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G8/ Chapitre 29 - Une visite chez le comte
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Après l’enterrement de mon père, et un dîner que je n’avais pas pu avaler, j’étais allée me coucher.
Je ne sais pas combien de temps je dormis mais un cauchemar me réveilla brutalement. J’y avais revu mon père.
J’avais enfoui la tête dans mon oreiller et m’étais mise à pleurer. Puis j’avais tourné et viré dans mon lit, songeant à tout ce que nous n’avions pas fait ensemble.
Mon plus beau souvenir avec lui, était un souvenir d’enfance... Nous avions donné, lui et moi, un spectacle de karaoké à Maman... Quel merveilleux moment.
On frappa à la porte. C’était Shelby : « Rose ? Tu dors ? ».
Shelby nous avait préparé du café.
- A deux contre huit. Ils sont complètement fous, me dit-elle
Elle avait raison. Ils étaient fous et j’avais très peur de perdre aussi Caleb...
- Ils sont partis depuis longtemps ?
- Presqu’une heure...
- C’est beaucoup...
- Oui... Je me fais un sang d’encre pour Landry... J’ai peur de ce qu’il pourrait lui arriver...
- Moi aussi... Je ne supporterai pas de perdre Caleb. C’est drôle, tu vois, je le croyais invincible alors qu’il peut mourir comme n’importe qui... C’est idiot, non ?
- Non, ça ne l’est pas. Et ça se comprend très bien.
- Où sont les autres ?
- Ils dorment, j’imagine. Caleb et Landry ont attendu que tout le monde ait rejoint ses quartiers pour mettre leur plan à exécution.
- Ils avaient un plan ?
- Pas vraiment. Ça ressemblait plutôt à une impulsion. Caleb a dit à Landry qu’il allait chez le Comte et Landry a dit à Caleb qu’il venait avec lui. Voilà comment ça s’est passé.
- A deux contre huit, sans plan ? Ils sont encore plus dingues que ce que j’imaginais.
- Pourquoi souris-tu ?
- Parce que je ne veux pas pleurer. Je pleurerai s’il leur arrive quelque chose, pas avant. J’ai assez pleuré depuis deux jours.
- Je suis désolée, Rose... Caleb m’a dit que tu ne t’entendais pas trop avec ton père ?
- Disons qu’il n’a pas été un père formidable. Nous avons repris contact l’année dernière, après mon agression. On commençait à peine à se retrouver...
- Je sens de la rancœur dans ta voix... Lui as-tu pardonné ?
- Honnêtement, je ne crois pas. Au fond de moi, je lui en veux encore. Tu te rends compte que je n’ai qu’un ou deux souvenirs heureux avec lui !
- Pardonne-lui, Rose. Ce n’est qu’à ce prix que tu pourras faire ton deuil, crois-moi.
La porte d’entrée s’ouvrit alors.
- Les voilà !
- Enfin !
[Point de vue de Caleb]
La peine de Rose m’avait décidé à me rendre chez le Comte sans attendre. Landry voulait m’accompagner, contre l’avis de sa femme qui était partie fâchée, mais il y avait tenu dur comme fer.
- On l’aura ! Si ce n’est pas ce soir, ce sera un autre soir, d’accord ? m’avait-il dit.
- D’accord. On y va !
Son enthousiasme avait fini de me persuader.
Le comte était alors apparu, entouré de deux de ses acolytes. Nous avions reconnu Steven Bloodrun à sa droite et en déduisîmes facilement qu’il devait être son homme de confiance. A sa gauche, se trouvait Rob Charnier.
Landry surveillait mes arrières...
Il ne plaisantait pas. J’aurais voulu lui sauter à la gorge, mais nous n’étions pas en nombre. Je ravalai ma salive et esquissai un petit sourire, que j’espérais plein d’assurance.
Lorsque nous arrivâmes à la maison, Rose était debout. Nous échangeâmes un regard. Le sien reflétait son soulagement. Elle ne dormait pas et m’avait attendu. Elle avait eu peur, encore... Saurais-je un jour l’épargner ?
Je me précipitai alors pour la serrer contre moi. Son cœur battait la chamade.
Mon ami qui serrait, lui aussi, sa femme contre lui.
Nos épouses avaient fait du café...
Landry et moi commençâmes à raconter notre rencontre avec Vladislaus Straud, omettant, évidemment, les détails dont celui-ci s’était délectés en mentionnant Rose.
Landry et moi nous pavanions devant nos femmes, nous faisant ainsi passer pour des héros. Mais la vérité est que nous aurions pu, ce soir, ne jamais revenir. Rose avait raison. La chance avait été de notre côté. Et il fallait que je contrôle mon impulsivité. Tout ce qui concernait Rose me touchait trop intensément. Shelby n’était pas dupe...
Sans lui donner les détails, il fallait que Rose connaisse la vérité.
Je m’étais tourné vers Rose...
Rose m’apporta son soutien alors que je ne m’y attendais pas, car je pensais qu’elle m’en voulait beaucoup sur ce sujet délicat. Mais elle restait à mes côtés, toujours... Même dans la douleur et dans la peine. Elle gardait la tête haute et des épaules solides pour me soutenir, moi, son mari.
Je la regardai avec son visage abimé, et je la trouvai belle, si belle...
Ah, celui-là ! Quelle mauvaise langue ! Landry s’était levé pour débarrasser sa tasse.
Il avait ensuite repris forme humaine.
Les semaines qui suivirent se passèrent sans incident, mais furent très dures pour Rose. Elle gardait la tête haute et s’autorisait même à sourire devant tout le monde mais, au plus profond de son être, elle était meurtrie. Et physiquement, elle gardait toujours les traces de la visite de Léonard Dudebro.
Je l’avais accompagnée plusieurs fois chez sa mère (qui habitait à présent chez Béatrice, épouse de Yann et mère de Maxime), chez sa tante Morgane ainsi que chez sa belle-sœur Amandine. J’avais senti combien elle avait besoin de sa famille et cela lui permettait aussi de renouer des liens autrefois perdus, et de faire plus ample connaissance avec sa cousine Laurence et son cousin Gabriel. Elle m’avait remercié de mon attention plusieurs fois et dit combien cela lui faisait du bien de les revoir tous.
Mais lorsque nous étions seuls, Rose se laissait aller à son chagrin, et j’étais celui qui la réconfortait.
N’était-ce pas aussi cela le rôle d’un mari aimant ? Alors, je la laissais pleurer sur mes genoux...
...ou se blottir contre moi, tremblante... J’avais tant de peine pour elle... Et pour Léandre aussi.
Notre inimitié n’avait été, au fond, que surface... Et je regrettais de ne pas l’avoir connu davantage.
Cet homme n’était qu’un simple humain, un vieil humain, mais il n’avait pas hésité une seconde à voler au secours de sa fille. Il n’avait pas manqué de courage, un courage que je saluais. Tristement, il avait payé cet acte de bravoure de sa vie. Cela me chagrinait autant que cela me mettait en colère.
Et alors que je tenais ma tendre épouse contre moi, je ne souhaitais qu’une chose, c’est qu’elle s’en rendit compte elle aussi.
Parfois j’allais la regarder dormir. Je voulais m’assurer que tout allait bien pour elle.
Elle était si fragile en ce moment... Alors, je prenais sa main et l’embrassais sur le front...
Quelques fois, elle ouvrait les yeux et me souriait, pour mon plus grand bonheur. Je caressais sa main...
Elle m’embrassait à son tour et j’emprisonnais sa main dans la mienne... Son baiser... Son amour pour moi...
Mais parfois, c’était plus compliqué...
Et elle sanglotait des minutes entières, des minutes entières pendant lesquelles je la tenais fort, très fort...
Ces semaines-là passèrent...
[Point de vue de Rose]
Le temps déambulant sur nos vies, mes ecchymoses s’estompèrent et, avec l’aide de Caleb, ma tristesse s’atténua...
Presque chaque soir, nous nous réunissions tous au salon pour boire un verre et discuter, en pyjama...
La volonté de Shelby était inébranlable sur ce point-là. Le soir, c’était pyjama, un point c’est tout !
Caleb et Landry restaient sans aucun doute les hommes les plus élégants de ces soirées... Nous étions bien...
Si bien que parfois, j’en oubliais presque tout ce qui arrivait... Dans la journée, nous vaquions tous à nos occupations...Les filles et moi nous détendions souvent dans le bain à remous...
....alors que Landry et Tonton Yann aimaient à jouer aux échecs...
Ou que Maxime et Tonton Gildas se défoulaient au football.
Caleb, quant à lui... Caleb lisait le Livre des Vampires pour y trouver des réponses.
J’ignorais, à ce moment-là, que nous étions à la veille de terribles drames.
A suivre... 🙂
Crédits poses :
- Rose, sur son lit : VIESIL
- Caleb et Rose sur le canapé du salon : ONLINDA
- Caleb et Rose sur leur lit : MIDAGERE
- Caleb serrant Rose dans ses bras dans le jardin : THE SENSE 4
Crédits CC :
- Tenues de Rose : JOMSIMS
- Robe de chambre de Caleb : HISTORICAL SIMS LIFE (HSL)