Forum Discussion
Allez on n'est partie pour la suite avec enfin la présentation officiel de nos rescapés.
Le Bunker : Jour 1 (Partie 3)
Précédemment :
C'est alors que l’homme aux cheveux ébouriffés s’exclama subitement attirant le regard de tous. Il les fixa affolé et commença à s’agiter dans tous les sens.
- Mauvaise nouvelle ! lança-t-il, la voix haut perchée. Très mauvaise nouvelle ! La porte d'accès vers le reste du bunker est scellée magnétiquement ! C’est bloqué, la porte blindée ne bouge pas d'un millimètre... Mais la porte des toilettes s'ouvre, elle ! ajouta-t-il en trépignant sur place.
- Quoi ?! s’exclama l’homme autoritaire. Hors de question qu'on reste coincés ici !
Sans perdre un instant, l’homme aux cheveux ébouriffés se tourna vers la porte juste à ses côtés. L'homme châtain s'y précipita d'un pas lourd et commença à taper violemment contre la paroi blindée, espérant forcer le passage.
L’angoisse ambiante était devenue lourde, presque asphyxiante, pesant sur chacun des rescapés coincés dans le hall d'accueil.
Plaquant une main sur sa poitrine, la blonde aux mèches roses luttait contre une hyperventilation naissante. « Attendez… ne me dites pas que cette immonde pièce va être mon tombeau », pensa-t-elle, les yeux écarquillés par le désarroi.
Un peu plus loin, les yeux rivés sur la porte blindée, la femme élégante tentait de canaliser la panique qui gagnait du terrain. « Restons calme… restons calme… Ce grand gaillard va réussir à l’ouvrir, c’est obligé », se répétait-elle en boucle pour se convaincre.
Prostrée contre le mur, l’adolescente laissa couler une larme sur sa joue, se mourant de regret : « J’aurais mieux fait de sortir finalement… »
L’homme bronzé, quant à lui, croisait les bras en secouant lentement la tête, l'air sombre. « C’est pas bon tout ça… C’est vraiment pas bon… » s'inquiéta-t-il intérieurement.
Dans l'ombre du couloir, le jeune adolescent observait nerveusement les tentatives brutales et désespérées de son père contre l'acier. « Il n'y arrivera pas comme ça… mais je ne peux pas lui dire… » ravala-t-il, incapable de braver l'autorité paternelle.
Et au milieu de cette tempête d'émotions et de murmures anxieux, roulée en boule sur le canapé, la jeune rousse continuait paisiblement sa sieste, bercée par ses propres ronflements.
Les coups assourdissants cessèrent enfin dans un cliquetis métallique. Lâchant la barre d'acier qu'il tenait à deux mains, l'homme châtain la laissa tomber au sol dans un fracas lourd. Légèrement voûté, le souffle court, le front trempé de sueur et les paumes rougies par l'effort, il restait immobile devant le battant blindé. Mais sous cette apparente prostration, une rage folle bouillonne en lui.
Pivotant brutalement sur ses talons, il traversa le hall d'un pas lourd et menaçant, fendant le groupe de rescapés pétrifiés. Il fondit sur le canapé, agrippa vivement la jeune rousse par le bras et la tira vers le haut sans ménagement pour la redresser. Plantez ses doigts dans ses épaules, il la secoua vigoureusement pour l'arracher à son sommeil.
- RÉVEILLE-TOI ! lui hurla-t-il plein fouet, le visage féroce. C'est toi qui nous as amenés ici ! On est piégés comme des rats dans cet accueil ! La porte est verrouillée ! Fais quelque chose au lieu de roupiller, bordel !
Violemment extirpée de sa sieste, la jeune rousse grimaça, visiblement agacée d'être arrachée à son sommeil.
- Raaaah… C’est bon, arrête de crier… maugréa-t-elle de sa voix la plus pâteuse.
Sa réaction désinvolte prit l'homme châtain de court, lui faisant lâcher prise. Libérée de son étreinte, la jeune femme s'étira paresseusement avant de poursuivre d'un ton d'une banalité déconcertante :
- C'est un bunker de sécurité d'urgence. S'il y a un système de verrouillage automatique après la décontamination, c'est pour forcer une vérification manuelle au poste de garde… Il y a sûrement un moyen de tout débloquer là-bas. Alors laisse-moi respirer.
Elle se leva péniblement du canapé, traînant les pieds en se frottant la nuque, et commença à se diriger d'un pas nonchalant vers la cabine du poste de garde.
- Mais bon sang, presse-toi ! s'écria l’homme autoritaire derrière elle, les poings serrés de frustration. On n’a pas toute la journée !
- Courir, ça fait transpirer, et je viens tout juste de passer sous la douche de décontamination, lui répondit-elle d’une voix monocorde, sans même prendre la peine de se retourner. Alors on se calme, le gueulard.
Elle franchit enfin le seuil du poste de garde adjacent au hall et s'affala sans ménagement sur la chaise de bureau pivotante. Par pur réflexe, comme elle en avait l’habitude lors de ses longues journées au boulot, elle donna une légère impulsion avec ses pieds pour effectuer un tour complet sur elle-même avant d'imprimer ses doigts sur le clavier.
Dans un bip strident, l’écran s’alluma soudainement, balayant son visage d'une lumière blafarde. Au centre de l'affichage, une instruction clignotait impitoyablement :
IDENTIFICATION REQUISE — MOT DE PASSE : _
- Pfff… soupira-t-elle en laissant basculer sa tête en arrière dans un geste de dépit total. Évidemment. Il faut un mot de passe.
Un brouhaha paniqué éclata instantanément dans le hall.
- C'est pas vrai ! On va mourir asphyxiés dans ce hall d'accueil pourri ! s’exclama la blonde aux mèches roses en se prenant la tête entre les mains.
- Je peux essayer de défaire le circuit, mais si je me trompe, on fait tout sauter ! lâcha l’homme aux cheveux ébouriffés en inspectant nerveusement un boîtier mural.
- On va mourir… souffla l’adolescente, adossée au mur, le visage décomposé.
- C’est pas possible… murmura la femme élégante d'un ton dépité en se massant les tempes.
Derrière le bureau du garde, la jeune rousse observa la scène et laissa échapper un long soupir.
- Mais arrêtez de stresser, les gars... Soit il y a un indice planqué quelque part dans la pièce, soit je piraterai le terminal. Ça prendra juste plus de temps et ça me saoule d'avance, mais c'est faisable. De toute façon, on a de l'eau aux toilettes et des distributeurs automatiques dans l'accueil. On peut tenir facilement deux ou trois jours ici sans crever. Donc pas de quoi en faire un drame.
- Trois jours ! Mais ça va pas ! On ne va pas rester coincés ici pendant trois jours ! répliqua l’homme autoritaire, les poings serrés de frustration.
- Dites-moi pas que c’est pas vrai... lança la blonde, à deux doigts de l'hyperventilation.
La jeune rousse soupira de plus belle, exaspérée par tant de drames. Quelle galère ! Elle n'allait jamais avoir la paix.
- Bon... Vu que vous êtes partis pour hyperventiler pendant deux heures... Le gueulard, tu ne voulais pas qu'on se présente tout à l'heure ? Vas-y. Faites le tour de table. Ça vous fera du bien et moi, ça me fera des vacances.
Agacé au plus haut point, mais ravi de pouvoir enfin instaurer un semblant d'ordre, l'homme autoritaire pointa un doigt accusateur vers la jeune rousse.
- Très bien ! Mais dans ce cas, c'est TOI qui commence !
La jeune femme ne bougea presque pas.
- Camille Dupont, lâcha-t-elle d'une voix monocorde.
- C’était tout ? s'exclama le militaire, stupéfait par tant de sobriété. Laisse tomber... Pierre De la Croix. Major de l’armée posté en ville. Continuons dans le sens des aiguilles d’une montre.
- Mina Tahari, responsable média chez Border&Lyne, enchaîna la femme élégante d'un ton posé.
- Gonzalo Vega, déclara le bricoleur aux cheveux ébouriffés. Expert en mécanique, électronique, météorologie... un peu tout ce qui touche à la survie. J’étais sûr qu’un truc dans le genre arriverait, alors je me suis préparé. Je penchais plus pour un virus mortel, mais...
- C’est bon, on a compris, le coupa brutalement Pierre. Au suivant.
- Alors moi, c'est Lola Werner, intervint la blonde aux mèches roses. Je suis fleuriste, mais aussi peintre à mes heures perdues. Et bon sang, ce gris béton est vraiment affreux !
- Kai Manoa, se présenta à son tour l’homme au teint hâlé avec un sourire bienveillant. Je suis originaire de Sulani et professeur en école primaire. Si vous avez besoin de parler, je suis votre homme.
- Rei Tanaka, murmura à son tour l’adolescente. Je suis encore au lycée et je vis dans le quartier.
- Arthur De la Croix, bredouilla le jeune garçon à ses côtés. Au lycée aussi.
- Et c’est mon fils, ajouta Pierre d’une voix ferme.
Un silence pesant s'installa dans la pièce. Tout le monde se tourna vers le guichet. La rousse était désormais totalement affalée sur le bureau du poste de garde, la tête posée à plat sur ses bras croisés, les yeux fermés et la respiration lente.
En découvrant le spectacle, Pierre perdit une nouvelle fois son sang-froid. Il s’avança à grands pas vers le comptoir.
- NON MAIS C'EST UNE PLAISANTERIE ?! s’écria-t-il en frappant un coup sec du plat de la main sur la table. T'as écouté AU MOINS un seul mot de ce qu'on vient de dire, ou tu t'es rendormie pendant qu'on déballait nos vies?!
Sans même un sursaut face au claquement, la jeune femme ouvrit lentement un œil. Elle se redressa à peine, calant son menton au creux de sa main, le coude planté sur le bureau.
- Pierre, le militaire rigide qui n’arrête pas de crier... Mina, la pro de la communication qui essaie de garder le contrôle... Gonzalo, le bricoleur complotiste mais utile... Lola, l'artiste qui déteste la peinture du bunker... Kai, le prof sympa qui veut jouer les psy... Rei, mon adorable voisinette encore sous le choc... et Arthur, le fils qui aimerait bien que son père baisse d'un ton.
Elle énuméra chaque profil d'un ton détaché en pointant distraitement chacun d'eux du bout du doigt. Puis elle s'interrompit pour bâiller à s'en décrocher la mâchoire.
- C'est bon ? J'ai mon brevet de sociabilité ? Maintenant, laissez-moi réfléchir.
Autour d'elle, le groupe la fixa, muet et bouche bée devant cette démonstration inattendue. Seule Rei esquissa un discret sourire en coin. Pas de doute : c'était bien la Camille qu'elle connaissait.
A suivre...
Merci a tout ceux qui prenne le temps de lire. 😘