison véritable de notre présence en ces lieux pendant quelques heures, notre mission.
Je fréquentais les humains depuis de nombreux siècles pour savoir qu’ils aimaient festoyer, peu importe leurs obligations. Et certains festoyaient plus que de raison.
Je leur donnerai donc de quoi s’amuser ce soir. Un de mes petits cocktails maison qui avait fait ses preuves au fil de plusieurs lustres et dont je m’étais servi, à plusieurs reprises, de manière inavouée par le passé, pour obtenir ce que je voulais.
Aujourd’hui, mon fabuleux cocktail de jus permettrait à mes amis de se détendre. J’avais même trouvé quelques petits parasols décoratifs que j’avais prévu de rajouter à la dernière minute, afin que mon breuvage parut plus ludique.
Après ce petit intermède mixologique, je me fis un devoir d’expertiser un vase que nous avions trouvé, Odely et moi, lors de notre dernier séjour à Selvadorada.
Nous avions ramené à l’hôpital quelques-unes de nos trouvailles dénichées dans la jungle et, jusque-là, je n’avais pas eu le temps de m’en occuper vraiment. J’ignorais si ma femme avait analysé celles qui se trouvaient en sa possession, mais j’avais bien l’intention de prouver que ce vase était authentique. L’archéologie était une de mes passions depuis fort longtemps.
Après avoir prélevé quelques échantillons et décrypté les inscriptions présentes sur la terre cuite, je remballai mon matériel pour monter à l’étage et m’employer à aménager les deux chambres que nous avions débloquées la veille grâce à Susumu et Guidry.
Odely m’avait apporté son aide et j’avais gardé, pour la fin, la surprise que je lui réservais :
- Un cercueil ?! s’était-elle exclamée.
- Nous le partagerons à tour de rôle, si tu veux bien. Je l’ai acquis pour une poignée de simflouz, chez Juju. Ce n’est pas le grand luxe auquel nous sommes habitués, mais il fera l’affaire. Cette chambre est la nôtre.
- Tu es merveilleux, Ancelin. Je sais pourquoi je t’...
Elle s’était interrompue. Il y a des mots qu’on s’interdit, aujourd’hui... Nous étions d’accord là-dessus. Alors, elle reprit, comme si de rien n'était:
- Je sais pourquoi je t’estime tant.
Au même moment, alors que la nuit s’était installée, le sol se mit une nouvelle fois à trembler dans tout l’hôpital, et les murs se mirent à gémir.
Fantine, qui avait rejoint sa chambre, pour se préparer à la soirée, se fit attaquer par les créatures invisibles, comme l’avaient été précédemment Odely, Audric et Doreen.
Amaël, qui lui, avait déjà revêtu son déguisement et faisait quelques pas dans le jardin en attendant le début des festivités, vit surgir devant lui une plante maléfique semblable à celle qui ornait déjà notre perron.
Nous nous rejoignîmes au salon lorsque l’hôpital s’apaisa. Chacun fit part aux autres de ses dernières expériences surnaturelles survenues au cours de la journée et j’en profitai pour glisser ma mésaventure avec Guidry ainsi que celle d’Audric avec l’incendie. Mes amis réalisèrent que personne n’était à l’abri, et Audric fut accueilli de nouveau, à bras ouverts dans notre groupe.
La petite fête avait pu alors commencé. Odely et moi avions revêtu, sans nous concerter, les tenues que nous portions le jour de notre rencontre. J’étais alors un pirate sans cœur et elle, un princesse héritière promise à un noble roi dont je ne citerai pas le nom, car il a peu d’intérêt ici.
Amaël aurait pu être ce roi, mais son allure et son port de tête étaient bien plus distingués que ceux de celui que j’avais dû occire, à l’époque.
Fantine s’était déguisée en fée. Cela allait très bien à sa douceur et à sa gentillesse.
Quant à Audric, il arborait avec élégance un costume de marin, en hommage à ces ancêtres qui avaient sillonné toutes les mers du globe et parcouru milliers de miles, uniquement par amour de la mer.
Mes petits parasols semblaient faire leur effet et je n’en étais pas peu fier.
Doreen et Yoram ne s’étaient pas luxés pour choisir leurs costumes.
Yoram avait plongé dans son uniforme de soldat sixamien (le vrai), tandis que Doreen était paré d’un drap blanc agrémenté d’une ceinture et qu’elle avait noué ses cheveux en deux macarons de chaque côté de ses tempes. Elle avait dit être la princesse Leia de Star Wars... oui... peut-être. Mais j’étais là, à la sortie de ce film populaire et nous avons, Odely et moi, rencontré Carrie Fisher, l’actrice qui jouait ce rôle, en 1978. Doreen ne lui ressemblait pas du tout... mais peut-être que cette histoire de déguisement m’échappe. Je n’eus pas le temps de m’appesantir sur le sujet.
Le sol trembla à nouveau, faisant tintinnabuler les verres que nous avions reposés sur la table. Amaël et Fantine ne contrôlaient plus leur effroi.
Heureusement, l’effet ne dura que quelques secondes, et chacun reprit sa place.
C’est à cet instant qu’Audric remarqua le pendentif qui ornait le buste de Fantine.
- Où as-tu eu cette pierre ? lui demanda-t-il.
- C’est mon père qui me l’a donnée. C’est un souvenir précieux.
- Bon sang ! Mais tu ne sais même pas à quoi elle sert, alors ?
- Elle ne sert à rien, Audric. C’est un diamant brut qui a été taillé pour en faire un bijou. Il a une valeur sentimentale. Rien de plus.
Je n’ai jamais cru aux coïncidences et je me levai alors dans l’idée d’examiner la pierre de plus près. Audric était un jeteur de sorts reconnu dans son milieu, et je l’avais nettement vu reconnaître la pierre.
- A quoi te fait penser cette pierre ? lui demandai-je sans vouloir heurter Fantine.
Il n’eut pas le loisir de me répondre. Un vacarme épouvantable retentit dans tout l’hôpital, et chacun quitta son siège. Guidry fit son entrée, quelques secondes après, dans la pièce.
- Elle est là. Elle a trouvé le moyen de revenir. Faites très attention.
Odely avait saisi l’allusion tout autant que moi :
- Viens, Ancelin... Nous devons l’affronter.
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