Forum Discussion
7 years ago
Pour de bon
Sa main me retient.
Hébété, je fixe sa poitrine se soulever au rythme de sa respiration saccadée, me priant, m'invitant, à relever le nez et la regarder au fond des yeux.
Je reste fort et déterminé.
Aujourd'hui, je la quitte pour de bon, je retourne jouer au cador qui n'a peur de rien, au caïd qui roule des mécaniques et ricane en crachant à terre.
Dès à présent, je reprends ma place: d'ombre parmi les ombres. J'abandonne le terrain, je déserte le front, je jette l'éponge.
Un son rauque passe ses lèvres.
Mes doigts se souviennent, ils veulent caresser les siens, reconnaissent la douceur sa peau, veulent s'enhardir, glisser le long de son poignet, remonter dans le creux de son coude, glisser jusqu'à sa nuque, s'enrouler autour de son cou, l'agripper ... et je m'étrangle de désir au souvenir de ses lèvres caressant les miennes.
"Embrasse-moi..."
Je reste fort, je ne la regarde pas. Si je le faisais, son regard me happerait vers ce futur qui n'appartiendrait qu'à nous, pareil à un dimanche au soleil, ma joue posée sur son ventre qui s'arrondirait de notre enfant à venir; mais déjà, l'ombre plane et mes doigts glissent des siens, ils se souviennent que si petits, ils avaient essuyé les larmes qui rinçaient le visage si fier de mon père lorsque mourut l'amour dans le cœur de ma mère et qu'elle nous quitta un soir d'été, pareil à ce dimanche au soleil qu'elle me promet, elle, aussi, pourtant éternel.
"S'il te plaît", me dit-elle encore.
Mais je résiste.
Il y en a qui ont peur du bonheur.
Je dois être des leurs.
Elle ne me résiste plus, elle laisse filer ma main, son regard a pris, j'en suis sûr, les couleurs du chagrin. J'entends un sanglot étouffé. Je ne peux plus résister, je lève les yeux, mon cœur cesse de battre; son regard m'emprisonne. Ma main revient à elle et les battements de mon cœur repartent de plus belle.
C'est fichu. Elle est contre moi et je la serre très fort en lui murmurant des mots d'amour. Tant pis.
Peut-être demain, je la quitterai pour de bon.
Sa main me retient.
Hébété, je fixe sa poitrine se soulever au rythme de sa respiration saccadée, me priant, m'invitant, à relever le nez et la regarder au fond des yeux.
Je reste fort et déterminé.
Aujourd'hui, je la quitte pour de bon, je retourne jouer au cador qui n'a peur de rien, au caïd qui roule des mécaniques et ricane en crachant à terre.
Dès à présent, je reprends ma place: d'ombre parmi les ombres. J'abandonne le terrain, je déserte le front, je jette l'éponge.
Un son rauque passe ses lèvres.
Mes doigts se souviennent, ils veulent caresser les siens, reconnaissent la douceur sa peau, veulent s'enhardir, glisser le long de son poignet, remonter dans le creux de son coude, glisser jusqu'à sa nuque, s'enrouler autour de son cou, l'agripper ... et je m'étrangle de désir au souvenir de ses lèvres caressant les miennes.
"Embrasse-moi..."
Je reste fort, je ne la regarde pas. Si je le faisais, son regard me happerait vers ce futur qui n'appartiendrait qu'à nous, pareil à un dimanche au soleil, ma joue posée sur son ventre qui s'arrondirait de notre enfant à venir; mais déjà, l'ombre plane et mes doigts glissent des siens, ils se souviennent que si petits, ils avaient essuyé les larmes qui rinçaient le visage si fier de mon père lorsque mourut l'amour dans le cœur de ma mère et qu'elle nous quitta un soir d'été, pareil à ce dimanche au soleil qu'elle me promet, elle, aussi, pourtant éternel.
"S'il te plaît", me dit-elle encore.
Mais je résiste.
Il y en a qui ont peur du bonheur.
Je dois être des leurs.
Elle ne me résiste plus, elle laisse filer ma main, son regard a pris, j'en suis sûr, les couleurs du chagrin. J'entends un sanglot étouffé. Je ne peux plus résister, je lève les yeux, mon cœur cesse de battre; son regard m'emprisonne. Ma main revient à elle et les battements de mon cœur repartent de plus belle.
C'est fichu. Elle est contre moi et je la serre très fort en lui murmurant des mots d'amour. Tant pis.
Peut-être demain, je la quitterai pour de bon.