[SBS-2] *Les Chevalier au fil du temps* - màj 28 /2/26 - G8 Chapitre 42
Vous trouverez ici la suite de mon SBS "LES CHEVALIERS AU FIL DU TEMPS", à partir de la G8, chapitre 9. En effet, je ne peux plus publier sur la première discussion. 😊
POUR LES CHAPITRES PRECEDENTS ET LE SOMMAIRE ASSOCIE, c'estICI
G8/ Chapitre 9 - Le sous-sol _____________________________
La vie avec Caleb était très agréable et le temps passait très vite à ses côtés. J’apprenais beaucoup de lui et nous pouvions rester des heures à discuter.
Tout comme je pouvais rester des heures à l’écouter jouer de l’orgue... Sa musique me transportait vraiment. Mon mari était mélomane, cultivé et intelligent.
Il ne se lassait jamais, et ce, de nombreuses fois en une journée. Avec ce traitement quotidien, je me sentais perpétuellement fatiguée alors que mon mari, lui était un vampire fougueux et toujours en forme.
Mais mon mari était aussi un gentleman d’une autre époque, et je fondais, chaque fois que le seigneur en lui me faisait la cour.
Nous sortions souvent, pour aller au restaurant ou simplement pour boire un verre. Il n’était pas snob mais il aimait les endroits chics et distingués. Jamais il n’aurait mis les pieds au Burger Sim. Oui, j’étais heureuse avec Caleb et je ne l’aurais échangé pour rien au monde.
Cela faisait maintenant deux ans que nous étions mariés. Sa promesse de m’aimer n’était pas surfaite. Elle allait au-delà de mes espérances et mon amour pour lui n’en était que plus fort. Je sais pas si un humain aurait été capable de m’aimer de la sorte et, je ne le saurai jamais car je consacrerai toute ma vie à mon mari. Pourtant, nous avions eu des hauts et des bas à mesure que Caleb me distillait ses consignes pour que je devienne la parfaite épouse et maîtresse de maison, des moments parfois difficiles mais jamais insurmontables. Et jamais je n’eus à utiliser la pièce qu’il m’avait réservée à l’étage. Je dois d’ailleurs dire que je l’avais oubliée. Ces derniers temps, je trouvais mon mari changé. Il allait souvent s’isoler dans ce mystérieux sous-sol que je n’avais jamais eu l’autorisation de voir en deux ans de mariage, et ses pratiques amoureuses étaient devenues celles du commun des mortels. Il fallait voir le bon côté des choses. J’avais retrouvé énergie et vitalité. Par contre, j’étais très inquiète car le comportement de Caleb n’était pas normal. C’est ainsi que je m’étais décidée à chercher des informations sur les vampires à l’aide de l’ordinateur puisque je n’avais rien trouvé dans la bibliothèque du manoir.
Mais je ne trouvais rien. Un jour que Caleb était au travail, je m’étais remise sur le sujet. J’y passai une grande partie de la journée et je finis par trouver un blog anonyme qui mentionnait une certaine « Encyclopédie vampirique » en trois volumes ainsi qu’un ouvrage appelé le « Compendium ultime ». Le blogueur précisait que ces éditions étaient très rares, voire impossibles à trouver, et je ne sais pas dans quelle mesure cet article était fiable car il avait été écrit il y a plus de vingt ans...
Il fallait absolument que je vois Lilith. J’avais quitté le manoir pour me rendre, d’un pas décidé, chez ma belle-sœur. Mais je tombai sur Samuel... - Si tu comptais voir Lilith, oublie. Elle avait une exposition aujourd’hui. Elle vient de partir. - Mince... Mais tu pourras peut-être m’aider...
J’invitai alors Samuel à venir à la maison.
Était-ce vraiment aussi simple que ça ?
Samuel se mit à rire de bon cœur.
Samuel prit ensuite congé.
Ses paroles m’avaient beaucoup touchée. Après ma conversation avec Samuel, j’étais déterminée à parler à Caleb. Je ne le lâcherai pas, quitte à payer les conséquences de mon audace.
A seize heures, j’étais fin prête pour attendre mon mari, comme je le faisais depuis deux ans.
- Bonjour mon cœur. Je te trouve radieuse. - Merci mon amour. - Qu’y a-t-il de neuf aujourd’hui ? - Pas mal de choses...
- Tu as l’air bien mystérieuse. - Tu me racontes ? - J’ai effectué des recherches sur les vampires sur le net.
Caleb n’avait pas l’air fâché du tout. - Ça alors ! Et tu as trouvé quelques chose ? - Pas grand-chose, en réalité. Sauf un petit blog qui parle de l’encyclopédie vampirique et du compendium ultime.
- Ah... - Samuel m’a dit que ces ouvrages étaient ici, au sous-sol. A ma grande surprise, Caleb ne démentit pas - C’est vrai. Ce sont les seuls exemplaires au monde et ils sont bien à l’abri ici. - Caleb, j’aimerais beaucoup les lire. Me le permettras-tu ?
- Tu as l’air très enthousiaste en effet. - Oui, plus que ça, même !
- Je peux savoir pourquoi tu t’informes sur les vampires subitement ? - Pour mieux te connaître.
Je vis tout de suite que j’avais capté son intérêt. - Continue. - Voilà deux ans que l’on est marié et plus encore que l’on se connait mais j’ai l’impression de ne pas tout savoir de toi, de ta vraie nature et j’ai vraiment envie de la connaître.
Un beau sourire illumina le visage de mon mari. - Tu me fais très plaisir en disant cela, Rose. - C’est vrai ? Tu n’es pas fâché ? - Au contraire ! Ton intérêt me charme et je crois qu’il devient urgent que je te montre le sous-sol. - C’est vrai ?
J’étais vraiment contente. Je m’étais attendue à rencontrer de la résistance de la part de Caleb, mais finalement, ça avait été facile. - Je me change et j’arrive. Attends-moi ici. - Je t’assure que je ne vais pas bouger ! Oh non, je ne bougerai pas.
Je n’eus pas longtemps à attendre. - Je veux que tu saches que ce que tu vas voir en bas est différent de ce qui se trouve ici, dans les étages du manoir.
- Le sous-sol est mon antre, mon domaine et tu y seras toujours la bienvenue si tu as envie de m’y retrouver. - J’aurais toujours envie de t’y retrouver, Caleb. - J’en suis certain mais tu risques d’être surprise par ce que tu vas y voir. - Je ferai avec, ne t’en fais pas.
Je sentais Caleb tout content et tout excité de me faire cette visite, ce qui me fit regretter de ne pas lui en avoir parlé plus tôt.
En bas de l’escalier, il y avait deux portes ; une en face et l’autre à droite.
Caleb ouvrit la porte située face à l’escalier et s’arrêta un moment. - Et voilà, mon cœur. Nous y sommes. Tu es dans l’antichambre de la tanière du vampire. - C’est grand...
La pièce était immense. Il y avait là les deux bibliothèques dont Samuel m’avait parlé et deux bureaux. Près de l’un d’eux, plusieurs diplômes étaient accrochés au mur. Caleb en avait eu beaucoup au cours de sa vie et il ne les avait pas tous accrochés. - L’autre bureau est le tien. J’y ai mis ton acte de naissance... me dit Caleb.
Il avait aussi conservé la croix qui était dans ma famille depuis des générations et qui se trouvait dans ma chambre avant que je ne quitte Windenburg. Cela me faisait plaisir de la revoir. - Je savais que tu serais heureuse la voir ici, me dit-il - Oui et elle va très bien dans le décor. Caleb, tu ne trouves pas qu’il y a beaucoup d’espace perdu dans cette pièce ?
- C’est volontaire. Cette pièce est aussi une salle de combat. J’eus du mal à cacher mon étonnement : - Une salle de combat ? Comment ça ? - C’est ici que Lilith et moi nous entraînons au combat.
J’allais de surprise en surprise. - Tu te bats avec Lilith ? - Oui, nous combattons. Et parfois jusqu’au sang. Lilith est très forte, tout comme moi. Elle m’a plusieurs fois cassé un membre. Mais je l’ai laissée sur le carreau plus d’une fois aussi.
Caleb stoppa net son explication car il dut voir ma stupéfaction. Dans son engouement de tout me raconter, il avait sûrement oublié que certains détails, amusants pour lui, pouvaient être durs à comprendre pour moi. - Ne fais pas cette tête, Rose...
- Nous sommes des vampires, nous sommes immortels. Et nos blessures guérissent très vite. C’est juste un mauvais moment à passer pour nous. Rassure-toi, il ne peut rien nous arriver. Ses paroles ne me tranquillisaient pas vraiment.
Caleb me parla ensuite de l’Encyclopédie Vampirique : - Les trois volumes sont ici. Tu pourras te servir quand tu veux. - C’est magnifique ! Merci Caleb - Par contre, il est très important de commencer par le premier volume et des lire les ouvrages dans l’ordre. Sinon, ils seront incompréhensibles pour toi.
- Parfait. Je ferai comme tu dis. - Lorsque tu auras fini les trois volumes, je te donnerai le Compendium ultime. Il te suffira de me le demander. - C’est très gentil, je te remercie. Est-ce que tu peux me dire ce qu’il y a derrière l’autre porte ? - Juste derrière toi, il y a un petit local dans lequel j’ai mis le coffre de Cassandre.
- Je te parlais de la porte qui est à droite de l’escalier. - J’avais compris. Tu es sûre de vouloir savoir ? - Bien sûr ! - Ça va être un peu compliqué pour moi... mais je vais te faire voir.
Je vis tout de suite en entrant dans cette pièce que nous entrions dans le vif du sujet. Ici aussi, il y avait un orgue majestueux mais surtout, deux cercueils richement décorés trônaient en son centre. Leur vision me glaça le sang...
- Je sais que tu ne t’attendais pas à ça, mais voici ma tanière. C’est ici que je viens me régénérer et que je rentre en méditation. Cette pièce me calme et me repose. Je n’arrivais pas à détacher mon regard des deux imposants cercueils. - Caleb... Ce sont qui les morts dans les cercueils ?
- Des morts ? Oh mais non ! Ces cercueils sont vides. Quel soulagement ! - Pourquoi sont-ils là alors ?
- L’un d’eux est le mien. Il me sert de couche. Lorsque je viens y dormir, je régénère mon énergie beaucoup plus vite. - C’est complètement dingue !
- Tu veux dire que tu dors dans un cercueil ! Tu laisses le couvercle ouvert, au moins ? - Non, je le ferme. Tous les vampires font cela, Rose. Nous avons tous un cercueil. Et nous en avons besoin. La vie éternelle est très longue et parfois, il devient nécessaire de faire une pause. Alors, nous hibernons, grâce au cercueil... Il m’est ainsi parfois arrivé d’hiberner pendant une décennie.
- Je comprends bien. Mais je vois ici deux cercueils... A qui appartient le deuxième ? - Il aurait été à mon épouse si celle-ci avait été un vampire. Il sert donc simplement de décoration. - Tu ne regrettes pas ? Que je ne sois pas un vampire ? - Oh mais non, pas du tout ! Je suis tellement heureux avec toi.
Je m’étais approchée d’un tableau représentant un horrible personnage, qui se trouvait sur le mur du fond. - Et celui-là, qui c’est ?
- Lord Draco, Mon Maître. Celui qui m’a transformé mais qui m’a aussi tout appris. - Mon Maître ? Tu as l’air de le vénérer. - On vénère toujours son Maître. Ces liens-là sont des liens puissants, indescriptibles.
- Il a vraiment une tête à faire peur. Tu es bien plus beau que lui. - Tous les vampires ont cette tête-là. Enfin plus ou moins. - Je t’assure que non. Tu ne lui ressemble pas du tout. - Parce que tu ne connais que ma forme humaine
- Ma forme sombre est bien moins attrayante. - Mais pourquoi ne m’as-tu jamais parlé de tout ça ?
- J’y avais fait allusion une fois, il me semble, mais tu n’avais pas relevé. - J’en suis désolée... - Ne t’inquiète pas pour ça. Je n’avais pas envie de m’étendre sur le sujet de toute façon. Il était hors de question que je te fasse peur. - J’aimerais que tu me montres ta forme sombre...
Caleb ne voulait pas que j’ai peur de lui. Il ne l’avait jamais voulu, malgré notre vie si particulière... - Je ne sais pas si c’est une bonne idée... - Caleb, s’il te plait ! Tu es mon mari. Tu pourrais m’accorder cette faveur, non ?
- Très bien. Comme tu veux. Mais je t’aurais prévenue. Ce n’est pas beau à voir.
Il tourna alors sur lui-même, enveloppé d’un brouillard sombre et épais.
Lorsqu’il en ressortit, il n’était plus le même. Il poussa une sorte de grognement et j’eus un mouvement involontaire de recul.
Il esquissa un petit sourire et me regarda avec des yeux roses. Malgré ce changement, j’arrivais à le reconnaître. - Maintenant, tu sais vraiment tout de moi.
Oui... C’est sûr... Je restais figée... Quel changement tout de même. Sa peau était grise et craquelée... Il faisait froid dans le dos. - Rose ?
J’entendis subitement la voix de Caleb. - Peux-tu arrêter de me dévisager comme ça s’il te plait ? C’est toi qui me fais peur.
Je me ressaisis très vite. - Oh pardon ! C’est juste que tu es tellement différent ! - Ça oui... Je le sais bien. - Et tu n’es pas si moche que ça ! - Ah non ?
Le ton de Caleb était un tantinet ironique. Il ne me croyait pas. - Non, vraiment. - Tu n’irais quand même pas jusqu’à dire que je suis beau, j’espère... Parce que je sais exactement à quoi je ressemble.
Je ne flancherai pas... Je devais m’habituer à sa forme sombre. Dedans, il y avait mon Caleb et je ferai tout pour qu’il ne sente pas ma répulsion. - Et tu sais que je déteste le mensonge. - Caleb, je te trouve très bien. Effectivement, tu n’es peut-être pas si beau qu’en humain, mais pour un vampire, tu es pas mal. Il n’y a qu’à regarder l’autre là-bas derrière, sur le tableau.
- Tu ne serais donc pas dégoûtée si je venais t’embrasser... - Je suis étonnée que tu ne l’aies pas déjà fait.
Oh mon Dieu, pourquoi avais-je dit cela ? C’était une provocation. Caleb s’était levé aussitôt. - Si j’aperçois une seule grimace sur ton visage, il y aura des représailles et, crois-moi un vampire sous sa forme sombre est beaucoup moins tendre qu’un vampire sous sa forme humaine.
Je réprimai un frisson et Caleb m’embrassa. Son baiser était aussi troublant, voire beaucoup plus passionné que ceux qu’ils me donnaient habituellement. Je fondis sans effort dans ses bras.
- Tu étais vraiment sincère, alors ? - Bien sûr. Je sais qu’il m’en aurait coûté de te mentir. Et puis je t’aime, mon amour. Peu m’importe ton apparence.
Et j’étais encore sincère. Je sentis tout son corps se relâcher. Il était soulagé. J’avais atteint mon but. - Moi aussi, je t’aime. Chaque jour que je passe auprès de toi me fait t’aimer davantage. Tu es tellement belle. Et je ne parle, ni de ton corps, ni de ton visage mais seulement de la personne que tu es. Tu es magnifique. - Oh, Caleb...
- Il serait peut-être temps que je change d’apparence, non ? - Comme tu veux. Je commence à m’habituer à ta forme sombre.
Caleb entreprit cependant de retrouver sa forme humaine, et je le préférais nettement ainsi. - Tu m’as comblé une fois de plus, ma douce.
Façon de parler, j’entends, se reprit mon mari. - Bien sûr. Mais il l’avait dit, même si cela lui avait échappé. Nous l’avions dit.
G8/ Chapitre 10 - Une hibernation contrariée ______________________________________________
Je passais beaucoup de temps dans la pièce que Caleb appelait l’antichambre, auprès de lui. Je lisais, jouais aux échecs ou m’installais moi-même sur mon ordinateur pendant qu’il travaillait tout près de moi. Il était loin le temps où mon mari m’avait presque chassée de la pièce pour pouvoir travailler en paix. A présent, il préférait me garder près de lui. Il trouvait que je l’apaisais et que son travail n’en était que plus excellent. J’avais entamé la lecture du premier volume de l’Encyclopédie vampirique, il y a quelques jours seulement et j’étais déjà arrivée à la moitié de ce pavé fort passionnant.
Chaque jour, j’en apprenais davantage sur les vampires, leur histoire et leurs coutumes. Le protocole, ce protocole que je détestais parfois, surtout au moment des repas, faisait partie intégrante de leur vie éternelle afin de ne pas perdre tout repère. L’ouvrage révélait aussi que la méditation obscure dont m’avait parlé Caleb, et la régénération dans le cercueil étaient essentielles pour un vampire, ceci afin qu’il ne perdre pas le contrôle de lui-même, ce qui pourrait s’avérer être désastreux. J’en avais fait les frais avant notre mariage... Le livre parlait aussi de l’amour des vampires. Ceux-ci, au cours de leur existence ne serait amenés à aimer qu’une seule fois mais leur amour serait fort et puissant, et fidèle jusqu’à la fin.
Je refermai le livre pour ce soir. - Je vais me coucher mon amour. - D’accord.
- Tu ne me rejoins pas ? - Pas encore. J’ai du travail à finir.
Caleb évitait une nouvelle fois de venir s’allonger près de moi. - Qu’y a-t-il, Caleb ? Tu ne veux plus de moi ? - Ne dis pas de bêtises. Je suis juste un peu fatigué, c’est tout.
Je décidai de ne pas insister. - A demain alors.
Fatigué ? Il n’avait jamais été fatigué. Que se passait-il ?
Quelques soirs plus tard, je profitais d’un repas entre Caleb et ses enfants pour demander à Lilith de me rejoindre. Elle proposa de nous rencontrer près du bar « Le lama qui crie » à Windenburg. - Ça avait l’air urgent. Qu’est-ce qu’il y a ? - C’est Caleb. Allons-nous asseoir.
- Tu m’inquiète, là. Qu’est-ce qu’il a ? Il ne va pas bien ? - Et bien, en fait, euh... Je ne sais pas trop.
Je tournais autour du pot, et Lilith s’en aperçut : - Accouche, Rose ! - Je ne sais pas trop comment te dire ça... - Et je suis un peu gênée... Je ne sais pas si tu sais mais Caleb a toujours été très... demandeur avec... et...
- Non, je ne sais pas. Je suis sa sœur ! Par contre je peux le deviner aisément. Je suis aussi un vampire ! Et ça te pose problème ? Au bout de deux ans ? - Pas du tout. Je suis inquiète car depuis quelques jours, il trouve des excuses pour ne plus se coucher en même temps que moi... Il ne se passe plus rien... Je sais qu’il m’aime, Lilith. C’est forcément autre chose et j’espérais que tu pourrais m’éclairer.
Lilith changea de ton et je devinai, au timbre de sa voix, qu’elle était à présent inquiète pour son frère. - Tu as vraiment eu le bon réflexe en venant m’en parler. - Tu sais ce qu’il a ? - Oui. Et c’est très grave. Il est en train de mourir. - Non Lilith... Ce n’est pas possible... Caleb m’a toujours dit que vous étiez immortels, que rien ne pourrait vous arriver, ni à lui, ni à toi.
Je me refusai à croire que Caleb pouvait partir avant moi. Ce n’était pas prévu comme ça. Nous étions encore un jeune couple, plein d’avenir. - Il existe certaines situations particulières où un vampire peut mourir, comme une exposition prolongée au soleil ou une immolation par le feu. En gros, nous pouvons brûler. Et ce ne sont que deux exemples. - Mais là, ce n’est pas le cas...
- Non. Caleb avait fait promettre à toute la famille de ne pas t’en parler, mais je vais le faire et tant pis pour les conséquences. Il a besoin de plasma humain. - Le plasma d’êtres vivants ? Mais vous m’aviez dit tous les deux que vous ne vous nourrissiez plus sur les humains depuis presque six cents ans....
- Disons que nous nous nourrissons sur des humains consentants. Pour Caleb et moi, c’est la famille. Nous avions jusqu’à il y a peu quatre personnes pour pourvoir à notre besoin. Mais les triplés vieillissent et ils sont maintenant trop faibles pour supporter une telle inquisition. Nous avons donc réuni un conseil de famille et pris la décision d’arrêter de nous nourrir de leur plasma. Il ne reste donc qu’Emmanuelle. - Ce que tu dis parait tellement irréel...
Lilith ignora mon propos... - Il faut savoir que nous avons besoin de deux poches de plasma humain par semaine et que ces deux poches sont le maximum que l’on puisse prendre à un humain sans le tuer... - Et si je te suis bien, alors qu’ils étaient à quatre pour vous nourrir, Emmanuelle se retrouve maintenant toute seule.
- Voilà ! tu as tout compris. Mais il n’y a pas que ça. Emmanuelle ne pouvait fournir qu’une seule poche par personne. Caleb arrivait à résister, quoiqu’apparemment, pas tant que ça, vu ce que tu me racontes, mais moi, je me suis affaiblie, vraiment beaucoup. - Tu as l’air bien pourtant...
- Maintenant oui. Mais pas à ce moment-là. Le jour où tu as croisé Samuel, il était venu à mon chevet. J’étais en train de mourir. Il m’a proposé son plasma, mais je l’ai refusé. Caleb a alors pris une décision indiscutable de chef de famille : moi seule bénéficierai du plasma d’Emmanuelle. Il m’avait assurée qu’il avait trouvé une autre solution mais vu ce que tu me dis, ce n’est pas le cas. - Il n’y a plus personne pour le nourrir alors...
J’étais anéantie. Caleb devait s’affaiblir de jour en jour... - Non, il va mourir - Moi, je peux le faire ! Je peux lui donner mon plasma.
- Tu es folle ! Il va déjà se sentir trahi, je ne veux pas, en plus, lui mentir. - Très bien. Mais pourquoi ne voulait-il pas que tu m’en parles ? - Pour une raison évidente. Ce n’est pas anodin de prendre deux poches de plasma à une personne. D’abord, ça fait mal, très mal. Et puis après, tu es HS pendant douze ou vingt-quatre heures, très faible. N’espère même pas faire quoi que ce soit ensuite. Il faudra t’allonger, te reposer. C’est très contraignant. - Quand on aime quelqu’un comme j’aime Caleb, rien n’est contraignant. Je m’adapterai, c’est tout.
- Tu as tout dit. C’est ce qu’on fait ses enfants et c’est ce que fait sa petite fille. Mais il y a aussi une compensation. Elle ne viendra pas tout de suite, certes, mais elle viendra. - Laquelle ?
- Donner son plasma à un vampire est quelque chose de très fort, une communion, un lien intime, lorsque l’on y consent, bien sûr. C’est cette pratique qui fait que nous soyons tous si unis dans cette famille, en plus du reste, cela va de soi. Mais cela renforce les liens. - Lilith, je veux vraiment aider Caleb. S’il meurt, je le suivrai. - Nous sommes bien d’accord là-dessus. Je ne sais pas si mon frère mesure la chance qu’il a de t’avoir. - Et il ne peut pas rester comme ça. Ce n’est pas lui. Je ne le reconnais pas.
- Nous ferons en sorte que cela n’arrive pas. Et si tu as le moindre souci avec lui, tu m’appelles. Mon frère peut être très borné parfois. - Je le sais. Ne t’en fais pas, je t’appellerai. Je t’adore, Lilith.
Je me résolus à parler à Caleb deux soirs plus tard, avec tact, cela va de soi. - Comment ça, tu te fais du souci pour moi ? - Peux-tu admettre que tu n’es plus le même qu’avant ? Tu vois bien ce que je veux dire, non ? Au lit... Tu ne viens plus près de moi... Tu ne fais plus rien... Je suis renseignée. Tu es en train de mourir !
- Tu es drôlement bien informée... - Mon chéri... Tu as la solution devant toi. Je serai ravie de te nourrir. - Tu es complètement folle... Tu ne sais pas de quoi tu parles. - Il se trouve que si. Je sais que ça fait mal. Ce n’est pas grave. Je t’aime suffisamment pour ça.
- C’est hors de question. Cette fois, j’étais bien décidée à lui tenir tête. - Je ne m’avouerai pas vaincue, je te préviens. - Tu me préviens ? Tu n’as pas à me prévenir. Rose, moi, je t’ordonne de laisser tomber. - Tu peux.
Ma réponse ne lui plut pas. - Tu me provoques ? - Non, chéri. Je t’aime. Et je m’inquiète aussi.
- J’ai une autre solution, Rose. Mais je ne veux pas que tu me nourrisses. Jamais. - Caleb... Tu sous-estimes l’amour que j’ai pour toi.
J’avais bien senti que Caleb était perturbé par ma détermination. Son regard et le ton de sa voix ne me trompaient plus depuis longtemps. Il était touché. Deux soirs plus tard, après avoir accueilli mon mari à seize heures, comme d’habitude, je l’avais vu descendre vers le sous-sol. Il m’avait demandé de ne pas l’attendre pour dîner et d’aller me coucher sans lui, ce que je fis. Le lendemain matin, en me levant, je m’aperçus que Caleb n’avait pas dormi avec moi. Lorsque j’arrivai dans la cuisine, il n’y avait personne. Je m’étais alors dit qu’il était parti travailler mais le soir, à seize heures, il ne rentra pas... J’avais attendu trente minutes. Caleb n’était jamais en **bleep**. L’angoisse m’avait alors saisie. J’avais appelé son portable mais tombais immédiatement sur la messagerie. Et s’il était mort ? Quelque part, sans que nous ne nous soyons dit au revoir... Puis, je réalisai soudain que peut-être, il n’avait pas quitté la maison... Je descendis au sous-sol. Je ne le vis pas mais je sus qu’il était là. De son cercueil s’échappait une émanation violette... Elle entourait le cercueil...
Je ne savais pas pourquoi mais j’avais le sentiment qu’il ne fallait pas y toucher... Pourtant, j’aurais tant voulu l’ouvrir, sortir Caleb de là... J’étais sa seule solution... Je m’étais résignée à le laisser dormir...
Mais vingt-quatre heures plus tard, Caleb était toujours là... Et il ne semblait pas vouloir sortir de là...
La situation était urgente. Je devais prévenir Lilith. Je lui campai tout de suite la situation. - Lilith, je ne sais pas ce qu’il se passe...Caleb est dans son cercueil depuis trois jours... Oui... C’est bien ça. Une fumée violette.
Lilith me promit d’arriver très vite. Elle m’intima l’ordre de ne surtout pas ouvrir le cercueil. J’étais de plus en plus en anxieuse. Pourquoi Caleb dormait-il aussi longtemps ? Apparemment, Lilith semblait le savoir.
Elle arriva enfin. - Rose... Est-ce que ça va ? - Non... Je sens que vais le perdre... - Il est entré en hibernation... Pour le moment, il ne risque rien.
Nous étions en train de discuter, Lilith et moi lorsque les trois enfants de Caleb arrivèrent.
Lilith les avait prévenus.
Tout avait l’air si facile, si naturel, pour eux. Ils baignaient dans cet univers depuis leur enfance.
Lilith se consacra donc à entrer en contact avec Caleb et nous laissa nous les quatre.
Cela dura plus d’une heure.
Elodie m’avait cédé sa place afin que je puisse être près de mon mari.
Pendant que nous discutions, le cercueil de Caleb s’était ouvert.
Caleb sortait de son hibernation, droit comme un piquet.
Et en effet : - Je peux savoir pourquoi tu as troublé mon sommeil, Lilith ?
Lilith n’eut pas le temps de répondre. Je me précipitai vers Caleb.
Je me précipitai dans ses bras en pleurant.
Je n’arrivais plus à m’arrêter. La voix de Caleb était douce et apaisante.
Il me caressait le dos tout en me consolant.
Caleb ne répondit pas et se dirigea vers la famille.
« Se chamailler » ? J’avais pourtant l’impression que c’était beaucoup plus sérieux que cela.
Le frère et la sœur s’étaient calmés. Samuel prit alors la parole, très posément, suivi de Florent.
La conversation prenait une tournure inattendue. J’étais inquiète et Elodie aussi. Elle n’arrêtait pas de me regarder. Caleb ne parlait plus mais me regardait lui aussi. Je sentais que les fameuses sanctions tomberaient.
J’avais constaté que les femmes ne parlaient pas. Elles laissaient les hommes s’arranger entre eux. Sûrement un autre truc protocolaire familial.
En disant que sa vindicte tomberait sur quelqu’un, Caleb m’avait lancé un regard noir. Ce serait pour moi, je le savais. Toute la famille pensait, je crois, que Lilith prendrait le retour de bâton. Mais ce ne serait pas le cas.
Après les effusions de remerciements, Samuel et Lilith montrèrent leur joie autrement.
Je perçus le mécontentement de Caleb lorsque son regard croisa le mien. Elodie me regarda à nouveau. Elle savait, tout comme moi, que je serais celle sur qui s’abattrait la colère de Caleb. Peu importe. Je m’y étais préparée. La seule chose qui comptait pour moi était que mon mari soit en vie.
Nous les avions raccompagnés jusqu’à la porte. Caleb et moi nous retrouvâmes seuls. L’ambiance était tendue. - Il va falloir qu’on règle ça, Rose. Je sais que tu le sais.
G8/ Chapitre 11 - Un goût de plasma _____________________________________
Nous les avions raccompagnés jusqu’à la porte. Caleb et moi nous retrouvâmes seuls. L’ambiance était tendue. - Il va falloir qu’on règle ça, Rose. Je sais que tu le sais.
J’avais décidé d’abdiquer. Nous étions passés nous changer dans notre chambre puis Caleb m’avait conduite jusqu’à son antre.
Il avait prévu de commencer en buvant mon plasma. Il me précisa, qu’en temps normal, il aurait fallu que je m’allonge pour me reposer, car je serai affaiblie. Je compris que je n’aurai pas ce luxe aujourd’hui. Caleb me parla d’une séance de cracottage dans son cercueil, après qu’il se soit nourri.
Dans son cercueil ? Je ravalai ma salive. L’angoisse montait... Rien que l’idée de m’allonger là-dedans me terrorisait. C’en était trop. Je fondis en larmes. Caleb ne fit même pas mine de me consoler, pas même de me rassurer.
Cette évidence me permit de reprendre mes esprits rapidement, et je relevai la tête. Il était hors de question que je flanche. Alors, j’accepterai et je supporterai, et en aucun cas, je ne lui donnerai le plaisir de me voir m’effondrer.
Caleb se transforma devant moi. A la vue de son regard affamé, je devinai qu’il ne ferait de moi qu’une bouchée.
Mais il me sourit et son ton se fit moins dur.
J’esquissai moi aussi un sourire, mais difficilement.
Je le lui tendis. J’avais très peur. Mon cœur battait à tout rompre. Caleb dut le sentir car il interrompit son geste.
Il planta ses canines dans ma chair. La douleur fut fulgurante et immédiate. Je me retins de hurler...
Je me sentais faiblir à mesure que Caleb se nourrissait.
La douleur, cette douleur n’en finissait pas. Je posai alors la main sur l’épaule de mon mari. Il avait besoin de mon plasma... Il fallait que je tienne.
Au bout d’un moment qui m’avait paru interminable, il finit par s’arrêter... Je tremblais et je me sentais vraiment très abattue. Caleb, lui, semblait avoir retrouvé des forces.
Caleb avait pris ma main pour me conduire jusqu’à sa couche. Nous nous regardâmes un instant en silence.
Il ne toucha même pas son cercueil. Un simple geste suffit pour que le couvercle s’ouvre.
La panique m’envahit subitement. Il n’allait tout de même pas me faire entrer là-dedans.
La voix de mon mari s’était voulu rassurante et il m’invita à le rejoindre
Le couvercle se rabattit sur nous et je perçus que nous lévitions. Il faisait noir, et avec cette lévitation, je perdis tout repère. Le cercueil basculait dans tous les sens et la force de Caleb sous sa forme vampire était bien plus puissante que celle que je connaissais de lui sous sa forme humaine. Mais je l’aimais tant, même maintenant.
J’étais complètement affaiblie par tout ce plasma qui me manquait, que je lui avais donné et dont il profitait pleinement. Mon corps tremblait, se crispait... Je voulais pleurer mais, au lieu de cela, je m’agrippai à lui. Il serait vivant. Alors, je tiendrai. Jusqu’au bout. Pour lui. Même s’il n’en était pas conscient. Le cercueil se renversa...
Puis il se retourna complètement. Quelle horrible sensation. Je ravalai mes larmes. Je serai fière. Pour lui, car je le voulais fier de moi.
Nous tombâmes subitement du cercueil et je me réceptionnai violemment sur le sol. Je n’en pouvais plus... Mes dernières forces m’abandonnèrent...
J’enlaçai alors Caleb. Je me sentais partir...
Je devais lui dire au revoir...
Caleb se redressa immédiatement.
Je passai de la dureté de ses actes à la douceur de sa voix.
Il me redressa petit à petit puis me mit debout, patiemment, avec tendresse.
Caleb me porta jusqu’à la porte de son antre puis il me posa à terre. Son regard violet était tendre, sa voix était douce. Après ce débordement de force tempétueuse, j’accueillis ce regard comme une onction.
Il m’embrassa alors et j’eus beaucoup de mal à lui rendre ce baiser fougueux tant j’étais faible. Et j’aspirais au calme. J’avais besoin de répit
Je l’entendais me parler mais je ne pouvais pas lui répondre. Mes tremblements s’amplifiaient.
J’avais compris, mais il m’était encore impossible de parler. Je clignai des yeux pour dire à Caleb que, oui, j’avais compris. Mais je n’aurais pas la force de prendre une douche, quoi qu’il arrive, et je m’en moquais, de toute façon... Je sentais que je pouvais tomber à tout moment. J’étais tellement exténuée... Je souhaitais dormir, être en paix... Être en paix. Je crois que j’ai complètement déconnecté à ce moment-là. Je sentis vaguement que Caleb me soulevait et me portait.
Il m’avait déposée doucement sur notre lit. Je ressentis un bien-être, le confort du matelas. J’étais bien. Bien mieux que dans cet horrible cercueil.
Je dus m’endormir tout de suite mais, de temps en temps, j’ouvrais un œil. Caleb était assis auprès de moi, sans bouger. Sa présence me rassurait et je replongeais aussitôt dans un sommeil sans rêve.
Une autre fois, je ne le vis plus. Pourtant je sentais sa présence. Je savais qu’il n’était pas loin. J’aurais voulu bouger pour voir où il était mais je ne le pouvais pas. Mon corps en était incapable.
Puis il me sembla que Caleb me parlait. Dans mon sommeil. Une voix douce, lointaine. Il m’assurait que j’irai mieux, et j’avais vraiment l’impression de me sentir mieux...
Lorsque je me réveillais, j’étais en meilleure forme, toujours fatiguée, certes mais j’allais beaucoup mieux. Caleb lévitait près de mon lit.
Je ne l’avais jamais vu faire une chose pareille. Sûrement sa méditation obscure. Il était si beau, si puissant. Et il était en vie. J’étais tellement heureuse.
- Rose ? me dit-il. - Oui...
Caleb avait repris figure humaine. - Tu as bien dormi ? - Oui. - Comment te sens-tu ? - Encore un peu fatiguée... Quelle heure est-il ?
- Il est presque quinze heures. Va prendre une douche et habille-toi. Confortablement. Tu peux mettre un pull et un pantalon si tu veux. - C’est terminé ? - Oui, c’est fini. Prends ton temps puis rejoins-moi à la cuisine, d’accord ? - D’accord...
Je pris une douche bien chaude et laissai couler l’eau très longtemps. Quelque chose s’était produit durant mon sommeil. Quelque chose qui me permettait de me sentir mieux. Lorsque je sortis de la salle de bain, j’enfilai un pantalon d’intérieur et passai un gilet sur un petit débardeur. Quel bonheur de porter ces vêtements. Ils m’enveloppaient d’une douce chaleur bienvenue.
Il était déjà quinze heures... Combien de temps cette séance dans le cercueil avait-elle duré ? Et combien de temps avais-je dormi ? Je ne sais pas mais ce qui est sûr, c’est qu’il s’était écoulé trente-six heures entre le moment où j’avais appelé Lilith pour la prévenir que Caleb était dans son cercueil et maintenant. Trente-six heures... J’avais complètement perdu la notion du temps.
Lorsque j’arrivai dans la cuisine, je sentis une bonne odeur de tarte aux pommes et j’eus la surprise de voir que Caleb avait dressé la table.
Caleb avait installé mon assiette à droite de la sienne. C’était la première fois en deux ans qu’il faisait une telle chose. Nous mangions habituellement l’un en face de l’autre.
C’est ce que voulais... Il m’avait demandé pardon. Un simple pardon qui avait tant d’importance pour moi, une preuve que mon mari n’avait pas pris à la légère les tourments qu’il m’avait imposés.
Je m’étais levée pour débarrasser la table.
Caleb avait apparemment décidé de m’aider. C’était une grande première.
Ce soir-là, nous passâmes une soirée tranquille. Caleb s’entraîna à préparer de nouvelles boissons tandis que je repris la lecture du premier volume de l’encyclopédie vampirique.
Nous vaquions chacun à nos occupations mais nous étions ensemble. De temps en temps, je surprenais le regard de Caleb sur moi.
Je restai ainsi une heure encore à lire puis refermai l’ouvrage.
J’envoyai un baiser à Caleb.
Mon mari et moi rejoignîmes notre chambre. - Ça va bien se passer. Je te le promets, me dit-il en me caressant la joue.
Caleb essayait de me rassurer mais je ne l’étais pas. J’avais encore en tête ce qui s’était passé dans le cercueil, et surtout, je connaissais mon mari... - Tu m’as apaisée, certes, mais je ne suis pas encore complètement remise.
Il me rassura, et me promit que rien ne serait comparable à ces fâcheux tourments.
Il tint sa promesse. Jamais il ne m’avait fait vivre une expérience pareille. Tant de douceur et de tendresse... Il retenait sa fougue, je le sentais...
Il m’embrassait, me disait qu’il m’aimait, me susurrait des mots doux à l’oreille. Il ne m’avait pas habituée à cela. Je m’endormis sereinement, heureuse, au creux de ses bras.
G8/ Chapitre 13 - Fragment d'une ancienne vie ________________________________________________
La vie avait repris son cours normal. Ce jour-là, Emmanuelle était vu demander à Caleb l’autorisation de divorcer de Paul Bessart. Je crois que, même encore aujourd’hui, je ne me fais pas à certains côtés du protocole imposé. La différence est que, maintenant, je l’acceptais. Il faisait partie de mon quotidien. Emmanuelle nous rendit donc visite dans ce but précis. - Je ne le supporte plus. Il critique sans cesse la famille, et Papa se prend la tête de plus en plus avec lui. - Et que t’a dit ton père ? Il est d’accord pour que tu divorces ? lui demanda Caleb.
J’en déduisis que l’avis de Samuel comptait pour Caleb. - Je n’en sais rien. Il m’a dit de venir te voir. - Il y a un truc que je ne comprends pas. Te rappelles-tu que tu m’as supplié pour que j’accède à ton désir d’épouser ce bon à rien ? Et maintenant, tu veux divorcer ? - Papi, je t’en prie... Je sais que tu ne l’aimes pas. - Bien sûr que je ne l’aime pas. Personne ne l’aime dans la famille.
- Alors, tu vois ! Tu veux bien accepter mon divorce ? - C’est d’accord. Tu es vraiment l’exception à la règle. Tu sais qu’on ne divorce pas dans cette famille. - Mais surtout, ne nous ramène plus un idiot de la sorte ! ajouta-t-il. - C’est promis.
Emmanuelle prit son grand-père dans ses bras. - Merci Papi ! Tu es le meilleur ! - N’exagère pas, hein ? répondit-il en rigolant.
Quelques mois plus tard, le divorce d’Emmanuelle était prononcé et Caleb avait tenu à réunir toute la famille pour fêter l’évènement. J’avais préparé un adobo de porc pour l’occasion.
J’avais décelé un peu de tristesse dans la voix d’Emmanuelle.
Tout le monde s’était tu.
Lilith et moi nous promenions de plus en plus souvent ensemble. Elle voulait s’immuniser contre les rayons du soleil et pour ce faire, nous sortions un peu plus longtemps chaque fois. - Une heure ! Cela fait un bail que je n’ai pas pédalé aussi longtemps ! rigola Lilith. - La prochaine fois, on sort pour une heure et quart !
- En plus, ça me fait faire de l’exercice physique. Au prochain combat, je mets sa pâtée à Caleb ! - Tu es sûre ? Tu finis chaque fois en mille morceaux ! - J’y compte bien, en tous cas. - Je te soutiendrai à cent pour cent. Mais ne lui dis pas, hein ?
Lilith et moi ne sortions pas qu’en plein air. Nous aimions aussi aller boire un verre ensemble et juste discuter. Elle était la sœur que je n’avais jamais eue. Ce jour-là, nous étions au Jus de Crotale lorsque je reconnus immédiatement sa chemise bigarrée. Il était de dos. Mais c’était lui, je le savais... Mon père... Il était en train de danser. Il avait toujours aimé ça.
La mixologue me servit mon verre et j’en bus une grosse gorgée. Je ne voulais pas qu’il me voit. Je ne voulais pas lui parler. Pas après tout ce temps... Pas après tout ce qui s’était passé dans ma vie depuis qu’il était parti vivre à San Myshuno. Je ne voulais pas. Il ne comprendrait pas.
Papa s’était assis un peu plus loin, les yeux rivés dans notre direction, me dit Lilith. Comme s’il essayait de reconnaître quelqu’un. J’évitais de tourner la tête. Je ne devais absolument pas croiser son regard.
Puis il avait arrêté de nous fixer et son regard s’était plongé dans le vide, empli de tristesse.
Nous réussîmes à filer, profitant de l’inattention de mon père, et prîmes une table au Burger Sim. - Nous l’avons échappé belle ! - Tu te rends compte que je ne l’avais pas revu depuis des années...
- Le monde est petit. Il était inévitable que tu le croises un jour. Heureusement, il ne t’a pas reconnue. - Il m’a regardée pourtant... Je me demande ce que va dire Caleb... - Caleb et ton père, c’est une longue histoire... Et je sais que mon frère déteste ton père... - Oh je le sais ! Il ne me restera plus qu’à trouver le bon moment pour lui parler de cette rencontre.
Le bon moment se présenta quelques soirs plus tard, alors que nous jouions aux échecs.
J'avais lâché ma bombe, puis m'étais remise à réfléchir à une stratégie pour battre Caleb.
Je m’étais levée, pour lui donner ce que j'avais l'habitude de lui donner, deux fois par semaines. Aujourd'hui, faire don de mon plasma à Caleb, n'était plus aussi douloureux qu'au début. Et puis, je commençais à sentir cette communion entre nous, ce lien particulier qui nous unissait.
Ce jour-là, il me serra dans ses bras, très fort. tu savais comme je suis heureux ! - Si tu savais comme je suis heureux ! Et je suis très fier de toi, ma douce. - Sûrement, mais je me sens très fatiguée.
Puis je réalisai ce qu’il venait de dire. - Fier de quoi, Caleb ?
- Tu as réussi à entrer en communion avec moi. Cela veut dire que tu te laisses aller et que tu me fais pleinement confiance. Mais maintenant, il faut que tu t’allonges. Tu dois être épuisée. - Oui... Je tiens à peine debout...
Caleb veillait sur mon sommeil chaque fois qu’il m’avait pris du plasma, et je pouvais sentir sa présente rassurante près de moi. Ce que je vivais désormais n’avait rien à voir avec cette première fois que j'avais subie. Notre relation gagnait en complicité.
Il était toujours là à mon réveil, souvent sous sa forme sombre, car elle lui permettait de se régénérer plus vite. - Alors mon cœur, tu as bien dormi ? Et cette merveilleuse communion entre toi et moi ? Tu t’en souviens encore, j’espère. - Une communion ? Quelle communion ?
Mais je m’y étais habituée. Et je le trouvais vraiment très beau sous sa forme sombre, mon beau vampire... - Ne me dis pas que tu as réellement oublié ? - Mais non ! Détends-toi. Je te taquinais !
Ce jour-là, Caleb et Lilith devaient s’entraîner au combat. Ils avaient tous les deux endossé leur forme sombre. - Tu es prête à perdre, sœurette ? - Ce n’est pas moi qui vais perdre aujourd’hui, Caleb...
Et le combat avait commencé... J'étais allée voir ça de plus près. Mais comme d’habitude, Lilith était en mauvaise posture.
Caleb n’en faisait qu’une bouchée... Il jouait avec elle comme avec une poupée...
Le duel s'était interrompu lorsque Lilith était tombée brutalement sur les genoux. - Purée Caleb ! Mes genoux ! hurla-t-telle - Caleb ! Tu es fou ! ajoutai-je à l’attention de mon mari. Il s’était rapproché de sa sœur. - Ça va, Lilith ? - Non !!! ça ne va pas ! J’ai un mal de chien !
Lilith gémissait et jurait. Mais en une dizaine de minutes, elle se remit... Je crois que je ne m’habituerai jamais à ces combats, aussi amicaux puissent-ils paraitre. - Allez, viens... lui dit Caleb. Ça va mieux ? - Oui... Je peux me lever. Donc, ça va.
Il enlaça Lilith. - Ma petite sœur... Tu sais que je t’aime, hein, pour l’éternité ? - Oui. Pour l’éternité. Qu’est-ce que j’aimerais aimer Caleb pour l’éternité... Tellement...
Lilith avait ensuite proposé de passer la soirée au Lama, un petit bar, très peu fréquenté. Nous avions accepté avec plaisir.
G8/ Chapitre 14 - La congélation du carré d'agneau _____________________________________________________
J’étais retournée à la Clairière le lendemain. C’était peut-être le moyen d’en savoir plus sur ces combats à venir. - Bonjour Rose, je suis Linette. - Bonjour Linette.
- Pourquoi nous as-tu appelées ? - Caleb et Lilith m’ont parlé d’un combat. Vous êtes au courant, là-haut ? - Oui, on l’est. Ça se prépare tout doucement, mais ce n’est pas pour tout de suite. Malheureusement, je n’ai pas le droit de t’en dire plus. - Mais enfin ! Pourquoi ?
Quelle déception... J’avais tant espéré que les anciennes Elues me donnent les réponses que j’étais venue chercher. - Parce que le Créateur ne m’y autorise pas.
- Ce que je peux te dire, en revanche, c’est que tu vas être impliquée, directement. - En tant qu’Elue ? - En tant qu’Elue et épouse de Caleb. Tu seras aux côtés de ton mari et de ta belle-sœur. - Ça m’étonnerait beaucoup... Je ne sais même pas me battre.
- Tu te défendras, Rose. Fais-moi confiance. - Tout cela me paraît tellement dingue ! - Tu sais Rose, ce n’est pas la première fois que des « méchants » veulent s’en prendre à une Elue mais là, c’est un peu plus compliqué parce que nous avons à faire à des forces surnaturelles. - C’est pour ça que le Créateur a fait appel à Caleb ?
- Oui, c’est pour cela. Dans ce combat entre le Bien et le Mal, Caleb est du côté du Bien. Il l’a toujours été et le Créateur le sait. Sais-tu ce que signifie Caleb dans la langue de notre Créateur ? - Pas du tout, non.
- Caleb signifie « orienté par son cœur ». Caleb est quelqu’un d’audacieux et de passionné, il est aussi déterminé et très autoritaire, mais ça tu le sais. Et tout cela lui servira quand il devra combattre. Sa grande confiance en lui va lui permettre de s’imposer comme élément moteur de ce combat. Caleb sera votre guide à tous. - Linette, tu me fais peur... Est-ce que je vais perdre Caleb ?
- Je ne sais pas, Rose... - Et moi qui espérais avoir des réponses... - Je suis désolée... - Je suis vraiment une Elue dans le flou... Je ne sais même pas si j’ai réussi mes objectifs.
- Il ne t’en manque que trois à réaliser sur les onze. - Trois ? Et je suppose que tu ne peux pas me dire quels ils sont. - Si. Je peux t’en donner un. Pour les autres, tu devras te faire confiance et suivre ton instinct. - Alors, c’est quoi ?
- Choisir l’objet de ta génération. - Ah... Celui-là ? J’aurais dû me douter que Linette n’aurait pas trahi la confiance du Créateur. - Suis ton instinct. Il ne t’a pas trompé jusque-là. Et suis Caleb. Il est ton guide.
Elle me prit dans ses bras. - Moi, j’ai confiance en toi. On a toutes confiance en toi. Tu feras les bons choix. - Merci Linette - Et prends soin de toi. Je sais que tu vas vivre une épreuve terrible.
- Une épreuve terrible ? - Je ne peux pas t’en dire plus mais tu t’en relèveras. N’oublie pas ce que je te dis. Tu t’en remettras, Rose.
En rentrant, j’avais sauté dans la piscine. La conversation avec Linette ne m’avait pas rassurée, bien au contraire. Il fallait que je fasse le vide dans ma tête. Je m’étais allongée sur le dos, laissant mon corps flotter... Mes pensées vagabondaient. Allais-je perdre Caleb ? Il était mon amour, mon mari, mon guide. Il serait, à en croire Linette, notre guide à tous, en première ligne. Je ne supporterais jamais de le perdre.
Bien sûr que je le sais autoritaire et déterminé, et je connais également sa grande confiance en lui-même. Mais je sais aussi que Caleb possède des valeurs familiales très fortes et qu’il a un tempérament explosif. Que se passerait-il si on s’en prenait à moi ? Je ne donnerais pas cher de la peau de mes agresseurs... Mais si ces agresseurs n’étaient pas humains ? Si eux-mêmes étaient des vampires ? Des vampires plus forts que lui ?
J’étais allée me doucher et m’habiller chaudement. La température était devenue subitement très fraîche. Et si Caleb mourait ? Que deviendrais-je sans lui ? Il était toute ma vie...
J’avais pris le deuxième tome de l’Encyclopédie vampirique dans la bibliothèque. Mais je n’arrivais pas à me concentrer. Mes pensées étaient trop lugubres...
Je décidai d’aller remettre le livre à sa place. De toute façon, mon mari n’allait pas tarder à rentrer.
Et il arriva... Il était toute ma vie... Je voulais vieillir à ses côtés... Jeune... Je voulais rester près de lui jusqu’à sa fin mais sa fin ne devait pas arriver si vite... Il m’embrassa. - Qu’y-a-t-il ma douce ? Tu as l’air songeuse...
- Je suis inquiète... A propos de ce combat dont tu m’as parlé avec Lilith... - Il ne faut pas. Nous avons d’autres chats à fouetter, ce soir. Je t’emmène dîner dehors. - Ah bon ? Mais pour quelle occasion ? - Il n’y en a pas. Juste un dîner au Maritime avec la famille. D’où les chats à fouetter. Va voir sur notre lit. Je t’ai réservé un surprise. Je t’attends dans trente minutes.
Caleb avait le don de chasser toutes mes mauvaises pensées. Il m’avait offert une robe, une de ces robes d’époque, magnifique, et qu’il adorait me voir porter. Elle ressemblait beaucoup à ma robe de mariée.
Mon mari était particulièrement beau et élégant ce soir. Qu’est-ce que je l’aime ! - Tu es splendide. Allons-y, me dit-il.
La famille était au grand complet mais je n’avais qu’une crainte : croiser mes parents.
Ils habitaient à San Myshuno et ce restaurant était un de leurs préférés... Je n’en dis mot.
Je regardai Caleb qui échangeait un regard avec Samuel. Ils chuchotèrent mais je les entendis.
Caleb se voulait rassurant mais je l’avais entendu déglutir. Il savait qu’il allait perdre ses enfants. Samuel se ressaisit.
Personne ne disait plus rien. Samuel était le digne fils de son père, celui dont on attendait la réaction aux propos d’Emmanuelle.
Le repas s’était terminé dans une bonne ambiance faite de rires et d’anecdotes en tous genres, notamment de récits pimentés sur les triplés, qui nous avaient tous détendus. Puis il fallut se dire au revoir. Caleb avait pris son fils aîné dans les bras.
Tout le monde était parti. Il ne restait qu’Elodie. Mon mari la serra contre lui. Nous étions au rez-de-chaussée...
Elodie dit vouloir se retirer, et m’embrassa pour me dire au revoir. Caleb s’était assis un peu plus loin, dans le salon du restaurant. Il m’invita à le rejoindre.
- Mon cœur, tu as été formidable ce soir ! - Vraiment mon chéri ? - Tu as soutenu chacun de mes propos. Tu es merveilleuse. - Je suis ta femme. C’est aussi mon rôle.
- Et tu l’as tenu à merveille. - Merci. - Et ça m’a mis en grande forme, si tu vois ce que je veux dire... - Oh, mais je vois très bien ! - On rentre à la maison alors ? - Mais oui.
Il était loin le temps des débuts de notre vie amoureuse. Aujourd’hui, nous étions si complices que toutes nos parties de crac-crac étaient un vrai bonheur.
Une fois que nous eûmes fini, Caleb me serra très fort dans ses bras.
Nous passions, Caleb et moi, beaucoup de moments tous les deux. Nous pouvions rester des heures à discuter mais aussi à jouer aux échecs. Et j’adorais par-dessus-tout ces regards amoureux que mon mari pouvait me lancer à n’importe quel moment. Et lorsque je le regardais, à mon tour, je savais que j’avais fait le bon choix. J’étais heureuse auprès de Caleb. Et je l’aimais plus que je ne pourrai jamais l’exprimer.
J’avais émis un jour le désir d’apprendre à jouer de l’orgue. J’admirais Caleb lorsqu’il en jouait et j’étais fascinée par les sons qui sortaient de cet instrument magique. Caleb m’en avait d’abord appris le fonctionnement puis il m’avait enseigné les rudiments pour en jouer.
Mon mari était un professeur formidable et, petit à petit, je commençais à jouer des mélodies correctes. - Voilà, c’est tout à fait ça, ma douce ! Tu es très douée.
Ce matin-là, alors que Caleb venait de partir travailler, je m’étais lancé dans la confection d’un carré d’agneau. Je l’avais rôti au herbes et comptais le congeler jusqu’au prochain repas de famille, avec les les triplés.
Faire la cuisine me détendait. Je devais tenir cela de ma chère mamie, Cassandre.
J’étais ensuite allée lire un livre au salon lorsque je me sentis mal.
Le ventre me tournait violemment, et je fus prise de nausées.
Des nausées qui se transformèrent en vomissements.
Mais que se passait-il ? Et si j’étais enceinte ? Comment Caleb le prendrait-il ? Nous n’avions jamais abordé le sujet des enfants. Et mon mari en avait déjà eu trois.
L’après-midi, les nausées avaient cessé et je me sentais beaucoup mieux. J’étais allée me prélasser dans le bain à remous. Et si Caleb ne voulait pas d’autre enfant ? Il fallait que je me vide la tête. Cette pensée morose m’avait envahie toute la journée.
Je décidai d’aller courir. Cela me ferait le plus grand bien.
Je passai devant la maison de Lilith.
Et sans savoir comment, je me retrouvai près de la maison du Comte Vladislaus Straud.
Je stoppai net. Comment avais-je pu me retrouver ici ? Je n’avais pas prévu de courir dans ce secteur.
Quelqu’un apparut sans prévenir derrière moi. Un vampire, sans nul doute possible. - Alors, c’est vous, Rose ? Je comprends pourquoi le Seigneur Vatore vous a épousée.
- Et vous êtes ? - Straud. Le Comte Vladislaus Straud. Et vous êtes sur mes terres. Partez.
G8/ Chapitre 15 - La terrible épreuve ______________________________________
J’avais couru comme une folle jusqu’à la maison, tant j’avais eu peur. Ma course effrénée avait fait réapparaître mes nausées.
Heureusement, elles ne durèrent pas. - Bonsoir ma douce.
- Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Tu es toute blanche.
Je ne pouvais jamais rien cacher à mon mari. Il me connaissait par cœur. Je lui racontai donc ma brève entrevue avec Vladislaus Straud. - Mais enfin ! Pourquoi es-tu allée courir là-bas ? - Je n’en sais rien moi-même. Je courais, j’étais perdue dans mes pensées. et lorsque je me suis retrouvée là-bas, c’était trop tard.
- C’est de la pure folie ! Ce type est un fou dangereux ! - Caleb, il m’a juste signifié que j’étais sur ses terres et m’a demandé de partir, c’est tout.
- Quand je pense à ce qu’il aurait pu te faire ! Ça me rend dingue ! Je n’avais jamais vu Caleb dans cet état. - Il ne m’a rien fait, mon amour. Regarde-moi, je vais bien.
Caleb s’était alors levé. - Je veux que tu me promettes de ne plus jamais aller là-bas, c’est d’accord ? - Bien sûr que c’est d’accord. J’ai eu la trouille de ma vie.
- Tu as eu beaucoup de chance. C’est un malade sanguinaire. Je pense qu’il avait envie d’être tranquille, sinon il ne t’aurait pas chassée. - Sûrement. Mais j’ai plus important à te dire. Je crois que je suis enceinte.
- Tu es enceinte, ma douce ? - Je n’en suis pas encore sûre mais j’ai tous les symptômes.
Je réalisai alors que mon mari n’était ni fâché, ni contrarié. Et le ton de sa voix était d’une douceur enveloppante. - Tu ne m’en veux pas alors ?
- T’en vouloir ? Mais pourquoi ? Je suis heureux, Rose. Très heureux. Cela fait tellement longtemps que j’attends que tu m’annonces une telle nouvelle. - Et moi qui pensais que tu ne serais peut-être pas content. Je me sens complètement ridicule. - Dis-moi, pourquoi as-tu pensé que j’aurais pu ne pas être content ?
- Tu as déjà eu trois enfants. Alors je me suis dit que, peut-être, tu n’aurais pas envie de remettre ça.
- De remettre ça ? Tu aurais plutôt dû imaginer qu’avoir un enfant de la seule femme que je n’ai jamais aimé, ne pouvait que me combler de joie. - C’est vrai. Je suis désolée.
- Je pensais que tu me connaissais un peu mieux que ça, Rose... - Justement... Tes réactions sont tellement imprévisibles parfois...
- Tu n’as pas tort. Maintenant, il va falloir faire un test de grossesse. - Je n’en ai pas. - Je vais aller t’en acheter un. Et j’espère de tout cœur qu’il sera positif. - Moi aussi.
- Rose, je suis vraiment très heureux, tu sais. - Oui, je le vois bien.
Le test s’était révélé positif. Trois mois s’étaient écoulés et mon ventre commençait à s’arrondir. - Où étais-tu ?
- A l’Eruption solaire. Nous buvions un verre entre filles, Lilith, Elodie, Emmanuelle et moi. - Pas d’alcool, j’espère ? - Evidemment que non !
- Suis-je bête, je m’inquiète pour rien. Je sais que tu prends soin de toi et du bébé.
- Et tu es de plus en plus belle chaque jour. - Je me sens mieux depuis que les nausées ont cessé.
- Qu’est-ce que j’ai hâte de voir notre bébé pointer le bout de son nez. - Caleb, tu es trop mignon...
- Mais tu vas devoir attendre six mois encore. Ce n’est pas pour maintenant. - Je vais devoir apprendre à être patient, alors.
Ce soir-là, Caleb jouait de l’orgue alors que je lisais près de lui...
...lorsque Lilith fit irruption dans la pièce. - Caleb... Je dois te parler...
Caleb s’était arrêté net. Lilith n’avait plus prononcé un mot mais Caleb savait ce qu’elle venait lui dire.
Devant la détresse de mon mari, je compris tout de suite. Il venait de perdre ses trois enfants.
Nous savions tous que cela arriverait un jour mais cela ne préparait pas un père à survivre à ses trois enfants.
L’enterrement avait été très éprouvant.
Emmanuelle et moi nous étions éloignées pour laisser Caleb et sa sœur ensemble.
Lilith avait fondu en larmes.
Mais Lilith n’en était pas convaincue. Elle vint me parler ensuite. - Rose, Caleb va très mal. Je ressens sa souffrance. Il va falloir que tu le soutiennes pour ne pas qu’il sombre. - Compte sur moi, Lilith.
Caleb s’isola souvent. Sa douleur était immense et ne s’atténuait pas avec le temps. Je pense qu’il s’écartait de moi pour ne pas que je vois ce qu’il imaginait être une faiblesse, sa tristesse.
Peut-être avait-il entendu mes supplications car quelques jours plus tard, il accepta une promenade à Oasis Spring. - Le printemps est toujours plus évident ici que dans la vallée oubliée, me dit-il.
- C’est vrai. Forgotten Hollow est vraiment sombre parfois. Mais je m’y suis habituée. - J’en suis heureux. Est-ce que tu es heureuse avec moi, Rose ?
- Bien sûr, mon amour. Mais je m’inquiète beaucoup pour toi en ce moment. - Tu ne devrais pas. Je vais bien. Et puis, c’est mauvais pour le bébé.
- Et comment veux-tu que je fasse autrement ? - Détends-toi, fais ce que tu aimes faire. Moi je vais de mieux en mieux.
- Mais tu as encore tellement de peine. - La peine, ça va et ça vient... Et cette peine-là, je l’aurais pour l’éternité. Cela ne m’empêche pas de t’aimer, ma douce.
- J’aimerais tellement faire quelque chose... - Oh mais tu le fais déjà. Tu es là, Rose. Tu es là.
Cette nuit-là, je dormais profondément lorsque j’entendis une voix m’appeler.
Ce n’était pas Caleb puisqu’il était en train de dormir...
Je descendis l’escalier...
La voix m’appelait au dehors. Je sentis le froid me saisir.
Je voulais rentrer, retrouver mon lit, mon mari...
Mais je n’y arrivais pas... Comme si mon corps ne m’obéissait plus...
J’approchais dangereusement du manoir Straud.
J’avais promis à Caleb de ne plus revenir ici... Je devais absolument faire demi-tour et rentrer. Rentrer...
Mais j’avais beau faire, je ne contrôlais plus mon corps. Je montais les quelques marches qui menaient à la porte d’entrée du manoir... J’avais froid... J’avais peur...
La porte s’ouvrit en grand... Il était là ! Il fallait que je parte. Tout de suite.
La porte s’était refermée d’un coup sec derrière moi. J’étais paralysée...
Je regardai autour de moi tout en m’avançant vers lui. Mais pourquoi avançais-je ? Je n’en avais pas envie...
J’aurais voulu lui demander pourquoi j’étais là mais aucun son ne sortait de ma bouche.
« Non, pitié... Laissez-moi tranquille... »
Je m’étais ensuite retrouvée dehors, sous la pluie, avec une douleur au ventre... J’étais devant chez moi, frigorifiée... et je savais que j’avais perdu le bébé... Il n’était plus là.
Je me mis à pleurer. Qu’est-ce que je faisais ici, dehors, sous la pluie ?
J’entendis alors la voix douce de Caleb.
Je pleurais sans pouvoir m’arrêter. Je sentis sa main caresser mes cheveux.
Caleb m’avait portée à l’intérieur.
La dernière chose dont je me souvienne est du regard de Caleb, désemparé, incrédule. Il souffrait encore tellement. J’étais ensuite tombée dans un état semi-conscient.
A suivre... 😊
Crédits Poses et CC pour ce chapitre :
Caleb et Rose sur le canapé : ONLINDA Caleb sur la clôture : ONLINDA Caleb et Rose en promenade à Oasis Spring : FLOWER CHAMBER Rose seule, puis avec Caleb sous la gargouille, de retour de chez Vlad : FLOWER CHAMBER Caleb qui porte Rose : BEXOSIMS
Caleb m’avait fait prendre un bain puis m’avait enfilé un peignoir et des chaussettes. Il parlait à voix haute : - Je saurai ce qui s’est passé, Rose, je te le promets. Tôt ou tard, je découvrirai la vérité.
- Caleb... - Je suis là, ma douce... - Je me sens mal...
- Je sais... Repose-toi maintenant. Il faut que tu dormes. Le sommeil est le meilleur des remèdes.
- Où vas-tu ? - Je ne suis pas loin, ne t’en fais pas. Je reste tout près de toi.
Caleb avait dû s’installer à son bureau. J’entendais ses doigts courir frénétiquement sur les touches de l’ordinateur. Le sommeil finit par me gagner...
Lorsque je me réveillai, je descendis directement à la cuisine. Je reconnus alors les voix de Lilith et d’Emmanuelle. Je décidai de rester au pied des escaliers. Ça
J’étais allée me réfugier dans cette pièce que Caleb m’avait réservée dès le début de notre mariage et que je n’avais encore jamais utilisée. Au moins, j’y étais entourée de ma famille.
Tatie Morgane, Mamie, et même Papa... Ils étaient tous là pour m’apporter un réconfort silencieux.
Je n’aurai jamais d’enfant... Jamais je ne donnerai cette joie à Caleb, lui qui était si heureux de la venue de notre futur bébé...
Il avait frappé à la porte, m’avait regardé et demandé d’ouvrir. Son regard était lourd de tristesse et de haine. Je fis « non » de la tête. Je savais qu’il ne rentrerait pas sans mon accord. Il me l’avait promis, il y a bien longtemps...
Cela faisait maintenant trois semaines que j’avais perdu le bébé. Je m’étais exilée dans la chambre d’amis pour dormir, et je passais mes journées dans mon refuge, triste et désespérée.
Je ne comprenais pas... J’avais beau essayé de me rappeler, il manquait quelque chose à mon histoire. Je me souvenais m’être réveillée au milieu de la nuit. Je n’avais pas mal au ventre. Caleb dormait. J’avais descendu l’escalier.
Et ensuite... J’étais dehors. Il pleuvait, j’avais froid et je n’avais plus de bébé... Je me souviens m’être assise sur le socle d’une de nos gargouilles. Que s’était-il passé entre mon réveil dans la chambre et cet instant-là ?
J’en étais là de mes réflexions lorsque Caleb vint m’apporter mon repas, comme il le faisait chaque jour. - Rose, ouvre-moi s’il te plait. - Caleb, je crois que tu as raison. Il s’est forcément passé quelque chose cette nuit-là.
- Ouvre-moi. S’il te plait... On va en parler. - Bientôt, je te le promets.
Je n’étais pas encore prête à lui ouvrir. Il fallait que je mette en place les pièces du puzzle, avant. Deux jours plus tard, de nouvelles sensations à propos de cette nuit dramatique m’étaient revenues en mémoire. Je ne pouvais pas bouger et j’avais peur, très peur... Je n’étais pas seule. Mais je n’arrivais pas à savoir où j’étais ni avec qui. Quelqu’un s’en prenait à mon bébé...
J’en étais maintenant persuadée... La colère m’envahit. Je me mis alors à hurler.
Je me relevai, essuyant mes larmes de rage. Je ne voulais pas que Caleb me voit ainsi.
Je sortis de ma tanière le lendemain. Caleb était dans le jardin.
Je décidai d’ignorer son ton autoritaire. Et lorsqu’il voulut m’embrasser, je le repoussai...
Caleb m’avait alors embrassée...
...puis nous étions montés dans notre chambre pour une parenthèse agréable et salutaire.
Après notre partie de crac-crac, Caleb me laissa dormir un peu car je me sentais très fatiguée.
Lorsque je me réveillai, je me sentais encore patraque. La tête me tournait. Je décidai alors qu’un bon bain chaud me ferait du bien.
Mais au sortir de la salle de bain, je n’étais guère mieux. J’entendais les pas de Caleb dans l’escalier...
J’avais de la fièvre... Qu’allait-il penser ? J’avais encore un pet de travers... Je me sentais vraiment très mal.
[Point de vue de Caleb]
En arrivant dans la chambre, je vis Rose porter la main à son front. Elle n’avait pas l’air bien. - Ça va, ma douce ?
Je voyais bien qu’elle s’efforçait de donner le change. - Oui. Un peu de fièvre, ça va passer.
Mais je ne l’entendais pas de cette oreille. Elle était livide et je voyais bien que quelque chose n’allait pas. - Retourne t’allonger. Tu es blanche comme un linge. - Caleb, je...
Et elle s’écroula. J’eus juste le temps de la rattraper avant qu’elle n’atteigne le sol. - Ma douce... Reste avec moi je t’en prie.
Elle ne répondait plus...
Ma femme, mon amour. Je n’entendais presque plus les battements de son cœur. Et elle était brûlante.
Nous n’en avions pas fini avec la mystérieuse agression de Rose. La colère montait en moi. - Ils ne resteront pas impunis. Je ne sais pas encore qui ils sont, mais je le saurai, je te le jure. La peur m’envahissait aussi. - Mais ne me laisse pas... Ne me laisse pas, Rose... Je t’emmène à l’hôpital. Ils sauront quoi faire.
A suivre... 🙂
Crédits Poses :
Caleb portant Rose : BEXOSIMS Rose allongée sur le lit avec et sans Caleb : RETHDIS-LOVE Caleb serrant Rose dans ses bras, dans la cuisine : LEALAI Rose sur la chaise, dans son refuge : KATVERSE Rose accroupie, puis à genoux dans son refuge : NATALIA AUDITORE Rose debout dans son refuge : JOHANNE BERNICE Rose et Caleb, dans le jardin : ONLINDA Rose, la main sur le front, dans la chambre : AKUYUMI Caleb portant Rose : NATALIA AUDITORE
A l’hôpital, Rose avait subi une batterie d’examens. Elle ne revint dans sa chambre que tard dans la soirée. Ils lui avaient attaché les cheveux et ôté tout maquillage.
Elle me rappelait l’adolescente qu’elle avait, jadis été, et qui avait ravi mon cœur pour l’éternité. Elle était si innocente à l’époque, si loin de mon existence macabre, ignorant jusqu’à l’existence des vampires... Elle avait vu de moi les pires facettes et pourtant, elle était toujours auprès de moi, me soutenant et m’aimant... Ma douce Rose... Qu’avais-je fait de toi ? Était-ce de ma faute ?
Je passais mes journées au chevet de ma femme qui ne semblait pas vouloir se réveiller... Cela faisait trois jours et je n’avais pas encore réussi à voir le médecin, et les infirmiers refusaient de se prononcer sur le cas de Rose, car ce n’était pas à eux de le faire. Mais j’avais bien vu que les regards qu’ils me destinaient étaient compatissants.
La peur s’insinuait en moi. La peur. Il y avait bien longtemps que je n’en avais pas ressenti ses effets... La peur... - Rose, je suis là. Reste avec moi, mon cœur. Il fallait que je vois le médecin qui s’était occupé de Rose. Maintenant. - Je reviens, ma chère. Je ne t’abandonne pas. Je vais voir ton médecin.
J’avais fait un tel scandale auprès de l’infirmier qui tenait la réception de l’étage qu’il finit par faire appeler le médecin en question, en lui disant que cela ne pouvait pas attendre. - Docteur Salvador Porter. Que puis-je faire pour vous Monsieur Vatore. - C’est vous qui avez opéré ma femme ?
- Oui... Une bien triste histoire. Je tombais des nues. - Comment ça, triste ?
Mes jambes se dérobaient sous le poids de mon corps mais j’essayais de garder la face et un ton calme. Il ne manquerait plus que j’étripe ce blanc-bec. - Cela fait trois jours qu’elle a été opérée et personne ne m’a rien dit. Vous trouvez ça normal ? - Non, bien sûr que non. Il y a certainement eu un dysfonctionnement au sein du service.
Il fallait que je garde le contrôle... - A n’en pas douter, oui. - Monsieur Vatore... Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir...
Je tremblais... J’avais envie de lui ôter ce petit sourire suffisant pour toujours... - Qu’êtes-vous en train de me dire, docteur ? Que tout ce qui était en votre pouvoir n’a pas suffi ?
- Elle a fait une hémorragie interne, Monsieur Vatore. Et d’après son dossier médical, c’est la deuxième en moins d’un mois. - Une récidive ? - Une récidive ou autre chose... Si votre femme s’en remet, nous aurons de la chance... Et nous prierons pour que vous la traitiez mieux. - Mais qu’êtes-vous en train d’insinuer exactement ?
- Je n’insinue rien. Je constate les faits. Et votre femme est en train de mourir... - De mourir ?...
Il m’avait alors tourné le dos. J’aurais voulu le tuer... Un humain... Pardonnez-moi, Créateur... Je le regardai partir... Rose allait mourir...
J’étais anéanti... Je ne le supporterais pas... Il fallait que je prévienne sa famille... Léandre... Son père... J’avais encore son numéro sur moi, je le sais... Je ne l’ai jamais supprimé... Il devait savoir...
Il y eut un « blanc » ...
Léandre était venu le lendemain, à la première heure des visites. Il avait pris un sacré coup de vieux. - Mon Dieu... Rose... Ma petite fille... - Elle est comme ça depuis quatre jours...
- Mais qu’est-ce que tu lui as fait ? - Je ne lui ai rien fait. Je l’aime ! Je suis en train de perdre ma femme ! - Tu as épousé Rose ? - Oui. Elle est toute ma vie ! - Lorsque nous avons quitté Windenburg, elle nous avait assuré qu’elle ne te voyait plus...
- L’amour est plus fort que tout Léandre. Tu devrais le savoir. - Ne compare pas ton histoire avec la mienne. Rose est peut-être ta femme mais regarde dans quel état elle est ! - Et tu crois que c’est moi qui en suis responsable, Léandre ? Tu crois qu’elle est là à cause de moi, c’est ça ? - Oui, j’en suis persuadé. - Cela fait maintenant huit ans que Rose et moi sommes mariés... - Huit ans ? Tu n’as pas perdu de temps après notre départ... - Non. Nous nous aimions. Pourquoi attendre ?
- T’es-tu regardé Caleb ? - Tu ne vieillis pas. Tu es toujours le même. Crois-tu que Rose restera belle et fraîche comme toi ? - Non. Et peu m’importe... Je l’aime. Son âge ne compte pas.
- Et elle ? Est-ce qu’elle t’aime ? - Bien sûr. Elle m’aime de tout son être.
- Elle te l’a dit ou tu te l’imagines ? - Elle me l’a dit et me l’a montré à maintes reprises. Je n’ai aucun doute là-dessus.
- Tu as l’air tellement sûr de toi... C’est exaspérant. - Léandre... Rose va mourir... Ne pourrions-nous pas faire une trêve ? - Tu veux une trêve, Caleb ? - J’ai besoin de me trouver auprès de Rose...
Léandre acquiesça et je me rassis à côté de Rose, ma Rose... Et quoiqu’en pensait Léandre, je l’aimais plus que ma vie... Je mourrais pour elle...
Le lendemain, Léandre était revenu avec sa femme et sa sœur.
Le surlendemain, les « men in black » rendaient visite à ma femme... Je revenais de ma dernière journée de travail. Je venais de prendre un congé exceptionnel illimité. Eux aussi rentraient apparemment du travail... Je nommais les frères Quellec : Yann, le plus dangereux et Gildas, son frère cadet. Les Protecteurs.
Yann ne s’encombra pas de préliminaires pour me dire ce qu’il savait. Ce gars-là me plut d’emblée.
Je m’étais levé pour aller à sa rencontre. J’étais tellement heureux de la voir debout...
Yann avait alors pris sa nièce contre lui.
Et Gildas aussi.
J’étais retourné m’asseoir auprès de Rose. Elle s’était rendormie dans ce sommeil qui ressemblait à un long coma. Je devais faire quelque chose. Elle avait réussi à se lever. Elle avait donc encore quelques forces... Tout n’était peut-être pas perdu.
J’avais cherché le docteur Porter dans tous les couloirs de l’hôpital et avais fini par le trouver. - Vous m’avez annoncé il y a plusieurs jours que ma femme allait mourir. Alors comment expliquez-vous qu’elle se soit levée tout à l’heure ? - Elle est sortie de son coma ? - Pendant une dizaine de minutes, oui. Mais elle y est replongée... - Dans ce cas, il faut attendre qu’elle se réveille nouveau.
- Vous plaisantez ? Et ça va prendre combien de temps ? - Ça, je n’en sais rien. Demain, j’irai voir ma consœur, le docteur Mülter. Elle est spécialisée dans les cas difficiles.
- Pourquoi demain ? chaque seconde compte. - Parce que j’ai une vie après l’hôpital, Monsieur Vatore. Je rentre chez moi.
Je ne sais pas comment je fis car, à ses mots, mon sang de vampire ne fit qu’un tour, mais je réussis à ne pas étriper vivant ce jeune blanc-bec imbu de lui-même... Ce type ne respectait absolument pas le serment d’Hippocrate, n’en avait rien à faire des ses patients, pas plus que de leurs familles. Depuis quand n’était-il pas venu voir Rose ? C’était scandaleux. - Vous plaisantez ? - Pas du tout. Maintenant, libre à vous d’aller chercher le docteur Mülter. Elle est connue pour travailler tard.
J’étais donc reparti à l’étage pour voir le réceptionniste. Il pourrait peut-être me renseigner. - Le docteur Mülter ? Et pourquoi voulez-vous la voir ? - C’est le docteur Porter qui m’envoie. - Il ne m’a rien dit. - Il vient de rentrer chez lui. Il m’a dit que vous me renseigneriez. - Très bien. Mais il aurait dû vous orienter vers ma collègue de l’accueil. Je n’ai pas le planning du docteur Mülter. - Merci. J’y vais.
En arrivant à l’accueil, je sus toute suite que cette petite blonde était une vampire. Elle avait ce sifflement bien particulier, le même que Lilith... Je renouvelai ma demande. - Il est tard. Je ne suis pas sûre que le docteur Mülter souhaite être dérangée à cette heure-là. - Je vous en prie. C’est très important. - Vous dites que c’est le docteur Porteur qui vous envoie ? - Oui. - Très bien, montez. Elle est dans l’aile deux. Vous y accèderez directement par l’ascenseur extérieur. - Merci, Mademoiselle.
Le docteur m’attendait. La jeune infirmière l’avait prévenue de mon arrivée. Elle était aimable et souriante. Elle aussi était un vampire. - J’ai suivi le cas de votre femme de loin, Monsieur Vatore. Et je suis heureuse que vous soyez venu me voir. - Vous pouvez faire quelque chose ?
- Oui, j’ai ma petite idée pour la sauver, pas très orthodoxe mais ça peut marcher. - Dieu soit Loué ! - Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je sais que vous êtes un vampire et vous savez que j’en suis un. Si vous voulez sauver votre femme, il va falloir que vous répondiez honnêtement à mes questions. - Je répondrai à toutes les questions que vous voulez.
- Tout d’abord, dites-moi si votre femme vous donne son plasma. - Oui, bien sûr. - D’accord. Alors j’ai besoin de savoir avec précision quand elle vous a nourri la dernière fois. - Il y a quatre mois, je dirais... Nous avons tout arrêté lorsqu’elle est tombée enceinte. Trois mois plus tard, elle a perdu le bébé, et cela fait maintenant un mois qu’elle est faible. Donc, oui. Quatre mois.
- C’est parfait, on est bon ! Je vous explique. Je devais m’assurer que vous ne vous étiez pas nourri sur elle ces derniers jours car je vais vous prendre du plasma, à vous, pour la transfuser. Comme cela fait quatre mois, il n’y a aucun risque de la transformer en vampire. - Mon plasma peut la soigner ?
- Oui. C’est notre plasma de vampire qui a les propriétés de nous guérir si vite. Il va m’en falloir une grande quantité. - Prenez tout ce dont vous aurez besoin. - Nous allons passer à côté, dans mon cabinet. Je prendrai votre plasma. Ensuite, je pense qu’il vous faudra deux à trois heures pour vous remettre. Lorsque ce sera le cas, vous pourrez vous nourrir de plasma bien chaud. J’en ai une réserve dans mon placard. Vous n’aurez qu’à vous servir. Je pense que vous en avez besoin. - Oh, ça oui ! Vous tombez à pic !
- Pendant ce temps, je filtrerai votre plasma et le passerai à la centrifugeuse. Tout sera prêt dans dix-sept heures. Je commencerai l’opération, puis la transfusion de votre épouse à seize heures demain. - Je ne sais pas comment vous remercier. - Vous me remercierez plus tard. Vous êtes prêt à y aller ? - Oui. Faites ce que vous avez à faire.
Le docteur Shelby Mülter était ponctuelle. L’opération avait commencé à seize heures comme prévu. Les parents de Rose, son oncle Yann et sa tante Morgane étaient venus nous rejoindre Lilith et moi, dans la salle d’attente du bloc opératoire. A vingt-trois heures, nous attendions toujours.
Bien sûr, je n’avais pas informé ce petit monde du déroulé exact de l’intervention.
A trois heures, nous attendions encore.
A six heures, le soleil s’était levé. La nuit avait été effectivement très longue. Il me fallait un remontant. Un peu de caféine me ferait du bien et j’avais besoin de prendre l’air. Je repensais à la nuit précédente. Le docteur Mülter, qui m’avait proposé de l’appeler Shelby, m’avait invité à partager sa réserve personnelle de sang frais. Elle dormait très peu et m’avait expliqué qu’elle restait travailler tard pour s’assurer d’avoir toujours une réserve de ce sang. Elle non plus ne voulait pas s’attaquer à des humains. Alors, elle récupérait le sang sur des personnes juste décédées et le conservait dans son placard, qui était en réalité une cellule de maintien au chaud qu’elle avait réglé sur 37 degrés. Le placard fermait avec un cadenas à six chiffres dont elle m’avait donné le code.
Elle m’avait dit de venir me servir quand je voulais car Rose ne pourrait pas me nourrir à nouveau tout de suite. Son offre était inespérée et je l’avais acceptée immédiatement. Léandre était venu me rejoindre dans le jardin.
Crédits :
Les docteurs Salvador Porter et Shelby Multer, ainsi que les deux réceptionnistes/infirmiers (appelés Fairbrooks pour l'homme, et Dominique Goodman pour la femme) sont des sims de Ivelle_Creates L'hôpital d'Oasis Spring est une création de Thdusssyy. Je l'ai un peu modifiée pour les besoins de l'histoire mais vraiment très peu.
G8/ Chapitre 18 - In vino veritas _________________________________
Shelby était sortie du bloc opératoire peu de temps après que nous soyons revenus à l’étage, Léandre et moi.
Je me retrouvais seul à nouveau dans cette chambre avec Rose. Mais aujourd’hui, elle dormait paisiblement. Son visage était serein.
J’avais l’impression qu’une éternité s’était écoulée depuis cette fameuse nuit où je l’avais retrouvée, dans son déshabillé bleu, devant chez nous...
Une éternité... Et pourtant, c’était hier... J’avais failli la perdre. Les coupables ne resteront pas impunis, je m’en fis la promesse. Je m’en occuperai moi-même.
[Point de vue de Rose]
Lorsque je m’étais réveillée, je m’étais retrouvée face à Shelby (elle m’avait demandé de l’appeler ainsi), le docteur qui m’avait opérée, la deuxième fois. Je lui avais demandé où était Caleb, et elle m’avait dit l’avoir envoyé prendre une douche, et manger un peu. Elle m’expliqua que Caleb était toujours resté à mon chevet, que j’avais beaucoup de chance d’avoir un mari qui m’aimait autant. Elle m’apprit que Caleb avait remué ciel et terre pour me sauver, allant jusqu’à me donner cinq litres de son plasma pour me remettre sur pied. Elle me fit alors un compte-rendu détaillé de l’intervention que j’avais subie pour me proposer d’aller ensuite prendre l’air dans le jardin de l’hôpital. - On n’est pas bien, ici, au soleil ? me demanda-t-elle. - Si. Alors, vous êtes un vampire ? Elle sourit : - Ça vous dérange ? - Non. Je vous remercie de m’avoir sauvée, Shelby.
- Vous n’avez pas à me remercier. Je n’ai fait que mon travail. - Et quelle est votre idée sur la perte de mon bébé ? - C’est l’œuvre d’un vampire, j’en suis sûre. Heureusement, le plasma de votre mari va permettre de tout régénérer. - Vous voulez dire que je pourrai à nouveau tomber enceinte ?
- Oui. Vous pourrez enfanter, Rose. - Oh, mon Dieu... J’avais du mal à croire ce que j’entendais. C’était inespéré.
Shelby s’était retirée avec l’arrivée de Caleb.
Caleb m’avait embrassée et je sentis dans son baiser toute la peur qu’il avait eue de me perdre...
Le jour de ma sortie, cinq jours après, Caleb était venu me chercher. Il m’annonça que ma famille attendait dans le couloir pour me voir. - C’est pas vrai... - Ils étaient déjà là quand je suis arrivé. Je n’ai pas pu faire grand-chose.
- Mais qu’est-ce que je vais leur dire ? Ça fait des années que nous ne nous sommes vus... - Tu as déjà vu tes deux oncles, Yann et Gildas, lorsque tu t’es levée entre deux comas. Tu ne te rappelles pas ? - Non... Je ne me souviens même pas m’être réveillée... - Eh bien, ça s’était très bien passé.
- Ils doivent tous m’en vouloir à mort. - Mais non. Ils sont surtout heureux de te savoir en vie. On a tous cru que tu allais mourir. - J’aimerais rentrer tout de suite à la maison. - Après les avoir vus, d’accord ? - Tu vas rester près de moi ? - Bien sûr. Je ne te quitterai pas des yeux.
Caleb me tint par la main et m’accompagna en dehors de la chambre. Et je la vis tout de suite... Tatie Morgane... S’il y a une personne dont je savais qu’elle avait souffert de mon absence, c’était elle.
Mais il était trop tard.
Les voir tous là me bouleversait. Je lâchai la main de mon mari et m’avançai vers eux d’un pas, que j’espérais, assuré. Je n’entendais qu’elle... Mais Papa prit la parole.
Mais je ne voyais qu’elle, je n’entendais qu’elle. Je voulais qu’elle me serre fort. Elle m’en voulait.
Puis elle me prit dans ses bras. Ma tatie... J’avais oublié à quel point je l’aimais...
Puis Gildas m’avait lui aussi prit dans ses bras...
Puis Papa était venu me parler...
Et Maman m’avait enlacée.
Il fallait que je prenne l’air... L’atmosphère me pesait. J’avais repéré Tonton Yann et mon cousin Maxime qui discutaient dehors.
Tonton était extraordinaire. Il se comportait comme si nous nous étions vus la semaine dernière. Pourtant, j’entendis son souffle profond lorsqu’il me serra contre lui, il était soulagé.
J’étais vraiment heureuse de retrouver mon chez moi. Lilith nous attendait. - Alors, comment ça va, sœurette ? - Mieux maintenant que je suis ici. - Je vous propose d’aller vous changer. Je finalise le dîner. Emmanuelle va nous rejoindre. - Super ! Je vais prendre une douche, alors.
Mon mari embrassa ma main, comme il le faisait parfois, un geste hérité de ses ancêtres, et que j’adorais.
Mon mari était devenu très romantique soudain.
Caleb m’embrassa tendrement.
Mais au lieu de profiter l’un de l’autre, il avait fallu descendre à la cuisine rejoindre Lilith et Emmanuelle.
Caleb me prit dans ses bras.
Le sommeil tardait à venir. Je tournais et virais dans mon lit lorsque je décidai d’aller chercher un livre dans la bibliothèque. Caleb et Lilith étaient au bar, en pleine discussion, sur moi. Ils ne m’avaient pas vue. - Je ne supporterai pas de la perdre. - Je crois que tu as trop bu, frérot... C’est notre quatrième verre de Plasma Mary.
- Et alors ? En quoi, ça te dérange ? - Ça ne me dérange pas. C’est juste qu’en général, c’est dans ces moments-là que tu t’épanches. Alors, je préfère te prévenir. Je sais que tu n’aimes pas t’épancher.
- Aujourd’hui, j’en ai besoin. Et ce ne sont pas quatre verres qui vont me retourner la cervelle. J’ai cru qu’elle allait mourir, Lilith, tu comprends ? - Bien sûr que je comprends. Tu sais que je comprends.
J’avais décidé de m’éloigner. Je ne voulais pas qu’ils me voient mais je voulais savoir... - Alors tu sais que je ne supporterais pas de vivre sans elle. C’est au-dessus de mes forces. - Pourtant, ça arrivera un jour... Elle est humaine, Caleb, tout comme l’était mon mari, mon amour.
Je m’étais assise pour écouter. Je savais que ce n’était pas bien d’espionner. On nous l’apprend depuis notre plus tendre enfance. Mais l’envie de savoir était la plus forte. - Je m’en suis remise. Enfin, si j’ose dire ça comme ça car il me manque toujours et je le pleure encore. Mais toi, Caleb... Rose est ta faiblesse, tu le sais ?
- Malheureusement oui. J’en suis parfaitement conscient. Mais c’est ainsi. - Et si tu la transformais ?
- Mais tu es complètement cinglée ! Tu sais bien ce que nous coûte la vie éternelle ! - Oui, je le sais. Et je sais aussi que tu l’avais refusée à Samuel quand il te l’a demandé. - Justement. Alors tu oublies ça. - Si tu avais accepté, Samuel serait encore avec toi, à l’heure qu’il est.
- Lilith... Tu ne peux pas me reprocher ce que toi-même, tu n’as pas fait. Ton mari aussi te l’a demandé... - Oui. Et cela fait des années que je regrette ma décision. Tu vois, Caleb. Il y avait bien longtemps que je n’avais pas ressenti autant d’amour pour quelqu’un qui ne soit pas de notre famille... Je considère Rose comme ma sœur. Alors j’aimerais qu’elle reste avec nous.
- Je t’ai dit d’oublier. On ne touche pas à l’humanité de Rose. - D’accord, j’oublie. Mais ne me regarde pas comme ça. On dirait que tu vas me mordre...
- Tu sais, Lilith... Le pire, c’est que j’aime bien cette idée... - Quelle idée, Caleb ? - Que Rose reste près de moi pour l’éternité... Je caresse cette idée, mais c’est celle d’un égoïste. - Absolument pas. Tu l’aimes. Ce n’est pas de l’égoïsme. C’est de l’amour.
Non, Caleb n’était pas égoïste. Plus j’y pensais et plus je voulais rester à jamais près de lui... - Lilith, je suis heureux que tu sois à mes côtés. Tu es pleine de bon sens. - Je te connais, Caleb. Par cœur. Et je t’aime aussi.
- Alors, raconte-moi. Comme ça, tu reprends goût à la nourriture humaine ? - Assurément. Mais pas plus d’une fois par jour pour le moment. Shelby est très stricte là-dessus. Son traitement est progressif. - Et tu pourras normalement refaire trois repas par jour dans le futur ? - Oui, elle me l’a assuré.
- Et pour ton intolérance au soleil ? Qu’a-t-elle dit ? - Malheureusement, cela se traite comme une allergie. Il faut que je m’expose au soleil un petit peu plus chaque jour. Mais Rose n’étant pas là pour me booster, je t’avoue que j’aie un peu laissé tomber. - Rose est revenue. Je suis sûre qu’elle se fera un plaisir de t’aider. - Bien sûr, je le sais. Rose est ma sœur, Caleb.
Bien sûr que j’allais continuer à l’aider. Lilith était ma sœur. Elle venait de le dire et je ressentais la même chose. Je ne l’abandonnerai pas. Je l’aimais, ma grande sœur. - Te rappelles-tu que le Créateur a parlé de deux vampires qui allaient nous aider dans ce fameux combat ? Est-ce que tu crois que Shelby pourrait être l’un des deux ? - Je n’en serais pas étonnée. Elle est du côté du Bien. Il ne nous manquerait plus qu’un vampire dans ce cas...
- Oui. Mais cela voudrait dire que le combat se rapproche... - Pas sûr. Nous ne savons même pas encore contre qui nous allons nous battre, ni pourquoi. - Et les « men in black », tu en penses quoi ? - Les « men in black » ?? C’est qui, ça ?
- Les oncles de Rose. Je les ai surnommés ainsi le jour où ils sont arrivés à l’hôpital dans le même costume noir d’agent secret. Ce sont les Protecteurs de l’Elue. - Mais pourquoi veux-tu savoir ce que j’en pense ? - Parce qu’ils vont se joindre à nous pour le combat. - C’est du délire ! Ils ne pourront pas combattre des vampires. Ils sont humains.
- Yann m’a assuré le contraire. Et je le crois. Ils ont peut-être des pouvoirs de protecteur qu’on ignore. - Je me demande bien quels pouvoirs ils pourraient avoir...
- Alors, tu en penses quoi ? - Je ne les connais pas plus que ça, mais je crois que toute aide sera la bienvenue.
- On est d’accord. Et ces types sont sérieux. Je pense aussi qu’ils en savent plus qu’ils ne le disent. - Comme quoi par exemple ? - Je n’en sais fichtrement rien ! Mais Yann et moi avons convenu de nous revoir pour parler sérieusement. J’espère qu’il m’en dira plus. - Tu crois qu’il pourrait savoir qui s’en est pris à Rose ?
- J’en doute mais si c’était le cas, je pourrais au moins aller régler son compte au coupable. - Attention, si ce sont des humains, tu ne pourras pas faire n’importe quoi. - Tu veux quand même pas que je laisse ce crime impuni ? - Surtout pas, non. Je te dis juste de faire attention à ce que tu vas faire. Tu pourrais te retrouver en prison.
- Tu m’as prix pour un novice, Lilith ? Tu as déjà oublié comment j’effaçais nos traces ? - C’est vrai que tu étais très doué. Mais c’était il y a presque mille ans... - Ça ne s’oublie pas. Et en plus, de nos jours, il y a des techniques modernes. - Il y a aussi des techniques modernes pour retrouver un coupable. Bon, je crois que je vais rentrer Caleb.
Il fallait que je m’éclipse... Il était temps pour moi de remonter dans la chambre. - Merci d’être resté un peu avec moi. Cela m’a fait du bien de discuter. J’en avais besoin. - A ton service.
- Et fais attention en traversant la rue, hein ? On a bu pas mal de plasma mary.
- T’en fais pas gros bêta, je devrais y arriver.
A suivre... 😊
Crédits poses :
Caleb portant Rose : BEXOSIMS Rose et Caleb dans la cour de l'hôpital : LEALLAI Rose et Caleb, dansant dans la chambre : KATVERSE
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