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aoi-senritsu's avatar
aoi-senritsu
Seasoned Ace
10 days ago

Le Bunker [MAJ 11/9/26 Jour 1 (partie 3)]

Bonjour tout le monde ! Me revoilà avec une nouvelle histoire :

“Une catastrophe se produit et nos 8 protagonistes se retrouvent à l'abri dans un bunker. Mais combien de temps vont-ils y passer ? Vont-ils s'entendre ? Quels secrets cachent le bunker ?”

Vous pouvez la retrouver ici ou sur mon blog https://aoi-senritsu.tumblr.com/ :

Blog : 

Jour 1 : partie 1, Partie 2, Partie 3

Forum : 

Jour 1 : partie 1 , Partie 2 , Partie 3

5 Replies

  • Nous voilà avec le début de l'histoire : 

    Jour 1 (1ère partie)

    Ciudad Enamorada, Mercredi 8 printemps, 15h27

    Une jeune femme aux cheveux roux traînait les pieds sur le trottoir. Sa journée avait été harassante… enfin, d’après elle. Marcher quelques kilomètres et supporter ce satané boulot relevait déjà d'un exploit considérable.

    Maugréant intérieurement, elle enfonça ses mains dans ses poches et fixa le bitume. Pourquoi son grand-père avait-il absolument tenu à acheter une maison aussi loin de l’arrêt de bus?

    Je pourrais peut-être faire une petite pause sur le banc un peu plus loin… pensa-t-elle.

    Soudain, un grondement sourd déchira l'air, suivi d'un sifflement strident. Elle se stoppa net.

    Un flash aveuglant illumina la rue. L'espace d'une seconde, le monde perdit ses couleurs. Lorsqu'elle releva un regard soudain alerte, l'horizon s'était métamorphosé. Au loin, un gigantesque champignon atomique s'élevait dans le ciel, embrasant la ligne des bâtiments.

    Un silence de mort s’installa. Les voitures stoppèrent net. Autour d'elle, les passants restèrent figés de terreur, pétrifiés.

    Mais alors que le monde semblait suspendu dans le temps, le cerveau de la jeune rousse s’enclencha à toute vitesse.

    Analyse : 

    • Champignon atomique.
    • Onde de choc en approche. Hors de portée immédiate.
    • Rayonnement thermique et ionisant.
    • Retombées radioactives : forte probabilité. Pas de mort immédiate. 

    Solution : 

    • trouver un abri fermé. Sous terre de préférence…

    Des souvenirs refirent immédiatement surface. La voix rocailleuse de son défunt grand-père résonna clairement dans sa mémoire :

    « Pourquoi tu crois que j'ai tenu à ce qu'on habite ce quartier ? Il existe un bunker souterrain, ici. Si jamais il arrive quelque chose, ce sera le seul endroit sûr… »

    Le bunker. Papy n'était donc pas fou.

    Elle poussa un long soupir exaspéré. Il allait falloir courir… Une véritable torture.

    C’est justement à ce moment-là que le temps reprit son cours. Le silence irréel vola en éclats. Les cris fusèrent, les sirènes d'alarme hurlèrent au loin et la panique balaya la rue. Les gens se mirent à courir dans tous les sens, bousculant les étals et abandonnant leurs véhicules au milieu de la chaussée.

    La jeune rousse jeta un coup d'œil autour d'elle. L'onde de choc ne tarderait pas. S'adressant aux quelques passants pétrifiés les plus proches, elle lâcha d'un ton sec et sans fioritures : 

    • Si vous voulez survivre, suivez-moi. Je sais où aller.

    Sans attendre leur réponse, elle s'élança. Courir n'avait jamais fait partie de ses passions, loin de là , mais la perspective des retombées radioactives constituait un argument de poids.

    Derrière elle, un petit groupe de survivants hésita une fraction de seconde avant d'emboîter le pas. Un homme aux cheveux châtains, au regard d'acier et à l'allure militaire, prit immédiatement la tête du groupe à l'arrière.

    • On reste groupés ! Aboya-t-il d'une voix de commandement qui ne souffrait aucune réplique. Ne ralentissez pas, suivez-la !

    Après quelques minutes d'une course éprouvante, la silhouette du parc photovoltaïque se dessina enfin à travers la poussière de la rue. Le bunker se trouvait là.

    Mais alors qu'elle ajustait sa trajectoire, son regard alerte accrocha une scène au bord du trottoir : une adolescente aux cheveux bruns s'effondrait à genoux, prostrée et en pleurs. Sa jeune voisine.

    Bifurquant sans hésiter, la rousse fonça vers elle et l'agrippa par l'épaule : 

    • Voisinette ! Debout, viens !
    • Mais... mes parents ! Balbutia la jeune fille, le visage inondé de larmes, paralysée par la terreur. Ils sont encore à la maison, je dois...
    • Pas le temps ! Trancha-t-elle sans laisser de place à la négociation.

    Elle la saisit fermement par le poignet et l'entraîna dans sa foulée. Sentant l'adolescente faiblir et résister sous le choc, la rousse resserra sa poigne, refusant catégoriquement de la lâcher.

    Derrière elles, l'homme châtain continuait de pousser les autres survivants, maintenant une cadence effrénée vers les panneaux solaires.

    Ils slalomèrent entre les rangées de panneaux photovoltaïques avant d’arriver, complètement essoufflés, devant le local technique du site.

    Alors que le groupe reprenait péniblement son souffle dans un concert de halètements paniqués, la jeune rousse attrapa la poignée de la porte métallique et tenta de l’ouvrir. La serrure résista, verrouillée.

    • Laisse-moi faire, je m’en occupe, lui lança l’homme châtain en s’avançant d'un pas ferme.

    Elle se recula sans protester, trop heureuse d'économiser ses forces. D'un coup de pied magistral, l'homme fit sauter le loquet. La porte s’ouvrit en grand dans un lourd fracas métallique.

    Sans demander leur reste, ils s’engouffrèrent tous précipitamment à l’intérieur pour échapper à la menace extérieure.

    L'espace restreint du local technique étouffait le son de leurs respirations saccadées.

    • L’ouverture doit être cachée ici. Cherchons ! ordonna la jeune rousse, la voix tendue par l'urgence.

    Une frénésie soudaine s'empara du groupe. Dans l'espace restreint, chacun s'activa à déplacer le bric-à-brac accumulé au fil des ans : outillage, tables de travail, étagères branlantes.

    • Attendez ! Le tapis ! reprit-elle soudain en remarquant un grand pan de tissu élimé dissimulé sous une couche de poussière.

    Ils se poussèrent mutuellement pour s'écarter. Elle s'abaissa, attrapa le bord du tapis et le rabattit vivement. La manœuvre fit voler une nuée de poussière, révélant la plaque d'acier blindé d'une trappe encastrée dans le béton. Saisissant la poignée métallique, elle tirera dessus de toutes ses forces pour l'ouvrir, dévoilant une échelle descendant vers les entrailles du site.

    Sans perdre une seconde, la jeune rousse s’engouffra dans l’ouverture et entama précipitamment la descente le long de l'échelle métallique. Les autres s'y précipitèrent à sa suite, talonnés par les ordres stricts et sans réplique de l’homme aux cheveux châtains.

    Dernier à s’engager, ce dernier rabattit la lourde trappe en acier blindé et en enclencha le mécanisme de verrouillage juste à temps. Au-dessus d'eux, un vrombissement assourdissant fit vibrer la structure métallique alors que l'onde de choc balayait la surface. Puis, le choc étouffé s'éteignit progressivement, laissant place à un silence lourd et presque irréel.

    Une fois au bas de l'échelle, au cœur d’un sas en béton armé, une odeur piquante de renfermé et de poussière leur prit la gorge. Dans la pénombre du sous-sol, éclairée par le seul halo faiblard de l'entrée, chacun chercha son souffle, réalisant à peine qu'ils venaient d'échapper à l’impensable.

    A suivre...

  • EA_Cath's avatar
    EA_Cath
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    10 days ago

    Super comme concept aoi-senritsu​ , j'espère qu'il n'y aura pas trop de tensions dans la villa 😆 (ou plutôt le bunker...)

  • Très intrigante cette introduction ! ça laisse augurer un challenge très sympa ! 
    Est-ce qu'il s'inspire de "l'Apocalypse" ? 

  • Me revoilà avec la suite mais d'abord : 

    Contente que le concept te plaise EA_Cath​, il y aura un peu de tension quand même dans le bunker mais quel genre de tension, là je suis pas très sûre... 😉

    Je me suis inspiré de plusieurs challenge sirhc59​  mais j'en suis pas une en particulier. Je me lance quelques défis en cours de partie et après je vais juste laisser mon imagination travailler. Et qui sait ? J'en ferais peut-être un challenge.

    Maintenant lançons-nous dans la 2ème partie du jour 1

    Précédemment : Le petit groupe vient d’échapper à l’onde de choc du champignon atomique en se réfugiant dans un bâtiment souterrain. Ils viennent juste d’entrer.

    Étant habitué aux situations de crise, l’homme au coup de pied fulgurant fut le premier à se reprendre. Il se racla la gorge en se redressant de toute sa hauteur, puis balaya le groupe du regard.

    • Bon. On est en sécurité. Pour l'instant, lança-t-il d’une voix grave et autoritaire. Je propose qu'on fasse un tour de table rapide, qu'on sache qui est qui et…

    Il fut interrompu par le déclenchement d'une sirène d’alarme stridente accompagnant le balayage d'une lumière rouge vif :

    « Poussières radioactives détectées ! Veuillez procéder à la décontamination. »

    La jeune rousse, préférant l’ignorer, avait déjà franchi la porte devant eux sans attendre. 

    Derrière elle, la porte étanche se verrouilla dans un déclic lourd et pneumatique. Pris de panique, les rescapés se jetèrent sur la paroi. L'un d'eux tenta en vain d'actionner la poignée, totalement bloquée par le système de sécurité. Voyant que le mécanisme ne cédait pas, ils se collèrent au verre renforcé du hublot, frappant à grands coups dessus et lui hurlant de ressortir ou de déverrouiller l'accès. Leurs voix n'arrivaient de l'autre côté que sous la forme de murmures étouffés. 

    De l’autre côté de la vitre, la jeune rousse lâcha un long soupir. Elle jeta un coup d’œil circulaire pour analyser la pièce : un espace stérile éclairé par une lumière blafarde, équipé de pictogrammes d'instruction clairs.

    Sans prêter attention aux gesticulations affolées du groupe, elle se dirigea calmement vers le paravent. Elle y ôta ses vêtements contaminés par la poussière extérieure, s'enroula dans une serviette propre mise à disposition et jeta ses affaires sales dans le clapet étanche prévu à cet effet.

    Une fois les consignes suivies à la lettre, elle entra dans la cabine et déclencha la douche de décontamination, laissant l'eau et le produit neutralisant la laver de la journée.

    Une fois la procédure terminée, son corps débarrassé de toute trace de radiation et habillé d’une combinaison grise neuve, l’alarme stridente se tut enfin, replongeant le sas dans un silence soudain. Dans un ronronnement pneumatique, la porte intérieure se déverrouilla et coulissa.

    La jeune rousse franchit le seuil sans accorder le moindre regard aux autres, toujours médusés derrière la vitre blindée. En cet instant précis, une seule chose comptait à ses yeux : le canapé en cuir qui lui faisait de l’œil dans le hall d'accueil.

    Ignorant la porte qui se refermait lourdement derrière elle, elle se traîna péniblement jusqu’au meuble, se laissa tomber dessus de tout son long et s’installa confortablement pour entamer sa sieste, sous le regard totalement sidéré des autres rescapés.

    Dans le sas, la lourde porte blindée acheva de se déverrouiller avec un déclic métallique retentissant. Mais au lieu de dissiper la tension, l'attitude désinvolte de la jeune rousse, désormais étalée sur le canapé du hall comme si de rien n'était, fit monter d'un cran la pression.

    Au milieu des rescapés encore médusés, la colère de l’homme châtain explosa. Les mâchoires serrées, une veine battant sur son front, il franchit le seuil d’un pas lourd et martial. Sans hésiter une seconde, il pressa le bouton de commande à son tour.

    Aussitôt, la porte se referma lourdement dans son dos, verrouillant l'accès. Les gyrophares rouge se remirent à balayer l'espace exigu et l’alarme stridente recommença à hurler à s'en décrocher les murs.

    Contrairement à la jeune femme qui s'était laissé porter par le protocole avec une lenteur exaspérante, l'homme exécuta chaque étape de la décontamination à une vitesse hallucinante. Obéissant à la signalétique avec une précision militaire, il retira ses vêtements souillés, encaissa le jet d'eau chimique et enfila la combinaison d'urgence en un temps record, le regard fixe, ne pensant qu'à une chose : sortir de cette cabine pour confronter la dormeuse.

    Encore dans la cabine de décontamination, l’homme châtain tapait furieusement du pied contre le sol en acier, comptant chaque seconde. Dès que le mécanisme de la porte d’accès au hall commença à tourner, il s’y engouffra d’un pas lourd et cadencé, avant même que le panneau ne soit totalement rétracté.

    Le visage cramoisi par la fureur, une veine battant sur son front, il fondit sur le canapé.

    • Mais ça ne va pas la tête ?! lui hurla-t-il, la voix tremblante de colère. On est en pleine crise nucléaire et toi tu te pieutes ?! Tu as failli nous faire faire un arrêt cardiaque !

    À ces mots, la jeune rousse se retourna lentement sur le cuir du siège. Elle laissa échapper un long soupir agacé, plaqua les mains sur ses oreilles pour bloquer ses cris, et se recroquevilla un peu plus dans sa combinaison d'urgence, comme si on venait simplement de troubler sa meilleure sieste.

    De l'autre côté de la vitre du sas, le groupe avait fini par surmonter sa sidération. La porte de la cabine de décontamination se déverrouilla dans un sifflement pneumatique et un jeune latino aux cheveux ébouriffés en franchit le seuil d’un pas presque trop enthousiaste.

    Ignorant totalement la tension palpable qui régnait dans la pièce, il emboîta le pas à ses prédécesseurs tout en observant les murs blindés avec une admiration non dissimulée.

    Dès qu’il pénétra dans le hall d'accueil, ses yeux s'illuminèrent. Sans perdre une seconde, il se mit à déambuler d'un équipement à l'autre, effleurant du bout des doigts les panneaux de commande, inspectant les câbles et scrutant chaque boîtier technique avec une curiosité presque frénétique.

    La porte de la décontamination coulissa à nouveau. Malgré la combinaison d’urgence informe qu’on lui avait fait enfiler, la jeune femme noire franchit le seuil avec une élégance naturelle et un port de tête impeccable. Loin de céder à la panique ambiante, elle balaya le hall d'accueil d’un regard acéré et calculateur, évaluant la situation en une fraction de seconde.

    D'un côté, la jeune rousse dormait à poings fermés sur le canapé en cuir. De l'autre, l'homme châtain arpentait la pièce à grands pas, la mâchoire contractée par la rage.

    Gardant sa voix douce, parfaitement posée et rassurante, la nouvelle arrivée s’approcha doucement de l’homme châtain:

    • Respirez. Nous sommes vivants, la structure est étanche et nous sommes en sécurité. Gardons notre énergie pour organiser la suite.

    Tout en parlant, elle jeta un coup d'œil appuyé vers le canapé. Son ton se fit un peu plus curieux, presque feutré :

    • Qu'est-ce que cette fille sait vraiment sur cet endroit ? Ce n'est pas un hasard si elle nous a menés ici.

    La rescapée suivante passa la porte de décontamination. Il s'agissait d'une jeune femme aux cheveux blonds sillonnés de mèches roses. Elle promena un regard circulaire sur le hall d’accueil et grimaça aussitôt de dégoût.

    C'est donc ça, mon nouveau chez-moi ? pensa-t-elle en détaillant l'austérité des lieux. Un tombeau en béton armé style Guerre froide ? Côté déco, il va falloir absolument TOUT revoir.

    Loin de se laisser abattre par l'atmosphère oppressante du bunker, elle s'avança d'un pas décidé. Repérant une revue posée sur une petite table basse, elle la ramassa au passage avant de s'installer confortablement sur le canapé vacant.

    Dans le sas d’entrée, la jeune voisine de la rousse, une petite brune, hésitait encore. Le corps tremblant de peur, elle gardait les yeux rivés sur l’échelle qui remontait vers la surface, là où se trouvaient ses parents. Elle devait au moins essayer de faire demi-tour.

    Elle fit un pas en arrière vers les barreaux de métal, mais une main se posa délicatement sur son épaule.

    • Je sais ce que tu ressens, lui souffla le jeune homme d’une voix empreinte d’une douce empathie. J’aimerais moi aussi pouvoir remonter, mais c’est encore trop dangereux. Tes parents ont certainement dû trouver un abri eux aussi.

    L'adolescente laissa échapper un long soupir résigné et franchit enfin le seuil de la cabine de décontamination. Une fois la procédure terminée et la porte intérieure franchie, elle s'installa à l'écart dans un coin du hall, se laissa glisser contre le mur et enfouit sa tête dans ses genoux.

    La porte de la cabine de décontamination s'ouvrit dans un vrombissement mécanique, laissant passer le survivant suivant. C'était un jeune adolescent à la silhouette fine et légèrement voûtée. La ressemblance avec l’homme châtain était frappante : même couleur de cheveux, mêmes traits de visage, mais une attitude radicalement opposée.

    Il franchit le sas en silence. À peine la seconde porte refermée derrière lui, son premier réflexe fut de jeter un regard furtif et anxieux vers son père, qui continuait de rager à demi-mot. Cherchant visiblement à éviter d'attirer l'attention paternelle ou d'être réquisitionné pour une tâche, le garçon glissa sans un bruit le long du mur. Il s'enfonça au plus profond d'un coin d'ombre du hall, enfonça profondément ses mains dans ses poches et balaya du regard le reste du groupe, observant chacun des occupants avec une curiosité aussi discrète que captive.

    Les portes de la cabine de décontamination coulissèrent une dernière fois, marquant le passage de l'ultime rescapé. C'était un jeune homme à la peau bronzée et au visage ouvert, d'où émanait une bienveillance naturelle.

    Une fois le seuil franchi, il s’arrêta un court instant pour observer l'assemblée éparpillée dans le hall. Son regard balaya la pièce jusqu'à se poser sur l'adolescente, prostrée à l'écart, la tête toujours enfouie dans ses genoux. Sensible à sa détresse évidente, il esquissa un sourire doux et rassurant. D'un pas calme et mesuré, il s'approcha d'elle et vint s'asseoir à ses côtés sur le sol, conservant une distance respectueuse tout en lui offrant une présence chaleureuse, dans l'espoir silencieux d'apporter un peu de réconfort à sa peine.

    Un silence relatif était revenu dans le hall d'accueil, seulement troublé par le ronflement régulier de la jeune rousse assoupie sur le canapé. Ce bruit respiratoire, d'une nonchalance exaspérante, avait le don de faire bouillir le sang de l'homme châtain, incapable de trouver le moindre calme.

    C'est alors que l’homme aux cheveux ébouriffés s’exclama subitement attirant le regard de tous. Il les fixa affolé et commença à s’agiter dans tous les sens.

    • Mauvaise nouvelle ! lança-t-il, la voix haut perchée. Très mauvaise nouvelle ! La porte d'accès vers le reste du bunker est scellée magnétiquement ! C’est bloqué, la porte blindée ne bouge pas d'un millimètre... Mais la porte des toilettes s'ouvre, elle ! ajouta-t-il en trépignant sur place.
    • Quoi ?! s’exclama l’homme autoritaire. Hors de question qu'on reste coincés ici !

    A suivre...

  • Allez on n'est partie pour la suite avec enfin la présentation officiel de nos rescapés.

    Le Bunker : Jour 1 (Partie 3)

    Précédemment :

    C'est alors que l’homme aux cheveux ébouriffés s’exclama subitement attirant le regard de tous. Il les fixa affolé et commença à s’agiter dans tous les sens.

    • Mauvaise nouvelle ! lança-t-il, la voix haut perchée. Très mauvaise nouvelle ! La porte d'accès vers le reste du bunker est scellée magnétiquement ! C’est bloqué, la porte blindée ne bouge pas d'un millimètre... Mais la porte des toilettes s'ouvre, elle ! ajouta-t-il en trépignant sur place.
    • Quoi ?! s’exclama l’homme autoritaire. Hors de question qu'on reste coincés ici !

    Sans perdre un instant, l’homme aux cheveux ébouriffés se tourna vers la porte juste à ses côtés. L'homme châtain s'y précipita d'un pas lourd et commença à taper violemment contre la paroi blindée, espérant forcer le passage.

    L’angoisse ambiante était devenue lourde, presque asphyxiante, pesant sur chacun des rescapés coincés dans le hall d'accueil.

    Plaquant une main sur sa poitrine, la blonde aux mèches roses luttait contre une hyperventilation naissante. « Attendez… ne me dites pas que cette immonde pièce va être mon tombeau », pensa-t-elle, les yeux écarquillés par le désarroi.

    Un peu plus loin, les yeux rivés sur la porte blindée, la femme élégante tentait de canaliser la panique qui gagnait du terrain. « Restons calme… restons calme… Ce grand gaillard va réussir à l’ouvrir, c’est obligé », se répétait-elle en boucle pour se convaincre.

    Prostrée contre le mur, l’adolescente laissa couler une larme sur sa joue, se mourant de regret : « J’aurais mieux fait de sortir finalement… »

    L’homme bronzé, quant à lui, croisait les bras en secouant lentement la tête, l'air sombre. « C’est pas bon tout ça… C’est vraiment pas bon… » s'inquiéta-t-il intérieurement.

    Dans l'ombre du couloir, le jeune adolescent observait nerveusement les tentatives brutales et désespérées de son père contre l'acier. « Il n'y arrivera pas comme ça… mais je ne peux pas lui dire… » ravala-t-il, incapable de braver l'autorité paternelle.

    Et au milieu de cette tempête d'émotions et de murmures anxieux, roulée en boule sur le canapé, la jeune rousse continuait paisiblement sa sieste, bercée par ses propres ronflements.

    Les coups assourdissants cessèrent enfin dans un cliquetis métallique. Lâchant la barre d'acier qu'il tenait à deux mains, l'homme châtain la laissa tomber au sol dans un fracas lourd. Légèrement voûté, le souffle court, le front trempé de sueur et les paumes rougies par l'effort, il restait immobile devant le battant blindé. Mais sous cette apparente prostration, une rage folle bouillonne en lui.

    Pivotant brutalement sur ses talons, il traversa le hall d'un pas lourd et menaçant, fendant le groupe de rescapés pétrifiés. Il fondit sur le canapé, agrippa vivement la jeune rousse par le bras et la tira vers le haut sans ménagement pour la redresser. Plantez ses doigts dans ses épaules, il la secoua vigoureusement pour l'arracher à son sommeil.

    • RÉVEILLE-TOI ! lui hurla-t-il plein fouet, le visage féroce. C'est toi qui nous as amenés ici ! On est piégés comme des rats dans cet accueil ! La porte est verrouillée ! Fais quelque chose au lieu de roupiller, bordel !

    Violemment extirpée de sa sieste, la jeune rousse grimaça, visiblement agacée d'être arrachée à son sommeil.

    • Raaaah… C’est bon, arrête de crier… maugréa-t-elle de sa voix la plus pâteuse.

    Sa réaction désinvolte prit l'homme châtain de court, lui faisant lâcher prise. Libérée de son étreinte, la jeune femme s'étira paresseusement avant de poursuivre d'un ton d'une banalité déconcertante :

    • C'est un bunker de sécurité d'urgence. S'il y a un système de verrouillage automatique après la décontamination, c'est pour forcer une vérification manuelle au poste de garde… Il y a sûrement un moyen de tout débloquer là-bas. Alors laisse-moi respirer.

    Elle se leva péniblement du canapé, traînant les pieds en se frottant la nuque, et commença à se diriger d'un pas nonchalant vers la cabine du poste de garde.

    • Mais bon sang, presse-toi ! s'écria l’homme autoritaire derrière elle, les poings serrés de frustration. On n’a pas toute la journée !
    • Courir, ça fait transpirer, et je viens tout juste de passer sous la douche de décontamination, lui répondit-elle d’une voix monocorde, sans même prendre la peine de se retourner. Alors on se calme, le gueulard.

    Elle franchit enfin le seuil du poste de garde adjacent au hall et s'affala sans ménagement sur la chaise de bureau pivotante. Par pur réflexe, comme elle en avait l’habitude lors de ses longues journées au boulot, elle donna une légère impulsion avec ses pieds pour effectuer un tour complet sur elle-même avant d'imprimer ses doigts sur le clavier.

    Dans un bip strident, l’écran s’alluma soudainement, balayant son visage d'une lumière blafarde. Au centre de l'affichage, une instruction clignotait impitoyablement :

    IDENTIFICATION REQUISE — MOT DE PASSE : _

    • Pfff… soupira-t-elle en laissant basculer sa tête en arrière dans un geste de dépit total. Évidemment. Il faut un mot de passe.

    Un brouhaha paniqué éclata instantanément dans le hall.

    • C'est pas vrai ! On va mourir asphyxiés dans ce hall d'accueil pourri ! s’exclama la blonde aux mèches roses en se prenant la tête entre les mains.
    • Je peux essayer de défaire le circuit, mais si je me trompe, on fait tout sauter ! lâcha l’homme aux cheveux ébouriffés en inspectant nerveusement un boîtier mural.
    • On va mourir… souffla l’adolescente, adossée au mur, le visage décomposé.
    • C’est pas possible… murmura la femme élégante d'un ton dépité en se massant les tempes.

    Derrière le bureau du garde, la jeune rousse observa la scène et laissa échapper un long soupir.

    • Mais arrêtez de stresser, les gars... Soit il y a un indice planqué quelque part dans la pièce, soit je piraterai le terminal. Ça prendra juste plus de temps et ça me saoule d'avance, mais c'est faisable. De toute façon, on a de l'eau aux toilettes et des distributeurs automatiques dans l'accueil. On peut tenir facilement deux ou trois jours ici sans crever. Donc pas de quoi en faire un drame.
    • Trois jours ! Mais ça va pas ! On ne va pas rester coincés ici pendant trois jours ! répliqua l’homme autoritaire, les poings serrés de frustration.
    • Dites-moi pas que c’est pas vrai... lança la blonde, à deux doigts de l'hyperventilation.

    La jeune rousse soupira de plus belle, exaspérée par tant de drames. Quelle galère ! Elle n'allait jamais avoir la paix.

    • Bon... Vu que vous êtes partis pour hyperventiler pendant deux heures... Le gueulard, tu ne voulais pas qu'on se présente tout à l'heure ? Vas-y. Faites le tour de table. Ça vous fera du bien et moi, ça me fera des vacances.

    Agacé au plus haut point, mais ravi de pouvoir enfin instaurer un semblant d'ordre, l'homme autoritaire pointa un doigt accusateur vers la jeune rousse.

    • Très bien ! Mais dans ce cas, c'est TOI qui commence !

    La jeune femme ne bougea presque pas.

    • Camille Dupont, lâcha-t-elle d'une voix monocorde.
    • C’était tout ? s'exclama le militaire, stupéfait par tant de sobriété. Laisse tomber... Pierre De la Croix. Major de l’armée posté en ville. Continuons dans le sens des aiguilles d’une montre.
    • Mina Tahari, responsable média chez Border&Lyne, enchaîna la femme élégante d'un ton posé.

     

    • Gonzalo Vega, déclara le bricoleur aux cheveux ébouriffés. Expert en mécanique, électronique, météorologie... un peu tout ce qui touche à la survie. J’étais sûr qu’un truc dans le genre arriverait, alors je me suis préparé. Je penchais plus pour un virus mortel, mais...
    • C’est bon, on a compris, le coupa brutalement Pierre. Au suivant.
    • Alors moi, c'est Lola Werner, intervint la blonde aux mèches roses. Je suis fleuriste, mais aussi peintre à mes heures perdues. Et bon sang, ce gris béton est vraiment affreux !
    • Kai Manoa, se présenta à son tour l’homme au teint hâlé avec un sourire bienveillant. Je suis originaire de Sulani et professeur en école primaire. Si vous avez besoin de parler, je suis votre homme.
    • Rei Tanaka, murmura à son tour l’adolescente. Je suis encore au lycée et je vis dans le quartier.
    • Arthur De la Croix, bredouilla le jeune garçon à ses côtés. Au lycée aussi.
    • Et c’est mon fils, ajouta Pierre d’une voix ferme.

    Un silence pesant s'installa dans la pièce. Tout le monde se tourna vers le guichet. La rousse était désormais totalement affalée sur le bureau du poste de garde, la tête posée à plat sur ses bras croisés, les yeux fermés et la respiration lente.

    En découvrant le spectacle, Pierre perdit une nouvelle fois son sang-froid. Il s’avança à grands pas vers le comptoir.

    • NON MAIS C'EST UNE PLAISANTERIE ?! s’écria-t-il en frappant un coup sec du plat de la main sur la table. T'as écouté AU MOINS un seul mot de ce qu'on vient de dire, ou tu t'es rendormie pendant qu'on déballait nos vies?!

    Sans même un sursaut face au claquement, la jeune femme ouvrit lentement un œil. Elle se redressa à peine, calant son menton au creux de sa main, le coude planté sur le bureau.

    • Pierre, le militaire rigide qui n’arrête pas de crier... Mina, la pro de la communication qui essaie de garder le contrôle... Gonzalo, le bricoleur complotiste mais utile... Lola, l'artiste qui déteste la peinture du bunker... Kai, le prof sympa qui veut jouer les psy... Rei, mon adorable voisinette encore sous le choc... et Arthur, le fils qui aimerait bien que son père baisse d'un ton.

    Elle énuméra chaque profil d'un ton détaché en pointant distraitement chacun d'eux du bout du doigt. Puis elle s'interrompit pour bâiller à s'en décrocher la mâchoire.

    • C'est bon ? J'ai mon brevet de sociabilité ? Maintenant, laissez-moi réfléchir.

    Autour d'elle, le groupe la fixa, muet et bouche bée devant cette démonstration inattendue. Seule Rei esquissa un discret sourire en coin. Pas de doute : c'était bien la Camille qu'elle connaissait.

    A suivre...

    Merci a tout ceux qui prenne le temps de lire. 😘