Mylou
6 years agoNew Hotshot
[Runaway Teen Challenge] À travers la Sauvanne (EP 5 - 08/01)
Bonsoir tout le monde! Je me suis lancée dans le Runaway Teen Challenge il y a quelques jours et je m'éclate comme une petite fofolle.
Pour petit rappel, il s'agit de jouer un(e) adolescent(e) qui se retrouve livré(e) à elle/lui-même du jour au lendemain avec 0§ en poche.
J'ai comme d'habitude pris tout un tas de photo et j'ai eu envie de vous faire partager les aventures de ma fugueuse : Sauvanne. Ce sera plus comme un compte-rendu un peu scénarisé qu'une véritable histoire. Les épisodes seront plutôt courts et je ferai un petit récap de ses finances après chaque épisode jusqu'à son anniversaire.
C'est parti pour le premier épisode!
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ÉPISODE
La plage de Brindleton Bay a toujours été l'un de mes endroits favoris. Ces grandes étendues de sable parsemées ci et là de touffes d'herbe de ce vert si particulier, qui tire sur le jaune. Il n'est pas rare d'y surprendre un chat en pleine sieste ou d'assister à la course effrénée de quelqu'un ayant laissé échapper la laisse au bout de laquelle est retenu un chien surexcité.
Je m'appelle Sauvanne, j'ai bientôt dix-sept ans et j'aime toujours autant venir jouer sur la plage. J'y construis ce qui s'apparente à des châteaux mais qui ressemble davantage à d'énormes et informes pâtés de sable humide. Hé quoi? Je suis sûrement douée pour autre chose.
Quand j'étais plus jeune, mes parents et moi venions presque toutes les semaines passer une après-midi au bord de l'eau. Mon père tentait désespérément de m'apprendre à faire autre chose que surnager pendant que ma mère paressait au soleil, avec un roman policier. Lorsque le vent se levait ou que la nuit commençait à tomber, nous rentrions à la maison, bien au chaud. Cette époque est à présent si lointaine qu'elle me paraît presque irréelle.
Car j'ai bientôt dix-sept ans et voilà près d'une semaine que je fais les poubelles pour manger. Emportée puis chahutée dans une tempête d'aléas, j'ai préféré partir avant qu'on ne me chasse de ce qui fut, durant bien des années, chez moi.
Mon père, que j'adorais au-delà de tout, est décédé lors d'une sortie en mer dans cette même baie, celle que je longe jour après jour et à laquelle je sacrifie des heures entières à simplement la regarder. Belle et si terrible à la fois. C'est une relation étrange, d'affection nostalgique mêlée à une colère sourde que j'ai aujourd'hui noué avec la mer.
Ma mère a vite refait sa vie. Un peu trop rapidement à mon goût, d'ailleurs. Elle était en fait tout simplement anéantie et s'est accrochée à la première bouée qui lui est passée sous la main. En l'occurence, la bouée en question s'appelle Richard. Richard est grand, Richard a les épaules larges et un portefeuille tout aussi opulent. Mais Richard ne m'accepte pas. Alors, pour ne pas être un poids à la cheville de ma mère, elle qui sort tout juste la tête de l'eau pour gagner péniblement les rivages d'une nouvelle vie, je suis partie.
Voici un peu plus d'une semaine que j'erre à Brindleton Bay, fouillant et farfouillant parmi toutes sortes de détritus aussi dégoûtants que non identifiés. C'est rare que j'y trouve de quoi me rassasier : j'en tire tout juste une croûte de pizza par ci, une moitié de sandwiche entamée par-là. Et bien souvent, je n'y trouve rien du tout. Les agents de la ville ont pour consigne de s'assurer que les poubelles soient changées très régulièrement afin que ne prolifèrent ni les chiens errants, ni les sans-abris affamés.
Mais parfois ma bonne étoile se remet à briller et alors quelqu'un laisse son pique-nique sur une table ou bien me prends en pitié et m'achète une portion de frites au stand. Ces soirs là sont bien trop rares et donc par trop précieux : je passe ensuite une nuit paisible durant laquelle les gargouillis douloureux de mon estomac ne me réveillent pas.
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J- 14 avant son anniversaire : 0§
Pour petit rappel, il s'agit de jouer un(e) adolescent(e) qui se retrouve livré(e) à elle/lui-même du jour au lendemain avec 0§ en poche.
J'ai comme d'habitude pris tout un tas de photo et j'ai eu envie de vous faire partager les aventures de ma fugueuse : Sauvanne. Ce sera plus comme un compte-rendu un peu scénarisé qu'une véritable histoire. Les épisodes seront plutôt courts et je ferai un petit récap de ses finances après chaque épisode jusqu'à son anniversaire.
C'est parti pour le premier épisode!
ÉPISODE
La plage de Brindleton Bay a toujours été l'un de mes endroits favoris. Ces grandes étendues de sable parsemées ci et là de touffes d'herbe de ce vert si particulier, qui tire sur le jaune. Il n'est pas rare d'y surprendre un chat en pleine sieste ou d'assister à la course effrénée de quelqu'un ayant laissé échapper la laisse au bout de laquelle est retenu un chien surexcité.
Je m'appelle Sauvanne, j'ai bientôt dix-sept ans et j'aime toujours autant venir jouer sur la plage. J'y construis ce qui s'apparente à des châteaux mais qui ressemble davantage à d'énormes et informes pâtés de sable humide. Hé quoi? Je suis sûrement douée pour autre chose.
Quand j'étais plus jeune, mes parents et moi venions presque toutes les semaines passer une après-midi au bord de l'eau. Mon père tentait désespérément de m'apprendre à faire autre chose que surnager pendant que ma mère paressait au soleil, avec un roman policier. Lorsque le vent se levait ou que la nuit commençait à tomber, nous rentrions à la maison, bien au chaud. Cette époque est à présent si lointaine qu'elle me paraît presque irréelle.
Car j'ai bientôt dix-sept ans et voilà près d'une semaine que je fais les poubelles pour manger. Emportée puis chahutée dans une tempête d'aléas, j'ai préféré partir avant qu'on ne me chasse de ce qui fut, durant bien des années, chez moi.
Mon père, que j'adorais au-delà de tout, est décédé lors d'une sortie en mer dans cette même baie, celle que je longe jour après jour et à laquelle je sacrifie des heures entières à simplement la regarder. Belle et si terrible à la fois. C'est une relation étrange, d'affection nostalgique mêlée à une colère sourde que j'ai aujourd'hui noué avec la mer.
Ma mère a vite refait sa vie. Un peu trop rapidement à mon goût, d'ailleurs. Elle était en fait tout simplement anéantie et s'est accrochée à la première bouée qui lui est passée sous la main. En l'occurence, la bouée en question s'appelle Richard. Richard est grand, Richard a les épaules larges et un portefeuille tout aussi opulent. Mais Richard ne m'accepte pas. Alors, pour ne pas être un poids à la cheville de ma mère, elle qui sort tout juste la tête de l'eau pour gagner péniblement les rivages d'une nouvelle vie, je suis partie.
Voici un peu plus d'une semaine que j'erre à Brindleton Bay, fouillant et farfouillant parmi toutes sortes de détritus aussi dégoûtants que non identifiés. C'est rare que j'y trouve de quoi me rassasier : j'en tire tout juste une croûte de pizza par ci, une moitié de sandwiche entamée par-là. Et bien souvent, je n'y trouve rien du tout. Les agents de la ville ont pour consigne de s'assurer que les poubelles soient changées très régulièrement afin que ne prolifèrent ni les chiens errants, ni les sans-abris affamés.
Mais parfois ma bonne étoile se remet à briller et alors quelqu'un laisse son pique-nique sur une table ou bien me prends en pitié et m'achète une portion de frites au stand. Ces soirs là sont bien trop rares et donc par trop précieux : je passe ensuite une nuit paisible durant laquelle les gargouillis douloureux de mon estomac ne me réveillent pas.