4 years ago
[ HISTOIRE ] Rétrospective d'un couple en crise (titre provisoire ?) - MAJ 27/07/23
Hey ! Me revoilà pour une nouvelle histoire enfin... plutôt un spin-off de L'Arche du Bonheur (dispo sur le forum mais également dans mon blog... qui a reçu quelques modifications en passant car certaines choses ne plaisaient plus). Enfin je me suis décidé à m'y lancer sur mes petits chouchous j'ai nommé Carlos et Mun. Avant même de finir avec Lola, j'avais quelques petites idées les concernant. Pourtant, ce ne fut pas facile de commencer car j'ignorais comment aborder cette histoire dès le début. Je voulais avant tout faire des petits flashback afin de mieux les connaître à travers eux car recommencer depuis le début ne m'intéressait pas. En tout cas, j'espère que ça va autant vous plaire et n'hésitez pas à me dire vos impressions et voire même, me suggérer des idées à travers vos petits théories... C'est en écoutant qu'on tire parfois ses idées.
Sur ce, bonne lecture !
PS: Je n'ai même pas fait exprès de poster ce premier chapitre en pleine Pride Month aha !
~ I ~ (partie 1)
La flamme du briquet brûla la zone de combustion de la thérapeute. Elle inhala la fumée puis en laisse un peu échapper. Après avoir posé son briquet, elle regarda face à elle ses deux patients qui attendait sagement le début de la séance. L'ambiance était tendue entre ces deux hommes. L'un des deux, un asiatique avec des traits plutôt fins faisait tourner nerveusement ses bagues qui ornaient ses doigts. L'autre, un brun, un peu plus barbu d'origine latine avait quant à lui un visage plus fermé. A mon avis, ça devrait être le plus nerveux des deux. La thérapeute examina chaque geste que le couple exécutait puis et brisa la glace :
« Bon... Ce n'est que la première séance et la tension est déjà assez pesante...
- … sourcilla en soupirant le latino, excédé
- … Heu...je..., balbutia l'asiatique
- … Oui ? questionna la thérapeute, Vous voulez commencer Mr Yeun ?
- C'est que … Être ici... Je ne m'attendais pas du tout à ce qu'on... Non rien, dit-il en faisant un geste de la main.
- Si vous êtes ici, c'est qu'il y a bien une raison Messieurs.
- C'est lui qui a insisté pour venir. Marmonna le latino
- Ah, il a retrouvé sa langue... » plaisanta la thérapeute tandis que le latino la fusillait du regard.
Un silence de mort s'est soudainement installé dans le cabinet. L'asiatique décide donc de prendre un peu les devants :
« Chéri, il faut trouver une solution à notre problème.
- Ce ne me plais pas de déballer ma vie à une personne qu'on ne connaît ni d'Eve ni d'Adam.
- Justement Mr Dantes, pour ça rien de mieux qu'une personne neutre pour vous écouter et vous épauler durant cette crise.
- Ne me faites pas rire, dit-il en ricanant.
- Elsa m'avait prévenue de votre caractère assez trempé. Dit-elle en dispersant des cendres dans son cendrier. Bon, je vais vous poser des questions.
- Je pense que Mr Yeun veut ouvrir les hostilités, n'est-ce pas ?
- Hum... Acquiesça l'asiatique
- Dites-moi depuis quand vous vous êtes éloignés...
- Ça va faire 5 mois je crois...
- 6 mois et deux semaines exactement, Le coupa son homme
- Oui bon... Et depuis ce temps... Nous ne cessions de nous disputer.
- Est-ce qu'il y a un élément déclencheur ?
-J'avais pensé à... l'éducation de notre fille... Il faut dire qu'il est assez à cheval sur la discipline.
- Normal, tu es un peu trop laxiste avec elle. Dès qu'elle fait une c***erie, tu trouve toujours une raison pour dire « oh ce n'est pas grave, elle est encore petite ! ».
- Mr Dantes, comment a été votre enfance ?
- Je... Je... balbutia le latino, Je.. ne vois pas où est le rapport...
- Justement, essayons de comprendre. Allez-y.
- … Soupira t-il. Bon... »
Mon enfance a plutôt bien commencé... j'étais plutôt aimé de ma mère et de mes grands-parents quand on leur rendait visite lorsque nous vivions encore au Mexique. Par contre, lorsque je suis entré à l'école élémentaire, mon père a commencé à s'en prendre à moi. Je ne comprenais pas ce changement si soudain sur le coup... Puis après, j'ai compris. J'étais loin d'être le fils idéal à ses yeux. Je refusais de jouer aux football... puis après, il m'a surpris en train de regarder des télénovelas avec ma grand-mère.
Je me suis tellement fait engu.eulé ce jour-là... « Carlos, pourquoi diable regarde-tu ces trucs de bonnes femmes ?! ».
L'enfant que j'étais ne comprenais en rien cet élan de colère... Pourtant, ma Abuela ne s'est pas empêchée de me défendre.
« Comment était votre relation avec votre grand-mère ?
- Géniale... Elle me laissait faire tout ce que je voulais et surtout... elle me comprenais mieux que moi-même... (silence) Dommage qu'elle nous ai quittés trop tôt...Bref.
Par la suite, je n'avais plus personne pour me soutenir. Du coup, je me réfugiais dans les jeux vidéos et plus tard, dans l'informatique. Quand il a su que j'aimais beaucoup le gaming, il était plutôt content. Pour lui, c'était normal et ça le « rassurait » que je faisais tout comme les petits garçons.
- Je vois... Lorsque vous vous êtes rendu compte de votre homosexualité, quel était votre ressenti vis-à-vis de votre père ? »
Un long silence s'est installé suite à cette question. Le concerné serra ses poings en se remémorant son passé.
Je pense qu'il était dans la déni. En tout cas, il ne s'empêchait pas de manquer de respect à la communauté gay... Les noms d'oiseaux étaient de sortie. En tout cas, c'était dur d'entendre tout ça au début mais j'ai fini par les ignorer. Et puis, il y avait une chose que mon père ignorait : j'étais tout à fait capable de me défendre tout seul quand on me cherchait des noises.
Lorsque j'ai été convoqué pour la première au bureau du principal, j'étais déjà consterné par le manque de considération que les minorité subissaient, surtout nous les gays...
En rentrant du collège, ma mère n'a pas manqué d'en parler à mon père de mon altercation envers des merdeux. Bien sûr, personne ne connaissait la raison de mon geste, mais une chose est sûre, c'est que mon père a été fier de moi pour la seule et unique fois.
« Aaaaye Finalmente eres un hombre ! » (trad: Finalement, tu es un homme !)
Mais c'est quoi... être un homme, un « vrai » ? dit-il en mimant des guillemets. C'est avoir du poil au torse ? Être hyper musclé ? Ou être un gros macho qui n'hésite pas à dénigrer ceux qui ne sont pas de véritables mâles alpha ?
Un moment de silence s'installe soudainement. Puis, il reprend.
C'est drôle, quand on me regarde, j'ai quand même l'air d'être un mâle alpha aujourd'hui... mais ça n'a pas toujours été le cas. Du moins, d'après mon père... A 13 ans, j'ai voulu laisser pousser mes cheveux... et ça ne lui a pas du tout plu... Il voulait tout de suite que je me les coupe mais je lui ai tenu tête. Ma mère s'est interposée entre nous et a ordonné à mon père d'arrêter ses stupides caprices. Depuis ce jour, il a arrêté de me demander de les couper mais ses remarques désobligeantes n'ont aucunement cessé...
- Quand vous dites que votre père était dans le déni, qu'est-ce qui vous faire dire ça ?
- C'est une simple intuition... je peux me tromper après... Mais le fait que je ne parlais pas de femmes a dû lui mettre la puce à l'oreille. Pourtant, mes idoles d'enfances ont toujours été des femmes... Outre ma abuela, je kiffais sur Thalia, Gloria Trevi (NDLR : deux superstars mexicaines) ou encore Shakira... Je regardais en cachette certains dessins animés dits pour filles et j'ai toujours admiré les femmes dans les œuvres de science-fiction.
Toutes très belles d'ailleurs... mais mes yeux étaient plutôt rivés vers deux acteurs... Ça ne m'a jamais réellement posé problèmes de ressentir ça mais une part de moi voulait être rassurée. Je disais tout à ma abuela qui me disait : « Dios te ha hecho así y no lo niegues » soit « Dieu t'as fait ainsi, ne le renies pas ». Ce fut mon tout premier premier coming-out... indirect car je n'avais pas mi un mot sur ce que je ressentais pour les mecs et sur ce que j'étais. C'est grâce à elle que je n'ai jamais eu honte de ce que j'étais. A chaque fois que j'avais un doute, je pensais à elle...
- J'imagine que son départ à dû énormément vous peiner...
- Et comment... C'était le seul soutient que j'avais et je le perdais...»
Il soupira en levant les yeux au ciel puis dit tout bas :
« Descanse en paz mi Abuelita ... » (trad: repose en paix grand-mère)
Un long silence se réinstalle dans le cabinet... La thérapeute ne savait plus où se mettre lorsqu'elle a entendu ces derniers paroles.
Cette brave dame devrait être tolérante... ou peut-être qu'elle aimait plus que tout son petit-fils. Elle n'en savait rien mais dans la manière dont il l'évoquait avec des yeux presque larmoyants derrière ses lunettes de vue, l'admiration qu'il éprouvait pour elle était inébranlable. Puis, il reprit la parole :
« Même en étant un élève studieux ça ne suffisait pas à gagner la reconnaissance de mon père. Du coup... j'ai fini par laisser tomber et j'avais compris très tôt que jamais nous allions nous entendre. J'ai commencé à répondre à ses remarques. Ça ne lui plaisait pas mais je m'en foutais.
- Et avec votre mère ?
- Ça allait... durant mon enfance elle était plus ou moins présente. Elle me lisais pas mal d'histoires quand j'étais petit et n'hésitait pas venir me border le soir. Comme tout parent quoi.
Mais quand elle a fini par monter des échelons professionnellement, sa présence était moindre... A l'âge de 13 ans, je me retrouvais totalement seul à la maison comme mes parents commençaient à se déplacer pour motif professionnel.. notamment les week-end. La solitude me pesait, c'était certain. La présence de mes parents me manquait également mais j'ai appris à m'y faire rapidement... et puis au moins, je ne passais pas un week-end de gâché par mes disputes avec mon père.
- Et des amis ?
- Je n'ai jamais eu de véritables amis avant que je ne rencontre Mun et Amy. Je m'entendais juste très bien avec les gens. Quand j'allais au centre de loisirs, je participais aux activités collectives mais je préférais être seul dans mon coin à jouer sur le PC, lire ou à jouer aux échecs. Les animateurs étaient plutôt inquiets de mon comportement solitaire mais ils n'étaient pas moins impressionnés par mes capacités.
- Ce qui est une bonne chose, non ?
- Je ne pigeais pas pourquoi on voyait en moi un « beau potentiel ». Je savais que je n'étais pas un garçon « comme les autres »... mais j'estimais déjà que chacun d'entre nous avait un minimum d'intelligence...
- Vous vous sous-estimez à cause de votre père, non ?
- … Je pense...
En tout cas, je ne cesse jamais de féliciter Dolores quand elle progresse dans ses facultés motrices. Je suis tellement fier d'avoir une petite fille intelligente, drôle et surtout qui me rempli de joie.
- Vous ne voulez pas qu'elle subisse ce que vous aviez subi.
- … Vous savez, ma fille est notre petit miracle. Nous avions eu énormément de mal à avoir un enfant... Heureusement que je n'ai...
- Hum hum... racla sa gorge Mun
- Quoi … ?
- « Je » ?! Tu étais seul ?
- Tu me cherches ou quoi ?! Commence à s'énerver Carlos
- Aller c'est reparti ! Soupira Mun en roulant des yeux, C'est clair, tout a été résolu grâce à toi..
- Dois-je te faire rappeler qui a voulu abandonner à force de se voir refuser une adoption ?
- Tu me saoules, Carlos ! Pesta Mun
- Messieurs, calmez-vous, interrompt calmement la thérapeute. Ne commencez pas à vous disputer comme ça. Continuons. Carlos, je peux vous appeler par votre prénom ?
- Hum... acquiesça Carlos
- Parlez-moi du lycée. C'était comment ?
- Banale... jusqu'à ce que je le rencontre... »
La thérapeute jeta un œil vers Mun. Ce dernier ne s'est aucunement senti concerné mais elle constate qu'il exprimait un agacement. Elle l'interroge :
« Mun, qu'est-ce qu'il ne va pas ?
- Je savais qu'il allait en parler de lui...
- Et aller donc... rouspète Carlos
- Qui est- »il » ? demanda la thérapeute
- James, mon tout premier amour.
- Et accessoirement, un nouveau collègue qui, suite à ces retrouvailles, veut le remettre dans son lit.
- ¡ M***da ! Haussa le ton Carlos en faisant sursauter la thérapeute. ¡ Bueno, me voy ! (trad : Bon, je me casse) dit-il en se levant.
La thérapeute se lève à son tour afin d'essayer de calmer son patient. En voyant son homme se mettre en colère, Mun ne peut s'empêcher de se sentir mal... Pourquoi donc doutait-il de son homme ?
« Carlos, je sais que les remarques de votre mari sont plutôt agaçantes à supporter ces temps-ci mais vous devez m'en parler malgré tout.
- Écoutez, je sais que vous avez de bonnes intentions, mais je souhaite rentrer afin de me calmer un peu sur mon sac de boxe. Autrement... je risque de m'enflammer encore un peu plus.
- Est-ce que vous voulez qu'on se voit à part ?
- Sans Mun ? Dit en désignant Mun d'un geste de la main
- Je pense qu'il est un peu trop tôt pour que vous soyez réunis dans mon cabinet. Êtes-vous d'accord, Mun ?
- … Je pense que... c'est mieux... ? dit Mun avec hésitation et en regardant Carlos qui le fusillait du regard.
- … Au point où on en est... On ne dort même plus dans le même lit en ce moment, ça ne changera pas grand chose.
- Très bien. Carlos, allez donc canaliser votre colère. Quant à vous Mun, soit on continue ensemble, soit on se fixe un prochain rendez-vous »
En regardant l'heure sur son smartphone, Mun lui répond :
« Un prochain rendez-vous s'il vous plaît. Je commence le travail dans deux heures et lorsque je commence à parler, je ne vois pas le temps passer.
- Pas de problèmes ! Carlos ?
- Je vous rappellerais. Excusez-moi, j'y vais. Merci »
Et il parti en claquant la porte. Bien qu'elle savait qu'il avait un tel caractère, elle ne s'attendait pas du tout à ce qu'il s'en aille en pleine séance... la première en plus de ça. Mun planifia son rendez-vous et file travailler en espérant que jouer du piano apaisera ses doutes et ses peurs vis-à-vis de son ménage.
Carlos frappait de toute ses forces sur son sac de boxe. Se remémorer des souvenirs désagréable l'a non seulement rendu furax mais la jalousie de Mun lui a fait le plus de mal. Depuis plus de dix ans, ils ont réussi à faire face aux regards des autres durant leur jeunesse, grâce à leur amour respectif, c'est avec succès qu'ils ont réussi à briser des barrières. Grâce à lui, Mun s'accepte totalement et surtout, ce fut avec courage qu'il a fini par présenter l'amour de sa vie à ses parents traditionalistes. Après avoir fini, il prend une gorgé d'eau et s'assied sur le banc à côté du sac, essoufflé. Il regarda son smartphone et remarque une notification. C'était James. D'un coup, Carlos se plonge dans ses souvenirs d'ados... et en particulier ceux de ses premiers émois amoureux.
C'est un premier jet. Je pense qu'il y aura des petites modifications à l'avenir. Je posterais ce spin-off dans mon blog dans tout les cas :)