Forum Discussion
Nathalie986
3 years agoSeasoned Ace
Pour ceux et celles qui ont émis un avis concernant celui qui allait descendre aux enfers, vous allez en savoir plus maintenant. :mrgreen:
Concernant la magie noire, la plupart d’entre vous en a également parlé, je vous fais donc une réponse globale : Vous allez tout de suite savoir s’il y a de quoi s’inquiéter, ou non :innocent:
@oiseaudelune
Cette antenne satellite était une super antenne destructrice de la mort qui tue, spécialement conçue pour le E.T. :mrgreen: :naughty:
« Le diamant bleu et la déesse argentée ». Ça ferait un bon titre de film, ça. :love: Merci pour eux.
Et merci pour l’avancée du challenge. :kissing_heart:
@Eljisim
La coupe d’Aurora est un CC maxis match qui a été créé par une artiste que j’aime beaucoup. Je te mets tout ça sous spoiler :
Pauvre Hilda, mais qu’est-ce qu’elle t’a fait ? :open_mouth: C’est parce que c’est un squelette que tu la soupçonnes, c’est ça ? :tongue: Tu vas vite savoir si tes soupçons sont fondés ou non. :wink:
Oui, oui, il ne reste que la pièce de Tempérance... On approche doucement de la fin. :cry:
@Arcaluce
Tu as raison, la confrontation finale est proche, mais il va falloir attendre encore un tout petit peu avant qu’elle ait lieu. :wink:
Je te remercie d’avoir aimé mon idée pour l’antenne satellite. C’est vrai qu’on ne s’en sert que très rarement, dans les histoires, alors c’était l’occasion. Et le gros avantage, c’est qu’il n’y a plus de vénusiens dans l’espace aérien de l’hôpital. :mrgreen:
Tu as raison, Fantine est peut-être une fille lambda, sans pouvoir, mais sans elle, ils auraient été bien embêtés, les occultes ! :lol:
Amaël est vraiment amoureux de Fantine, et il n’imagine pas une seconde de l’envoyer en Enfer. C’est vrai qu’ils sont mignons, tous les deux. :blush:
Mais pourquoi en avez-vous tous après cette pauvre Hilda ! :open_mouth:
Merci pour Aurora :love:
@Ellandan
J’ai bien rigolé en te lisant. Oui, oui, elle se promenait avec la déesse, sans même le savoir.
Pour savoir si le sort d’Audric va fonctionner : c’est tout de suite.
@tous
Ce chapitre est l’avant-dernier de cette histoire et, étant donné que le dernier chapitre est déjà écrit, vous ne tarderez pas trop à en connaître la fin. :wink:
Et maintenant la suite...
Hier soir, en allant me coucher, j’avais refusé à Amaël toute possibilité de débattre pour savoir lequel de nous deux se rendrait au Pandémonium. Je lui avais promis d’en discuter à notre réveil, mais j’avais très mal dormi et, lorsque je me suis levée, il dormait encore.
Je pris donc une douche éclair, avalait un petit déjeuner sur le pouce, et décidai d’aller m’occuper au jardin. Après tout, la vie continuait, même pour les héros, et nous avions besoin de nous nourrir, et nos animaux aussi. A peine me retrouvai-je sur le pas de la porte, que j’eus la désagréable surprise de me trouver nez à nez avec un Trident de Vénus.
La suite, juste en dessous... :smile:
Concernant la magie noire, la plupart d’entre vous en a également parlé, je vous fais donc une réponse globale : Vous allez tout de suite savoir s’il y a de quoi s’inquiéter, ou non :innocent:
@oiseaudelune
Cette antenne satellite était une super antenne destructrice de la mort qui tue, spécialement conçue pour le E.T. :mrgreen: :naughty:
« Le diamant bleu et la déesse argentée ». Ça ferait un bon titre de film, ça. :love: Merci pour eux.
Et merci pour l’avancée du challenge. :kissing_heart:
@Eljisim
La coupe d’Aurora est un CC maxis match qui a été créé par une artiste que j’aime beaucoup. Je te mets tout ça sous spoiler :
Spoiler
Le site : TSR (the sims resort) L’artiste s’appelle Simcelebrity00 et la création « Goddess Hairstyle ». Tu verras, elle fait de superbes coiffures, principalement pour les femmes. :smile:
Pauvre Hilda, mais qu’est-ce qu’elle t’a fait ? :open_mouth: C’est parce que c’est un squelette que tu la soupçonnes, c’est ça ? :tongue: Tu vas vite savoir si tes soupçons sont fondés ou non. :wink:
Oui, oui, il ne reste que la pièce de Tempérance... On approche doucement de la fin. :cry:
@Arcaluce
Tu as raison, la confrontation finale est proche, mais il va falloir attendre encore un tout petit peu avant qu’elle ait lieu. :wink:
Je te remercie d’avoir aimé mon idée pour l’antenne satellite. C’est vrai qu’on ne s’en sert que très rarement, dans les histoires, alors c’était l’occasion. Et le gros avantage, c’est qu’il n’y a plus de vénusiens dans l’espace aérien de l’hôpital. :mrgreen:
Tu as raison, Fantine est peut-être une fille lambda, sans pouvoir, mais sans elle, ils auraient été bien embêtés, les occultes ! :lol:
Amaël est vraiment amoureux de Fantine, et il n’imagine pas une seconde de l’envoyer en Enfer. C’est vrai qu’ils sont mignons, tous les deux. :blush:
Mais pourquoi en avez-vous tous après cette pauvre Hilda ! :open_mouth:
Merci pour Aurora :love:
@Ellandan
Fantine trimballait une déesse avec elle tout ce temps là? Wow!!
J’ai bien rigolé en te lisant. Oui, oui, elle se promenait avec la déesse, sans même le savoir.
Pour savoir si le sort d’Audric va fonctionner : c’est tout de suite.
@tous
Ce chapitre est l’avant-dernier de cette histoire et, étant donné que le dernier chapitre est déjà écrit, vous ne tarderez pas trop à en connaître la fin. :wink:
Et maintenant la suite...
*** *** *** *** *** *** ***
Hier soir, en allant me coucher, j’avais refusé à Amaël toute possibilité de débattre pour savoir lequel de nous deux se rendrait au Pandémonium. Je lui avais promis d’en discuter à notre réveil, mais j’avais très mal dormi et, lorsque je me suis levée, il dormait encore.
Je pris donc une douche éclair, avalait un petit déjeuner sur le pouce, et décidai d’aller m’occuper au jardin. Après tout, la vie continuait, même pour les héros, et nous avions besoin de nous nourrir, et nos animaux aussi. A peine me retrouvai-je sur le pas de la porte, que j’eus la désagréable surprise de me trouver nez à nez avec un Trident de Vénus.
Spoiler
- Ne t’en fais pas. Les vaisseaux vénusiens ont bien été anéantis. J’imagine que Tempérance veut nous faire peur avec ses vieux cadeaux de leur part.
Odely venait d’apparaître au bas de l’escalier, fraîche comme un gardon.
- Je ne suis pas inquiète, tu sais. Je vais shooter cette abomination avec mes vieilles baskets, et il n’y paraîtra plus. J’ai autre chose à faire, tu vois. Il y a des poules, et un jardin, qui m’attendent.
- Ça me fait plaisir de te voir ainsi. Tu t’appliques aux tâches quotidiennes alors que tu as une lourde décision à prendre. J’avais pensé te relever des corvées, pour les donner à Doreen.
Son sourire était bienveillant mais son regard était tourmenté. Je savais qu’elle se faisait du souci pour moi. Elle s’en faisait pour nous tous.
Je lui souris à mon tour :
- Laisse Doreen tranquille. Je suis en paix avec moi-même. J’ai pris ma décision et je vais bien. C’est moi qui descendrai dans cet enfer. Et la seule chose que je veux, à présent, c’est m’occuper du jardin.
Je n’avais pas menti. J’étais sereine, peu importe l’issue de cette mission. J’avais eu toute la nuit pour y penser, et personne ne ferait revenir sur la résolution que j’avais prise.
Elle me regarda, ses grands yeux dirigés sur les miens :
- Et Amaël ? Il est d’accord avec ça ? Hier soir, c’est lui qui envisageait de partir...
- Laisse-moi gérer Amaël. Il n’est pas encore au courant, mais il acceptera ma décision. C’est à moi de le faire, je le sais.
- Fantine... Tu sais que rien ne t’oblige à faire ça. Ni toi, ni Amaël... Je ne vous en voudrai pas, si vous refusiez.
- Tu sais très bien qu’il ne s’agit plus uniquement de l’amour qu’Ancelin a perdu pour toi, Odely. Si on ne le ramène pas, c’est notre monde qui va s’écrouler. L’amour d’Ancelin n’a rien à faire au Pandemonium. Aurora nous l’a dit. Elle fait partie des actes malintentionnés dont nous a gratifié Tempérance. L’amour d’Ancelin doit se trouver dans son corps. Si je ne vais pas là-bas, c’est notre monde qui se retrouvera en péril. Nous devons rétablir l’équilibre.
J’avais eu le temps d’y réfléchir, et je savais que je serais plus motivée qu’Amaël pour accomplir cette tâche. Les avenirs du monde, et de l’au-delà, étaient entre nos mains mais, moi, j’avais encore plus à perdre : un ami. Et Ancelin était pour moi un ami de longue date.
- D’accord ! finit par lâcher Odely, à court d’arguments. Je n’irai pas contre ta volonté. De mon côté, je vais voir où en est Audric avec son sort, et sa potion.
Après le départ d’Odely, je fis valdinguer le trident en mille morceaux, avant de nourrir les poules et les insectes. Toutes ces activités me firent le plus grand bien. J’étais concentrée dessus et je ne pensai à rien d’autre.
Mais, les soins que j’administrai aux plantes, furent encore plus bénéfiques pour mon esprit. Arrosage, désherbage, cueillette... cette occupation était si prenante qu’elle me lavait de toutes les contrariétés qui auraient pu infester mes pensées.
J’étais en train de nourrir les poules lorsqu’Amaël m’appela. Il se tenait, la chemise ouverte, derrière les grilles du poulailler. Je l’avais presque oublié, mais la discussion que nous devions avoir semblait se rappeler à moi, inévitable. Je finis de lancer le grain aux poules, avant de m’avancer vers lui.
- Il serait temps que nous parlions, tu ne crois pas ?
J’osai à peine le regarder mais, oui, il avait raison, nous devions parler.
J’acceptai alors, de m’asseoir près de lui, sachant très bien comment finirait cette discussion, mais je lui devais bien d’exposer ses propres arguments.
- Je tiens à descendre là-bas, Fantine, j’y tiens absolument. Je récupère l’âme d’Ancelin, et je serai de retour auprès de toi en très peu de temps.
Les arguments... Je n’arrivais pas à les déterminer. Seul le regard assuré d’Amaël aurait pu, en d’autres temps, me convaincre.
- Vraiment ? Et pourquoi ce serait toi qui devrais t’y rendre ? En quoi es-tu plus légitime que moi pour cette mission suicide ?
- Je suis plus vieux que toi, Fantine. Si les choses devaient mal se passer, je préfère être celui qui y restera. Tu as encore toute la vie devant toi, tu es jeune. Moi, j’ai déjà vécu une vie. Je me suis marié, j’ai eu un enfant...
Alors, c’était ça son argument ? Mais comment pouvait-il se tromper autant ?
- Tu parles de ta fille ? De Gwen ? Tu lui avais promis de revenir dans deux jours... Voilà douze jours que nous sommes coincés ici. Elle a déjà dû retourner chez sa mère. Elle ne compte pas pour toi ? Moi, je n’ai rien à perdre. Tous mes amis étaient ici, et j’en ai perdu deux. Alors, si je dois sauver le monde, et ramener, en prime, l’âme d’Ancelin, je le ferai. Parce que tous ces gens comptent pour moi.
J’avais espéré toucher une corde sensible chez lui, mais il ne s’arrêta pas à mon discours, que j’avais estimé convaincant :
- Tu oublies une chose, Fantine. Je t’aime. Je t’aime à la folie, et ne voudrais pas qu’il t’arrive quelque chose. Je ne m’en remettrai pas. Et puis, Audric est là. Il me ramènera des Enfers. Je lui fais confiance.
La sincérité d’Amaël me toucha, sa spontanéité à me dire « je t’aime », naturellement, comme ça... Mes sentiments envers lui étaient tout aussi forts. Nous n’avions jamais parlé d’amour et, pourtant, je l’aimais de tout mon cœur, mon cœur qui avait vacillé à l’instant où il avait prononcé ces deux petits mots, mais, à ce moment-là, je me devais d’aller dans une autre direction :
- Amaël... On se connait depuis moins de deux semaines... On a passé de bons moments ensemble, je suis d’accord, mais... l’amour... Je ne ressens pas ça pour toi. On s’est retrouvé coincés ici, tous les deux, et tu as été un super plan « crac-crac ». N’en parlons plus. C’est moi qui vais descendre jusqu’au Pandémonium. Et puis, n’oublie pas, le diamant bleu est à moi. Je le garderai à mon cou, quoiqu’il arrive.
Il m’avait regardée, l’air contrit, et m’avait laissée, libre de mon choix, sur de simples mots. Sa gorge nouée avait réussi à s’exprimer mais, je pouvais deviner, au timbre de sa voix, que je venais de détruire tout ce qui avait pu se construire entre nous deux :
- Fais ce que tu veux, tu as raison. Ce n’est pas une aventure de deux semaines qui va nous dicter notre conduite. Et puis, j’ai une fille qui m’attend.
Sa voix tremblait encore lorsqu’il me salua avant de partir. J’étais tellement triste.
Je m’éloignai, alors, de l’enceinte de l’hôpital pour pouvoir pleurer tranquillement, loin des regards inquiets de mes amis, lorsqu’Aurora apparut devant moi, magnifique dans sa robe de déesse.
- Ne pleurez- pas...
- Je n’ai même pas commencé.
- Mais vous alliez le faire. Ne vous en faites pas ainsi, et croyez en l’amour. Amaël finira par comprendre. Vous avez pris la bonne décision.
- Vous savez déjà que c’est moi qui vais descendre, là-bas ?
- J’entends les pensées et je ressens les émotions. Pour tout vous dire, j’espérais que ce soit vous qui vous rendiez au Pandémonium. Le diamant bleu est à vous. Ce sera beaucoup plus facile. Il faut que nous parlions, maintenant.
- J’imagine que vous allez m’expliquer comment je vais devoir procéder...
- Oui, mais n’ayez aucune crainte. Le diamant vous protègera durant toute la durée de votre passage à Inferno. Le mal y sera omniprésent, et le talisman vous permettra de conserver votre pureté d’âme.
- Super ! Me voilà rassurée.
La déesse poursuivit son discours, sans même relever ma dernière phrase. Elle m’expliqua qu’elle allait ouvrir un portail qui me conduirait directement dans la salle où Tempérance avait entreposé l’amour d’Ancelin. L’âme était dans une boîte marquée d’une tête de mort. Il me suffisait d’ouvrir la boîte, de prendre l’âme, de déposer l’idole d’Audric sur l’autel, et de repartir en sens inverse. Voilà, dis comme ça, c’était une mission super facile ! Sauf qu’il fallait que je meure pour la réussir.
- Hein ? Mais quelle idole d’Audric ?! réalisai-je soudain.
Personne n’avait jamais parlé d’une idole...
- Audric a trouvé une idole, quelques jours après votre arrivée dans l’hôpital. Il la garde dans ses affaires. Cette idole va permettre d’expulser Tempérance des Enfers, et de refermer toutes les brèches. Grâce à elle, nous pourrons enfin reconstruire le monde de l’Au-delà.
- Je sens que je m’apprête à vivre une vraie partie de plaisir !
- Ne vous en faites pas. Tout cela a l’air compliqué, mais ça ne durera que quelques minutes.
Elle me regarda, alors d’un regard bienveillant.
- Et je ne serai pas loin. Je vous accompagne. Par contre, au cas où nous croiserions quelqu’un sur notre route, je préfèrerais que le médaillon reste dans votre poche. Il ne faudrait surtout pas qu’on vous l’arrache.
C’était la meilleure nouvelle du jour ! Aurora allait venir avec moi. J’en aurais presque hurler de joie, tellement je me sens moins seule, tout d’un coup.
Aurora avait réuni tout le monde, dans l’après-midi, car le timing devait être parfait pour que l’entreprise réussisse, et que tout le monde se sorte sain et sauf de cette aventure à haut risque.
Doreen avait, finalement, accepté de se joindre à Audric pour l’aider à consolider le sort qui allait me ramener. Il faut dire qu’Audric, son truc à lui, c’étaient d’abord les potions, pas les sorts.
Notre ami sorcier nous avoua avoir dissimulé l’idole, peu de temps avant d’avoir mis le feu aux ordures de l’hôpital. Il nous dit qu’il pensait la statuette bienveillante, mais qu’il avait décelé une aura destructrice émanant d’elle, et il avait préféré la mettre à l’écart, afin que personne ne soit blessé.
- Cette idole ne vous aurait rien fait, affirma Aurora. Elle est destinée à détruire les portes de l’enfer, pour que plus rien n’en sorte. C’est certainement cela que vous avez ressenti.
Audric promit de nous remettre très vite l’idole, pour que nous puissions l’utiliser.
Aurora briefa tout le monde sur ce qui m’attendait en enfer, puis Doreen et Audric nous détaillèrent, point par point, l’ordre à suivre pour me ramener à la vie.
- Vous aurez six minutes pour récupérer l’âme d’Ancelin, et revenir. Six minutes, pas une de plus, sinon, nous ne pourrons pas ramener Fantine.
Ouah, la pression, tout d’un coup... Six minutes ? Mon moral avait pris une grosse claque...
Odely, qui n’avait pas encore parlé, jugea le moment opportun pour le faire :
- Comment ça, six minutes ? Vous n’avez pas mieux à proposer ? Vous êtes des sorciers, non ?
- C’est le temps maximum pour que le sort soit stable, et qu’on ne passe pas du côté obscur de la magie. Doreen a raison, ce serait très risqué, et le remède pourrait être bien pire que le mal.
Aurora appuya les dires d’Audric :
- On ne peut pas avoir recours à la magie noire pour faire le bien, surtout en Enfer. Cela se retournerait contre nous. Six minutes seront largement suffisante pour ramener Fantine.
- De toute façon, j’irai là-bas. Peu importe que j’ai six minutes ou une heure, leur dis-je pour mettre un terme à la polémique.
Amaël me regardait et je pouvais lire beaucoup d’inquiétude, dans ses yeux. Je le regardai alors, à mon tour, essayant de lui faire mon plus beau sourire :
- Et puis, je dois sauver le monde, il ne faudrait pas l’oublier !
J’entendis la voix grave d’Audric :
- Fantine, nous allons juste arrêter ton cœur, et le faire repartir, comme si nous étions des médecins... enfin presque...
- Ok, ça me va.
Odely venait d’apparaître au bas de l’escalier, fraîche comme un gardon.
- Je ne suis pas inquiète, tu sais. Je vais shooter cette abomination avec mes vieilles baskets, et il n’y paraîtra plus. J’ai autre chose à faire, tu vois. Il y a des poules, et un jardin, qui m’attendent.
- Ça me fait plaisir de te voir ainsi. Tu t’appliques aux tâches quotidiennes alors que tu as une lourde décision à prendre. J’avais pensé te relever des corvées, pour les donner à Doreen.
Son sourire était bienveillant mais son regard était tourmenté. Je savais qu’elle se faisait du souci pour moi. Elle s’en faisait pour nous tous.
Je lui souris à mon tour :
- Laisse Doreen tranquille. Je suis en paix avec moi-même. J’ai pris ma décision et je vais bien. C’est moi qui descendrai dans cet enfer. Et la seule chose que je veux, à présent, c’est m’occuper du jardin.
Je n’avais pas menti. J’étais sereine, peu importe l’issue de cette mission. J’avais eu toute la nuit pour y penser, et personne ne ferait revenir sur la résolution que j’avais prise.
Elle me regarda, ses grands yeux dirigés sur les miens :
- Et Amaël ? Il est d’accord avec ça ? Hier soir, c’est lui qui envisageait de partir...
- Laisse-moi gérer Amaël. Il n’est pas encore au courant, mais il acceptera ma décision. C’est à moi de le faire, je le sais.
- Fantine... Tu sais que rien ne t’oblige à faire ça. Ni toi, ni Amaël... Je ne vous en voudrai pas, si vous refusiez.
- Tu sais très bien qu’il ne s’agit plus uniquement de l’amour qu’Ancelin a perdu pour toi, Odely. Si on ne le ramène pas, c’est notre monde qui va s’écrouler. L’amour d’Ancelin n’a rien à faire au Pandemonium. Aurora nous l’a dit. Elle fait partie des actes malintentionnés dont nous a gratifié Tempérance. L’amour d’Ancelin doit se trouver dans son corps. Si je ne vais pas là-bas, c’est notre monde qui se retrouvera en péril. Nous devons rétablir l’équilibre.
J’avais eu le temps d’y réfléchir, et je savais que je serais plus motivée qu’Amaël pour accomplir cette tâche. Les avenirs du monde, et de l’au-delà, étaient entre nos mains mais, moi, j’avais encore plus à perdre : un ami. Et Ancelin était pour moi un ami de longue date.
- D’accord ! finit par lâcher Odely, à court d’arguments. Je n’irai pas contre ta volonté. De mon côté, je vais voir où en est Audric avec son sort, et sa potion.
Après le départ d’Odely, je fis valdinguer le trident en mille morceaux, avant de nourrir les poules et les insectes. Toutes ces activités me firent le plus grand bien. J’étais concentrée dessus et je ne pensai à rien d’autre.
Mais, les soins que j’administrai aux plantes, furent encore plus bénéfiques pour mon esprit. Arrosage, désherbage, cueillette... cette occupation était si prenante qu’elle me lavait de toutes les contrariétés qui auraient pu infester mes pensées.
J’étais en train de nourrir les poules lorsqu’Amaël m’appela. Il se tenait, la chemise ouverte, derrière les grilles du poulailler. Je l’avais presque oublié, mais la discussion que nous devions avoir semblait se rappeler à moi, inévitable. Je finis de lancer le grain aux poules, avant de m’avancer vers lui.
- Il serait temps que nous parlions, tu ne crois pas ?
J’osai à peine le regarder mais, oui, il avait raison, nous devions parler.
J’acceptai alors, de m’asseoir près de lui, sachant très bien comment finirait cette discussion, mais je lui devais bien d’exposer ses propres arguments.
- Je tiens à descendre là-bas, Fantine, j’y tiens absolument. Je récupère l’âme d’Ancelin, et je serai de retour auprès de toi en très peu de temps.
Les arguments... Je n’arrivais pas à les déterminer. Seul le regard assuré d’Amaël aurait pu, en d’autres temps, me convaincre.
- Vraiment ? Et pourquoi ce serait toi qui devrais t’y rendre ? En quoi es-tu plus légitime que moi pour cette mission suicide ?
- Je suis plus vieux que toi, Fantine. Si les choses devaient mal se passer, je préfère être celui qui y restera. Tu as encore toute la vie devant toi, tu es jeune. Moi, j’ai déjà vécu une vie. Je me suis marié, j’ai eu un enfant...
Alors, c’était ça son argument ? Mais comment pouvait-il se tromper autant ?
- Tu parles de ta fille ? De Gwen ? Tu lui avais promis de revenir dans deux jours... Voilà douze jours que nous sommes coincés ici. Elle a déjà dû retourner chez sa mère. Elle ne compte pas pour toi ? Moi, je n’ai rien à perdre. Tous mes amis étaient ici, et j’en ai perdu deux. Alors, si je dois sauver le monde, et ramener, en prime, l’âme d’Ancelin, je le ferai. Parce que tous ces gens comptent pour moi.
J’avais espéré toucher une corde sensible chez lui, mais il ne s’arrêta pas à mon discours, que j’avais estimé convaincant :
- Tu oublies une chose, Fantine. Je t’aime. Je t’aime à la folie, et ne voudrais pas qu’il t’arrive quelque chose. Je ne m’en remettrai pas. Et puis, Audric est là. Il me ramènera des Enfers. Je lui fais confiance.
La sincérité d’Amaël me toucha, sa spontanéité à me dire « je t’aime », naturellement, comme ça... Mes sentiments envers lui étaient tout aussi forts. Nous n’avions jamais parlé d’amour et, pourtant, je l’aimais de tout mon cœur, mon cœur qui avait vacillé à l’instant où il avait prononcé ces deux petits mots, mais, à ce moment-là, je me devais d’aller dans une autre direction :
- Amaël... On se connait depuis moins de deux semaines... On a passé de bons moments ensemble, je suis d’accord, mais... l’amour... Je ne ressens pas ça pour toi. On s’est retrouvé coincés ici, tous les deux, et tu as été un super plan « crac-crac ». N’en parlons plus. C’est moi qui vais descendre jusqu’au Pandémonium. Et puis, n’oublie pas, le diamant bleu est à moi. Je le garderai à mon cou, quoiqu’il arrive.
Il m’avait regardée, l’air contrit, et m’avait laissée, libre de mon choix, sur de simples mots. Sa gorge nouée avait réussi à s’exprimer mais, je pouvais deviner, au timbre de sa voix, que je venais de détruire tout ce qui avait pu se construire entre nous deux :
- Fais ce que tu veux, tu as raison. Ce n’est pas une aventure de deux semaines qui va nous dicter notre conduite. Et puis, j’ai une fille qui m’attend.
Sa voix tremblait encore lorsqu’il me salua avant de partir. J’étais tellement triste.
Je m’éloignai, alors, de l’enceinte de l’hôpital pour pouvoir pleurer tranquillement, loin des regards inquiets de mes amis, lorsqu’Aurora apparut devant moi, magnifique dans sa robe de déesse.
- Ne pleurez- pas...
- Je n’ai même pas commencé.
- Mais vous alliez le faire. Ne vous en faites pas ainsi, et croyez en l’amour. Amaël finira par comprendre. Vous avez pris la bonne décision.
- Vous savez déjà que c’est moi qui vais descendre, là-bas ?
- J’entends les pensées et je ressens les émotions. Pour tout vous dire, j’espérais que ce soit vous qui vous rendiez au Pandémonium. Le diamant bleu est à vous. Ce sera beaucoup plus facile. Il faut que nous parlions, maintenant.
- J’imagine que vous allez m’expliquer comment je vais devoir procéder...
- Oui, mais n’ayez aucune crainte. Le diamant vous protègera durant toute la durée de votre passage à Inferno. Le mal y sera omniprésent, et le talisman vous permettra de conserver votre pureté d’âme.
- Super ! Me voilà rassurée.
La déesse poursuivit son discours, sans même relever ma dernière phrase. Elle m’expliqua qu’elle allait ouvrir un portail qui me conduirait directement dans la salle où Tempérance avait entreposé l’amour d’Ancelin. L’âme était dans une boîte marquée d’une tête de mort. Il me suffisait d’ouvrir la boîte, de prendre l’âme, de déposer l’idole d’Audric sur l’autel, et de repartir en sens inverse. Voilà, dis comme ça, c’était une mission super facile ! Sauf qu’il fallait que je meure pour la réussir.
- Hein ? Mais quelle idole d’Audric ?! réalisai-je soudain.
Personne n’avait jamais parlé d’une idole...
- Audric a trouvé une idole, quelques jours après votre arrivée dans l’hôpital. Il la garde dans ses affaires. Cette idole va permettre d’expulser Tempérance des Enfers, et de refermer toutes les brèches. Grâce à elle, nous pourrons enfin reconstruire le monde de l’Au-delà.
- Je sens que je m’apprête à vivre une vraie partie de plaisir !
- Ne vous en faites pas. Tout cela a l’air compliqué, mais ça ne durera que quelques minutes.
Elle me regarda, alors d’un regard bienveillant.
- Et je ne serai pas loin. Je vous accompagne. Par contre, au cas où nous croiserions quelqu’un sur notre route, je préfèrerais que le médaillon reste dans votre poche. Il ne faudrait surtout pas qu’on vous l’arrache.
C’était la meilleure nouvelle du jour ! Aurora allait venir avec moi. J’en aurais presque hurler de joie, tellement je me sens moins seule, tout d’un coup.
Aurora avait réuni tout le monde, dans l’après-midi, car le timing devait être parfait pour que l’entreprise réussisse, et que tout le monde se sorte sain et sauf de cette aventure à haut risque.
Doreen avait, finalement, accepté de se joindre à Audric pour l’aider à consolider le sort qui allait me ramener. Il faut dire qu’Audric, son truc à lui, c’étaient d’abord les potions, pas les sorts.
Notre ami sorcier nous avoua avoir dissimulé l’idole, peu de temps avant d’avoir mis le feu aux ordures de l’hôpital. Il nous dit qu’il pensait la statuette bienveillante, mais qu’il avait décelé une aura destructrice émanant d’elle, et il avait préféré la mettre à l’écart, afin que personne ne soit blessé.
- Cette idole ne vous aurait rien fait, affirma Aurora. Elle est destinée à détruire les portes de l’enfer, pour que plus rien n’en sorte. C’est certainement cela que vous avez ressenti.
Audric promit de nous remettre très vite l’idole, pour que nous puissions l’utiliser.
Aurora briefa tout le monde sur ce qui m’attendait en enfer, puis Doreen et Audric nous détaillèrent, point par point, l’ordre à suivre pour me ramener à la vie.
- Vous aurez six minutes pour récupérer l’âme d’Ancelin, et revenir. Six minutes, pas une de plus, sinon, nous ne pourrons pas ramener Fantine.
Ouah, la pression, tout d’un coup... Six minutes ? Mon moral avait pris une grosse claque...
Odely, qui n’avait pas encore parlé, jugea le moment opportun pour le faire :
- Comment ça, six minutes ? Vous n’avez pas mieux à proposer ? Vous êtes des sorciers, non ?
- C’est le temps maximum pour que le sort soit stable, et qu’on ne passe pas du côté obscur de la magie. Doreen a raison, ce serait très risqué, et le remède pourrait être bien pire que le mal.
Aurora appuya les dires d’Audric :
- On ne peut pas avoir recours à la magie noire pour faire le bien, surtout en Enfer. Cela se retournerait contre nous. Six minutes seront largement suffisante pour ramener Fantine.
- De toute façon, j’irai là-bas. Peu importe que j’ai six minutes ou une heure, leur dis-je pour mettre un terme à la polémique.
Amaël me regardait et je pouvais lire beaucoup d’inquiétude, dans ses yeux. Je le regardai alors, à mon tour, essayant de lui faire mon plus beau sourire :
- Et puis, je dois sauver le monde, il ne faudrait pas l’oublier !
J’entendis la voix grave d’Audric :
- Fantine, nous allons juste arrêter ton cœur, et le faire repartir, comme si nous étions des médecins... enfin presque...
- Ok, ça me va.
La suite, juste en dessous... :smile: