Forum Discussion
Nathalie986
3 years agoSeasoned Ace
Je suis navrée de vous avoir laissés sans nouvelles aussi longtemps, mais je compte bien y remédier dès maintenant. Alors, sans plus attendre, je vais répondre aux derniers commentaires que vous m’avez laissés, et poursuivre l’histoire de mes mercenaires.
@oiseaudelune
Doreen n’a pas eu de chance, ce matin-là, entre les tacos au poisson (super p’tit déj !) et le poulailler horriblement sale. Si ton estomac n’aurait pas tenu le coup, le mien non plus, rassures-toi ! :mrgreen:
Mais oui, elle était très jolie, ta fontaine, et vraiment bien pensée, mais il faut me comprendre... Les mercenaires avaient besoin de sous et il me fallait une excuse pour enlever toutes ces statues qui rapportaient de l’argent. J’espère que tu ne m’en veux pas, hein ? :kissing_heart:
Concernant la potion qu’Audric va utiliser sur Tempérance, je pense que tu en as une petite idée, car je l’ai mentionnée. Est-ce que cela fonctionnera ? On verra bien. Mais nos magiciens sont prêts à tout pour la virer.
Heureusement, Doreen s’est réconciliée avec lui avant que le pire n’arrive.
Ancelin ne savait pas qu’il perdait son amour pour Odely. Il pensait donner à Tempérance le dernier bout d'âme qui lui restait, mais ce n’était pas le cas. Il lui a offert, avec ce bout d’amour, la dernière part d’humanité qui lui restait. Grossière erreur... Sera-t-elle rattrapable ? :grimace:
Je suis navrée pour Yoram, mais ces bombes de lave sont impitoyables. Tout comme les vénusiens ! Ce sont des extraterrestres intraitables, et Yoram en a fait les frais car il ne s’est pas allié à eux...
Comme tu le dis, il a laissé des instruction, et heureusement ! Est-ce que cela permettra aux autres d’être sauvés, c’est encore un mystère, mais on y croit. Les Vénusiens ont fait alliance avec Tempérance, et il faut les détruire. :naughty:
Merci pour ce nouveau commentaire, encore plein d’enthousiasme, et pour la façon dont tu apprécies ma gestion du budget. Le challenge avance bien, oui, et j’espère que cela va continuer. :blush:
@Eljisim
Bien sûr qu’elle était belle, la fontaine ! D’ailleurs, je l’ai précisé à Oiseau de Lune pour ne pas qu’elle prenne ombrage de mes propos, propos qui furent indispensables pour justifier la vente des statues qui rapportaient plein dessous !
Et puis, Doreen n’y connait rien ! Voilà ! :mrgreen:
Je te remercie de trouver que je m’en sors bien dans le style de narration, selon les personnages qui s’expriment. Ça me soulage, car, justement, j’ai vraiment l’impression de toujours retomber dans le même style de narration, même en essayant d’éviter que ce soit le cas. Alors merci. :kissing_heart:
Mdr ! Doreen jouant au foot ? T’es sérieux, là ? :joy: Donner un coup de pied aux plantes n’a rien à voir avec shooter dans un ballon !
Les Vénusiens, seule cause de décès de mes challengers ? Mais quelle bonne idée ! Je te laisse découvrir si c’est en effet le cas, mais ça a l’air d’être bien parti pour !
Effectivement, en jeu, il s'agissait d'une activité volcanique plus qu'extraterrestre, mais il a bien fallu expliquer le phénomène. Et, comme tu le soulignes, l’histoire doit rester cohérente, alors je fais comme je peux avec ces aléas qui ne se présentent jamais au bon moment. Maudits aléas ! Et heureuse que cela te plaise, une fois encore. Ça me fait plaisir. Mais, tu es aussi Maître dans cet art-là. :wink:
Ne reste plus qu’à espérer que Yoram repose en paix, maintenant.
@Arcaluce
Tu as raison, je crois que même le poulailler était maudit ! :lol:
Je ne sais pas si Doreen était motivée à faire le ménage mais, en tous cas, elle n’a pas donné sa part au chien, et s’en est acquittée, malgré tout.
Très pratique ! D’ailleurs, je n’oublie pas que c’est toi qui as trouvé le nom de cette boutique fabuleuse, qui fournit tout ce dont un sim peut rêver. C’est vrai qu’il lui manquait un nom ! :smile:
Il faut toujours garder espoir. Et tu as bien noté que Tempérance gardait l’amour d’Ancelin pour Odely, quelque part, bien au chaud. Il ne sera certainement pas facile de le récupérer, mais on a à faire à une équipe de choc, donc, pourquoi pas ? :wink:
Les vénusiens sont très coriaces et ne reculent devant rien pour maintenir leur alliance néfaste avec Tempérance.
Une fois encore, tu as très bien vu en soulignant qu’Opaline et Yoram sont les premiers à se retrouver dans la mort. Mais... Opaline avait des vues sur Guidry, alors est-ce que Yoram saura la conquérir dans l’au-delà ? Là, je dois t’avouer que je n’en ai absolument aucune idée (à l’heure où je réponds à ton commentaire) :smile:
@Ellandan
Doreen n’a effectivement pas rechigné à la tâche, et j’espère que Yoram pourra retrouver Opaline dans l’au-delà. Mais ça, je ne le sais pas encore... :neutral:
Ils ne vont pas tous mourir en même temps (enfin, je l’espère bien :open_mouth: ). J’imagine donc que l’équipe va tout mettre en œuvre pour rendre à Ancelin, l’amour que Tempérance lui a volé. L’avenir nous le dira. :smile:
@Pascalimsette
Coucou Pascale ! Tu vois, moi aussi je suis revenue après quelques temps. La vie réelle nous empêche parfois de faire ce que l’on aimerait faire. :smile:
Chapitre 6
L’incendie a duré un moment. J’ai cru qu’il n’allait jamais finir, mais heureusement, tout s’est finalement arrêté.
Oui, Ancelin et Odely sont des amants maudits. Et le sort joue contre eux... :grimace:
Fantine est très amie avec Ancelin et Odely, et elle leur donne volontiers son sang. Par contre, lorsqu’elle n’en a pas envie, elle ne le fait pas, et ses amis vampires ne l’en obligent pas non plus.
Merci pour Ancelin ! Le rendre effrayant, en tant que vampire, était un peu le but recherché. Je suis donc ravie que tu en aies eu ce ressenti.
Merci pour les deux salles de bain et les deux chambres débloquées. :kissing_heart:
Chapitres 7 et 8
Oui ils peuvent maintenant se laver, et l’hôpital est débarrassé.
La malédiction que Tempérance a lancé à Odely et Ancelin était déjà terrible, mais cette fois c’est pire encore puisqu’ Ancelin a perdu son amour pour Odely... :cry:
Oui, il y a bien romance entre Fantine et Amaël. Merci pour leur petit couple. :love:
Chapitre 9... avec Doreen :smile:
Oui, la fontaine est composée de plusieurs statues. :wink:
Les sorciers peuvent préparer à manger d'un coup de baguette magique, mais tu ne peux pas choisir le repas que tu prépares. La baguette est malheureusement moins précise que le frigo, qui te propose une petit déjeuner le matin, ou un dîner le soir. :mrgreen:
Doreen a vraiment bien géré la destruction des objets maléfiques.
Oui, pauvre Yoram. RIP, et à bientôt dans un autre monde.
Merci pour ton petit commentaire de la fin. Ça me fait plaisir de lire que tu apprécies. :blush:
Et maintenant la suite...
Comment les choses avaient-elles pu dégénérer à ce point ? Nous avions perdu Opaline, puis Yoram... Quant à Ancelin, je n’osais envisager de le perdre, lui aussi. Cette seule pensée était complètement insupportable, et j’avais de plus en plus de mal à donner le change.
La suite juste en dessous :smile:
@oiseaudelune
Doreen n’a pas eu de chance, ce matin-là, entre les tacos au poisson (super p’tit déj !) et le poulailler horriblement sale. Si ton estomac n’aurait pas tenu le coup, le mien non plus, rassures-toi ! :mrgreen:
Mais oui, elle était très jolie, ta fontaine, et vraiment bien pensée, mais il faut me comprendre... Les mercenaires avaient besoin de sous et il me fallait une excuse pour enlever toutes ces statues qui rapportaient de l’argent. J’espère que tu ne m’en veux pas, hein ? :kissing_heart:
Concernant la potion qu’Audric va utiliser sur Tempérance, je pense que tu en as une petite idée, car je l’ai mentionnée. Est-ce que cela fonctionnera ? On verra bien. Mais nos magiciens sont prêts à tout pour la virer.
Oh!!! C’est touchant la conversation avec Yoram! J’étais toute émue! :smile:
Heureusement, Doreen s’est réconciliée avec lui avant que le pire n’arrive.
Ancelin ne savait pas qu’il perdait son amour pour Odely. Il pensait donner à Tempérance le dernier bout d'âme qui lui restait, mais ce n’était pas le cas. Il lui a offert, avec ce bout d’amour, la dernière part d’humanité qui lui restait. Grossière erreur... Sera-t-elle rattrapable ? :grimace:
Je suis navrée pour Yoram, mais ces bombes de lave sont impitoyables. Tout comme les vénusiens ! Ce sont des extraterrestres intraitables, et Yoram en a fait les frais car il ne s’est pas allié à eux...
Comme tu le dis, il a laissé des instruction, et heureusement ! Est-ce que cela permettra aux autres d’être sauvés, c’est encore un mystère, mais on y croit. Les Vénusiens ont fait alliance avec Tempérance, et il faut les détruire. :naughty:
Merci pour ce nouveau commentaire, encore plein d’enthousiasme, et pour la façon dont tu apprécies ma gestion du budget. Le challenge avance bien, oui, et j’espère que cela va continuer. :blush:
@Eljisim
Spoiler
Je suis flattée que tu retiennes mes propos concernant le SBS, surtout concernant les dates, et ma liberté dans ce challenge (liberté qu’il va falloir mettre de côté lorsque je reprendrai à la G9). Effectivement, les héritiers Chevalier sont tous blonds MAIS, rien ne dit que cela ne va pas changer. :wink:
Pour tout te dire, j’adore les théories capillotractées car, parfois, elles deviennent plus que des théories. :smile:
Malheureusement, cette fois, ta théorie n’est pas exacte, et j’en suis désolée. Cendre a été créée pour mon VDC, et ne fait pas partie de la descendance Chevalier. Elle n’a aucun lien avec eux.
MAIS, ta théorie n’est pas si loufoque que ça, et encore moins sans fondement car, au moment où j’ai envisagé d’écrire le VDC, j’ai vraiment pensé à faire de l’héritière de ma G8 du SBS, l’héroïne de mon VDC. Seulement, son caractère ne collait pas du tout avec le personnage du VDC. Tu comprendras très rapidement si tu poursuis la lecture de mon SBS. :smile:
Certes, j’ai pris beaucoup de libertés, mais j’ai abandonné l’idée, et j’ai créé Cendre. Ceci-dit, je ne le regrette pas. Elle a été parfaite. :heart:
Alors, je le reconnais, tu as quand même été fortiche parce que ta théorie aurait pu être la bonne. C’était à deux doigts... :smiley:
Pour tout te dire, j’adore les théories capillotractées car, parfois, elles deviennent plus que des théories. :smile:
Malheureusement, cette fois, ta théorie n’est pas exacte, et j’en suis désolée. Cendre a été créée pour mon VDC, et ne fait pas partie de la descendance Chevalier. Elle n’a aucun lien avec eux.
MAIS, ta théorie n’est pas si loufoque que ça, et encore moins sans fondement car, au moment où j’ai envisagé d’écrire le VDC, j’ai vraiment pensé à faire de l’héritière de ma G8 du SBS, l’héroïne de mon VDC. Seulement, son caractère ne collait pas du tout avec le personnage du VDC. Tu comprendras très rapidement si tu poursuis la lecture de mon SBS. :smile:
Certes, j’ai pris beaucoup de libertés, mais j’ai abandonné l’idée, et j’ai créé Cendre. Ceci-dit, je ne le regrette pas. Elle a été parfaite. :heart:
Alors, je le reconnais, tu as quand même été fortiche parce que ta théorie aurait pu être la bonne. C’était à deux doigts... :smiley:
Bien sûr qu’elle était belle, la fontaine ! D’ailleurs, je l’ai précisé à Oiseau de Lune pour ne pas qu’elle prenne ombrage de mes propos, propos qui furent indispensables pour justifier la vente des statues qui rapportaient plein dessous !
Et puis, Doreen n’y connait rien ! Voilà ! :mrgreen:
Je te remercie de trouver que je m’en sors bien dans le style de narration, selon les personnages qui s’expriment. Ça me soulage, car, justement, j’ai vraiment l’impression de toujours retomber dans le même style de narration, même en essayant d’éviter que ce soit le cas. Alors merci. :kissing_heart:
Mdr ! Doreen jouant au foot ? T’es sérieux, là ? :joy: Donner un coup de pied aux plantes n’a rien à voir avec shooter dans un ballon !
Les Vénusiens, seule cause de décès de mes challengers ? Mais quelle bonne idée ! Je te laisse découvrir si c’est en effet le cas, mais ça a l’air d’être bien parti pour !
Effectivement, en jeu, il s'agissait d'une activité volcanique plus qu'extraterrestre, mais il a bien fallu expliquer le phénomène. Et, comme tu le soulignes, l’histoire doit rester cohérente, alors je fais comme je peux avec ces aléas qui ne se présentent jamais au bon moment. Maudits aléas ! Et heureuse que cela te plaise, une fois encore. Ça me fait plaisir. Mais, tu es aussi Maître dans cet art-là. :wink:
Ne reste plus qu’à espérer que Yoram repose en paix, maintenant.
@Arcaluce
Tu as raison, je crois que même le poulailler était maudit ! :lol:
Je ne sais pas si Doreen était motivée à faire le ménage mais, en tous cas, elle n’a pas donné sa part au chien, et s’en est acquittée, malgré tout.
J'ai bien ri à l'évocation de Juju qui prend bien soin de ses clients dans un intérêt purement commercial. Mais, en même temps, cette boutique "Trouves-y-tout" est bien pratique.
Très pratique ! D’ailleurs, je n’oublie pas que c’est toi qui as trouvé le nom de cette boutique fabuleuse, qui fournit tout ce dont un sim peut rêver. C’est vrai qu’il lui manquait un nom ! :smile:
Il faut toujours garder espoir. Et tu as bien noté que Tempérance gardait l’amour d’Ancelin pour Odely, quelque part, bien au chaud. Il ne sera certainement pas facile de le récupérer, mais on a à faire à une équipe de choc, donc, pourquoi pas ? :wink:
Les vénusiens sont très coriaces et ne reculent devant rien pour maintenir leur alliance néfaste avec Tempérance.
Une fois encore, tu as très bien vu en soulignant qu’Opaline et Yoram sont les premiers à se retrouver dans la mort. Mais... Opaline avait des vues sur Guidry, alors est-ce que Yoram saura la conquérir dans l’au-delà ? Là, je dois t’avouer que je n’en ai absolument aucune idée (à l’heure où je réponds à ton commentaire) :smile:
@Ellandan
Doreen n’a effectivement pas rechigné à la tâche, et j’espère que Yoram pourra retrouver Opaline dans l’au-delà. Mais ça, je ne le sais pas encore... :neutral:
Et ben ça s'annonce compliqué pour rendre son âme à Ancelin... mais je suis sûre qu'ils y parviendront ! Enfin... s'ils ne meurent pas avant :D
Ils ne vont pas tous mourir en même temps (enfin, je l’espère bien :open_mouth: ). J’imagine donc que l’équipe va tout mettre en œuvre pour rendre à Ancelin, l’amour que Tempérance lui a volé. L’avenir nous le dira. :smile:
@Pascalimsette
Coucou Pascale ! Tu vois, moi aussi je suis revenue après quelques temps. La vie réelle nous empêche parfois de faire ce que l’on aimerait faire. :smile:
Chapitre 6
L’incendie a duré un moment. J’ai cru qu’il n’allait jamais finir, mais heureusement, tout s’est finalement arrêté.
Oui, Ancelin et Odely sont des amants maudits. Et le sort joue contre eux... :grimace:
Fantine est très amie avec Ancelin et Odely, et elle leur donne volontiers son sang. Par contre, lorsqu’elle n’en a pas envie, elle ne le fait pas, et ses amis vampires ne l’en obligent pas non plus.
Merci pour Ancelin ! Le rendre effrayant, en tant que vampire, était un peu le but recherché. Je suis donc ravie que tu en aies eu ce ressenti.
Merci pour les deux salles de bain et les deux chambres débloquées. :kissing_heart:
Chapitres 7 et 8
Oui ils peuvent maintenant se laver, et l’hôpital est débarrassé.
La malédiction que Tempérance a lancé à Odely et Ancelin était déjà terrible, mais cette fois c’est pire encore puisqu’ Ancelin a perdu son amour pour Odely... :cry:
Oui, il y a bien romance entre Fantine et Amaël. Merci pour leur petit couple. :love:
Chapitre 9... avec Doreen :smile:
Oui, la fontaine est composée de plusieurs statues. :wink:
Les sorciers peuvent préparer à manger d'un coup de baguette magique, mais tu ne peux pas choisir le repas que tu prépares. La baguette est malheureusement moins précise que le frigo, qui te propose une petit déjeuner le matin, ou un dîner le soir. :mrgreen:
Doreen a vraiment bien géré la destruction des objets maléfiques.
Oui, pauvre Yoram. RIP, et à bientôt dans un autre monde.
Merci pour ton petit commentaire de la fin. Ça me fait plaisir de lire que tu apprécies. :blush:
Et maintenant la suite...
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Comment les choses avaient-elles pu dégénérer à ce point ? Nous avions perdu Opaline, puis Yoram... Quant à Ancelin, je n’osais envisager de le perdre, lui aussi. Cette seule pensée était complètement insupportable, et j’avais de plus en plus de mal à donner le change.
Spoiler
Pourtant, il faudrait que j’y parvienne, car la situation était critique et n’autorisait aucune lamentation.
L’impact violent des bombes vénusiennes avaient permis l’ouverture de nouvelles brèches, un peu partout autour de l’hôpital. A ce rythme-là, l’Enfer ne tarderait pas à se déverser sur notre monde, accompagné de son lot de malheurs et de désolation et, si cela devait être le cas, nous n’y pourrions plus rien.
J’avais décidé d’aller souffler quelques minutes, auprès de mon bien-aimé mari, avant d’affronter cette nouvelle journée, mais je dû constater que Guidry, que l’on croyait tous déjà parti, m’avait devancée et se trouvait debout devant son cercueil.
- Que faites-vous là ? l’apostrophai-je gentiment.
En entendant ma voix, il se retourna subitement ; sûrement l’avais-je arraché à quelques pensées ectoplasmiques. Le pauvre avait l’air tendu.
- Je réfléchissais à une solution pour votre mari.
- Vraiment ? S’agirait-il de cette solution dont vous avez parlé à Doreen, mais pour laquelle nous ne sommes pas encore prêts ?
Guidry sortit de la pièce et je lui emboîtai le pas.
- Vous m’avez percé à jour, c’est vrai. Mais je ne peux rien vous dire, pour le moment. Non seulement l’entreprise sera très risquée pour l’un d’entre vous, et c’est sur ce point que je ne vous estime pas prêts, mais, en plus, il me manque un objet. Sans lui, nous ne pourrons rien faire.
- Et si vous me disiez de quoi il s’agit ? Je pourrais peut-être vous aider.
- Je crois que vous devriez invoquer Hilda, elle pourra vous en dire plus.
Qui est Hilda ?
- Il faut vraiment que je m’en aille ! Je ne sais pas comment j’ai fait pour rester matérialisé aussi longtemps, mais je n’y arrive plus.
Guidry s’était levé en grimaçant puis m’avait lancé un « Ne soyez pas surprise, en la voyant », avant de disparaître.
Quand je suis redescendue, le jardin ressemblait à la tanière d’un sorcier. Audric était en train de travailler sur je ne sais quelle potion étrange et malodorante, tandis que Doreen avait inventé un nouveau sort afin de refermer les petites failles qui apparaissaient, ici et là. Je les encourageai rapidement puis filai entretenir le jardin et donner à manger à notre ménagerie.
Je voulais me débarrasser au plus vite de ces tâches ingrates, mais pourtant indispensables à notre survie. C’est en arrosant les plantes que j’aperçus une de ces âmes égarées qui tourbillonnait, non loin du kiosque. Elle avait l’air si triste, que je lui offris un pot du miel que j’avais fraîchement récolté dans nos ruches.
Le petit spectre, sûrement satisfait, se volatilisa, laissant à mes pieds, une sorte de muffin gélatineux, et une aura joyeuse qui m’envahit, bien malgré moi.
Je regardai autour de moi, mais personne d’autre ne semblait avoir subi l’effet secondaire du spectre, contrairement à cette première fois où j’avais tenté d’entrer en communication avec l’un d’eux.
Je venais de ramasser l’étrange petit gâteau, lorsque Fantine vint me trouver pour me signaler que nous avions encore des problèmes de plomberie.
- Il y a de l’eau partout ! J’ai bien essayé d’arranger le truc, mais je crois que j’ai empiré la situation.
- Ne t’en fais pas. Je vais m’en occuper.
Je sus, à ce moment-là, qu’une grande partie de ma journée serait vouée à réparer trois de nos sanitaires, ainsi que notre récent micro-ondes. Cette tâche m’était dévolue car j’étais, aujourd’hui, celle qui prenait soin de l’équipe et de son bien-être et, en tant que chef, il n’était pas question que je m’y soustraie. Je me devais de montrer l’exemple, ainsi que je l’avais toujours fait.
Malgré tout, je décidai quand même de commencer par finir de déblayer les deux traces mystiques et horrifiques, que Doreen n’avait pas eu le temps d’effacer et, lorsque je vins à bout de la marque imprimée sur le sol du salon, j’entendis les gonds grincer... les gonds qui annonçaient l’ouverture d’une nouvelle pièce.
Aussitôt, je déployai mes ailes de vampire pour me rendre au deuxième étage, là d’où le son provenait. Nous avions débloqué une chambre supplémentaire, aussi déplorable que les pièces qui nous avaient été précédemment accordées, aussi je m’employai à nettoyer la pièce toute seule, ma vitesse surnaturelle me permettant d’aller plus vite que plusieurs humains réunis.
Je m’attaquai, ensuite, à la besogne proprement dite. J’avais choisi de d’entreprendre l’électricité, dans un premier temps, puis de réparer la baignoire, pour ce qu’il s’agissait de la plomberie du premier étage. Je gardai les toilettes du rez-de-chaussée pour la fin. Cet équipement-là ne m’emballait pas du tout.
Pourtant, j’avais dû me résoudre à arranger cette foutue plomberie défaillante, à cause de cette maudite Tempérance... Elle devait bien pouffer, à l’heure qu’il est, la Tempête Rouge ! Mais ce qu’elle ignorait, est qu’ainsi accroupie devant ce trône de déperditions organiques, je pus observer, à loisir, qu’un des carreaux, m’apparaissait en relief, par rapport aux autres.
Je me saisis de mon tournevis et, m’en servant comme levier, je réussis à soulever le revêtement incriminé. Aucun joint ne m’avait résisté et, la dalle au mur s’était détachée toute seule. Derrière le carreau, se trouvait un journal, dissimulé récemment, à en croire la facilité avec laquelle j’avais pu le retirer de sa cachette. Je le posai alors sur le lavabo, afin d’éviter qu’il ne soit souillé par ma réparation et m’en retournai à la tâche.
Je finis mon œuvre en rendant les toilettes opérationnelles puis je fermai la porte à double tour afin de me plonger dans la lecture du journal. Il avait été écrit par Susumu, notre ami fantôme, et je découvris ici que ses derniers jours avaient été des plus tristes. Enfermé pour dépression, sa vie avait pris fin pour folie, dans cet hôpital maudit.
Je ne pouvais m’empêcher d’être extrêmement chagrinée pour lui car il n’avait pas mérité le sort que lui avait réservé le directeur de ces lieux mais, en lisant ces pages, je me disais aussi que le pauvre Susumu ne nous avait rien appris de plus que ce qu’il était écrit dans les journaux que nous avions trouvés dans les autres chambres, y compris celle que j’avais précédemment réussi à ouvrir, et je ne comprenais pas pourquoi quelqu’un avait tant tenu à cacher ce journal.
Pourtant, en y regardant de plus près, je m’aperçus que la dernière de couverture était plus épaisse qu’elle n’aurait dû être... Alors, peut-être que, finalement, Susumu avait plus de choses à nous dire que les autres...
Mais lequel d’entre nous avait dissimulé le journal derrière ce carreau ?
Après la réparation des sanitaires, il avait été urgent que j’aille prendre une douche pour me rafraîchir. J’enfilai des vêtements secs puis allai déposer une enveloppe contenant 300 §, à l’attention de Guidry, sur le comptoir du salon, pour qu’il débloque une salle de bain dans l’aile ouest du deuxième étage, puis je m’employai à démolir les deux vestiges de bombes vénusiennes qui avaient fait tant de dégâts la nuit dernière.
A ma grande surprise, j’arrivai à en extraire quelques pierres que Juju accepta de m’acheter pour une petite somme.
Heureuse d’avoir passé mes nerfs sur ce gros caillou, il me fallait à présent tenter d’invoquer cette Hilda dont Guidry m’avait parlé. Je me demandais qui était cette femme et ce qu’elle pourrait nous apprendre. En outre, je me posais des questions sur cet objet mystérieux que Guidry recherchait.
Mes pensées vagabondaient, allant d’Ancelin à Tempérance. La tristesse m’envahissait, alors que j’aurais dû être concentrée pour créer un cercle parfait, parce que mon impuissance devant les morts de nos amis, et le sort qui avait été réservé à Ancelin, me tourmentait insidieusement. J’eus beaucoup de mal à obtenir le cercle idéal.
Cependant, lorsque j’y parvins enfin, au bout de presque deux heures, ce fut pour constater que deux spectres rouges, ces âmes égarées au service de Tempérance, étaient campés derrière moi, et arboraient un air inamical.
- Hilda, Hilda, viens à moi... décidai-je cependant de les ignorer.
Pour toute réponse, le sol se mit à trembler, la voix d’outre-tombe de Tempérance envahit la pièce, et ses petits soldats menacèrent de me faire griller sur ma chaise, qui rejoignit le sol, dans un fracas épouvantable. Mon dos de vampire n’eut heureusement pas à souffrir de cette manœuvre grotesque. Tempérance éructait :
- Arrête ça tout de suite, Odely ! Ce passage est à moi, cet hôpital est à moi ! Hilda n’y est pas la bienvenue !
- Si tu savais comme je m’en moque. Va au Diable, Tempête Rouge, et brûle en Enfer !
J’avais choisi de continuer. Ma motivation était d’autant plus grande que Tempérance semblait contre la venue d’Hilda dans notre monde. Lui faisait-elle peur ? Que savait-elle qui pourrait contribuer à lui nuire ?
J’y étais presque... je le sentais... et il était hors de question qu’elle m’empêche d’invoquer cette femme.
C’est alors que je sentis le feu me lécher les épaules, et l’atmosphère qui devenir chaude et irrespirable. Je savais que si je persistais davantage, la folle furieuse n’hésiterait pas une seconde à lâcher ses petits soldats sur moi.
Je finis donc par me lever, faisant mine d’abdiquer, mais restant non loin de ma chaise. Je jouais le tout pour le tout. Je sentais que la connexion avec le cercle était encore active mais j’espérais que Tempérance et ses sbires croiraient avoir interrompu la séance de spiritisme et qu’ils me laisseraient tranquille.
Ce fut le cas. La Furie semblait avoir disparu, et les âmes égarées se calmèrent puis finir par disparaître.
Tempérance croyait sincèrement que j’eus pu avoir peur d’elle et reculer devant son animosité ? Elle ne me connaissait pas encore, malgré toutes ces années.
A peine les spectres disparus, je me jetai sur la chaise et me mis à crier de toutes mes forces. Le cercle avait repris sa forme initiale et je n’ignorais pas que le temps m’était compté :
- Hildaaaa !!! C’est maintenant ou jamais ! Magne-toi !
Guidry m’avait dit de ne pas être surprise lorsque je rencontrerais son amie, et je compris mieux pourquoi, en la voyant. Cette femme n’en était pas une... ou peut-être l’avait-elle été... Mais, devant moi, se tenait un squelette avec une tenue de soubrette des années trente. Elle avait même un petit serre-tête de dentelles sur le crâne.
- Bonsoir Odely, me salua-t-elle simplement. Claude m’avait prévenue de votre appel, mais j’ai été retenue, pardonnez-moi.
- Oh, ne vous en faites pas, j’ai géré la situation.
- Je n’en doutais pas une seconde. Je m’appelle Hilda Bone. Je suis la gardienne de Purgo, le couloir de la purification. Il semblerait que vous ayez besoin de mon aide.
- Pour tout vous dire, Guidry... enfin, Claude... m’a confié que vous pourriez savoir comment sauver l’âme de mon mari. Mais il a besoin d’un objet. Savez-vous où il est ?
- Bien sûr que non, sinon, je le lui aurais déjà dit. Je sais juste que l’objet est ici, dans l’hôpital, et qu’il n’a toujours pas réussi à le trouver.
Hilda s’était levée et avait continué à parler en marchant. Ses os tintinnabulaient lorsqu’elle se déplaçait, mais le timbre de sa voix était très doux, et reposant.
- Comme vous le savez certainement, Purgo est le passage obligé des esprits qui ne savent pas encore s’ils doivent s’orienter vers le bien ou le mal, comme votre ami Susumu. Je suis là pour les aider, et maintenir l’équilibre entre les deux. J’étais autrefois aidée par Aurora, une déesse juste, et aimée de tous, qui officiait sur votre planète. En tant que sœur de la Lune et du Soleil, elle veillait à ce que l’équilibre soit maintenu entre les créatures du jour et de la nuit, ainsi qu’entre le Bien et le Mal. Rien de ce qui est arrivé dans cet hôpital n’aurait pu se produire si elle avait été là, et encore moins ce qui a été fait à votre mari. Nous travaillions de concert. Elle, pour la planète, moi pour l’au-delà. Jusqu’à ce jour où Tempérance a décidé de la tuer pour servir des intérêts personnels.
- Je ne comprends pas. Les dieux et les déesses ne sont-ils pas supposées êtres immortels ?
- Ils le sont. Aurora n’est pas morte. Son âme est provisoirement prisonnière d’un talisman. Ce talisman a été créé par un puissant sorcier de la fin du dix-neuvième siècle, un Écossais qui s’appelait Eliott O’Connor. Nous avons perdu sa trace et celle de ses descendants, peu après la création du talisman mais, nul doute que l’âme d’Aurora y a trouvé refuge. L’amulette avait été conçue pour protéger les dieux, ce qui faisait d’O’Connor une cible potentiel pour les ennemis des dieux. C’est pour cela qu’il a certainement dû jeter un sort sur sa descendance, pour que le talisman ne soit jamais retrouvé, hormis pour ceux dont l’âme en aurait besoin.
L’histoire d’Hilda était bien jolie mais je n’arrivais toujours pas à me projeter dans le sauvetage d’Ancelin. En quoi tout cela pourrait-il m’être utile ? Ou être utile pour que nous détruisions Tempérance pour de bon ? J’en fis part à ma nouvelle amie.
- Il faut retrouver le talisman. Grâce à lui, vos amis sorciers pourront permettre à Aurora, non seulement, de libérer le talisman, mais aussi de rétablir la balance entre le Bien et le Mal. Cela nous sera bénéfique à tous. En ce moment, des brèches s’ouvrent un peu partout, dans votre monde. Tempérance s’est assuré l’alliance des Vénusiens. A chaque nouvelle frappe, Inferno redouble de forces, et Purgo a de plus en plus de mal à orienter les esprits qui y résident. Quant à Edenia, elle est sur le point de disparaître. Les forces ne sont plus équilibrées. Nous avons besoin d’Aurora, et si elle libère l’amulette, l’âme d’Ancelin pourra y prendre place, avant que vous ne la lui rendiez.
J’étais interloquée :
- Ancelin n’est pas un dieu, vous le savez.
- Ancelin est une créature immortelle. Il ne peut pas rejoindre seul le talisman, mais si vous l’y menez de force, son amour pour vous sera sauvé, car nous ne parlons pas d’âme, avec un vampire... Vous le savez, n’est-ce pas ? Mais nous l’appellerons tout de même une âme.
Je le savais, bien sûr... mais comment trouver ce talisman ?
Hilda changea de sujet de conversation :
- Et si nous allions rejoindre vos amis au salon ? Vous pourriez me présenter.
Je m’inclinai devant la demande d’Hilda et, en arrivant au salon, je me rappelai soudain que nous avions prévu de nous y retrouver pour célébrer la mémoire de Yoram, comme nous l’avions fait, auparavant, pour Opaline.
Je m’en voulais d’avoir oublié cet évènement important de notre petite communauté mais, la visite d’Hilda avait séduit tout le monde, et personne ne sembla me tenir rigueur de ce manquement.
Hilda avait été accueillie chaleureusement, comme l’une des nôtres, et tous mes compagnons étaient ravis de sa présence.
C’est à cet instant-là que Guidry apparut, encore triste de la mort de son ami Yoram, et décrétant vouloir nous parler, à toutes les deux.
Hilda, Guidry et moi, nous étions donc éloignés du reste du groupe, pour discuter tranquillement.
- Qu’est-ce qu’ils se passe, Guidry ? lui demandai-je, inquiète. Ce n’est pas dans vos habitudes d’agir ainsi, et de venir aussi tôt.
- Les Vénusiens vont vous assaillir ce soir. J’en ai eu la confirmation d’une source sûre. Personne ne doit sortir de l’hôpital. Ils ne le toucheront pas car Tempérance veut le protéger.
- Personne ne craint rien. Nous sommes tous réunis dans cette pièce et nous ne sortirons pas ; mais j’aimerais savoir une chose, pourquoi les Vénusiens s’acharnent-ils ainsi sur nous ? Quel est leur intérêt ?
Ces attaques nocturnes à répétition commençaient à me taper sur les nerfs.
- La planète Sim est le territoire de Sixam, pas le leur, mais ils entendent bien agrandir leur territorialité, grâce à Tempérance, qui leur a promis toute la planète, s’ils réussissaient à la faire définitivement sortir des enfers. C’est pour cela qu’ils créent des impacts, pour ouvrir de grandes failles, promptes à recevoir l’enfer sur les terres sims. En plus, ils ont eu vent du talisman qui protégeait la déesse Aurora.
- Comment ça ? finis-je par déglutir.
- Aurora est la seule qui puisse rétablir l’ordre du monde, tel qu’il devrait être. Les Vénusiens en ont peur, tout comme Tempérance, car ils savent que leurs projets seraient voués à l’échec si elle devait réapparaître. Ils n’auraient aucune chance.
L’impact violent des bombes vénusiennes avaient permis l’ouverture de nouvelles brèches, un peu partout autour de l’hôpital. A ce rythme-là, l’Enfer ne tarderait pas à se déverser sur notre monde, accompagné de son lot de malheurs et de désolation et, si cela devait être le cas, nous n’y pourrions plus rien.
J’avais décidé d’aller souffler quelques minutes, auprès de mon bien-aimé mari, avant d’affronter cette nouvelle journée, mais je dû constater que Guidry, que l’on croyait tous déjà parti, m’avait devancée et se trouvait debout devant son cercueil.
- Que faites-vous là ? l’apostrophai-je gentiment.
En entendant ma voix, il se retourna subitement ; sûrement l’avais-je arraché à quelques pensées ectoplasmiques. Le pauvre avait l’air tendu.
- Je réfléchissais à une solution pour votre mari.
- Vraiment ? S’agirait-il de cette solution dont vous avez parlé à Doreen, mais pour laquelle nous ne sommes pas encore prêts ?
Guidry sortit de la pièce et je lui emboîtai le pas.
- Vous m’avez percé à jour, c’est vrai. Mais je ne peux rien vous dire, pour le moment. Non seulement l’entreprise sera très risquée pour l’un d’entre vous, et c’est sur ce point que je ne vous estime pas prêts, mais, en plus, il me manque un objet. Sans lui, nous ne pourrons rien faire.
- Et si vous me disiez de quoi il s’agit ? Je pourrais peut-être vous aider.
- Je crois que vous devriez invoquer Hilda, elle pourra vous en dire plus.
Qui est Hilda ?
- Il faut vraiment que je m’en aille ! Je ne sais pas comment j’ai fait pour rester matérialisé aussi longtemps, mais je n’y arrive plus.
Guidry s’était levé en grimaçant puis m’avait lancé un « Ne soyez pas surprise, en la voyant », avant de disparaître.
Quand je suis redescendue, le jardin ressemblait à la tanière d’un sorcier. Audric était en train de travailler sur je ne sais quelle potion étrange et malodorante, tandis que Doreen avait inventé un nouveau sort afin de refermer les petites failles qui apparaissaient, ici et là. Je les encourageai rapidement puis filai entretenir le jardin et donner à manger à notre ménagerie.
Je voulais me débarrasser au plus vite de ces tâches ingrates, mais pourtant indispensables à notre survie. C’est en arrosant les plantes que j’aperçus une de ces âmes égarées qui tourbillonnait, non loin du kiosque. Elle avait l’air si triste, que je lui offris un pot du miel que j’avais fraîchement récolté dans nos ruches.
Le petit spectre, sûrement satisfait, se volatilisa, laissant à mes pieds, une sorte de muffin gélatineux, et une aura joyeuse qui m’envahit, bien malgré moi.
Je regardai autour de moi, mais personne d’autre ne semblait avoir subi l’effet secondaire du spectre, contrairement à cette première fois où j’avais tenté d’entrer en communication avec l’un d’eux.
Je venais de ramasser l’étrange petit gâteau, lorsque Fantine vint me trouver pour me signaler que nous avions encore des problèmes de plomberie.
- Il y a de l’eau partout ! J’ai bien essayé d’arranger le truc, mais je crois que j’ai empiré la situation.
- Ne t’en fais pas. Je vais m’en occuper.
Je sus, à ce moment-là, qu’une grande partie de ma journée serait vouée à réparer trois de nos sanitaires, ainsi que notre récent micro-ondes. Cette tâche m’était dévolue car j’étais, aujourd’hui, celle qui prenait soin de l’équipe et de son bien-être et, en tant que chef, il n’était pas question que je m’y soustraie. Je me devais de montrer l’exemple, ainsi que je l’avais toujours fait.
Malgré tout, je décidai quand même de commencer par finir de déblayer les deux traces mystiques et horrifiques, que Doreen n’avait pas eu le temps d’effacer et, lorsque je vins à bout de la marque imprimée sur le sol du salon, j’entendis les gonds grincer... les gonds qui annonçaient l’ouverture d’une nouvelle pièce.
Aussitôt, je déployai mes ailes de vampire pour me rendre au deuxième étage, là d’où le son provenait. Nous avions débloqué une chambre supplémentaire, aussi déplorable que les pièces qui nous avaient été précédemment accordées, aussi je m’employai à nettoyer la pièce toute seule, ma vitesse surnaturelle me permettant d’aller plus vite que plusieurs humains réunis.
Je m’attaquai, ensuite, à la besogne proprement dite. J’avais choisi de d’entreprendre l’électricité, dans un premier temps, puis de réparer la baignoire, pour ce qu’il s’agissait de la plomberie du premier étage. Je gardai les toilettes du rez-de-chaussée pour la fin. Cet équipement-là ne m’emballait pas du tout.
Pourtant, j’avais dû me résoudre à arranger cette foutue plomberie défaillante, à cause de cette maudite Tempérance... Elle devait bien pouffer, à l’heure qu’il est, la Tempête Rouge ! Mais ce qu’elle ignorait, est qu’ainsi accroupie devant ce trône de déperditions organiques, je pus observer, à loisir, qu’un des carreaux, m’apparaissait en relief, par rapport aux autres.
Je me saisis de mon tournevis et, m’en servant comme levier, je réussis à soulever le revêtement incriminé. Aucun joint ne m’avait résisté et, la dalle au mur s’était détachée toute seule. Derrière le carreau, se trouvait un journal, dissimulé récemment, à en croire la facilité avec laquelle j’avais pu le retirer de sa cachette. Je le posai alors sur le lavabo, afin d’éviter qu’il ne soit souillé par ma réparation et m’en retournai à la tâche.
Je finis mon œuvre en rendant les toilettes opérationnelles puis je fermai la porte à double tour afin de me plonger dans la lecture du journal. Il avait été écrit par Susumu, notre ami fantôme, et je découvris ici que ses derniers jours avaient été des plus tristes. Enfermé pour dépression, sa vie avait pris fin pour folie, dans cet hôpital maudit.
Je ne pouvais m’empêcher d’être extrêmement chagrinée pour lui car il n’avait pas mérité le sort que lui avait réservé le directeur de ces lieux mais, en lisant ces pages, je me disais aussi que le pauvre Susumu ne nous avait rien appris de plus que ce qu’il était écrit dans les journaux que nous avions trouvés dans les autres chambres, y compris celle que j’avais précédemment réussi à ouvrir, et je ne comprenais pas pourquoi quelqu’un avait tant tenu à cacher ce journal.
Pourtant, en y regardant de plus près, je m’aperçus que la dernière de couverture était plus épaisse qu’elle n’aurait dû être... Alors, peut-être que, finalement, Susumu avait plus de choses à nous dire que les autres...
Mais lequel d’entre nous avait dissimulé le journal derrière ce carreau ?
Après la réparation des sanitaires, il avait été urgent que j’aille prendre une douche pour me rafraîchir. J’enfilai des vêtements secs puis allai déposer une enveloppe contenant 300 §, à l’attention de Guidry, sur le comptoir du salon, pour qu’il débloque une salle de bain dans l’aile ouest du deuxième étage, puis je m’employai à démolir les deux vestiges de bombes vénusiennes qui avaient fait tant de dégâts la nuit dernière.
A ma grande surprise, j’arrivai à en extraire quelques pierres que Juju accepta de m’acheter pour une petite somme.
Heureuse d’avoir passé mes nerfs sur ce gros caillou, il me fallait à présent tenter d’invoquer cette Hilda dont Guidry m’avait parlé. Je me demandais qui était cette femme et ce qu’elle pourrait nous apprendre. En outre, je me posais des questions sur cet objet mystérieux que Guidry recherchait.
Mes pensées vagabondaient, allant d’Ancelin à Tempérance. La tristesse m’envahissait, alors que j’aurais dû être concentrée pour créer un cercle parfait, parce que mon impuissance devant les morts de nos amis, et le sort qui avait été réservé à Ancelin, me tourmentait insidieusement. J’eus beaucoup de mal à obtenir le cercle idéal.
Cependant, lorsque j’y parvins enfin, au bout de presque deux heures, ce fut pour constater que deux spectres rouges, ces âmes égarées au service de Tempérance, étaient campés derrière moi, et arboraient un air inamical.
- Hilda, Hilda, viens à moi... décidai-je cependant de les ignorer.
Pour toute réponse, le sol se mit à trembler, la voix d’outre-tombe de Tempérance envahit la pièce, et ses petits soldats menacèrent de me faire griller sur ma chaise, qui rejoignit le sol, dans un fracas épouvantable. Mon dos de vampire n’eut heureusement pas à souffrir de cette manœuvre grotesque. Tempérance éructait :
- Arrête ça tout de suite, Odely ! Ce passage est à moi, cet hôpital est à moi ! Hilda n’y est pas la bienvenue !
- Si tu savais comme je m’en moque. Va au Diable, Tempête Rouge, et brûle en Enfer !
J’avais choisi de continuer. Ma motivation était d’autant plus grande que Tempérance semblait contre la venue d’Hilda dans notre monde. Lui faisait-elle peur ? Que savait-elle qui pourrait contribuer à lui nuire ?
J’y étais presque... je le sentais... et il était hors de question qu’elle m’empêche d’invoquer cette femme.
C’est alors que je sentis le feu me lécher les épaules, et l’atmosphère qui devenir chaude et irrespirable. Je savais que si je persistais davantage, la folle furieuse n’hésiterait pas une seconde à lâcher ses petits soldats sur moi.
Je finis donc par me lever, faisant mine d’abdiquer, mais restant non loin de ma chaise. Je jouais le tout pour le tout. Je sentais que la connexion avec le cercle était encore active mais j’espérais que Tempérance et ses sbires croiraient avoir interrompu la séance de spiritisme et qu’ils me laisseraient tranquille.
Ce fut le cas. La Furie semblait avoir disparu, et les âmes égarées se calmèrent puis finir par disparaître.
Tempérance croyait sincèrement que j’eus pu avoir peur d’elle et reculer devant son animosité ? Elle ne me connaissait pas encore, malgré toutes ces années.
A peine les spectres disparus, je me jetai sur la chaise et me mis à crier de toutes mes forces. Le cercle avait repris sa forme initiale et je n’ignorais pas que le temps m’était compté :
- Hildaaaa !!! C’est maintenant ou jamais ! Magne-toi !
Guidry m’avait dit de ne pas être surprise lorsque je rencontrerais son amie, et je compris mieux pourquoi, en la voyant. Cette femme n’en était pas une... ou peut-être l’avait-elle été... Mais, devant moi, se tenait un squelette avec une tenue de soubrette des années trente. Elle avait même un petit serre-tête de dentelles sur le crâne.
- Bonsoir Odely, me salua-t-elle simplement. Claude m’avait prévenue de votre appel, mais j’ai été retenue, pardonnez-moi.
- Oh, ne vous en faites pas, j’ai géré la situation.
- Je n’en doutais pas une seconde. Je m’appelle Hilda Bone. Je suis la gardienne de Purgo, le couloir de la purification. Il semblerait que vous ayez besoin de mon aide.
- Pour tout vous dire, Guidry... enfin, Claude... m’a confié que vous pourriez savoir comment sauver l’âme de mon mari. Mais il a besoin d’un objet. Savez-vous où il est ?
- Bien sûr que non, sinon, je le lui aurais déjà dit. Je sais juste que l’objet est ici, dans l’hôpital, et qu’il n’a toujours pas réussi à le trouver.
Hilda s’était levée et avait continué à parler en marchant. Ses os tintinnabulaient lorsqu’elle se déplaçait, mais le timbre de sa voix était très doux, et reposant.
- Comme vous le savez certainement, Purgo est le passage obligé des esprits qui ne savent pas encore s’ils doivent s’orienter vers le bien ou le mal, comme votre ami Susumu. Je suis là pour les aider, et maintenir l’équilibre entre les deux. J’étais autrefois aidée par Aurora, une déesse juste, et aimée de tous, qui officiait sur votre planète. En tant que sœur de la Lune et du Soleil, elle veillait à ce que l’équilibre soit maintenu entre les créatures du jour et de la nuit, ainsi qu’entre le Bien et le Mal. Rien de ce qui est arrivé dans cet hôpital n’aurait pu se produire si elle avait été là, et encore moins ce qui a été fait à votre mari. Nous travaillions de concert. Elle, pour la planète, moi pour l’au-delà. Jusqu’à ce jour où Tempérance a décidé de la tuer pour servir des intérêts personnels.
- Je ne comprends pas. Les dieux et les déesses ne sont-ils pas supposées êtres immortels ?
- Ils le sont. Aurora n’est pas morte. Son âme est provisoirement prisonnière d’un talisman. Ce talisman a été créé par un puissant sorcier de la fin du dix-neuvième siècle, un Écossais qui s’appelait Eliott O’Connor. Nous avons perdu sa trace et celle de ses descendants, peu après la création du talisman mais, nul doute que l’âme d’Aurora y a trouvé refuge. L’amulette avait été conçue pour protéger les dieux, ce qui faisait d’O’Connor une cible potentiel pour les ennemis des dieux. C’est pour cela qu’il a certainement dû jeter un sort sur sa descendance, pour que le talisman ne soit jamais retrouvé, hormis pour ceux dont l’âme en aurait besoin.
L’histoire d’Hilda était bien jolie mais je n’arrivais toujours pas à me projeter dans le sauvetage d’Ancelin. En quoi tout cela pourrait-il m’être utile ? Ou être utile pour que nous détruisions Tempérance pour de bon ? J’en fis part à ma nouvelle amie.
- Il faut retrouver le talisman. Grâce à lui, vos amis sorciers pourront permettre à Aurora, non seulement, de libérer le talisman, mais aussi de rétablir la balance entre le Bien et le Mal. Cela nous sera bénéfique à tous. En ce moment, des brèches s’ouvrent un peu partout, dans votre monde. Tempérance s’est assuré l’alliance des Vénusiens. A chaque nouvelle frappe, Inferno redouble de forces, et Purgo a de plus en plus de mal à orienter les esprits qui y résident. Quant à Edenia, elle est sur le point de disparaître. Les forces ne sont plus équilibrées. Nous avons besoin d’Aurora, et si elle libère l’amulette, l’âme d’Ancelin pourra y prendre place, avant que vous ne la lui rendiez.
J’étais interloquée :
- Ancelin n’est pas un dieu, vous le savez.
- Ancelin est une créature immortelle. Il ne peut pas rejoindre seul le talisman, mais si vous l’y menez de force, son amour pour vous sera sauvé, car nous ne parlons pas d’âme, avec un vampire... Vous le savez, n’est-ce pas ? Mais nous l’appellerons tout de même une âme.
Je le savais, bien sûr... mais comment trouver ce talisman ?
Hilda changea de sujet de conversation :
- Et si nous allions rejoindre vos amis au salon ? Vous pourriez me présenter.
Je m’inclinai devant la demande d’Hilda et, en arrivant au salon, je me rappelai soudain que nous avions prévu de nous y retrouver pour célébrer la mémoire de Yoram, comme nous l’avions fait, auparavant, pour Opaline.
Je m’en voulais d’avoir oublié cet évènement important de notre petite communauté mais, la visite d’Hilda avait séduit tout le monde, et personne ne sembla me tenir rigueur de ce manquement.
Hilda avait été accueillie chaleureusement, comme l’une des nôtres, et tous mes compagnons étaient ravis de sa présence.
C’est à cet instant-là que Guidry apparut, encore triste de la mort de son ami Yoram, et décrétant vouloir nous parler, à toutes les deux.
Hilda, Guidry et moi, nous étions donc éloignés du reste du groupe, pour discuter tranquillement.
- Qu’est-ce qu’ils se passe, Guidry ? lui demandai-je, inquiète. Ce n’est pas dans vos habitudes d’agir ainsi, et de venir aussi tôt.
- Les Vénusiens vont vous assaillir ce soir. J’en ai eu la confirmation d’une source sûre. Personne ne doit sortir de l’hôpital. Ils ne le toucheront pas car Tempérance veut le protéger.
- Personne ne craint rien. Nous sommes tous réunis dans cette pièce et nous ne sortirons pas ; mais j’aimerais savoir une chose, pourquoi les Vénusiens s’acharnent-ils ainsi sur nous ? Quel est leur intérêt ?
Ces attaques nocturnes à répétition commençaient à me taper sur les nerfs.
- La planète Sim est le territoire de Sixam, pas le leur, mais ils entendent bien agrandir leur territorialité, grâce à Tempérance, qui leur a promis toute la planète, s’ils réussissaient à la faire définitivement sortir des enfers. C’est pour cela qu’ils créent des impacts, pour ouvrir de grandes failles, promptes à recevoir l’enfer sur les terres sims. En plus, ils ont eu vent du talisman qui protégeait la déesse Aurora.
- Comment ça ? finis-je par déglutir.
- Aurora est la seule qui puisse rétablir l’ordre du monde, tel qu’il devrait être. Les Vénusiens en ont peur, tout comme Tempérance, car ils savent que leurs projets seraient voués à l’échec si elle devait réapparaître. Ils n’auraient aucune chance.
La suite juste en dessous :smile: