Bonjour tout le monde ! Me revoilà avec une nouvelle histoire :
“Une catastrophe se produit et nos 8 protagonistes se retrouvent à l'abri dans un bunker. Mais combien de temps vont-ils y passer ? Vont-ils s'entendre ? Quels secrets cachent le bunker ?”
Une jeune femme aux cheveux roux traînait les pieds sur le trottoir. Sa journée avait été harassante… enfin, d’après elle. Marcher quelques kilomètres et supporter ce satané boulot relevait déjà d'un exploit considérable.
Maugréant intérieurement, elle enfonça ses mains dans ses poches et fixa le bitume. Pourquoi son grand-père avait-il absolument tenu à acheter une maison aussi loin de l’arrêt de bus?
Je pourrais peut-être faire une petite pause sur le banc un peu plus loin… pensa-t-elle.
Soudain, un grondement sourd déchira l'air, suivi d'un sifflement strident. Elle se stoppa net.
Un flash aveuglant illumina la rue. L'espace d'une seconde, le monde perdit ses couleurs. Lorsqu'elle releva un regard soudain alerte, l'horizon s'était métamorphosé. Au loin, un gigantesque champignon atomique s'élevait dans le ciel, embrasant la ligne des bâtiments.
Un silence de mort s’installa. Les voitures stoppèrent net. Autour d'elle, les passants restèrent figés de terreur, pétrifiés.
Mais alors que le monde semblait suspendu dans le temps, le cerveau de la jeune rousse s’enclencha à toute vitesse.
Analyse :
Champignon atomique.
Onde de choc en approche. Hors de portée immédiate.
Rayonnement thermique et ionisant.
Retombées radioactives : forte probabilité. Pas de mort immédiate.
Solution :
trouver un abri fermé. Sous terre de préférence…
Des souvenirs refirent immédiatement surface. La voix rocailleuse de son défunt grand-père résonna clairement dans sa mémoire :
« Pourquoi tu crois que j'ai tenu à ce qu'on habite ce quartier ? Il existe un bunker souterrain, ici. Si jamais il arrive quelque chose, ce sera le seul endroit sûr… »
Le bunker. Papy n'était donc pas fou.
Elle poussa un long soupir exaspéré. Il allait falloir courir… Une véritable torture.
C’est justement à ce moment-là que le temps reprit son cours. Le silence irréel vola en éclats. Les cris fusèrent, les sirènes d'alarme hurlèrent au loin et la panique balaya la rue. Les gens se mirent à courir dans tous les sens, bousculant les étals et abandonnant leurs véhicules au milieu de la chaussée.
La jeune rousse jeta un coup d'œil autour d'elle. L'onde de choc ne tarderait pas. S'adressant aux quelques passants pétrifiés les plus proches, elle lâcha d'un ton sec et sans fioritures :
Si vous voulez survivre, suivez-moi. Je sais où aller.
Sans attendre leur réponse, elle s'élança. Courir n'avait jamais fait partie de ses passions, loin de là , mais la perspective des retombées radioactives constituait un argument de poids.
Derrière elle, un petit groupe de survivants hésita une fraction de seconde avant d'emboîter le pas. Un homme aux cheveux châtains, au regard d'acier et à l'allure militaire, prit immédiatement la tête du groupe à l'arrière.
On reste groupés ! Aboya-t-il d'une voix de commandement qui ne souffrait aucune réplique. Ne ralentissez pas, suivez-la !
Après quelques minutes d'une course éprouvante, la silhouette du parc photovoltaïque se dessina enfin à travers la poussière de la rue. Le bunker se trouvait là.
Mais alors qu'elle ajustait sa trajectoire, son regard alerte accrocha une scène au bord du trottoir : une adolescente aux cheveux bruns s'effondrait à genoux, prostrée et en pleurs. Sa jeune voisine.
Bifurquant sans hésiter, la rousse fonça vers elle et l'agrippa par l'épaule :
Voisinette ! Debout, viens !
Mais... mes parents ! Balbutia la jeune fille, le visage inondé de larmes, paralysée par la terreur. Ils sont encore à la maison, je dois...
Pas le temps ! Trancha-t-elle sans laisser de place à la négociation.
Elle la saisit fermement par le poignet et l'entraîna dans sa foulée. Sentant l'adolescente faiblir et résister sous le choc, la rousse resserra sa poigne, refusant catégoriquement de la lâcher.
Derrière elles, l'homme châtain continuait de pousser les autres survivants, maintenant une cadence effrénée vers les panneaux solaires.
Ils slalomèrent entre les rangées de panneaux photovoltaïques avant d’arriver, complètement essoufflés, devant le local technique du site.
Alors que le groupe reprenait péniblement son souffle dans un concert de halètements paniqués, la jeune rousse attrapa la poignée de la porte métallique et tenta de l’ouvrir. La serrure résista, verrouillée.
Laisse-moi faire, je m’en occupe, lui lança l’homme châtain en s’avançant d'un pas ferme.
Elle se recula sans protester, trop heureuse d'économiser ses forces. D'un coup de pied magistral, l'homme fit sauter le loquet. La porte s’ouvrit en grand dans un lourd fracas métallique.
Sans demander leur reste, ils s’engouffrèrent tous précipitamment à l’intérieur pour échapper à la menace extérieure.
L'espace restreint du local technique étouffait le son de leurs respirations saccadées.
L’ouverture doit être cachée ici. Cherchons ! ordonna la jeune rousse, la voix tendue par l'urgence.
Une frénésie soudaine s'empara du groupe. Dans l'espace restreint, chacun s'activa à déplacer le bric-à-brac accumulé au fil des ans : outillage, tables de travail, étagères branlantes.
Attendez ! Le tapis ! reprit-elle soudain en remarquant un grand pan de tissu élimé dissimulé sous une couche de poussière.
Ils se poussèrent mutuellement pour s'écarter. Elle s'abaissa, attrapa le bord du tapis et le rabattit vivement. La manœuvre fit voler une nuée de poussière, révélant la plaque d'acier blindé d'une trappe encastrée dans le béton. Saisissant la poignée métallique, elle tirera dessus de toutes ses forces pour l'ouvrir, dévoilant une échelle descendant vers les entrailles du site.
Sans perdre une seconde, la jeune rousse s’engouffra dans l’ouverture et entama précipitamment la descente le long de l'échelle métallique. Les autres s'y précipitèrent à sa suite, talonnés par les ordres stricts et sans réplique de l’homme aux cheveux châtains.
Dernier à s’engager, ce dernier rabattit la lourde trappe en acier blindé et en enclencha le mécanisme de verrouillage juste à temps. Au-dessus d'eux, un vrombissement assourdissant fit vibrer la structure métallique alors que l'onde de choc balayait la surface. Puis, le choc étouffé s'éteignit progressivement, laissant place à un silence lourd et presque irréel.
Une fois au bas de l'échelle, au cœur d’un sas en béton armé, une odeur piquante de renfermé et de poussière leur prit la gorge. Dans la pénombre du sous-sol, éclairée par le seul halo faiblard de l'entrée, chacun chercha son souffle, réalisant à peine qu'ils venaient d'échapper à l’impensable.
Contente que le concept te plaise EA_Cath, il y aura un peu de tension quand même dans le bunker mais quel genre de tension, là je suis pas très sûre... 😉
Je me suis inspiré de plusieurs challenge sirhc59 mais j'en suis pas une en particulier. Je me lance quelques défis en cours de partie et après je vais juste laisser mon imagination travailler. Et qui sait ? J'en ferais peut-être un challenge.
Précédemment : Le petit groupe vient d’échapper à l’onde de choc du champignon atomique en se réfugiant dans un bâtiment souterrain. Ils viennent juste d’entrer.
Étant habitué aux situations de crise, l’homme au coup de pied fulgurant fut le premier à se reprendre. Il se racla la gorge en se redressant de toute sa hauteur, puis balaya le groupe du regard.
Bon. On est en sécurité. Pour l'instant, lança-t-il d’une voix grave et autoritaire. Je propose qu'on fasse un tour de table rapide, qu'on sache qui est qui et…
Il fut interrompu par le déclenchement d'une sirène d’alarme stridente accompagnant le balayage d'une lumière rouge vif :
« Poussières radioactives détectées ! Veuillez procéder à la décontamination. »
La jeune rousse, préférant l’ignorer, avait déjà franchi la porte devant eux sans attendre.
Derrière elle, la porte étanche se verrouilla dans un déclic lourd et pneumatique. Pris de panique, les rescapés se jetèrent sur la paroi. L'un d'eux tenta en vain d'actionner la poignée, totalement bloquée par le système de sécurité. Voyant que le mécanisme ne cédait pas, ils se collèrent au verre renforcé du hublot, frappant à grands coups dessus et lui hurlant de ressortir ou de déverrouiller l'accès. Leurs voix n'arrivaient de l'autre côté que sous la forme de murmures étouffés.
De l’autre côté de la vitre, la jeune rousse lâcha un long soupir. Elle jeta un coup d’œil circulaire pour analyser la pièce : un espace stérile éclairé par une lumière blafarde, équipé de pictogrammes d'instruction clairs.
Sans prêter attention aux gesticulations affolées du groupe, elle se dirigea calmement vers le paravent. Elle y ôta ses vêtements contaminés par la poussière extérieure, s'enroula dans une serviette propre mise à disposition et jeta ses affaires sales dans le clapet étanche prévu à cet effet.
Une fois les consignes suivies à la lettre, elle entra dans la cabine et déclencha la douche de décontamination, laissant l'eau et le produit neutralisant la laver de la journée.
Une fois la procédure terminée, son corps débarrassé de toute trace de radiation et habillé d’une combinaison grise neuve, l’alarme stridente se tut enfin, replongeant le sas dans un silence soudain. Dans un ronronnement pneumatique, la porte intérieure se déverrouilla et coulissa.
La jeune rousse franchit le seuil sans accorder le moindre regard aux autres, toujours médusés derrière la vitre blindée. En cet instant précis, une seule chose comptait à ses yeux : le canapé en cuir qui lui faisait de l’œil dans le hall d'accueil.
Ignorant la porte qui se refermait lourdement derrière elle, elle se traîna péniblement jusqu’au meuble, se laissa tomber dessus de tout son long et s’installa confortablement pour entamer sa sieste, sous le regard totalement sidéré des autres rescapés.
Dans le sas, la lourde porte blindée acheva de se déverrouiller avec un déclic métallique retentissant. Mais au lieu de dissiper la tension, l'attitude désinvolte de la jeune rousse, désormais étalée sur le canapé du hall comme si de rien n'était, fit monter d'un cran la pression.
Au milieu des rescapés encore médusés, la colère de l’homme châtain explosa. Les mâchoires serrées, une veine battant sur son front, il franchit le seuil d’un pas lourd et martial. Sans hésiter une seconde, il pressa le bouton de commande à son tour.
Aussitôt, la porte se referma lourdement dans son dos, verrouillant l'accès. Les gyrophares rouge se remirent à balayer l'espace exigu et l’alarme stridente recommença à hurler à s'en décrocher les murs.
Contrairement à la jeune femme qui s'était laissé porter par le protocole avec une lenteur exaspérante, l'homme exécuta chaque étape de la décontamination à une vitesse hallucinante. Obéissant à la signalétique avec une précision militaire, il retira ses vêtements souillés, encaissa le jet d'eau chimique et enfila la combinaison d'urgence en un temps record, le regard fixe, ne pensant qu'à une chose : sortir de cette cabine pour confronter la dormeuse.
Encore dans la cabine de décontamination, l’homme châtain tapait furieusement du pied contre le sol en acier, comptant chaque seconde. Dès que le mécanisme de la porte d’accès au hall commença à tourner, il s’y engouffra d’un pas lourd et cadencé, avant même que le panneau ne soit totalement rétracté.
Le visage cramoisi par la fureur, une veine battant sur son front, il fondit sur le canapé.
Mais ça ne va pas la tête ?! lui hurla-t-il, la voix tremblante de colère. On est en pleine crise nucléaire et toi tu te pieutes ?! Tu as failli nous faire faire un arrêt cardiaque !
À ces mots, la jeune rousse se retourna lentement sur le cuir du siège. Elle laissa échapper un long soupir agacé, plaqua les mains sur ses oreilles pour bloquer ses cris, et se recroquevilla un peu plus dans sa combinaison d'urgence, comme si on venait simplement de troubler sa meilleure sieste.
De l'autre côté de la vitre du sas, le groupe avait fini par surmonter sa sidération. La porte de la cabine de décontamination se déverrouilla dans un sifflement pneumatique et un jeune latino aux cheveux ébouriffés en franchit le seuil d’un pas presque trop enthousiaste.
Ignorant totalement la tension palpable qui régnait dans la pièce, il emboîta le pas à ses prédécesseurs tout en observant les murs blindés avec une admiration non dissimulée.
Dès qu’il pénétra dans le hall d'accueil, ses yeux s'illuminèrent. Sans perdre une seconde, il se mit à déambuler d'un équipement à l'autre, effleurant du bout des doigts les panneaux de commande, inspectant les câbles et scrutant chaque boîtier technique avec une curiosité presque frénétique.
La porte de la décontamination coulissa à nouveau. Malgré la combinaison d’urgence informe qu’on lui avait fait enfiler, la jeune femme noire franchit le seuil avec une élégance naturelle et un port de tête impeccable. Loin de céder à la panique ambiante, elle balaya le hall d'accueil d’un regard acéré et calculateur, évaluant la situation en une fraction de seconde.
D'un côté, la jeune rousse dormait à poings fermés sur le canapé en cuir. De l'autre, l'homme châtain arpentait la pièce à grands pas, la mâchoire contractée par la rage.
Gardant sa voix douce, parfaitement posée et rassurante, la nouvelle arrivée s’approcha doucement de l’homme châtain:
Respirez. Nous sommes vivants, la structure est étanche et nous sommes en sécurité. Gardons notre énergie pour organiser la suite.
Tout en parlant, elle jeta un coup d'œil appuyé vers le canapé. Son ton se fit un peu plus curieux, presque feutré :
Qu'est-ce que cette fille sait vraiment sur cet endroit ? Ce n'est pas un hasard si elle nous a menés ici.
La rescapée suivante passa la porte de décontamination. Il s'agissait d'une jeune femme aux cheveux blonds sillonnés de mèches roses. Elle promena un regard circulaire sur le hall d’accueil et grimaça aussitôt de dégoût.
C'est donc ça, mon nouveau chez-moi ? pensa-t-elle en détaillant l'austérité des lieux. Un tombeau en béton armé style Guerre froide ? Côté déco, il va falloir absolument TOUT revoir.
Loin de se laisser abattre par l'atmosphère oppressante du bunker, elle s'avança d'un pas décidé. Repérant une revue posée sur une petite table basse, elle la ramassa au passage avant de s'installer confortablement sur le canapé vacant.
Dans le sas d’entrée, la jeune voisine de la rousse, une petite brune, hésitait encore. Le corps tremblant de peur, elle gardait les yeux rivés sur l’échelle qui remontait vers la surface, là où se trouvaient ses parents. Elle devait au moins essayer de faire demi-tour.
Elle fit un pas en arrière vers les barreaux de métal, mais une main se posa délicatement sur son épaule.
Je sais ce que tu ressens, lui souffla le jeune homme d’une voix empreinte d’une douce empathie. J’aimerais moi aussi pouvoir remonter, mais c’est encore trop dangereux. Tes parents ont certainement dû trouver un abri eux aussi.
L'adolescente laissa échapper un long soupir résigné et franchit enfin le seuil de la cabine de décontamination. Une fois la procédure terminée et la porte intérieure franchie, elle s'installa à l'écart dans un coin du hall, se laissa glisser contre le mur et enfouit sa tête dans ses genoux.
La porte de la cabine de décontamination s'ouvrit dans un vrombissement mécanique, laissant passer le survivant suivant. C'était un jeune adolescent à la silhouette fine et légèrement voûtée. La ressemblance avec l’homme châtain était frappante : même couleur de cheveux, mêmes traits de visage, mais une attitude radicalement opposée.
Il franchit le sas en silence. À peine la seconde porte refermée derrière lui, son premier réflexe fut de jeter un regard furtif et anxieux vers son père, qui continuait de rager à demi-mot. Cherchant visiblement à éviter d'attirer l'attention paternelle ou d'être réquisitionné pour une tâche, le garçon glissa sans un bruit le long du mur. Il s'enfonça au plus profond d'un coin d'ombre du hall, enfonça profondément ses mains dans ses poches et balaya du regard le reste du groupe, observant chacun des occupants avec une curiosité aussi discrète que captive.
Les portes de la cabine de décontamination coulissèrent une dernière fois, marquant le passage de l'ultime rescapé. C'était un jeune homme à la peau bronzée et au visage ouvert, d'où émanait une bienveillance naturelle.
Une fois le seuil franchi, il s’arrêta un court instant pour observer l'assemblée éparpillée dans le hall. Son regard balaya la pièce jusqu'à se poser sur l'adolescente, prostrée à l'écart, la tête toujours enfouie dans ses genoux. Sensible à sa détresse évidente, il esquissa un sourire doux et rassurant. D'un pas calme et mesuré, il s'approcha d'elle et vint s'asseoir à ses côtés sur le sol, conservant une distance respectueuse tout en lui offrant une présence chaleureuse, dans l'espoir silencieux d'apporter un peu de réconfort à sa peine.
Un silence relatif était revenu dans le hall d'accueil, seulement troublé par le ronflement régulier de la jeune rousse assoupie sur le canapé. Ce bruit respiratoire, d'une nonchalance exaspérante, avait le don de faire bouillir le sang de l'homme châtain, incapable de trouver le moindre calme.
C'est alors que l’homme aux cheveux ébouriffés s’exclama subitement attirant le regard de tous. Il les fixa affolé et commença à s’agiter dans tous les sens.
Mauvaise nouvelle ! lança-t-il, la voix haut perchée. Très mauvaise nouvelle ! La porte d'accès vers le reste du bunker est scellée magnétiquement ! C’est bloqué, la porte blindée ne bouge pas d'un millimètre... Mais la porte des toilettes s'ouvre, elle ! ajouta-t-il en trépignant sur place.
Quoi ?! s’exclama l’homme autoritaire. Hors de question qu'on reste coincés ici !
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