En Mai 2021, je me lançais dans un nouveau challenge, celui de @EpsiPlayCOMME A LA FERMEet comme j'adore écrire, j'en ai fait une histoire.
Pour remettre les choses dans leur contexte, il faut savoir que "Vie à la campagne" n'était pas encore sorti lorsque j'ai commencé l'histoire.
Le pack est sorti plus tard, alors que j'étais en cours d'écriture. Epsiplay a ajouté des règles au challenge, et je les ai intégrées dans mon histoire pour plus de fun.
J'ai terminé l'histoire de Capucine en septembre 2022. Son récit est pourtant beaucoup moins long que celui de "Cendre et la Vallée oubliée" mais, mon emploi du temps étant très chargé à ce moment-là, il y a eu de longues périodes sans mise à jour.
Je tiens à remercier ici (aussi) @idjya qui a eu la superbe idée, à l'époque, de faire de la pub pour ce challenge sur l'activité de l'ancien forum Les Sims, sinon, je crois que je ne l'aurais même pas vu ! 😉 Et quel dommage !
Alors, merci Idjya, c'est grâce à toi que ma simette a tenté l'aventure! 😘
Quelques jours plus tard, Jérôme et Elsa Moreau invitèrent mes parents au restaurant pour fêter le mariage futur de leurs enfants et l’union de nos deux familles.
Ils discutèrent préparatifs et convinrent d’organiser la fête dans un endroit neutre. Elsa était au comble du bonheur de marier sa fille au fils de sa meilleure amie.
Mes parents étaient partis dès le matin pour une promenade matinale avant d’aller déjeuner dans leur restaurant favori et m’avaient donné pour mission de m’occuper de ma petite sœur.
Ce n’était pas la première fois que cela arrivait et c’était toujours pour mon plus grand plaisir.
Après le bain de Jeanne, nous partîmes nous occuper des animaux de la ferme.
Jeanne voulut s’essayer à la traite de Marguerite mais cela n’avait pas été concluant. Il me fallut alors consoler ma pauvre vache. Ce n’était pas le moment de me la rendre malheureuse, car je comptais bien la présenter au concours de vaches qui aurait lieu très bientôt. Je la voulais en pleine forme.
Papa et Maman rentrèrent ravis de leur déjeuner en milieu d’après-midi. Maman m’annonça que nous célèbrerions le mariage de mon frère au Club Calico, à Brindleton Bay, le dimanche suivant.
Nos deux familles se réunirent le dimanche, près du port, où une arche avait été dressée pour l’occasion.
Force était de constater que, malgré tout ce qui entourait cet instant, les jeunes mariés avaient l’air heureux. Je trouvais ma belle-sœur magnifique et rayonnante. Mon frère avait de la chance d’épouser cette femme prête à tout pour lui.
J’espérais qu’il ne la ferait pas souffrir.
La fête près de la piscine du Club Calico fut un véritable succès. Nos parents avaient fait les choses bien.
Je surpris à un moment leurs regards et je vis qu’ils étaient heureux de voir Mathurin heureux.
Je me pris moi-même au jeu des confettis. Après tout, si mon frère était heureux, je devais l’être moi aussi.
Mais je me demandai si Maman n’en voulait pas à Papa d’avoir poussé leur fils vers ce mariage. Ce jour-là, Mathurin récupéra Cahouète pour l’emmener vivre chez lui. Après tout, c’était son chat.
Maman avait surpris, cet après-midi-là, Jeanne devant les plantes-vaches, juste avant que nous ne partions pour une sortie en famille à Henford. J’avais déjà demandé à ma petite sœur de ne pas s’en approcher mais elle semblait attirée par elles comme un aimant.
Maman la mis en garde une nouvelle fois puis nous partîmes pour le village voisin. Je promis à Maman d’essayer de lui expliquer à nouveau la dangerosité de ces plantes cannibales.
C’est alors que je l'aperçus, sortant de la taverne. Nos regard se croisèrent.
Il courut jusqu’à moi.
Nous nous regardâmes un instant sans savoir comment réagir...
... puis Rahul me prit dans ses bras pour la première fois. Je crois que je ne suis pas prêt d’oublier ce moment.
Lorsqu’il me relâcha, je ne trouvai bêtement qu’une chose à lui dire : - Tes cheveux ont poussé ! - Oui, tu aimes ? me répondit-il en souriant.
- Tu m’as manquée, tu sais. Partir aux quatre coins du monde, ce n’est pas drôle sans toi.
Evidemment, je ne sus quoi répondre. Je m’en voulais d’être parfois aussi timide. - Thérèse ? ça va ? - Oui, je suis heureuse de te voir moi aussi.
- Tant mieux, parce que j’ai cueilli cette rose tout à l’heure... la plus belle du jardin de Maman et j’espère que tu l’accepteras.
Je regardai un instant cette magnifique rose rouge que Rahul me tendait avant de me décider à la prendre. J’étais comme sonnée par toutes ces attentions auxquelles je ne m’attendais pas de sa part. C’était la première fois qu’il y avait autant de romantisme dans l’air entre nous deux.
- Alors, tu restes à Henford ? - Pas tout à fait. Je repars tout à l’heure.
Mon sang ne fit qu’un tour : - Alors à quoi rime tout cela ? Il ne fallait pas m’offrir cette rose.
- Je reviens dans un mois. J’ai quelques affaires à récupérer et je serai de retour avant la foire aux vaches. Définitivement. - Tu es sûr ? - Je te le promets.
Mon père revint à ce moment-là de sa petite promenade avec Naya. - Alors les jeunes, tout va bien ? Rahul, tu es de retour ? - Bientôt, Monsieur Bellecour.
Puis Rahul était parti.
- Je l’ai bien vu t’offrir une rose, n’est-ce pas ? - Oui...
- Il est amoureux de toi ? - Je ne sais pas... Je crois, oui... J’étais encore sur mon petit nuage.
- Un homme qui offre une rose à une femme est, soit amoureux, soit il veut quelque chose de bien précis. - Papa ! Tu crois que j’ai envie d’entendre ça, franchement !
- Très bien, je n’ai rien dit. Il doit probablement être amoureux.
- Qui est amoureux ? demanda Maman. - Rahul. Il a offert une rose à notre fille.
- Alors, Lavina avait raison lorsqu’elle nous en a parlé au jardin communautaire. Elle vient de me dire que Rahul allait revenir définitivement à la fin du printemps. J’imagine que tu dois être heureuse.
Oh oui, j’étais heureuse ! En arrivant à la ferme, j’arrosai toutes mes légumes en sifflotant. Le bonheur avait envahi tout mon être.
J’avais même laissé Jeanne s’occuper seule de Marguerite, mais je savais que Maman n’était pas loin.
J’étais encore dans ma bulle de coton pour notre petite soirée familiale. Ecouter Papa raconter à Jeanne les histoires qu’il nous avait contées à Mathurin et moi, au même âge...
Caresser Naya...
Regarder Jeanne, toute contente de s’asseoir la première sur le * que Maman venait de tricoter...
Et regarder Maman discuter avec ma petite sœur pleine d’entrain pour apprendre de nouvelles choses. Toutes ces choses simples que j’aimais tant me paraissaient encore plus belles ce soir.
Quand Maman quitta notre chambre après avoir embrassé Jeanne, je me mis à rêver d’un avenir possible avec Rahul.
Sa mère avait dit qu’il m’aimait et je voulais y croire. J’avais vraiment envie d’y croire et je me sentais bien.
A la fin du mois, je rendis visite à Mathurin et Claire qui m’avait invitée pour une « banane-party ». J’avais besoin de parler à mon frère et je lui confiai mon inquiétude de ne pas avoir de nouvelles de Rahul malgré sa promesse.
- La fin du mois est relative, et la foire aux vaches n’a lieu que demain, me dit mon frère. - C’est vrai, tu ne devrais pas t’inquiéter comme ça, essaya aussi de me rassurer Claire. - Merci, vous êtes adorables tous les deux.
- Qu’est-ce qui pourrait te faire dire que Rahul ne tiendrait pas sa promesse ? me questionna ma belle-sœur. - Rien, je suppose. Mais il peut s’en passer des choses en un mois.
- Elle n’a pas assez confiance en elle, voilà le problème, dit Mathurin à son épouse.
- Ah, tu crois ça ? lui répondit-elle. Il y avait dans leurs regards une sorte de complicité à laquelle je ne m’étais pas attendue et qui me surprit.
Puis Claire se tourna vers moi : - Mathurin a raison. Tu es une belle fille, pleine d’esprit et courageuse. Tu ne devrais pas douter ainsi de toi. N’importe quel homme serait fou de joie de t’avoir à ses côtés. - Bon ça va. N’exagère pas non plus, Claire ! lui lança Mathurin. Ma sœur ne mérite pas n’importe quel homme. Elle mérite celui qui l’aime.
- Vous voulez que je vous dise ? continua Claire, très enthousiaste. Moi, il me tarde de voir Rahul entrer dans ta vie. On pourrait se faire de belles sorties à quatre, non ? Je les quittai peu de temps après notre repas, et je dois reconnaître que cette visite m’avait fait énormément de bien et m’avait remonté le moral.
Pourtant, le lendemain, nous étions samedi, dernier jour du printemps et jour de la foire aux vaches... Un mois s’était écoulé et je n’avais toujours pas de nouvelles de Rahul.
Mon bonheur avait fait place à la tristesse et je redoutais, au plus profond de moi, qu’il ne tint pas sa promesse.
Cependant, il me fallait passer outre car j’avais promis à Maman de donner à Jeanne une leçon détaillée sur nos amies plantes-vaches. Je lui expliquai alors dans le détail les dangers du gâteau.
Puis tout le monde se retrouva au jardin pour s’occuper des plantes et des insectes.
Maman étant souffrante, c’est moi qui me suis occupée ce jour-là de la pétillerie. Il fallait que tout soit en ordre à la ferme avant de partir pour la foire de Finchwick.
Le sort se ligua contre nous ce jour-là, car, après la fièvre qui clouait Maman au lit, Papa reçut un appel de Claire qui lui annonçait le décès de son père. Trop malheureux, mon père m’annonça qu’il ne m’accompagnerait pas à la foire mais resterait auprès de Maman.
J’emmenai tout de même Jeanne avec moi. Depuis le temps que nous parlions toutes les deux de la foire aux vaches, il ne fallait pas qu’elle rate ça. Et puis, Papa et Maman avaient bien d’autres soucis en tête pour s’occuper d’elle. - Dis, tu côa qu’elle va gagner, Marguite ? - Je ne sais pas ma chérie. Mais, pour nous, elle est la plus belle, c’est le principal.
Lavina était venue voir Marguerite, officieusement, sans son calepin. - Je crois sincèrement que ta vache pourrait gagner. Elle a tout ce qu’il faut pour. Malheureusement, je ne suis pas le seul juré de la foire et d’autres sont faciles à soudoyer. C’est un malheureux constat, et je n’ai jamais réussi à endiguer ce fléau. Crois-en mon expérience.
J’étais triste d’entendre ça mais je savais qu’elle avait malheureusement raison. La loi du plus fortuné fonctionnait souvent aux dépends du plus honnête. J’en avais déjà fait les frais. Je proposais quand même pour le concours, le lait noir obsidienne que j’avais eu tant de mal à obtenir.
Lavina vint cette fois avec son calepin, et ne fit aucun commentaire. Mais je savais que mon lait était un lait rare et qu’il avait tout sa place sur le podium, le lait de Marguerite.
Je retournai alors auprès de ma vache pour l’abreuver de ma confiance et de mes compliments lorsque je constatai qu’une autre vache avait été présentée au concours, dans l’intervalle mis, bien qu’elle ne me sembla pas une menace pour Marguerite, rien n’était encore joué.
- Théèze ! T’as vu l’ote vache. Elle est toute pas belle ! - Je suis d’accord avec toi. Mais ça ne veut pas dire que Marguerite va gagner. Alors, ne sois pas trop déçue, Jeanne..
- Ben môa, ze vais caresser Maguite pour qu’elle soit plus belle ! - Fais donc ! Tu as raison. Il ne faut pas se laisser abattre.
Lavina était venue me prévenir de l’influence de Rahmi Watson, la propriétaire de la vache marron, dans le village lorsque je vis s’avancer vers moi... Rahul. Je ne l’écoutais plus, je ne l’entendais plus, je ne voyais que son fils...
Il s’approcha très près de moi... - Rahul... réussis-je à balbutier. Alors, tu es venu ?
- Je te l’avais promis, tu as oublié ? - J’ai cru que tu ne tiendrais pas cette promesse...
A nos côtés, Lavina était revenue avec son petit carnet, s’apprêtant à juger Marguerite. Comme si c’était le moment !
Elle le lâcha tout de même lorsque Rahul me prit dans ses bras. - Je ne partirai plus, je te le promets. Je reste avec toi. J’étais tellement heureuse... et sa mère aussi !
- Je t’aime Thérèse. Je suis revenu pour toi.
Ces mots... je les avais tellement attendus... J’aurais voulu lui répondre mais Lavina était là, curieuse de la suite. - Maman, tu pourrais nous laisser, s’il te plait, lui suggéra Rahul.
A peine Lavina eut-elle quitté notre champs de vision que Kim vint se joindre à nous pour me féliciter à propos de Marguerite.
En temps normal, j’en aurais été flattée mais je n’aspirais qu’à une chose, être seule avec Rahul, et le résultat du concours était devenu le cadet de mes soucis.
Je remerciai notre épicière, l’ancienne patronne de Rahul, pour sa bienveillance puis elle s’en alla avec un mot chaleureux : - Ta vache est la meilleure, Thérèse. Ne laisse personne te dire le contraire, même si elle ne gagne pas le concours.
- Nous sommes enfin seuls, je crois, dis-je en me tournant vers Rahul. - Oui, mais pas pour bien longtemps. D’autres admirateurs vont venir voir Marguerite.
Et Rahul continua sur sa lancée : - J’aimerais beaucoup que tu me rejoignes, après la foire, au festival de l’amour de San Myshuno. Je t’y attendrai. Tu veux bien ? - Mais c’est au moins à deux heures de route !
Rahul n’eut pas le loisir de me répondre car sa mère venait à nouveau de faire irruption dans notre conversation.
Elle s’arma à nouveau de son calepin mais nous savions tous les deux que sa notation était déjà faite.
Lorsqu’elle s’en alla enfin, Rahul déposa un bai.ser sur le front de Jeanne puis la reposa sur le sol. J’appréciai beaucoup sa bienveillance envers ma petite sœur.
Il me prit les mains et les embrassa.
- Je t’en prie, Thérèse... Rejoins-moi là-bas.
Alors, je promis. Je savais que je ne serais pas fraîche le lendemain pour m’occuper de la ferme mais je désirais plus que tout me retrouver seule avec lui. - Il faudra que je dépose Jeanne à mes parents, d’abord
- Tout ce que tu voudras tant que tu es là.
Puis Rahul s’en alla.
J’avais l’impression d’être sur une autre planète...
La foire se terminait et c’est Kim qui m’annonça les résultats. Comme prévu, ce n’était pas glorieux mais j’avais au moins, encore cette fois, un ruban de troisième place.
Les espaces à posséder : - un bâtiment d’habitation (avec deux chambres au minimum) : OUI - un potager pour planter vos légumes et vos herbes aromatiques : OUI - un verger : OUI - un moulin (non fonctionnel, mais qui accueillera une éolienne) : OUI - deux étables pour une vache et un lama : pour vache oui, pour lama non - une étable et un pâturage attenant pour vos « plantes-vaches » : étable non, pâturage oui - une grange pour ranger votre matériel : NON
Les plantations à posséder : 5 légumes : OUI 5 fruits : OUI 5 herbes aromatiques : OUI 5 fruits et légumes géants : OUI
Les animaux à posséder : Un chien : OUI Des abeilles dans deux ruches : OUI Des insectes dans deux paradis des bestioles : OUI Deux plantes-vaches (créées à partir de greffes) : OUI Une vache : OUI Une poule : OUI Un coq : OUI Un chat : NON Un lama : NON
Conditions Perfect Farmer : Être lié d'amitié avec 1 lapin et 1 renard : NON Être lié d'amitié avec 1 lapin et 1 renard : NON Valider la collection "Rubans de foire", avoir au moins les 9 rubans requis : 2 « 3ème place » et 4 « participation » *Facultatif* : Être lié d'amitié avec tous vos animaux de ferme : OUI
Trésorerie à la fin de la semaine 8 : 50 706 § (+ 2 100 §) Roue des aléas de la semaine : Semaine de la discorde
Ma petite sœur était une vraie petite princesse. Elle était la petite dernière et il y avait toujours quelqu’un à la maison pour prendre soin d’elle, moi y compris.
Elle grandissait à vue d’œil et nous faisait maintenant de jolies petites risettes. Je savais qu’elle nous reconnaissait tous et ses petits éclats de rire nous faisaient fondre tous autant que nous étions et Mathurin ne faisait pas exception.
Mathurin reçut cette saison-là, sa lettre d’admission à l’université. Inutile de vous dire qu’il était heureux comme tout. Il allait pouvoir s’inscrire à l’université de Foxbury pour suivre un cursus prestigieux en informatique. Il touchait du doigt son rêve de devenir ingénieur informaticien.
Evidemment, cela supposait qu’il allait vivre sur le campus et que nous le verrions moins souvent, mais Papa et Maman savaient depuis longtemps que mon frère n’était pas destiné à s’occuper d’une ferme. Il allait me manquer.
Papa et Maman avaient l’air très fiers de sa réussite pour l’examen d’admission et ne cessait de le féliciter. Mathurin avait même trouvé une petite maison à Gibbs Hill, colline idéalement placée entre les universités de Britechester et de Foxbury et qui abritait la célèbre bibliothèque nationale des sims ainsi qu’un pub qui permettait aux étudiants des deux universités de se réunir pour des moments amicaux.
Mon frère avait prévu de partager son logement avec Claire Moreau ce qui fit le bonheur de Papa sans que je ne comprenne vraiment pourquoi il montrait autant d’enthousiasme. Claire était notre amie depuis l’enfance et je ne voyais pas en quoi il avait l’air de trouver cela extraordinaire. Claire vint chercher Mathurin vers seize heures et ils partirent à la fin de la journée.
Le printemps était revenu et la nature se réveillait doucement, nous révélant toute sa beauté après plusieurs mois d’une torpeur bienfaisante.
Il faisait encore frais mais les feuillages devenaient verdoyants, les fleurs commençaient à arborer fièrement leurs jolis pétales et les abeilles faisaient entendre leurs bourdonnements au fond du jardin.
Les animaux aussi semblaient sortir de leur léthargie hivernale et quittaient plus volontiers l’étable ou le poulailler.
C’était la saison idéale pour faire découvrir à Naya la joie des promenades en forêt, et cela me permettait aussi de prendre l’air et d’explorer la forêt de Bramblewood que je ne connaissais que très peu.
Pendant que ma chienne gambadait, heureuse de ne pas être tenue en laisse, je réussis même à me lier d’amitié avec une volée d’oiseau et certains d’eux eurent même l’audace de venir se poser sur ma main, pour mon plus grand bonheur.
Papa avait achevé ce jour-là la construction du moulin sur lequel il travaillait, avec Jérôme Moreau, le père de Claire, depuis plusieurs mois. Et il n’était pas peu fier de son travail. Il faut dire que l’édifice était imposant et devait se voir d’aussi loin que le phare de Brindleton Bay. Je savais que ce moulin était un rêve qu’ils avaient eu avec Maman lorsqu’ils se sont connus et je suis vraiment heureuse qu’ils puissent aujourd’hui en profiter avant d’être trop vieux.
Depuis que Maman avait mis au monde ma petite sœur Jeanne, j’avais pris la relève pour m’occuper des ventes tous les après-midi. Je n’avais pas la fibre commerciale mais nos pétillants aux fruits et nos gâteaux étaient déjà connus et, Naya était toujours près de moi pour m’encourager, alors, ce n’était pas très compliqué.
Les clients venaient jusqu’à la ferme Bellecour les yeux fermés et avait toute confiance en les produits que je leur proposais. Les bouteilles de lait et les légumes géants, que j’avais introduits peu à peu, commençaient même à avoir du succès et le bouche à oreille semblait fonctionner, pour ma plus grande fierté.
J’avais un doute sur le fait qu’on puisse vendre les légumes géants avec la table entreprise prometteuse car ils ne rentrent pas dans son inventaire et sont juste posés dessus... mais ça fonctionne !
Je reçus cet après-midi-là un appel de Mathurin. Il était parti se promener dans la forêt de Bramblewood et souhaitait que je l’y rejoigne.
Je remballai aussitôt mes marchandises, les remis au frais, et allai chercher Naya puis nous partîmes pour Bramblewood. Mathurin m’attendait près d’une aire de pique-*.
- Alors comme ça, tu viens te promener seul en forêt ? Je t’aurais plutôt imaginé sillonner le campus et écumer ce fameux pub dont tous les étudiants parlent. - Je n’étais pas tout à fait seul.
- Ah bon ? - J’étais avec Julien jusqu’à ce que je t’appelle. J’ai rompu avec lui.
- Et on peut savoir pourquoi tu as fait ça ? Il me semblait que tu l’aimais bien ce garçon, pourtant...
- Il était trop jeune pour moi. Nous avons eu de bons moments, mais nous étions adolescents. Nos centres d’intérêts sont complètement différents à présent. Il me semble que ce que nous avions en commun n’existe plus. - Oh... et bien j’imagine que tu vas trouver plein de beaux gosses sur le campus !
- N’y compte pas trop. Je pense que je vais essayer les filles. Pour tout te dire, ce n’est pas un hasard si Claire et moi avons pris une colocation ensemble.
À ses mots, je me redressai, complètement abasourdie. Mon frère m’avait confié, il y a plusieurs années en arrière, ses préférences sentimentales et il n’avait jamais été attirée par les filles : - Tu plaisantes, hein ? C’est quoi cette histoire ? - Je suis tout à fait sérieux.
J’abandonnai alors Naya pour me rapprocher de Mathurin qui n’avait absolument pas l’air de galéjer. - J’ai entendu une conversation entre Papa et Maman, il y a quelques temps... - Quel genre de conversation ?
Mathurin m’expliqua alors qu’il avait surpris une conversation entre nos parents et combien Papa avait paru inflexible au sujet de l’homosexualité. - Je ne veux pas le décevoir, je ne pourrai jamais le décevoir.
Mathurin venait de sortir son cahier de cours. Il parlait de déception mais lui aussi avait l’air tellement déçu... - Tu es sûr de ce que tu as entendu ? Tu n’aurais pas pu mal interpréter ? lui demandai-je.
- Papa a clairement dit qu’il ne voulait pas que je sois *. Je n’ai rien interprété, j’ai entendu clairement ses paroles. Alors, tu vois, je vais devenir un hétéro digne de ce nom. Et Claire va m’y aider.
Je le regardai aligner tranquillement des mots derrière les autres mais j’étais complètement atterrée. - Ne dis pas cela, s’il te plait... Tu vas aller contre ta nature, je le sais...
- On ne sait rien, Thérèse. On ne fait que supposer, et, peut-être que cette vie avec Claire me réussira. Elle est partante pour essayer, alors même qu’elle a toujours su que j’aimais les garçons.
Je n’étais pas persuadée que Mathurin ait trouvé la bonne parade à la réaction de notre père, et je lui suggérai d’aller plutôt lui en parler : - Papa n’aimerait pas te savoir malheureux. - Papa a déjà tout dit à Maman, je crois.
Mathurin ne démordit pas et m’annonça tout de go que Claire et lui avaient prévu de se marier, ce que je trouvai complètement insensé et prématuré. Il s’était mis dans la tête que Claire était suffisamment amoureuse de lui pour les rendre heureux tous les deux.
Il m’accompagna à la maison pour célébrer l’anniversaire de Jeanne avec nous.
Puis lorsque nous eûmes terminé le repas, il annonça sa grande nouvelle à nos parents qui trouvaient, eux aussi, que Mathurin était encore jeune pour se marier. Je ne pus m’empêcher de le regarder avec un sourire de satisfaction.
Papa et Maman l’avaient bien évidemment questionné sur son avenir. Qu’allait-il advenir de ses études ? Comment allait-il pouvoir subvenir aux besoins de son foyer avec sa seule bourse universitaire pour revenu ? Je les sentais inquiets.
Mon frère avait réponse à tout. Claire allait travailler jusqu’à ce qu’il obtienne son diplôme et, ensuite, il prendrait le relais. Papa et Maman eurent l’air satisfaits de la réponse mais je me demandais si leur petit arrangement durerait sur la longueur. Il faudrait que j’arrive à discuter avec Claire.
Mathurin partit peu de temps après en laissant notre père fou de joie à l’idée de marier prochainement son fils.
Je me demandais vraiment qu’elle allait être l’issue de toute cette histoire car je sentais qu’elle aurait une issue des plus désagréables. Je me pris alors à regretter l’insouciance de mon enfance.
Avec l’anniversaire de Jeanne, mes parents et moi avions transformé ma chambre d’adolescente en une jolie chambre pouvant aussi accueillir ma petite sœur.
La construction du moulin ayant pris beaucoup de temps et d’énergie à Papa, l’agrandissement de la bâtisse avait été reportée à plus tard. J’avais donc proposé de partager ma chambre avec Jeanne afin que mes parents puissent profiter de leur intimité.
Le soir était le moment que je détestais par-dessus-tout. Je pensais à Mathurin, bien sûr, et à sa lubie de vouloir se marier, mais aussi à Rahul, qui m’envoyait des cartes postales de tous les endroits qu’il visitait.
Cela me rendait triste et je doutais qu’un jour il revienne du côté d’Henford-on-Bagley. Il avait l’air tellement heureux que cette éventualité semblait s’éloigner à mesure qu’il m’écrivait.
Heureusement la journée me donnait tant d’occupations que je n’avais plus le temps d’y songer. Jeanne m’accompagnait souvent lorsque je m’occupais des animaux et elle prenait plaisir à m’aider ou à me regarder.
C’était un plaisir pour nous tous de la voir ainsi s’épanouir près de nos bêtes. Elle avait même lié une amitié avec Marguerite qui ne se lassait pas de ses câlins.
Jeanne était à l’aise partout dans la ferme et elle aimait beaucoup courir après les poules, m’aider à distribuer la nourriture ou ramasser les œufs, lorsqu’elle arrivait à se lever le matin.
Mais elle n’en oubliait pas Naya pour autant.
Notre chienne appréciait beaucoup ses caresses mais elle avait en ce moment, d’autres préoccupations.
Pourtant, même après l’avoir encourager à s’accoupler, à maintes reprises avec ce chien appelé Kiwi ou avec d’autres, les échecs se succédaient et je ne savais plus quoi faire. Peut-être que Naya était simplement difficile sur le choix de son partenaire.
Ce matin-là, Maman avait tenu à se rendre à Henford avec moi.
Elle voulait présenter Jeanne à son amie Sarah tandis que je m’occupais des courses.
C’est alors que j’appris d’Agatha que Lavina inaugurait en ce moment-même un marché communautaire situé sur les hauteurs de la forêt de Bramblewood et elle me conseilla vivement de m’y rendre.
L’idée plut tout de suite à Maman qui s’excusa auprès de Sarah pour m’accompagner. Lavina était très heureuse de nous voir et nous accueillit chaleureusement, comme à son habitude.
Elle me raconta recevoir fréquemment des nouvelles de Rahul et m’apprit qu’il lui parlait sans cesse de moi, que ce soit au téléphone ou par courrier. Elle semblait convaincue que, si son fils revenait un jour, ce serait grâce à moi.
Elle devinait que Rahul était amoureux de moi mais cela me paraissait complètement ridicule car, non seulement il ne l’avait jamais laissé entendre, mais il était aussi parti très loin.
Lavina me dit d’avoir confiance, qu’une mère sent ces choses-là et qu’elle ne pensait pas se tromper.
Je fus sûrement un peu plus sèche que je ne l’aurais voulu mais je parvins à lui dire que je n’attendrais pas éternellement son fils et que, si l’occasion se présentait, je ne serais peut-être plus libre à son retour.
Le jardin communautaire est une création de @Elinoee que vous trouverez dans la galerie sous le nom de « Jardin Henford-on-Bagley »
Après avoir fait le tour du marché, Maman et moi décidâmes d’aller nous promener un peu dans le coin.
J’appréciai de pouvoir être seule avec elle, sans Papa à ses côtés car j’avais besoin de lui parler de Mathurin. Les hommes de ma vie me causaient vraiment trop de soucis.
Je lui demandai donc directement si elle était au courant de l’homosexualité de Mathurin. Elle me répondit par la négative, mais me confirma que mon père lui avait fait part de ses doutes sur le sujet il y a quelques temps.
Maman m’écouta attentivement lui raconter que mon frère était attiré par les garçons depuis tout jeune et qu’il n’avait jamais osé en parler sinon à moi.
Elle m’écouta lui raconter comment il avait surpris leur conversation, un soir, et comment, depuis, il avait échafaudé ce plan de mariage avec Claire pour rentrer « dans la norme » et plaire à son père.
Maman était choquée. Nous nous mîmes donc d’accord pour qu’elle en discute avec mon père tandis que je me chargerai de convaincre Mathurin de revenir à la raison.
Je me rendis chez Mathurin deux jours plus tard.
A ma grande déception, Claire aussi était là et elle était arrivée au moment précis où je suggérais à mon frère d’abandonner cette idée de mariage.
Evidemment, cela ne lui plut pas du tout : - Tu es encore en train d’essayer de détruire notre couple ! me dit-elle d’un ton sec. - Et si nous allions nous asseoir pour en discuter calmement ?
J’usai de mes arguments les plus éloquents pour tenter de faire entendre raison à mon frère et sa fiancée, ces deux-là s’entendaient comme larrons en foire depuis l’enfance et il paraissait évident qu’ils ne lâcheraient pas l’affaire aussi facilement. - Mais vous n’êtes pas un couple ! lâchai-je brutalement. - Peut-être pas dans le sens où tu l’entends mais nous en sommes un tout de même, m’envoya Claire d’un sourire forcé.
- Mais vous n’êtes pas amoureux ! Tu sais très bien que mon frère est gay. Tu as connu ses copains.
- Mathurin, vous serez malheureux tous les deux... - Non, c’est faux, me répondit Claire. Mathurin a promis de ne se consacrer qu’à moi une fois marié. Et je le rendrai heureux.
- Il ne pourra pas tenir cette promesse et tu le sais très bien.
- Si, je la tiendrai, Thérèse. - Tu vois, et avec le temps, Mathurin apprendra à m’aimer. Nous serons heureux.
- Bon ok ! La vie est belle, les petits oiseaux chantent ! C’est formidable mais tu n’es pas un garçon, que je sache !
- Thérèse... L’amour n’a pas de se.xe, me dit calmement mon frère. Là-dessus, il marquait un point et je ne pouvais pas le contredire.
- Très bien, je vais vous laisser. Je vous promets de ne plus vous embêter avec ça. J’ai encore du travail à la ferme.
Lorsque je rejoignis la ferme, Jeanne et Naya étaient là toutes les deux pour m’accueillir.
J’avais croisé Maman sous le porche et elle m’avait dit n’avoir pas eu avec Papa plus de succès que je n’en avais eu avec Mathurin. Papa approuvait même la décision de mon frère de vouloir s’accommoder d’une vie traditionnelle et conforme à la société. Il semblait avoir oublié que la société avait évoluée. Je pris mon sécateur, ma griffe et ma cisaille puis je filais au jardin pour me changer les idées, talonnée par mes deux meilleures amies du moment.
Deux semaines plus tard, Mathurin se joignit à nous pour fêter l’anniversaire de Papa, accompagnée de sa fiancée. - Vous n’avez toujours pas changé d’avis ? lui demandai-je. - Tu avais dit que tu n’en parlerais plus. C’est vrai.
Je décidai, ce jour-là, de laisser tomber cette quête insensée de ramener Mathurin à la raison. Après tout, Maman avait aussi abandonné avec Papa, de son côté, et je finis par penser que c’était peut-être une décision raisonnable si nous voulions conserver des liens pérennes et amicaux au sein de notre famille.
C’est donc dans une humeur bonne enfant que mon père souffla ses bougies.
Les sujets de conversations, heureusement ne tournèrent pas tous autour du mariage de Mathurin. Celui-ci nous appris qu’il avait réussi sa présentation et son examen final sur les principes de programmation. Nous étions tous fiers de lui.
Il avait encore beaucoup d’autres matières à passer pour obtenir son diplôme mais Claire nous confirma que Mathurin travaillait très dur dans ce but. Contre toute attente, la soirée d’anniversaire de mon père fut une belle réussite et nous passâmes un agréable moment tous ensemble.
Le lendemain, j’eus une petite conversation avec elle. Je sentais que le deuil de Tessie lui avait fait du bien mais le sujet Rahul me tracassait encore.
Il a eu l’air embarrassé mais il m’a quand même dit qu’il m’aimait bien.
Seulement, il veut quitter le coin. Il n’a pas envie de rester par ici. Il veut aller en ville et voir de nouvelles choses, et il sait que je n’abandonnerai pas la ferme.
La seule chose qui le retient, c’est Lavina. Cette femme l’a adopté lorsqu’il était enfant et il lui doit beaucoup. Il ne veut pas la faire souffrir en partant. Alors, j’ai eu une idée ! J’ai proposé à Rahul de tâter moi-même le terrain avec Lavina.
Il était ravi - Tu ferais vraiment ça pour moi ? - Ben... je sens que je vais le regretter mais oui, je vais le faire.
- Je savais que tu étais la meilleure ! Alors tu vois, Maman, nous ne sommes que des amis.
- Ma pauvre chérie... Tu vas donc le laisser partir ? - Il le faudra bien...
- J’ai prévu de donner à Lavina ce point de croix que j’ai fait de sa part. Et je lui expliquerai à quel point Rahul veut quitter le village.
Pendant que nous discutions, Thérèse et moi, Yvon observait notre fils faire de la balançoire avec son copain Julien.
Et j’ignorais qu’à ce moment-là, mon mari était vraiment très contrarié.
Et j’étais loin d’imaginer que, dans la soirée, nous aurions, lui et moi, notre premier vrai désaccord après tant d’années de vie commune.
Après notre conversation, Thérèse alla se promener avec Naya dans le jardin et elle fit bien...
...car la petite chienne décida de grandir ce soir-là...
...pour devenir une magnifique chienne adulte.
Lorsque nous nous retrouvâmes seuls dans notre chambre, Yvon me fit part de ce qui le contrariait : - Je crois que notre fils est homosexuel. - Ah bon ? lui répondis-je. Et comment peux-tu le savoir ? Il te l’a dit ?
- Il ne m’a rien dit mais je les ai vus. Ils avaient cette façon de se regarder... Et Mathurin souriait bêtement.
- Et puis, je trouve qu’ils se rapprochaient un peu trop. - C’est tout ? - Non, ce n’est pas tout ! Bon sang, Capucine ! Ce garçon a les cheveux roses et un piercing dans le nez ! C’est un signe, non ?
Nous ignorions, qu’à ce moment précis, Mathurin passait devant la porte de notre chambre et qu’il tendit l’oreille.
J’étais ahurie par ce que venait de dire mon mari, complètement sous le choc : - Non, ce n’est pas un signe, Yvon ! Comment peux-tu avoir de tels préjugés ? Et puis, si notre fils est *, qu’est-ce que ça peut bien faire, après tout ? C’est toujours notre fils, non ? - Mais je ne veux pas qu’il soit *. Il faudrait lui présenter une copine.
- Mais n’importe quoi ! Je n’ai jamais rien entendu d’aussi stupide ! D’abord, on ne sait pas s’il est gay, et ensuite, on ne va pas cesser de l’aimer s’il l’est. C’est sa vie, que je sache ! - Nous sommes ses parents. Nous avons notre mot à dire, je pense.
- Non. Nous n’avons pas notre mot à dire ! Tu sais quoi ? Je vais prendre l’air. Ta réaction rétrograde me choque.
Mathurin n’avait évidemment pas perdu une miette de notre conversation, d’autant que le ton était monté entre son père et moi. Mais ce que j’ignorais alors, c’est que l’attitude d’Yvon ce soir-là allait avoir des répercussions sur les choix que notre fils aurait à faire plus tard.
La vie reprit son cours à la ferme. Yvon et moi n’abordions plus le sujet de l’éventuelle homosexualité de Mathurin mais je gardai dans le coin de ma tête de poser directement la question à mon fils.
Marguerite avait l’air de faire bon ménage avec ses cousine plantes-vaches...
...et Thérèse ne quittait plus Naya qui était une chienne très affectueuse.
Mathurin, lui, avait postulé à l’université de Foxbury. Il avait déjà envoyé ses demandes de bourse et avait mis une option sur une petite maison située sur le campus.
Il était décidé à quitter la maison et à voler de ses propres ailes mais, alors qu’il aurait dû être heureux, son air triste et fermé me laissait à penser que quelque chose le chiffonnait.
Quelques jours plus tard, nous fêtâmes l’anniversaire des jumeaux.
Thérèse avait bien évidemment invité Rahul, mais aussi sa meilleure amie Aurélie. Mathurin, lui, avait invité Armand, son meilleur ami mais aussi Julien, le fameux copain aux cheveux roses, et Claire, la fille de mon amie Elsa.
Notre fille fut la première à souffler ses bougies sous les encouragements enthousiasmés de Rahul.
Il fut le premier à entonner un « Joyeux Anniversaire », bientôt suivi par tous leurs amis.
Thérèse était maintenant aussi grande que moi ! Heureusement que j’avais prévu un chapeau !
Mathurin se laissa aussi emporter par les chants et les confettis.
Sa sœur était sa plus grande fan. Il était loin le temps où, bambinette, elle avait eu peur de souffler ses bougies avant lui.
Il la prit dans ses bras et je vis qu’il la serrait très fort. J’étais très émue.
Yvon, qui avait vu d’un mauvais œil l’invitation du jeune Julien, sembla s’apaiser en observant que Mathurin passait surtout la soirée auprès de Claire.
Julien, lui, montrait des photos de San Myshuno à Rahul qui semblait très intéressé d’autant que Julien, qui passait la plupart de ses vacances là-bas, chez son père, l’abreuvait d’anecdotes toutes plus alléchantes les unes que les autres.
Lorsqu’il s’assit avec nous, il apprit à Thérèse que son projet de départ avançait et qu’il n’attendait plus que l’accord de sa mère adoptive pour s’en aller.
Rahul annonça aussi qu’il partirait avec Aurélie.
Je saisis un imperceptible changement d’expression sur le visage de Thérèse mais elle continuait à sourire tout en digérant la nouvelle : - Tu pars avec Aurélie ?
Puis elle se tourna vers sa meilleure amie : - Petite cachotière ! Je ne savais pas que Rahul et toi étiez ensemble. - Nous ne le sommes pas. Nous allons prendre une colocation.
Ma fille sembla soulagée. Elle avait frôlé de peu la pire des trahisons. - Tu sais, tu peux venir nous rejoindre quand tu voudras, Thérèse ! Il y aura toujours de la place pour toi, lui dit Rahul.
- Je n’ai pas changé d’avis. Je n’abandonnerai pas la ferme. Même pour toi, Rahul. Ma vie est ici. Je ne pouvais que supposer ce que cette décision lui coûtait mais, au fond de moi, j’étais contente. Je savais que Thérèse ne serait jamais heureuse en ville.
Yvon était heureux aussi car notre fille restait s’occuper de la ferme et que Mathurin semblait draguer Claire, mais je lui en voulais toujours par rapport à la réaction excessive et inadaptée qu’il avait eue concernant notre fils.
Notre fils avait retrouvé son sourire et c’est ce qui comptait, peu importe qu’il soit heureux avec Claire ou avec Julien.
D’ailleurs, Julien était en train de sympathiser avec Armand et n’avait pas l’air de se préoccuper de Julien.
Mais ce que je n’avais pas vu, c’est que Mathurin, lui, semblait se préoccuper de Julien.
A la fin de la soirée, mon fils aida son père et sa sœur à débarrasser la table puis il me prit dans ses bras. - Allez viens, ma petite Maman. Tu as l’air fatiguée, il faut te reposer, tu sais. Il faut prendre soin de toi et du bébé. Ses paroles m’allèrent droit au cœur. Mon fils avait grandi et était devenu un homme qui prenait soin de sa mère. J’étais vraiment touchée.
A la fin de la semaine, nous nous rendîmes en famille à la foire aux plantes de Finchwick.
Thérèse avait décidé d’y participer et y avait présenté son plus beau fruit : un fruit du dragon excellent.
Elle avait aussi présenté une tarte aux framboises du jardin pour le concours de tartes qui avait lieu le même jour.
Madame le Maire avait l’air très enthousiaste à propos de cette participation. Thérèse lui avait remis le point de croix de la part de Rahul puis avait expliqué à Lavina combien le jeune homme aspirait à quitter Henford-on-Bagley, mais hésitait à cause de tout ce qu’elle avait fait pour lui. Mais elle avait compris, et je la comprenais, ô combien. J’allais devoir, moi aussi, laisser partir mon fils afin qu’il mène sa propre existence.
Nous passions toujours de bons moments aux foires de Finchwick et celle-ci ne fit pas exception. Yvon et Mathurin retrouvèrent une connaissance avec qui ils avaient déjà discuté lors de la foire précédente.
Thérèse alla prendre des nouvelles de Kim et Agatha avec qui elle avait lié des amitiés à mesure de leurs rencontres dans leurs boutiques.
Lavina, quant à elle, m’encouragea à vendre mes jus de fruits non loin des stands de foire afin de les faire connaître à la population d’Henford.
Elle fut ma première cliente et mes ramena les suivants qui ne se firent pas prier pour déguster mes jus avant e les acheter. Cette foire fut une réussite. Thérèse n’obtint aucun prix pour sa tarte mais reçut la troisième place pour son fruit du dragon. Elle était ravie.
Yvon, qui avait pourtant déjà assisté à la naissance des jumeaux, était en panique totale.
Heureusement, les enfants étaient calmes et rassurèrent leur père. Nous allions passer à l’année suivante dans quelques minutes mais cette fois, nous ne regarderions pas le décompte à la télévision.
Cette année, nous étions tous réunis pour accueillir la petite Jeanne.
C’était le dernier jour de l’hiver. Notre troisième enfant venait de naître, Mathurin attendait avec impatience sa lettre d’admission à l’université, et Thérèse allait rester auprès de nous pour gérer la ferme. Quant à Naya, elle faisait partie intégrante de notre famille et en accueillait son nouveau membre en jappant.
Les espaces à posséder: un bâtiment d’habitation (avec deux chambres au minimum) : OUI deux étables pour une vache et un lama : pour vache OUI, pour lama Non une étable et un pâturage attenant pour vos plantes-vaches : étable non, pâturage oui une grange pour ranger votre matériel : NON un potager pour planter vos légumes et vos herbes aromatiques : OUI un verger : OUI un moulin (non fonctionnel, mais qui accueillera une éolienne) : NON
Les plantations à posséder: 5 légumes : OUI 5 fruits : OUI 5 herbes aromatiques : OUI 5 fruits et légumes géants : 3/5
Les animaux à posséder: Un chien : OUI Un chat : OUI Des abeilles dans deux ruches : OUI Des insectes dans deux paradis des bestioles : OUI Deux plantes-vaches (créées à partir de greffes) : OUI Une vache : OUI Un lama : NON Une poule : OUI Un coq : OUI
Conditions Perfect Farmer: Être lié d'amitié avec 1 lapin et 1 renard : NON Être lié d'amitié avec 1 lapin et 1 renard : NON Valider la collection "Rubans de foire", avoir au moins les 9 rubans requis : 1/9 *Facultatif* : Être lié d'amitié avec tous vos animaux de ferme : 7/8 (l’amitié avec Noël est en cours)
Trésorerieà la fin de la semaine 7 : 52 806 § (+ 10 931 §) Roue des Aléasde la semaine : Fantastique sol (fertilité perdue)
Les saisons se succédaient mais le travail à la ferme restait le même et, sans surprise, Thérèse nous relayait avec plaisir dans les tâches quotidiennes.
Mathurin, lui, s’en éloignait de plus en plus, accaparé tout entier par son ordinateur, sauf pour parler à Cahouète qui était l’un des rares à pouvoir le décrocher de son écran.
Un soir, alors que nous préparions une soupe de tomates, Thérèse et moi pour le dîner, Mathurin laissa entendre à son père qu’il aimerait aller à l’université. Yvon essaya de lui expliquer que nous aurions bien besoin de lui à la ferme, mais je savais que c’était peine perdue. Notre fils avait d’autres aspirations.
Le lendemain, j’invitai mes amies Elsa, Sarah et Stéphanie à venir prendre le goûter à la maison. Je m’étais lancée pour la première fois dans la fabrication d’une brioche et je tenais à ce qu’elles partagent ce moment avec nous.
C’est là que nous fîmes la connaissance de Rahul. Thérèse avait insisté pour l’inviter et, sur les conseils de Sarah qui me l’avait décrit comme un jeune homme charmant et bien élevé, je me suis laissé convaincre.
Rahul a fait l’unanimité dans la famille. Son charme et sa bonne humeur ont séduit tout le monde, y compris Yvon qui, pourtant, n’était pas ouvert à ce que notre fille nous présentât un petit ami potentiel.
Thérèse était aux anges même si elle nous disait n’être qu’une simple amie pour lui. Son petit cœur battait, je le sentais et, bien que sa passion allait en priorité aux travaux de la ferme, je craignais qu’il ne se brise.
Ce jour-là, deux plantes-vaches, sur les trois que nous avions plantées, arrivèrent à maturité et notre fille les prit tout de suite en amitié et leur apporta toute sa gentillesse.
Mais elle se rendit vite compte que ses vaches aux chapeaux de feuilles, aux racines épineuses et aux pis étrangement proches de leurs mâchoires, n’étaient pas de simples animaux de compagnie, et que leurs besoins restaient principalement primaires.
Tandis qu’elle s’occupait de ce que Mathurin appelait des « bêtes sauvages », je reçus un appel d’Armand le fils aîné de Stéphanie, qui m’annonça son décès.
Pour nous, la vie continuait mais je ne pouvais m’empêcher de penser à cette fratrie de quatre enfants qui se retrouvait orphelins de père et de mère à l’approche de Noël.
Thérèse s’était lancée dans la pâtisserie et s’était mise en tête de réaliser une tarte au chocolat. Je ne comprenais pas d’où lui venait cette lubie soudaine mais, à force d’insistance, elle m’avoua que c’était une demande de Rahul mais j’ignorais, à ce moment-là, que les demandes du jeune henfordien étaient assez nombreuses.
J’eus peut-être tort de ne pas m’en inquiéter davantage, mais notre fille semblait heureuse et continuait à entretenir son bétail et ses volailles.
Ce qui me chagrinait le plus la concernant est qu’elle n’arrivait pas à faire le deuil de Tessie.
Notre défunte chienne faisait, depuis quelques temps, de furtives apparitions nocturnes dans la bâtisse, et Thérèse était tombée nez à nez avec elle un soir, dans notre salle à manger.
Je m’inquiétais pour elle car il était évident pour moi que ces apparitions incessantes empêchaient qu’elle ne passe à autre chose.
Yvon me rassura tout de suite à ce propos. Thérèse avait récemment mis un œuf à couver dans le poulailler et elle avait l’air parfaitement bien. Il me promit, par ailleurs, de surveiller les allées et venues de Tessie afin qu’elle croise moins souvent notre fille.
Yvon était le père idéal, l’homme idéal et le mari idéal, pour moi tout du moins. Nos échanges amoureux demeuraient intactes, comme au premier jour, et il faisait de moi la femme la plus heureuse du monde.
Mais, à l’approche de Noël, un cadeau inattendu sembla s’imposer à nous. Yvon me demanda trois fois si j’étais sûre mais, oui, j’étais sûre. Il ne comprenait pas, qu’à nos âges, ce soit encore possible et me regardait d’un air interloqué.
- Comment allons-nous faire ? m’avait-il demandé, très ému tout de même par cette nouvelle. Nous sommes presque vieux. - Nous allons l’élever comme nous avons élevé Thérèse et Mathurin, voilà tout ! Ce n’était pas prévu mais il là. Alors nous l’aimerons.
Loin de se douter de ce qui se tramait au sein de notre foyer, Thérèse était allée faire les courses, comme chaque matin avant le lycée, à Henford-on-Bagley.
Elle avait lié de nombreuses amitiés dans le village et revenait souvent à la ferme avec des coupons de livraison gratuite...
... coupons qui lui permettaient de voir un peu plus son livreur préféré. Cette situation me faisait souci car, plus ça allait, plus Thérèse avait l’air d’accéder à ses moindres désirs, et cela, sans aucune contrepartie.
Cela avait commencé par une tarte au chocolat et n’avait pas l’air de vouloir se terminer. Elle était complètement aveuglée et sous le charme de cet angelot qui n’aspirait qu’à une chose, d’après Sarah : quitter Henford et découvrir le monde.
Nous annonçâmes aux enfants que nous attendions un bébé, lors d’un petit déjeuner matinal. La nouvelle ne fut pas bien accueillie du tout : - C’est une plaisanterie ou quoi ? nous avait dit Mathurin.
Thérèse fut un peu plus nuancée, mais nous demanda tout de même si c’était bien sérieux à nos âges...
Mathurin semblait réellement en pétard après nous et s’interrogea sur notre connaissance de la contraception. Je ne savais plus du tout comment réagir. Heureusement, Yvon me regarda de ce regard qui me transmettait « laisse-moi gérer ».
- Nous n’avons pas de compte à vous rendre, les enfants. Et je pense que Maman est d’accord avec moi.
Bien sûr que j’étais d’accord ! J’observai mon mari en train de poursuivre : - Nous aurons ce bébé, que ça vous plaise ou non ! J’espère que j’ai été assez clair. - Bien sûr, Papa, tenta de se rattraper Thérèse.
- Et c’est une fille ou un garçon ? interrogea Mathurin pour tenter de détendre l’atmosphère. J’étais consciente qu’il savait qu’il avait manifestement dépassé les bornes : - Ça, nous n’en savons rien, lui répondit Yvon en me regardant. C’est un peu tôt pour le dire, hein ma chérie ?
- Nous n’en savons rien, c’est vrai. Tout ce que j’espère, c’est que ce bébé sera accepté par toute notre famille. Pour moi, c’est le plus important.
- Vous ne devriez pas perdre de vue que cet enfant est un enfant de l’amour, tout comme vous deux. Nous sommes conscients que la différence d’âge est grande par rapport à vous mais nous comptons sur vous pour l’aimer.
- Tout à fait, ajouta Yvon. Ce bébé sera votre frère ou votre sœur.
- C’est promis, nous l’aimerons, nous dit Mathurin. - C’est vrai mais d’abord, on doit digérer la nouvelle. Finalement, Thérèse semblait être celle qui avait le plus de mal à accepter ma grossesse.
La nuit précédant Noël, nous essuyâmes une tempête de neige et un blizzard glacial.
Heureusement, le lendemain, le ciel s’était dégagé et Yvon et Mathurin avaient pu partir en forêt pour aller chercher notre sapin.
Pendant ce temps, Thérèse alla s’occuper de Marguerite et de ses trois plantes-vaches...
...tandis que j’essayais difficilement d’entretenir le jardin. J’avais oublié que la grossesse pouvait avoir des côtés très contraignants.
Lorsque nous retournâmes à l’intérieur de la bâtisse, Yvon et Mathurin avaient déjà ramené le sapin et décoré la maison. Nous entonnâmes un chant de Noël...
...puis entreprîmes d’habiller ce magnifique arbre tous ensemble.
Nous avions invité pour le dîner de Noël les quatre enfants de Stéphanie pour partager la dinde avec nous.
Ils avaient perdu leur mère il y a peu et nous ne voulions pas les laisser seuls lors de cette fête familiale.
Armand, Aurélie, Paul et le petit Gabriel passèrent une bonne soirée en notre compagnie, et Mathurin réussit même à les faire rire.
L’ouverture des cadeaux fut un grand moment...
...surtout lorsque le Père Hiver apparut près de notre cheminée.
Thérèse fut particulièrement gâtée ce soir-là.
Notre ami en bleu venait de lui offrir une petite chienne braque de Weimar. Thérèse la montra à tout le monde et la prénomma Naya.
Le Père Hiver resta un petit moment avec nous...
...avant de prendre congé et de nous saluer jusqu’à l’année prochaine.
Cette nuit-là fut une belle nuit pour Thérèse qui, en plus d’être la maîtresse d’un joli petit chiot, vit l’œuf qu’elle avait mis à couver, éclore.
Elle appela le petit poussin Noël, en hommage à cette belle soirée que nous venions de passer.
Point de vue de Thérèse
Je me rendis ce matin-là à Henford-on-Bagley pour y faire les courses, comme chaque matin et, une fois n’est pas coutume, j’y croisai le beau Rahul.
Papa et Maman l’ignoraient mais, si j’insistais tant pour faire moi-même les achats dont nous avions besoin, c’était justement dans l’espoir d’y voir Rahul. Le problème est, qu’en ce moment, il n’avait qu’une idée en tête, quitter Henford, et il me sollicitait un peu trop souvent pour faire les commissions à sa place. Cette fois, je lui dis non.
Cela ne l’empêcha pas de me suivre jusqu’aux boutiques et d’insister. - Ben alors, Rahul ! lui lança Kim. Tu fais encore faire ton boulot par une demoiselle ! Cela ne me plut pas du tout.
Rahul ne sembla pas s’outrager de la remarque de l’épicière et il m’accompagna jusqu’à la boutique de plantes des cousines Ladentelle. Son baratin fut tellement énorme que je finis par me laisser convaincre.
- Ok, mais c’est la dernière fois, tu entends ? J’ai du boulot à la ferme, moi aussi, en plus de l’école !
- Merci, Thérèse. Tu es la meilleure, dit-il en me frôlant. Et aussi la plus jolie fille du village.
Je n’étais pas dupe de ses discours à l’eau de rose mais j’avais quand même envie d’y croire.
Il ne s’était jamais rien passé entre nous mais qu’est-ce que j’aimerais que ça change. Peut-être que ces commissions lui permettront de voir à quel point je l’aime.
Point de vue de Capucine
Thérèse m’inquiétait un peu. Elle était repartie à cuisiner pour Rahul...
Et, en plus, elle faisait pour lui un modèle de point de croix. Je me demandai ce qu’il pouvait bien lui offrir en échange. Leur relation m’avait l’air un peu particulière.
Lorsque je lui en parlais, ma fille me répondait invariablement qu’elle adorait faire plaisir à Rahul et qu’elle n’attendait aucune compensation de lui. Yvon me dit cependant que le garçon avait plusieurs fois remis à Thérèse des pièces d’améliorations pour les abris de ses animaux. Quel romantisme ! Mais peut-être s’entendaient-ils ainsi, après tout.
Je devinais cependant aisément que Thérèse imaginait beaucoup d’histoires qui, sans doute, ne seraient jamais.
Tessie tournait beaucoup autour de la maison et, si Yvon arrivait souvent à la maintenir dehors, ce n’était pas toujours le cas.
Ça m’attristait tellement de la voir ainsi errer comme une âme en peine.
Je savais que Thérèse avait beaucoup de mal à la laisser partir et que ce n’est qu’à cette seule condition que Tessie pourrait trouver la paix.
C’est ce qu’elle fit cette nuit-là. Elle pleura beaucoup mais réussit à faire son deuil de notre chienne.
Elle lui rendit un dernier hommage et lui dit enfin au revoir.
Le lendemain matin, je me levai à l’aube pour profiter du lever du jour. J’avais pour projet de me rendre à la foire aux bovins d’Henford afin d’y acheter une vache. Yvon avait été plus qu’enthousiaste quant à mon idée d’avoir une étable et un poulailler et il s’était proposé de construire lui-même les abris pour nos futurs animaux. Il m’avait garanti que l’étable serait prête pour le soir-même mais qu’il me faudrait attendre un peu pour le poulailler.
Ce matin-là, je découvris avec joie que mes plants de fruits du dragons ont donné leurs premiers fruits...
... et que mes plantes vaches avaient sorti leurs petites cornes de terre ! Quel bonheur !
Avant d’aller faire un tour à la foire, je passai à la boutique de fleurs pour dire à Agnès que je ne comptais pas honorer sa commission mais je tombai sur une autre vieille dame qui me dit être sa cousine. Je lui expliquai mon dilemme. - Je ne vous conseille pas de jouer un mauvais tour à Agnès, mon enfant. Elle n’est pas commode du tout et risquerait de vous prendre en grippe à jamais. Faites ce que vous avez promis et ne vous en faites pas. Kim a l’habitude, elle ne le prendra pas mal. Agatha était très gentille et me fit à son tour une remise de 25% sur toute sa boutique, afin de se faire pardonner, m’avoua-t-elle.
Je traversai alors la place pour transmettre le message d’Agnès à Kim qui ne le prit finalement pas si mal que ça, comme l’avait prévu Agatha. - Quelle vieille bique, maugréa-t-elle. Heureusement, cela n’entacha pas notre amitié naissante et elle accepta même de me faire elle aussi une ristourne sur les produits de l’épicerie.
J’avais prévenu mes amies Stéphanie et Elsa que je me rendais à Henford et elles me rejoignirent, ravies au pub du village vers onze heures, comme convenu. Elles n’avaient jamais vu de foire au bétail, tout comme moi d’ailleurs, et c’était l’occasion de nous revoir et de partager un bon moment dans un endroit convivial.
Nous y fîmes la connaissance de Sara Scott, la mixologue et propriétaire du pub. Cette femme était d’une gentillesse incroyable et elle nous apprit beaucoup de choses sur le village. Stéphanie, qui avait passé toute son enfance dans le village, avait même connu les parents de la jeune femme.
Les petites anecdotes fusèrent donc et Sara rit beaucoup avec nous. Elle nous offrit même la dernière tournée de wurtabihr. C’était surprenant de constater combien les habitants de Henford liaient facilement des amitiés avec autrui. Et dire que je n’y avais jamais mis les pieds en pensant que ce village n’avait pas grand intérêt. Je me trompais lourdement. Nous finîmes nos verres, remerciâmes Sara puis nous dirigeâmes vers la foire qui se tenait sur la place.
Lorsque je revins à la maison avec notre vache, Yvon venait de terminer son abri et avait fait le plein de foin. Je lui sautai au cou. - Tu es le meilleur, mon amour !
Mon mari était d’humeur coquine et il me tira par le bras : - Viens ma chérie ! Le foin est tout frais ! - Et la vache ? - Elle broute. Elle ne fera même pas attention à nous !
Je fis bien de suivre mon petit mari chéri dans son délire car nous nous sommes amusés comme des petits fous.
La vache n’était pas venue nous déranger et cela faisait longtemps que nous n’avions pas autant d’audace et ri autant tous les deux. Depuis la benne à ordures, je crois bien...
Après notre partie de cracotte champêtre, je m’employai à traire notre bovin. Son ancien propriétaire n’avait pas eu le temps de le faire le matin-même et il m’avait conseillé de le faire sans tarder. Cette petite traite me donna l’équivalent de six bouteilles de lait. J’étais ravie.
En fin de soirée, je fis un aller-retour rapide au pub pour apporter à Sara quelques ingrédients qu’elle m’avait demandés aux fins de concocter une nouvelle boisson pour ses clients à base de baies et notamment de framboises, puis je rejoins ma famille.
Ils étaient tous au salon à discuter à bâtons rompus d’un certain Rahul. Thérèse affrontait les taquineries de son frère et de son père qui se moquaient gentiment de son attachement pour ce garçon. - Mais n’importe quoi ! Je n’ai jamais dit que j’étais amoureuse. Il est gentil, c’est tout !
J’aurais bien voulu venir à son secours, mais mon téléphone vibra et je répondis à Sara qui était tellement satisfaite de la fraîcheur des produits que je lui avais apportés qu’elle s’était attelée immédiatement à la réalisation de sa nouvelle boisson. Elle me demandait de passer la voir le lendemain afin que je puisse lui donner mon avis sur le nectar avant de le mettre à la vente.
Le lendemain était le jour de la fête des récoltes.
La fête se passa très bien mais il n’y eut pas cette année de grand repas, ni d’invitations.
Nous avions trop de travail à la ferme.
Après le chien, le chat, les insectes, les abeilles, la vache et les plantes, il fallait maintenant s’occuper de trois poules, deux poussins et un coq ! Yvon avait terminé le poulailler et était allé acheter les volailles au petit matin. Nous n’étions pas trop de quatre à la maison pour gérer tout ça ! Enfin... trois et demi car Mathurin partageait son temps avec son ordinateur.
Thérèse avait nommé chacune des volailles. Il y avait Noirette, Blanchette et Brunette. Leurs prénoms correspondaient bien sûr à leur couleur de plumes. Le coq noir s’appelait donc Noiraud. Pour les poussins, elles les avaient nommés Nuggets et Poulette.
Notre fille s’épanouissait à vue d’œil au contact de tous ces animaux. Bien sûr, Tessie restait sa préférée mais elle dispensait ses câlins à toutes ces petites bêtes si naturellement que nous savions qu’elle serait parfaite pour rependre le flambeau, le moment venu.
Tessie était venu faire la curieuse et saluer ses nouvelles copines lorsqu’elles étaient arrivées. En espérant que la cohabitation se passe bien.
Notre vache, que Thérèse avait appelée Marguerite, fit, quant à elle la connaissance de ses trois voisines : Gloutonne, Goinfrette et Voracia. Thérèse s’était bien amusée pour leur attribuer des prénoms.
Elle fit à son tour connaissance avec les pis de Marguerite. Il fallait que tout le monde mette la main à la pâte.
Cela me convenait parfaitement car je pouvais continuer à pétiller grâce à son aide précieuse.
Thérèse passait beaucoup de temps auprès de sa vache et en prenait grand soin.
Elle la bichonnait et lui faisait plein de câlins, ce que personnellement, je n’avais pas le temps de faire.
J’emmenai ma fille, cet après-midi là, à Henford. Je la chargeai de faire les courses pendant que je me rendais au pub pour voir Sara. Je vis avec plaisir que Thérèse discutait déjà avec Stéphanie et une autre femme dont elle me dira plus tard qu’elle était le maire du village.
Sara était impatiente de me faire déguster sa nouvelle préparation. Elle sortit son shaker dès qu’elle me vit arriver.
La boisson était rafraîchissante et avait un heureux goût acidulé de framboises. - Alors ? Qu’est-ce que tu en dis ? me demanda-t-elle, inquiète, en voyant que je ne réagissais pas.
- Elle est délicieuse ! Honnêtement, j’en reprendrais bien une deuxième ! - Ouf, je suis soulagée. Je vais pouvoir la mettre en vente. Enfin, je ne sais pas... J’ai une autre idée en tête et j’aimerais que tu me dises laquelle de mes deux boissons conviendrait le mieux pour la vente. Tu pourrais aller me récupérer un ou deux ingrédients et j’aurais besoin que tu sois encore mon cobaye.
Pendant que je discutais avec Sara, Thérèse finissait de faire les courses.
Lorsque nous rentrâmes à la ferme, nous eûmes beaucoup de peine à reconnaître Cahouète tant son pelage était devenu tout blanc.
Je fis ni une, ni deux et l’emmenai directement à la clinique vétérinaire. Mathurin m’accompagna. Il était très inquiet pour son chat.
Il ne le quitta pas des yeux jusqu’à l’arrivée du vétérinaire tandis que je discutais avec une dame qui venait pour la première fois et s’enquérait de mon ressenti sur la clinique. Il y avait beaucoup de monde ce soir-là et nous n’étions pas près de rentrer.
Lorsque ce fut à notre tour, le stress de Mathurin était à son comble. J’avais beau faire pour le rassurer, rien n’y faisait. Pourtant, le vétérinaire était très doux avec son chat.
L’examen terminé, et après une injection une nouvelle fois au prix exorbitant, Cahouète ressortit de là complètement requinqué.
Nous rentrâmes fort tard mais il fallut s’occuper du jardin et des insectes. Les volailles et la vache dormaient déjà.
Même Mathurin apporta sa contribution. Il était tellement soulagé pour Cahouète que nous n’eûmes même pas à lui demander de l’aide.
Les hommes s’occupèrent donc des insectes tandis que Thérèse et moi nous attaquâmes au jardin.
Pendant ce temps, le chat de la maison veillait sur le sommeil des poules.
Nous mangeâmes ensuite rapidement et nous installâmes tranquillement pour la soirée. Yvon et Mathurin regardèrent un film à la télévision tandis que je tricotais et que Thérèse s’essayait au point de croix sur les conseils d’Agatha, la fleuriste. Thérèse avait été tentée par le cercle à broder et n’avait pu résister à l’envie de l’acheter.
Le lendemain matin, Yvon avait dû chasser Cahouète du poulailler car il se faisait un plaisir de manger la nourriture des poules et de jouer avec.
Il avait ainsi déterré une pièce d’amélioration commune et une pièce d’amélioration électronique, pour le plus grand bonheur de mon mari mais il ne fallait pas non plus que les poules manuent de nourriture.
Mathurin vint avec moi dans la matinée pour apporter à Sara, les produits dont elle avait besoin pour sa deuxième boisson. Nous la testâmes directement, mon fils et moi. Mathurin n’en était pas friand et je confirmai à Sara que sa boisson de la veille était bien supérieure à celle-ci.
J’allai ensuite retrouver Agnès Ladentelle pour lui confirmer que j’avais bien transmis son message à Kim et je lui apportai également le lait qu’elle m’avait demandé. Elle était ravie : - J’espère que cette petite coquette se tiendra mieux dorénavant.
- Et merci pour le lait, Capucine ! Vous êtes adorable. Je crois aussi que vous êtes la seule personne qui ait mon amitié dans ce village.
Ce soir-là, Tessie nous fit ses adieux.
C’est Thérèse qui la découvrit la première et elle s’effondra en larmes.
Alertés par ses pleurs, nous nous retrouvâmes tous auprès de notre pauvre chienne, aussi accablés que Thérèse.
Notre fille avait du mal à se remettre de la perte de Tessie. Elle la considérait comme sa chienne depuis qu’elle était bambinette et elle n’acceptait pas sa mort. Alors elle courait souvent pour oublier sa peine.
Elle nous déclara ne plus vouloir de chien, que c’était trop dur lorsqu’ils partaient, et elle partit s’amuser avec Marguerite.
Elle reporta sur elle toute l’affection qu’elle avait pour Tessie, et cela lui permit de se sentir mieux à mesure que les jours passaient.
Le jardinage aussi était un exutoire à sa douleur...
... de même que ses réunions de scouts.
Pendant qu’elle s’y rendait, Mathurin, lui, invitait ses copains à la maison. Ce jour-là, c’est Amand Petit qui l’avait rejoint. Ils avaient prévu de se faire une partie endiablée de je ne sais plus quel jeu sur l’ordinateur. Tout cela me dépassait un peu...
Après la réunion de scouts de Thérèse, toute la famille se rendit à la foire aux volailles de Finchwick pour soutenir notre fille qui avait choisi de participer. Elle avait emmené Blanchette avec elle, l’une de nos poules, ainsi qu’un œuf blanc. La tension était à son comble lorsque le maire se pencha sur Blanchette. Thérèse avait déjà discuté avec elle mais cela ne l’empêchait pas d’être impressionnée.
Madame le Maire détendit l’atmosphère en offrant un petit cadeau à Thérèse.
Elle lui expliqua que cette tradition amicale existait dans la communauté d’Henford depuis une centaine d’année et qu’il était appréciable de la faire perdurer. Thérèse promit de trouver un habitant pour lui offrir à son tour un cadeau. - Ça ne veut pas dire que je ferai du favoritisme... - Bien sûr , Madame.
L’élue sortit alors un carnet et se mit à noter ses observations concernant Blanchette mais, loin d’être tendue comme précédemment, je vis que notre fille semblait avoir remarqué quelque chose derrière nous et son regard ne s’en détachait pas. Elle laissa poliment Madame le maire terminer ses annotations puis elle partit en courant.
Je la vis s’approcher d’un jeune homme qui devait être à peine plus vieux qu’elle. Il avait l’air aussi content de la voir qu’elle l’était. Yvon et moi supposâmes qu’il s’agissait de Rahul.
- Tu as pu venir ? C’est génial ! J’avais peur que tu ne puisses pas avec tes livraisons. - Je t’avais dit que je me débrouillerai pour venir. Tu me fais voir ton œuf ?
Thérèse conduisit Rahul jusqu’aux stands d’exposition. - Oh non ! Quelqu’un a mis un œuf vert ! - Mais ce n’est pas grave...
- Mais si ! Mon œuf blanc n’a aucune chance face à un concurrent vert ! - Et alors ? Est-ce si important ? Le principal est de participer. Et puis ton œuf est très beau.
- Merci... C’est mon premier concours et je suis un peu sur les nerfs. - Essaye de t’amuser, cette foire est faite pour ça. Il va falloir que je rentre maintenant. Tu m’appelles pour me dire quels ont été les résultats ? - Bien sûr.
- A bientôt, Thérèse. Je suis content de t’avoir vue. - Moi aussi. Notre fille regarda le jeune homme s’éloigner avec un sourire béat sur les lèvres. Yvon et moi nous amusions en l’observant. Pas de doute, elle était sous le charme de cet adolescent. Puis soudain, elle se mit à lui courir après.
- Attends ! J’ai quelque chose pour toi ! Tu veux bien être mon ami de cadeau ? - Oh mais oui ! Avec plaisir.
Thérèse ne remporta aucun concours. Pendant ce temps, Mathurin s’était réfugié au pub. Il y avait passé une partie de l’après-midi à discuter avec les habitants d’Henford et les touristes de passage.
Nous rentrâmes à la maison, heureux. Nous avions tous passé une belle journée, chacun à notre façon. Nous étions à la fin de l’automne. Nous avions perdu Tessie, notre ferme avait diversifié son activité, les enfants avaient déjà une idée de ce que serait leur avenir et Thérèse était amoureuse... du moins, le supposions-nous. Quant à Yvon et moi, nous nous aimions encore, comme au premier jour.
A suivre 🙂
Voici la bâtisse au dernier jour de l’automne, ainsi que ses annexes :
Les espaces à posséder: un bâtiment d’habitation (avec deux chambres au minimum) : OUI une étable et un pâturage attenant pour vos plantes-vaches : étable NON, pâturage OUI une grange pour ranger votre matériel : NON un potager pour planter vos légumes et vos herbes aromatiques : OUI un verger : OUI un moulin (non fonctionnel, mais qui accueillera une éolienne) : NON
Les plantations à posséder: 5 légumes : OUI 5 fruits : OUI 5 herbes aromatiques : OUI
Les animaux à posséder: Un chien : NON Un chat : OUI Des abeilles dans deux ruches : OUI Des insectes dans deux paradis des bestioles : OUI Deux plantes-vaches (créées à partir de greffes) : en cours Une vache : OUI Un lama : NON Une poule : OUI Un coq : OUI
Conditions Perfect Farmer: Être lié d'amitié avec 1 lapin et 1 renard : NON Être lié d'amitié avec 1 lapin et 1 renard : NON Valider la collection "Rubans de foire", avoir au moins les 9 rubans requis : 1/9 *Facultatif* : Être lié d'amitié avec tous vos animaux de ferme : NON
Trésorerie à la fin de la semaine 6 : 41 875 § (+ 18 251 §) Roue des Aléas de la semaine : Fantastique sol
L’automne ne commençait pas très bien. Dans la nuit, Cahouète, qui avait disparu depuis plusieurs heures, revint à la maison avec un petit paquet et une maladie. Elle n’avait pas l’air bien du tout et je me portai alors volontaire pour nous rendre chez le vétérinaire de garde à trois heures du matin, laissant ma petite famille dormir du sommeil du juste.
Le vétérinaire me rassura tout de suite ; l’état de Cahouète était certes impressionnant mais il n’avait rien d’inquiétant.
Mon chat fut remis sur pied très rapidement, moyennant quelques simflouz, bien entendu, et je pus le ramener à la maison.
Thérèse, ignorant tout de ce qui s’était déroulé durant la nuit, s’empressa, après son petit déjeuner de le conduire sur le parcours de dressage et, à voir l’agilité de Cahouète, il était évident que celui-ci se portait comme un charme. Plus de peur que de mal, finalement...
Mathurin, quant à lui, insouciant des ennuis qui étaient arrivés à son chat, avait très rapidement débarrassé son bol pour se concentrer sur ses activités informatiques.
Quant à moi, je lançai mon pétilleur avec quelques superfruits avant d’aller me recoucher un peu. La nuit n’avait pas été de tout repos et la visite chez le vétérinaire particulièrement longue.
Heureusement, je pouvais toujours compter sur mon mari et ma plus jeune fille pour aider aux travaux de la ferme.
Cet après-midi-là, je me réveillai tout juste lorsque les enfants rentrèrent de leur réunion de scouts, toujours aussi fiers de porter leurs jolis uniformes. On aurait dit de petits soldats tout juste enrôlés , prêts à défendre le monde Sim.
Thérèse voulut que je lui apprenne à jardiner. C’était la première fois qu’elle exprimait ce souhait et je me fis un plaisir de lui enseigner les rudiments du jardinage, à commencer par le désherbage qui était indispensable si l’on voulait garder des plantes en bonne santé. Loin de trouver cela rébarbatif, ma fille s’en occupa avec grand plaisir et se mit même à siffloter en arrachant les mauvaises herbes.
Cependant, elle m’avoua qu’elle trouvait l’arrosage beaucoup plus sympa.
Dans l’après-midi, je la surpris même à parler aux arbres et j’en vins à me demander si un jour, elle reprendrait la ferme...
C’était une petite fille pleine d’énergie. En fin de journée, elle me proposa de m’aider pour la confection de leur gâteaux d’anniversaire, à Mathurin et à elle, et elle respecta scrupuleusement les conseils que je lui donnais. Cela fit de moi une maman comblée. J’adorais ces petits moments que je partageais avec Thérèse et qui nous rapprochaient indéniablement.
Une fois le gâteau refroidi, les enfants soufflèrent leurs bougies d’anniversaire. Thérèse, très pressée de devenir adolescente afin de pouvoir m’aider davantage à la ferme, se rua devant le gâteau. Nous étions loin de sa peur de grandir lors de son premier anniversaire.
Et de une !
Mathurin, comme à son habitude, ne se fit pas prier, même s’il avait cédé sa place à sa jeune sœur.
Et de deux !
Les enfants avaient grandi mais la vie dans la bâtisse devait continuer.
Et les choses ne changeaient guère. Thérèse aidait toujours...
... tandis que Mathurin passait le plus clair de son temps devant son ordinateur. Yvon et moi avions d’ailleurs fini par prendre des mesures car notre fils ne sortait plus beaucoup et s’enfermait majoritairement dans sa chambre avec son ami à clavier. Il avait désormais des horaires bien définis pour son utilisation.
Le lundi matin, quelques flocons de neige se mirent à tomber sur Brindleton Bay. Nous eûmes un peu peur que l’hiver ne soit précoce mais la neige ne tint heureusement pas au sol.
Ce jour-là, nous nous rendîmes chez Stéphanie et ses quatre enfants. Elle venait de perdre son mari Clément qui avait été notre ami, et avait besoin de soutien.
Clément était parti si vite que les enfants avaient du mal à accuser le coup. Le petit dernier avait beaucoup de chagrin et ne comprenait pas pourquoi son Papa n’était plus là tandis que le cadet et les aînés éprouvaient un sentiment d’injustice qui se traduisait par la colère. Yvon et moi tentâmes d’apaiser Paul...
... puis je pris Gabriel dans mes bras pour le consoler. Stéphanie avait beaucoup de mal et n’y arrivait pas pour le moment mais je lui faisais confiance, elle saurait faire face.
Thérèse et Mathurin, essayaient de leur côté, de réconforter Aurélie et Armand mais ce n’était pas chose aisée.
Après l’enterrement, Yvon et Mathurin rentrèrent à la bâtisse tandis que Thérèse m’accompagna à Evergreen Harbor, curieuse de la façon dont je recyclais les objets dont nous n’avions pas l’utilité.
Je lui montrai comment faire fonctionner le recycleur puis l’encourageai ensuite à faire de même.
Elle me posa une foule de questions puis finit par se lancer en me demandant à chaque manivelle ou bouton, si elle les utilisait correctement.
Même si elle hésitait parfois, elle ne se trompa pas et réussit à recycler parfaitement ses premiers objets.
Ce soir-là, alors que j’enseignais le tricot à Thérèse, Mathurin nous apprit qu’il ne souhaitait pas reprendre la ferme plus tard. Ce qui l’intéressait, c’était de travailler dans l’informatique et il ne se sentait pas capable de pouvoir gérer les deux, même avec l’aide de Thérèse, lorsque nous serions trop âgés pour le faire, son père et moi.
Nous étions déçus, c’est certain, mais cette annonce n’était pas une surprise et Mathurin nous dit également qu’il voulait arrêter le scoutisme. - Trop de nature tue la nature, s’exclama-t-il Une phrase qui ne voulait rien dire pour nous, mais avec laquelle il semblait avoir tout dit. Son père et moi ne nous opposâmes pas à sa décision, mais lui imposâmes d’appeler lui-même le chef des Licornes pour lui faire part de sa décision. Mathurin grandissait et il devait apprendre à prendre ses responsabilités.
Thérèse, qui n’avait rien dit jusque-là nous avoua la joie qu’elle aurait d’apprendre à nos côtés et de prendre la relève. Son père et moi avions, à maintes reprises, eu l’occasion de voir à quel point elle s’impliquait dans le fonctionnement de la ferme, et cette nouvelle nous soulagea. Au moins, nous transmettions quelque chose à l’un de nos enfants et la bâtisse resterait dans la famille.
Le lendemain, j’eus la magnifique surprise de voir que mes plants de fruits du dragon avaient atteint une maturité suffisante pour que je puisse en récupérer des boutures.
Je greffai donc deux mufliers avec les pousses de fruits du dragon puis un plant de fruit du dragon avec une pousse de muflier. On verrait bien ce que cela donne mais j’espérai de tout mon cœur avoir mes deux plantes vache cette année.
Je filais ensuite à Henford-on-Bagley, le village voisin dans lequel je n’avais encore jamais mis les pieds. Nous n’avions plus grand-chose dans le frigo et l’une de mes clientes m’avait appris qu’une épicerie et un marchand de fleurs avaient ouvert là-bas, dans le quartier de Finchwick. Le village était très joli et ses habitants très accueillants. On m’indiqua chaleureusement où trouver l’épicerie.
J’y fis la connaissance de Kim, une gentille jeune femme complètement débordée par son travail et qui n’avait le temps de rien. Je lui proposai donc mon aide afin de récupérer pour elle les listes de course des villageois. - C’est vraiment gentil de votre part. Ce serait abuser si je vous demandais d’aller porter une rose à Michael de ma part ?
Kim me dit que Michael était le gardien des créatures. Je pouvais le trouver dans la forêt. En arrivant, je tombais sur une ruine magnifique et décidai de flâner en attendant Yvon qui devait me rejoindre.
Nous ne trouvâmes pas ce fameux gardien mais j’en profitai pour me présenter aux personnes que je rencontrais afin d’établir une liste de victuailles pour Kim.
J’informai aussi ces personnes que je possédais une ferme à Brindleton Bay et que j’y vendais des produits fait maison, exclusivement. Qui sait ? Peut-être viendront-ils me rendre visite et craqueront pour mes gâteaux ou mes jus de fruits...
Toujours pas de gardien des créatures... Yvon m’abandonna pour retourner à la ferme et j’en profitai pour glaner un peu près d’un escargot géant.
Je poursuivis ma promenade en forêt tranquillement. Tiens, il y avait quelqu’un... mais ce n’était toujours pas la personne que je recherchais.
Je croisai sur ma route un joli renard roux avec lequel je restai discuter un moment. La façon dont ce renard m’écoutait parler était fascinante, presque magique.
Magique aussi avait été cette volée d’oiseaux. Je ne me lassai pas de les observer. Cette forêt était merveilleuse.
J’allais à mon tour rentrer à la maison lorsque je croisai un homme qui sut m’indiquer où trouver le gardien des créatures. Tant pis pour mes ventes de l’après-midi... Je crois que je n’aurai pas le temps de m’y coller... L’aide que j’avais promise à Kim me prenait décidemment plus de temps que prévu. J’en profitai donc pour noter les courses de cet homme et lui faire la publicité de ma ferme. En écrivant la liste de ce qu’il souhaitait, je me fis la réflexion que beaucoup d’ingrédients de base, comme les œufs ou le lait, se trouvaient sur ces listes et qu’il s’agissait de produit que je ne proposais pas à la vente. Ce serait peut-être à envisager. Il faudrait que j’en parle à Yvon.
Tandis que nous parlions, deux renard gris passèrent entre nous deux. J’aimais beaucoup cette nature sauvage et pleine de surprises.
Grâce aux indications de mon interlocuteur, je trouvai sans mal le fameux gardien des créatures.
Je me présentai à lui puis lui expliquai que Kim avait un petit cadeau pour lui.
Mais sa réaction ne fut pas celle que j’attendais. Kim m’avait dit être amoureuse de Michael et j’avais supposé que la réciproque était vraie mais ce n’était apparemment pas le cas.
Michael me raconta que Kim voyait toujours ce qu’elle voulait voir et qu’elle se méprenait sur ses intentions.
Je m’aperçus très vite qu’il avait raison car, lorsque je lui transmis le message de Michael, celle-ci n’écouta que ce qui l’arrangeait. Tant pis pour elle. Je préférais ne pas m’en mêler. J’avais du travail à la ferme et je n’étais pas encore allée voir la boutique de fleurs.
Sa propriétaire était une vieille dame charmante qui s’appelait Agnès Ladentelle. Je marchandai avec elle pour obtenir de nouvelles graines de fruits et légumes et elle me proposa 25% sur toutes les graines. C’était une belle affaire.
Cependant, la vieille dame ne s’en tint pas là. En échange des 25%, elle me demanda d’effectuer une petite commission pour elle. J’aurais dû lui demander de quoi il s’agissait avant d’accepter... Mon bon cœur me perdra et peut-être qu’Agnès n’était pas si charmante que ça après tout car elle voulait que je réprimande Kim pour avoir flirter. Mais quelle idée ! Et pourquoi toutes ces personnes ne livraient pas elles-mêmes leurs messages personnels ? Je vais passer pour qui, moi ? Bon, je verrai ça demain. Il est grand temps pour moi de rentrer.
En arrivant à la ferme, j’eus l’agréable surprise de voir que Thérèse avait pris l’initiative d’installer le stand pour y vendre mes produits. Et elle se débrouillait très bien. C’était un soulagement car j’ai craint qu’à vouloir m’occuper des affaires d’autrui, nous n’aurions pas eu de recette aujourd’hui.
Avant de commencer le prochain chapitre, je vous annonce un petit ajout dans mon CALF (Comme à la ferme). Je vais coupler ce challenge avec celui de Conjureuse , le "Perfect Farmer Challenge".
Dans l'esprit, les deux challenges ne se contrarient pas mais, afin de coller avec le "CALF", je vais également modifier ou ignorer quelques règles 🙂 Les voici:
1. Conjureuse dit : Débuter avec moins de 50 Simflouz
Bien sûr, je garde mes simflouz durement gagnés (oui, oui!!) car j'ai déjà donné avec Capucine qui est partie de rien. 😇
2. Conjureuse dit : Vous pouvez gagner de l’argent avec les activités de fermier, la pêche, le jardinage, la peinture, la cueillette d’insecte/métaux, le bricolage et toutes activités d’intérieur permettant de gagner de l’argent sans être dans une carrière.
Je continue à gagner de l'argent avec LES ACTIVITES DE LA FERME UNIQUEMENT.
3. Conjureuse dit : Il faudra s’installer à Henford-on-Bagley sur le terrain "Maisonnette secrète de Cordelia"
Je reste sur mon terrain car il est bien trop avancé pour que j'abandonne tout 😊
4. Conjureuse dit : Il faudra débuter la partie au printemps
J'aurais bien voulu mais je suis déjà à l'automne... donc elle débutera en automne avec le successeur de Capucine.
Le conditions pour réussir le challenge sont celles-ci et elles sont toutes réalisables, ce qui me parait être le plus important:
- Accomplir l’Aspiration « Gardien.ne de la campagne » - Avoir atteint le niveau 10 des compétences : Cuisine, Jardinage, Fitness et Point de croix (5) - Posséder au moins 1 vache, 1 lama, 1 poule et 1 coq. - Etre lié d'amitié avec 1 lapin et 1 renard. - (*Facultatif* : Etre lié d'amitié avec tous vos animaux de ferme.) - Valider la collection "Rubans de foire", avoir au moins les 9 rubans requis. - Le challenge est perdu si une règle n’a pas été respectée et/ou que votre sims meurt.
Concernant les autres règles, je les respecterai TOUTES 😀
Etant donné que pour le challenge de Epsiplay, il faut accomplir deux aspirations, le challengeur aura donc les aspirations : "botaniste indépendant" et "gardien de la campagne".
Après avoir travaillé toute la matinée, nous avons décidé de profiter de cette belle journée d’été en allant à la fête de la musique de Willow Creek. La mairie avait organisé un concert en plein air et nous ne voulions pas rater cela. Il est des évènements qui ne se reproduisent pas de sitôt.
Les enfants nous ont rejoint en fin d’après-midi après leur réunion de scouts, à temps pour voir Glass Animals se produire.
Ils étaient enchantés, et heureux de participer à une fête où il y avait autant de monde et, en plus, ils étaient devant la scène ! De quoi avoir plein de choses à raconter à leurs petits camarades de classe le lendemain. Nous aperçûmes un peu plus loin Stéphanie et son mari, ainsi qu’Elsa.
Nous étions heureux de nous revoir et profitâmes de l’entracte pour nous donner des nouvelles. Les enfants de mes deux amies avaient bien grandi eux aussi, notamment Romain, le fils d’Elsa qui avait intégré le lycée. Thérèse interrompit nos conversations passionnées lorsqu’elle vit Bebe Rexha arriver sur scène.
L’heure n’était plus à la discussion. Les notes s’envolaient vers nous et la voix chaude de la chanteuse emplissait l’air.
Cela n’empêcha pas Thérèse de laisser exprimer énergiquement sa joie.
Tout le monde était dans l’ambiance et nous n’étions pas prêts d’oublier cette magnifique soirée.
En rentrant, les enfants étaient tellement fatigués qu’ils ne demandèrent pas leurs restes pour aller se coucher, mais ce ne fut pas avant d’avoir accroché au mur leurs billets de concert, témoignages éternels de ce fabuleux moment.
Pour Yvon et moi, la fin de soirée fut toute autre. Yvon se chargea de sortir Tessie pour qu’elle fasse ses besoins...
... tandis que je dus réparer une nouvelle fois la station de pétillerie...
... avant d’aller m’occuper de mes plantes. La vie à la ferme ne s’arrêtait malheureusement pas lorsque nous sortions.
Le lendemain matin, le réveil fut difficile mais je me poussai tout de même hors du lit avant d’aller déballer mon étal. Le café m’avait redynamisée et j’étais prête à affronter mes clients.
Je fis une petite sieste dans l’après-midi et heureusement car les enfants arrivèrent à la maison avec un projet scolaire chacun. Toute la famille s’y colla. Nous commençâmes par le projet de Thérèse.
A quatre, nous réussîmes à assembler son système solaire à une vitesse défiant celle de la lumière. Notre fille était enchantée.
Nous avions à peine entamé le projet de château médiéval de Mathurin que celui-ci se sentit mal, et il était couvert de plaques sur le visage.
Ce sont les paroles de sa sœur qui nous alertèrent car Yvon et moi étions complètement concentrés par le projet. - Qu’est-ce que t’as, Thurin ? T’es tout rouge ! - Ma tête... elle tourne...
Le petit était bouillant. Je lui donnai un sirop contre la fièvre puis l’envoyai s’allonger sur le canapé. Il se réveilla à l’heure du dîner mais n’avala rien...
... et il se rendormit à nouveau alors que nous nous étions tous installés au salon pour y passer la soirée. Au moins ses plaques avaient-elles disparu. Il avait certainement pris un coup de froid la veille au soir. Il faut dire, que nous étions restés au parc jusqu’à minuit et que les températures s’étaient considérablement rafraîchies bien avant que nous ne rentrions.
Le lendemain, j’appelai l’école pour excuser l’absence de Mathurin. Il se leva vers treize heures avec une grosse faim. Il allait nettement mieux et se jeta sur le reste des brochettes que son père avait préparées pour le repas de midi, repas que nous avions pris sans lui.
Je fus soulagée de constater qu’il n’avait plus de fièvre et nous pûmes reprendre l’entraînement de Tessie. Les travaux que nous effectuions à l’arrière de la maison n’avaient même pas réveillé notre fils ce matin.
Tessie s’en donnait à cœur joie sur le parcours de dressage et Yvon et moi étions très fiers d’elle. Yvon me disait que nous aurions pu l’inscrire à des concours mais j’étais contre cette idée.
Ma chienne adorée n’était pas une bête de foire et je n’avais pas envie qu’elle se donne en spectacle. Nous faisions cela à la maison, juste pour nous amuser et Tessie était très douée.
Peu avant quinze heures, les entrepreneurs finirent les travaux d’aménagement extérieurs que nous leur avions commandés et réglés grâce à mes ventes. Derrière le jardin, nous avions à présent une piscine naturelle avec un coin barbecue pour la belle saison et les jeux des enfants avaient été déplacés sous les arbres, derrière la piscine.
La première chose que fit Thérèse en rentrant de l’école fut d’aller faire de la balançoire et son frère se fit une joie de la rejoindre pour s’amuser à son tour. Son repas l’avait visiblement revigoré et je leur proposai à tous deux de venir étrenner la piscine.
Nous y restâmes jusqu’en début de soirée. Il faisait tellement chaud que l’eau fraîche nous faisait le plus grand bien et, même Tessie se joignit à nous.
Ce soir-là, nous dinâmes sur notre nouvelle terrasse. Thérèse nous apprit que son frère voulait avoir un chat mais qu’il n’osait pas nous le dire.
Nous n’étions qu’à moitié surpris car, si Mathurin n’avait pas voulu nous en parler, nous avions déjà constaté qu’il caressait tous les chats du quartier. - Tessie, elle est toujours avec Thérèse, nous dit-il. Et moi, j’aimerais vraiment avoir mon chat.
Nous en discutâmes lorsque les enfants furent couchés. Nous avions déjà un chien mais pourquoi pas un chat ? Après tout, il serait bien utile pour chasser les souris indésirables qui se faufilaient parfois dans la bâtisse.
Yvon était d’accord avec moi. Nous avions dit à Mathurin que nous lui donnerions une réponse le lendemain après l’école mais il aurait la surprise de trouver son chat. Yvon se proposa de contacter l’agence d’adoption.
L’employé de l’agence d’adoption des animaux arriva le lendemain en fin de matinée pour nous présenter un petit chaton au pelage blanc et roux appelé Cahouète.
Il était tout petit et si mignon. Moi qui étais une amoureuse des chiens, j’avoue que je craquais devant cette merveille.
Yvon termina notre évaluation auprès de l’homme qui avait, sans aucune gêne, emprunté notre fauteuil à bascule.
L’entretien s’était bien déroulé et il nous salua « cordialement » au bout d’une heure.
- Hé ben ! On ne peut pas dire que l’amabilité l’étouffe, celui-là ! - On s’en moque. On a Cahouète, c’est tout ce qui compte.
Yvon et Tessie purent enfin faire la connaissance de notre nouveau compagnon...
... tandis que je fis un saut en ville pour acheter de quoi faire un petit coin à notre chat.
Nous sortîmes ensuite prendre l’air au jardin. Cahouète s’amusait de me voir me balancer et sautillait partout. Il était très marrant.
Mathurin, lui aussi, sauta de joie en rentrant de l’école sous le regard attendri de sa sœur. Son nouvel ami était là et il ne s’y attendait pas du tout. Il avait eu peur qu’on ne lui oppose un refus.
- Tu vois qu’il fallait en parler à Papa et Maman !
- Tu as raison. Si j’avais su, je leur aurais demandé plus tôt. Tu viens faire une bataille de bombe à eau ?
Le temps s’y prêtait et cette petite bataille d’eau était très divertissante pour tous.
Sauf pour Thérèse qui, si elle adorait nous viser, n’appréciait pas d’être la cible de nos bombes et elle le faisait savoir.
Son père en profitait alors pour en rajouter et ça se finissait généralement en bonne partie de rigolade.
Cet été-là, il avait fait très chaud, si bien que j’entrainais Tessie à la nuit tombée afin qu’elle ne souffre pas de la canicule.
Je faisais de même avec les corvées qui demandaient un effort physique pendant que Cahouète buvait l’eau de la lessive.
Je ne sais pas si la canicule en était responsable mais nous perdîmes cette année-là notre deuxième élevage de vers qui s’enflamma subitement. Il fut remplacé ensuite par des criquets. Une chance qu’Yvon ait réagi rapidement car nous aurions pu perdre également les scarabées.
L’arrivée de Cahouète nous donna du travail supplémentaire. Le jeune chaton faisait régulièrement des bêtises et se plaisait à ignorer la litière que nous avions installée dans la salle de bain. Heureusement, Thérèse était toujours partante pour donner un coup de main et pestait aussi après Mathurin qui ne nettoyait pas derrière son chat.
Ce jour-là, Yvon avait commencé à s’intéresser de près à la mixologie. Nous avions un bar depuis peu et il s’était mis à étudier les recettes de différents cocktails. Je lui avais donc acheter un shaker dont il s’était empressé de se servir.
Pendant ce temps, je continuais inlassablement mes brocantes, avec toujours autant de succès.
Quelquefois, nous arrivions à prendre du temps rien que pour nous-mêmes. Yvon aimait beaucoup se promener sur la plage avec Tessie.
J’en profitais alors pour me détendre au soleil et parfois même y faire une sieste d’une petite heure.
Mais surtout, j’appréciais le calme avant que tout mon petit monde ne rentre...
Mais, à s’endormir au soleil, voilà ce qui pouvait arriver...
Les tâches ménagères ne cessaient jamais en plus du travail de la ferme à proprement parler et, j’avoue qu’avec la chaleur, je me sentais parfois épuisée.
Les enfants, eux, vaquaient à leur train-train. Nous leur avions acheté un établi de petit scientifique car ils en avaient besoin de réaliser de petites expériences pour leurs réunion de scoutisme. Je n’étais pas toujours très rassurée surtout lorsque celles-ci produisaient des étincelles, mais Thérèse avait l’air de maîtriser.
Mathurin, quant à lui, n’avait d’autres préoccupations que son chat. Il passait le plus clair de son temps avec Cahouète et trouvait chaque jour de nouveaux trucs pour l’amuser.
Thérèse s’intéressait de plus en plus aux activités de la ferme. C’est ainsi qu’Yvon prit son temps pour l’initier à la fabrication de bougies que lui-même avait laissé tomber car il s’était aperçu que je ne les vendais plus.
Un matin, Thérèse poussa un cri qui me fit sortir en courant : - Regarde, Maman ! La benne a complètement débordé ! Je lui expliquai que c’était malheureusement souvent le cas car certains passants ne se gênaient pas pour vider leurs déchets dans notre benne personnelle.
Je montrai à Thérèse qu’il ne fallait pas hésiter à fouiller la benne car parfois nous pouvions y trouver des trésors insoupçonnables. Elle rigola bien en voyant sa maman y plonger la tête la première.
Cela lui plut tellement qu’elle me demanda l’autorisation d’y aller aussi.
Je la vis disparaître toute entière dans la benne et en ressortir quelques minutes plus tard, agile comme une gazelle.
- Maman, je crois que j’ai trouvé un trésor...
Thérèse avait trouvé un ordinateur portable que nous nous étions empressées d’apporter à Yvon. Il s’y connaissait un peu en électronique et nous espérions qu’il puisse le réparer.
- Alors ? Qu’est-ce que tu en penses ? - Je te dirai ça tout à l’heure, ma chérie.
Et, quelques heures plus tard, j’entendis mon mari s’exclamer qu’il avait réussi.
Nous avions prévu de donner l’ordinateur à Thérèse étant donné que c’était elle qui l’avait remonté de la benne, mais elle l’offrit généreusement à son frère car elle préférait de loin être dehors ou s’activer manuellement. Mathurin, lui s’appropria rapidement son nouveau « jouet » et ne le quittait plus, au grand désespoir de Cahouète.
Le chat avait grandi et accumulait les bêtises et la dernière en date était de monter allègrement sur les plans de travail.
Yvon ne cessait de rouspéter après lui...
... mais il s’en moquait royalement, recommençant la même bêtise et snobant malicieusement mon mari.
La vie poursuivait son cours.
Nous avions investi dans deux générateurs car nous nous retrouvions régulièrement à cours d’électricité et nous voulions être complètement autonomes.
Le passage du temps était néfaste à notre plomberie qui nous lâchait souvent.
Mathurin faisait mine de s’y intéresser lorsque son Papa réparait, mais Yvon sentait bien qu’il restait près de lui par politesse. Dès que la réparation était achevée, il courait, soulagé, vers son ordinateur.
Ce jour-là, les enfants nous informèrent que leur prochaine réunion de scout se déroulerait dans la forêt de Granite Falls.
Ils étaient ravis car ils allaient cueillir des plantes et attraper des insectes qu’on ne trouvait pas dans notre région.
Yvon et moi étions alléchés par cette sortie, aussi nous décidâmes que nous irions aussi à Granite Falls le samedi suivant. Nous y louerions un chalet pour la journée et la nuit, et les enfants seront sur place pour se rendre à leur réunion. Un peu de changement ne nous ferait pas de mal.
Ce jour-là, Tessie avait vieilli.
Elle faisait maintenant des choses qu’elle n’avait jamais fait auparavant, comme boire l’eau des toilettes. Il faut dire qu’il faisait très chaud.
Cahouète, d’ailleurs, ne s’était pas privé pour nettoyer la flaque d’eau qu’Yvon avait oublié d’éponger.
Nous partîmes le samedi de très bonne heure en direction de Granite Falls et nous arrivâmes en début de matinée pour y découvrir de magnifiques paysages ainsi le superbe chalet que nous avions réservé pour notre petit séjour.
Les enfants s’empressèrent d’investir la petite tente qui se trouvait pour y jouer à l’abri du soleil...
... tandis qu’Yvon fit un plongeon dans la piscine et que je m’installai à l’ombre d’un grand sapin. Nous avions, ici aussi, un temps caniculaire mais la forêt environnante rendait les températures plus supportables qu’à Brindleton Bay.
J’allai tout de même faire un tour dans la forêt pour me rafraîchir un peu, laissant mon mari qui ne semblait pas vouloir sortir de la piscine. Je découvris alors un petit passage au milieu d’un buisson, entre deux gros rochers, et je m’y engouffrai.
Lorsque j’arrivai de l’autre côté, je fus émerveillée par le paysage qui s’offrait à moi. J’avais l’impression d’être dans un décor digne d’un tableau de maître. L’air ici était beaucoup plus respirable.
Je me promenai tranquillement en admirant la nature environnante lorsque je tombai sur une petite maison au milieu de nulle part. Une vieille dame était en train d’y arroser ses plantes. Elle avait un très beau jardin.
Elle m’invita chaleureusement à m’asseoir avec elle. Elle ne voyait presque personne et elle était heureuse d’avoir un peu de compagnie. Nous sympathisâmes très vite. Elle me raconta qu’elle vivait ici en ermite et qu’elle veillait à la protection de toutes les espèces de la forêt. Je lui racontai alors ma vie à la ferme et comment j’en étais arrivée là.
Devant mon enthousiasme, et sûrement aussi parce qu’elle reconnaissait en moi une amoureuse de la nature, elle me confia la recette maison de l’engrais qu’elle utilisait pour ses plantes : - Vous verrez, il est extraordinaire. J’ai mis des années à le concocter mais au moins, il n’agressera pas vos plantations.
Je la remerciai vivement puis elle me laissa car elle avait encore beaucoup de travail. Malgré tout, elle déclina ma proposition de l’aider. Quelle magnifique rencontre !
Ces plantes et insectes ne se trouvant pas chez nous, j’en profitai alors pour partir à la recherche des espèces dont j’avais besoin pour réaliser le fameux engrais qu’il me faudrait ensuite faire infuser.
En rentrant à la maison, je trouvai Mathurin planté devant l’immense téléviseur en train de regarder la chaîne préado. Ça devait lui changer du téléviseur pingouin que nous avions à la maison...
Thérèse, fidèle à elle-même, était dehors en train de faire quelques longueurs dans l’eau fraîche.
Yvon, lui, avait décidé de pêcher notre repas de midi.
Heureusement, j’étais rentrée à temps pour cuisiner car nous ne devions pas déjeuner trop tard, étant donné que les enfants avaient rendez-vous avec leur groupe de scouts à 14 heures.
Thérèse resta avec moi pour discuter tandis que je préparais le poisson. Elle était éblouie par la dextérité dont je faisais preuve pour le retourner dans la poêle et me déclara qu’elle aimerait bien être aussi douée que moi lorsqu’elle serait plus grande.
Mathurin avait lâché la télé et s’était rapproché de nous en sentant les bonnes odeurs de cuisine, mais il se mit tout de suite à pianoter sur son ordinateur, qu’il n’avait pas oublié d’ajouter à ses bagages.
Il fallut presque se fâcher pour qu’il enlève son ordinateur afin de pouvoir mettre le couvert mais nous y sommes parvenus. Heureusement, même si notre fils était un geek en puissance, il aimait toujours se rendre à ses réunions de scouts, ce qui nous rassurait un peu.
Les enfants avaient hâte de partir à la découverte de la forêt et leur proche randonnée fut l’objet des discussions durant tout le repas. Yvon leur demanda de rapporter les espèces qui me seraient utiles pour concocter mon engrais maison.
- Papa ! On sait même pas à quoi ça ressemble, ces trucs ! lui répondit Thérèse.
Après avoir laissé les jumeaux aux bons soins de leur chef de scout, Yvon et moi partîmes ensemble pour récolter ce dont j’avais besoin. J’avais déjà quelques spécimen mais j’en voulais un peu plus. Nous découvrîmes alors d’autres espèces que nous ne connaissions pas.
En nous enfonçant dans la forêt, nous croisâmes le groupe des scouts et je retrouvai les champignons dont j’avais besoin ainsi que d’autres variétés de plantes qui nous étaient inconnues. Je me chargeai de la cueillette tandis qu’Yvon partait à la chasse aux insectes. L’après-midi fut fructueux.
Le lendemain matin, nous prîmes notre petit déjeuner de bonne heure puis allâmes récupérer de l’eau avant de partir.
Il était temps pour nous de rentrer à la ferme. Au revoir, joli chalet et à très bientôt sûrement.
Le chalet de Granite Falls est une création de @reverlautre que vous trouverez sur la galerie
Lorsque nous arrivâmes, en fin de matinée, à la maison, Tessie fit la fête à Thérèse et Cahouète vint quémander des câlins à Mathurin. Les animaux étaient heureux de nous revoir même si je savais qu’Elsa en avait pris grand soin pendant notre absence.
La première chose que je fis après avoir défait nos bagages fut de me lancer dans la réalisation de la recette de l’engrais que m’avait donné la vieille ermite.
Et j’en versai ensuite sur mes fruits du dragon. J’avais hâte de voir ce que ça donnerait une fois qu’ils seraient sortis de terre. Je plantai le reste des récoltes dans le jardin...
... puis je m’activai de nouveau à la confection de mes gâteaux au miel, après avoir lancé la station de pétillerie.
Jérôme vint me rendre visite dans l’après-midi et j’en profitai pour le remercier de s’être si bien occupé de nos animaux avec sa femme. Il m’avoua qu’ils avaient aussi profité de la piscine mais je l’espérais bien étant donné que je leur avais surtout conseillé de ne pas hésiter.
Peu avant la tombée de la nuit, je me rendis à Evergreen Harbor pour y recycler de vieux déchets qui encombraient le garage.
Et voilà ! Notre journée bien remplie était terminée. Nos petits griffons étaient devenus des licornes. Nous avions à présent un chat, une piscine, deux générateurs et une nouvelle recette d’engrais. Nous étions au dernier jour de l’été. Mon mari me souriait et nous étions heureux.
Les espaces à posséder: - un bâtiment d’habitation (avec deux chambres au minimum) : OUI - une étable et un pâturage attenant pour vos « vaches » : NON - une grange pour ranger votre matériel : NON - un potager pour planter vos légumes et vos herbes aromatiques : OUI - un verger : OUI - un moulin (non fonctionnel, mais qui accueillera une éolienne) : NON
Les plantations à posséder: 5 légumes : OUI 5 fruits : OUI 5 herbes aromatiques : OUI
Les animaux à posséder: Un chien : OUI Un chat : OUI Des abeilles dans deux ruches : OUI Des insectes dans deux paradis des bestioles : OUI Deux plantes-vaches (créées à partir de greffes) : NON
Trésorerie à la fin de la semaine 5 : 23 624 § (+ 20 450 §) Roue des Aléas de la semaine : + 50% à la table des ventes (soit + 100% au total)
En ce début de printemps, il fait encore très frais et la vie suit son cours dans la bâtisse. Nous avons revendu toutes les décorations de Noël pour améliorer notre trésorerie. Je me suis inscrite dans une salle de sport pour essayer de perdre un peu de poids...
... mais franchement, ce n’est pas mon truc. Toutes ces machines ont rapidement raison de mon moral et je n’ai pas les moyens de me faire aider par un coach, comme certaines jeunes femmes qui m’observent d’un air un peu moqueur... De toute façon, je n’ai pas la tête au sport. Il y a trop à faire à la bâtisse pour que je perde mon temps enfermée dans une salle.
La nature s’éveille doucement, à ma plus grande joie, et mes petites abeilles ont recommencé à faire du miel. Je me lance donc à fond dans la confection de gâteaux et dans la pétillerie.
Tout cela a un but bien précis : gonfler la trésorerie du foyer. C’est ce jour-là que j’ai découvert que mes jus pétillants pouvaient se vendre pour certains à des prix complètement prohibitifs. Mes clients les définissaient comme des chef-d ’œuvres de rafraichissement pour leurs palais.
Inutile de vous dire que ma station de pétillerie n’a jamais autant fonctionné que depuis que je l’ai achetée. A peine avais-je terminé une fournée de jus que j’en lançais une autre dans la foulée. Elle était en marche presque toute la journée.
L’inconvénient, c’est- qu’à force, elle finissait par surchauffer et il fallait la réparer régulièrement. Heureusement, cela ne me prenait pas longtemps. Yvon, lui, s’occupait de la fabrication de bougie. Il faisait de son mieux mais je ne lui ai pas dit que je ne mettais plus ses bougies en vente car elles faisaient de l’ombre à mes jus et à mes gâteaux. Je les déposais sur la table de vente uniquement lorsque je n’avais plus rien d’autre à vendre car, pour le moment, elles ne me rapportaient pas autant que le reste.
J’entamais donc cette nouvelle saison avec beaucoup de travail mais j’avais toujours la chance d’avoir des bambins qui ne demandaient qu’à s’occuper des insectes. C’était déjà ça de moins à gérer.
Yvon, en plus de la fabrication de bougies, avait pris en charge la cuisine familiale pour me libérer un peu de temps.
...et j’appréciais beaucoup lorsqu’il venait me déranger en plein travail.
Mathurin et Thérèse venaient souvent me tenir compagnie lorsque j’organisais une brocante devant la maison. Ils étaient enchantés de me voir crier pour interpeller les passants et s’essayaient parfois à faire de même.
En fin de journée, je partais courir avec Tessie. Cela nous faisait le plus grand bien à toutes les deux. Je n’avais pas perdu de vue mon envie de maigrir un peu mais surtout cela me délassait après une rude journée de jardinage, de cuisine ou de pétillerie.
Ce jour-là, Il fallut que j’interrompe mes activités fermières pour emmener notre chienne chez le vétérinaire. Tessie avait été mordue par un écureuil sauvage et, n’étant pas certaine qu’elle avait des vaccins à jour, j’ai préféré l’envoyer en consultation.
Notre chienne avait un bilan de santé excellent mais elle n’échappa pas à une petite injection préventive pour éviter tout risque de maladie.
Les enfants l’accueillirent à bras ouverts dès son retour et elle eut le droit à de nombreux câlins de leur part.
Mathurin lui fit même la morale pour qu’elle évite les écureuils. Lui et sa sœur avaient eu très peur que quelque chose de fâcheux ne lui soit arrivé.
Le jour de l’anniversaire des jumeaux, Yvon m’invita à faire une pause. Nous descendîmes au bord de la plage tous les quatre et je fis même un somme au bord de l’eau pendant que ma petite famille faisait des pâtés de sable.
Ils avaient, à eux trois, fabriqué une sculpture de sable en forme de plante vache ! J’espère que c’est un bon présage pour l’automne prochain !
Après ma sieste, je rejoignis Yvon pour une partie de pêche et j’étais fière de moi. J’avais attrapé un saumon énorme qui nous ferait plusieurs repas dans la semaine. Mathurin avait abandonné son château de sable quelques minutes pour me regarder me débattre avec la bête ! Il était très impressionné.
Nous rentrâmes en fin de journée, heureux de cet après-midi passé en famille. Tessie non plus ne s’était pas ennuyée. Elle avait passé son temps à jouer avec du poisson échoué sur la plage et elle empestait à des kilomètres.
Il n’était pas question que les jumeaux aient une invité toute sale pour leur anniversaire.
Tessie s’endormit, épuisée, après son bain. Tant pis, elle ne participerait pas à la fête. Thérèse, elle, avait la bouille toute triste car elle ne voulait pas grandir et elle préférait que son frère passe le premier.
Et de un !
Thérèse dut se résigner à souffler ses bougies. Yvon et Mathurin lui envoyèrent plein de confettis pour remonter son petit moral et l’encourager.
Mais notre fille restait complètement abattue.
Mathurin, plein de bonnes intentions, réussit cependant à la consoler et à lui arracher un sourire.
Allez hop, c’est pas tout ça, mais un petit séjour par le CAS s’impose !
Les enfants ayant grandi, nous avons revendu leurs lits, accessoires et jouets de bambins afin de leur leur construire une chambre digne de ce nom et rien qu’à eux. Mais cette fois, nous n’avons pas fait les choses à moitié puisque nous avons foncièrement agrandi la bâtisse en y ajoutant une aile sur le côté droit. Nous pouvions dire merci à mes brocantes fructueuses et à la vente de nos fruits et légumes.
Nous avions abattu les murs de la chambre, des toilettes et de la salle de bain pour bénéficier d’une pièce principale plus spacieuse et plus agréable à vivre. La nouvelle aile accueillait donc la chambre de Thérèse et Mathurin, notre chambre, une salle de bain et des toilettes indépendants. Le tout était, pour le moment, chichement meublé mais je ne me faisais pas de soucis pour une rénovation prochaine.
Il fallait simplement se remettre au travail et ne pas faiblir, à commencer par la pétillerie qui ne désemplissait plus de fruits en tous genres. Dans les bons jours, je pouvais sortir jusqu’à dix packs de jus dans la journée.
Je jardinais aussi beaucoup et j’avais investi depuis peu dans un jardin vertical. J’y avais planté des graines de soja que j’avais trouvées par hasard à Evergreen Harbor en allant recycler mes déchets. J’espérais en extraire de la cire pour qu’Yvon puisse enrichir son expérience de fabrication de bougies.
J’avais également repris de plus belle la confection de gâteaux qui, même s’ils n’atteignaient pas la valeur de mes jus, permettaient tout de même d’obtenir un revenu confortable.
Nos enfants étaient sages et s’entendaient très bien.
Il y avait parfois de petites chamailleries entre eux, comme chez tous les enfants, je suppose...
...mais ça ne durait jamais bien longtemps avant qu’on ne voit poindre une réconciliation.
Ce soir-là, mon Yvon eut besoin d’un massage. Il avait fait le fou avec Tessie en jouant et il s’était retrouvé avec des douleurs qui le mettaient d’humeur massacrante.
Je n’ai pas la prétention d’être la reine des massages mais mes petites mains lui on fait du bien et nous avons pu passer une bonne soirée.
Ce mercredi, la roue des aléas m’offre la possibilité de vendre mes sachets de graines mais je souhaite d’abord les ouvrir avant de les vendre. Quelle déception ! Je possède déjà les fruits, légumes et herbes proposées dans les sachets. Tant pis, je les ai vendus, et, pour fleurir un peu mon jardin, j’ai gardé une graine de fleur de chaque sorte.
Yvon s’active, ce jour-là sur l’établi pour nous fabriquer de belles étagères.
Pendant ce temps, je m’emploie à arroser les graines que je viens de semer. Notre terrain va devenir de plus en plus agréable. Nous y avons déjà planté beaucoup d’arbres et, avec les fleurs, cela va rajouter un peu de couleurs. Je me prends à penser que je pourrais en mettre dans l’eau de la lessive, pour que notre linge ait une bonne odeur et puis, un jour, qui sait, si j’ai le temps, je me lancerai peut-être dans la composition florale. C’est une activité qui me plairait beaucoup.
En attendant, ma journée n’est pas terminée puisqu’il me faut lancer ma brocante journalière. Je m’installe donc à l’ombre du cornouiller pour déballer mes trésors. Et c’est une réussite, une fois de plus. J’ai vendu presque tous mes jus mais il me reste encore cinq gâteaux et quelques bougies pour garnir mon étal.
Je n’ai pas encore fini lorsque les enfants rentrent de l’école. Ils sont accompagnés de Romain, le fils d’Elsa qu’ils ont certainement invité pour le goûter, comme ils ont l’habitude de le faire.
Je les entends rire dans le jardin et s’enthousiasmer à la découverte des jeux que nous avons pu installer grâce à mes ventes rémunératrices.
Heureusement qu’Yvon répond toujours présent pour nourrir les bouches affamées au retour de l’école. Que ferais-je sans lui ? Ma ferme n’en serait pas là, c’est certain.
Chaque soir, avant le coucher du soleil, nous prenons l’habitude de nous rendre en famille sur le bord de mer afin de récupérer un peu d’eau. L’eau est indispensable à notre ferme qui a son propre réseau et les enfants se font une joie de nous aider dans cette tâche.
Après le dîner, nous nous installons tous au salon pour rejoindre notre nouvelle copine : la télé. Yvon et moi, qui n’en avions jamais vu l’utilité puisque nous aspirions plutôt au calme après une journée de dur labeur, nous sommes vus demandés d’installer cette copine indésirable. Tous les amis des jumeaux avaient une télévision et nos enfants se sentaient un peu à l’écart lorsqu’ils se racontaient les dernières aventures de leurs héros du petit écran. Nous n’avions donc pas pu refuser lorsque Thérèse avait ressorti le téléviseur « pingouin » et depuis, nous vivions des soirées au rythme de la chaîne pour enfants.
J’arrivais encore à tricoter en écoutant les programmes préférés de Thérèse et Mathurin mais Yvon avait beaucoup de mal à se concentrer sur ses lectures.
Alors, il sortait prendre l’air et s’occupait en même temps d’aller nourrir les insectes et d’aller voir la ruche. Mais le pauvre s’en occupait nettement moins souvent que moi et les abeilles lui faisaient comprendre quand il n’avait pas choisi le bon moment pour les déranger.
Ce jour-là, les enfants rentrèrent de l’école, heureux à l’idée de fêter l’anniversaire de leur papa.
Mon amour fêta royalement sa quarantaine.
Et je trouvais qu’elle lui allait plutôt bien. - Demain, c’est ton tour, me dit-il en souriant.
Le lendemain, je me levai en forme pour aller jardiner et découvris que mes graines avaient donné de magnifiques fleurs. De quoi commencer cette belle journée de bonne humeur.
Cette journée n’était pas seulement celle de mon anniversaire ; c’était aussi le jour de l’Amour et Yvon y avait pensé. Il s’était approché de moi avec une rose fraîchement cueillie.
- Bon anniversaire, mon amour ! Je suis heureux chaque jour de te trouver à mes côtés. Je t’aime.
Evidemment, nous avions fêté l’évènement comme il se doit.
Et nous étions ravis d’avoir à présent notre propre chambre !
Après ce petit intermède, Yvon m’accompagna au salon où il avait déposé une bouteille de champagne d’un grand cru que nous sûmes apprécié à sa juste valeur. Quelle jolie fête de l’Amour.
Thérèse et Mathurin se la souhaitèrent également en rentrant de l’école.
Tessie ne comprenait pas trop toute cette agitation. Aujourd’hui, les câlins ne semblaient pas être pour elle.
Quand vint l’heure du goûter, Yvon et les enfants dressèrent mon gâteau d’anniversaire. Une corne de brume et des confettis m’accueillirent lorsque je rentrai dans la pièce.
Je soufflai donc mes bougies sous les encouragements de ma famille, Thérèse étant la plus expressive.
Allez ! Un petit tour et puis vieillit !
Je trouve que la quarantaine me va aussi bien qu’à Yvon. L’air frais de la campagne maritime nous a plutôt bien réussi et nous avons encore de belles années devant nous.
En fin d’après-midi, j’ouvre une brocante devant la maison. Il ne me reste plus que deux packs de fabuleux jus à écouler lorsque deux personnes surgissant de mon passé arrivent devant mon étal, Kayla et Dirk. Je fais mine de ne pas les reconnaître et vante la qualité de mes jus mais ils me dévisagent, intrigués. Je viens de vieillir, ma coiffure n’est plus la même, ni mon maquillage... J’espère qu’ils ne me reconnaîtront pas.
Les deux curieux s’étaient éloignés sans rien acheter. Tant mieux. Je ne voulais plus rien avoir à faire avec des célébrités. Il y a bien longtemps que je ne faisais plus partie de leur cercle et ça ne m’intéressait pas de les côtoyer à nouveau. Il faisait nuit et la fraîcheur était tombée sur la bâtisse lorsque je terminai mes ventes. Yvon était en train de nous préparer du saumon grillé pour une petite soirée barbecue.
Les enfants nous parlèrent ce soir-là de leur envie d’intégrer les scouts.
Yvon et moi trouvions que c’était une très bonne idée. Ils adoraient la nature et auraient ainsi une partie de leurs week-ends occupés avec d’autres enfants de leur âge.
La première réunion aurait lieu le lendemain dans l’après-midi. Thérèse et Mathurin avaient vraiment hâte d’y être et discutaient déjà des belles découvertes qu’ils allaient faire et des nouveaux amis qu’ils allaient rencontrer.
J’étais très heureuse pour eux et aussi très fière de mes enfants.
Seulement, je ne me sentais pas très bien. Il semblerait qu’on ait laissé un peu trop longtemps dans le frigo le superbe saumon que j’avais pêché... Une bonne nuit de sommeil me fera du bien...
Le lendemain matin, je me levai tard. J’entendais les enfants jouer dans le jardin pendant que je prenais mon café. Je trainais un peu toute la matinée, laissant à Yvon le soin de s’occuper de la ferme.
Ce n’est qu’en début d’après-midi que je me sentis réellement mieux. J’avais encore des articles à vendre et il n’était pas question de fainéanter plus longtemps. Je déballai donc mon étal et les enfants m’aidèrent à y déposer mes objets avant de s’installer près de moi sous le cornouiller. Elsa fit une petite apparition pour me saluer et je l’invitai à revenir en début de soirée pour papoter un peu.
Vers quatorze heures, les jumeaux revêtirent leurs uniformes de scout pour rejoindre leur première réunion de scoutisme.
Et ils n’étaient pas peu fiers dans leur nouvel uniforme !
Lorsqu’ils revinrent de la réunion, ils s’empressèrent de me retrouver au jardin, débordant d’énergie positive. Leur enthousiasme faisait véritablement plaisir à voir.
Ils ont obtenu deux badges chacun, ont été élevés au rang de scout griffon et ont chacun obtenu leur manuel de scoutisme ! Que de joie dans leurs paroles ! En prime, ils se sont fait de nouveaux amis et ont appris plein de choses.
Ils se sont ensuite précipités pour aller dessiner sur leurs nouvelles tables d’activité, m’affirmant que cela leur permettrait certainement d’avoir un badge supplémentaire et je ne doutai pas qu’ils puissent y arriver.
Elsa arriva, comme prévu, en fin de journée et nous nous installâmes avec Yvon pour discuter. Nous étions au dernier jour du printemps. Nous avions agrandi la bâtisse, arboré le terrain et nos soucis financiers semblaient assurément s’éloigner.
- un bâtiment d’habitation (avec deux chambres au minimum) : OUI - une étable et un pâturage attenant pour vos « vaches » : NON - une grange pour ranger votre matériel : NON - un potager pour planter vos légumes et vos herbes aromatiques : OUI - un verger : OUI - un moulin (non fonctionnel, mais qui accueillera une éolienne) : NON
Un chien : OUI Un chat : NON Des abeilles dans deux ruches : OUI 2/2 Des insectes dans deux paradis des bestioles : OUI 2/2 (criquets et scarabées bombardiers) Deux plantes-vaches (créées à partir de greffes) : NON
Trésorerie à la fin de la semaine 4 : 3174 § (+ 2208 §) Roue des Aléas de la semaine : Vente des lots de graines de l’inventaire
En me réveillant ce matin, je découvre un sol blanc et un environnement qui respire le calme et la quiétude. Je me couvre donc pour aller me promener sur la plage et y ramasser un peu de neige. Elle est là qui m’observe sans un bruit, une jolie chienne au pelage noir et blanc.
Je me lève tout doucement pour ne pas l’effrayer mais elle ne bouge pas. - Bonjour, toi !
- Comment tu t’appelles ? Tu n’es pas perdue au moins... parce que moi, je vais devoir m’en aller...
Je fis demi-tour mais la chienne me suivit.
- On dirait que tu as envie de venir avec moi, n’est-ce pas ? Mais je ne peux pas t’emmener.
- Imagine la tête d’Yvon si je rentre à la maison avec toi ! Il va en faire une jaunisse. Le budget est serré et on attend un enfant, tu comprends ?
La chienne couina et je remarquai qu’elle n’avait pas de collier. Je ne pus résister à l’envie de la caresser.
Je fis une deuxième tentative pour m’éclipser car il y avait du travail à la bâtisse, mais la chienne était toujours là.
Elle avait l’air déterminée à me suivre.
Tant pis, je la ramène à la maison. Yvon ne m’en voudra pas, je sais qu’il adore les chiens, lui aussi.
- Je ne sais pas comment tu vas le prendre, mais je nous ai ramené une surprise. Je sais que ce n’est pas le moment, que les finances ne sont pas au beau fixe mais... - Tu veux parler de la boule de poils qui est derrière toi ?
La chienne m’avait suivie jusque dans la maison. - Ne t’en fais pas ! On arrivera bien à gérer. Tu as bien fait de la ramener.
Yvon s’était rapproché de notre nouvelle amie pour faire connaissance avec elle. Elle se laissa caresser aussi facilement qu’avec moi. - Tu n’as pas de nom, j’imagine. Il va falloir t’en trouver un.
- Et si nous l’appelions Tessie ? Qu’est-ce que tu en penses ? - C’est un très joli nom, va pour Tessie.
Voilà, c’était décidé, nous gardions la chienne. Nous avons donc creusé un peu notre budget en achetant quelques objets indispensables à son bien-être comme un panier, une gamelle, des jouets ou encore une laisse. Mais nous avions aussi parcouru les magasins pour trouver le berceau idéal pour notre bébé.
Je continuai à m’occuper de mon petit jardin et à bichonner mes plantes même si le tricot était pour le moment mon activité favorite.
Yvon, lui était toujours en charge des insectes.
Mais nous n’étions plus seuls lorsque nous vaquions à l’entretien de notre petite ferme. Tessie n’était jamais bien loin.
Le soir, nous nous éclipsions cependant, sans elle, afin de lui apprendre progressivement à rester seule et à garder la bâtisse. Nous en profitions alors pour ramasser de la neige, récolter de l’eau ou simplement, admirer la vue.
La vie avec Tessie mettait du baume dans nos cœurs, et nous fûmes rapidement habitués à l’entendre couiner dès qu’Yvon se rapprochait de moi pour m’embrasser.
- Je crois qu’elle est jalouse de toi. - Il semblerait. Fais-lui un câlin, je vais nettoyer le plan de travail. Je me sens un peu de trop.
Je ne sais pas si Yvon a eu le temps de finir de nettoyer, mais moi, je n’avais plus de temps. Le bébé allait arriver.
Nous nous précipitâmes dans la chambre, suivis de Tessie qui se demandait ce qui se passait.
Je mis au monde, non pas un, mais deux bébés ! Un garçon et une fille que nous prénommâmes Thérèse et Mathurin.
Deux d’un coup ! ça n’était pas du tout prévu, ça... mais peu importe, nous étions d’heureux parents, certainement les plus heureux du monde.
Les bébés nous prenaient énormément de temps alors qu’il y avait du travail à revendre à la ferme. Il fallait jardiner, cuisiner, récolter, s’occuper des abeilles et des insectes, pétiller, fabriquer, réparer... vendre. Et les bébés nécessitaient aussi beaucoup d’attention.
Heureusement, Tessie était relativement indépendante, même si elle nous demandait beaucoup de câlins, et elle partait souvent chasser. Il n’était pas rare de trouver ici et là des petites choses qu’elle nous avait rapportées et que, soit nous gardions, soit nous faisions passer dans le recycleur d’Evergreen Harbor.
Cette semaine-là, j’organisai principalement mes brocantes sur le pas de ma porte. Je ne voulais pas m’éloigner afin de ne pas surcharger Yvon d’un surcroit de travail. Il m’aidait bien suffisamment comme cela. Et j’avais toujours ainsi un œil sur nos bébés.
Tessie me rejoignait souvent sur le stand mais, parfois, elle se mettait à aboyer sur les clients et les faisaient fuir, ce qui n’arrangeait pas mes affaires.
Nous eûmes tout de même les moyens d’investir dans deux éoliennes grâce à la journée des réductions programmée chaque année par la mairie de Brindleton Bay. Nous espérions que cet investissement écologique nous permettrait de faire baisser les factures de début de semaine.
Le soir restait mon moment préféré. Les bébés étaient couchés et je pouvais me remettre sereinement au tricot, sachant que Tessie ne tarderait pas à les rejoindre.
Elle avait pris l’habitude de dormir auprès d’eux et de bouder son coussin. Elle veillait sur eux comme une seconde mère.
Mathurin et Thérèse grandirent à la veille du réveillon. C’étaient de merveilleux bambins qui avaient pris tous deux la couleur de cheveux de leur père.
Le lendemain, Yvon avait été couper un sapin dans la forêt pour nous le ramener. Les enfants étaient complètement excités. - Tu côa qu’on va le voir, le Père Hiver, Papa ? - Je ne sais pas, les enfants... Nous n’avons pas de cheminée... - Mé on veut le voir, nous !
Le lendemain, nous nous activâmes pour préparer la journée de Noël à venir. Yvon se chargeait des décorations de la maison tandis que je préparais notre dinde pour le dîner du lendemain. Toute la famille était autour de nous. Mon cher mari prit même la peine de courir acheter une cheminée pour ne pas rater le Père Hiver. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour ses enfants ! Toutes ces dépenses allaient finir par nous ruiner d’autant que nous avions dû également prévoir des lits pour les bambins mais demain, c’était Noël et il était essentiel de passer une bonne journée en famille. (Ah, bonne nouvelle, j’ai pu acheter un sachet de graines au tirage du jour !)
Note : "Pour installer la cheminée, j’ai déplacé la station de pétillerie dehors, sous le porche. Et pour le moment, les jumeaux dorment toujours dans la chambre des parents car pas de budget pour leur propre chambre."
Nous fûmes réveillés à l’aube ce matin-là par les enfants qui nous criaient que le Père Hiver avait déjà déposé des cadeaux et qu’ils ne l’avaient pas vu. Quelle déception dans leurs petits yeux. Il avait fallu leur dire qu’il repasserait sûrement le soir lorsqu’ils seraient réveillés.
Ils avaient alors ouvert leurs cadeaux et découvert avec émerveillement ce qu’avait laissé pour eux le bonhomme en bleu au pied du sapin. Yvon et moi nous prêtâmes également avec joie à cette jolie tradition. Pour moi, c’était une première de découvrir une surprise derrière chaque paquet. Nous n’avions jamais eu de sapin à la maison et mon père se contentait de m’offrir chaque année une enveloppe garnie d’un bien gros chèque...
Quel heureux Noël ! La journée commençait bien. Yvon et moi nous étions offert une cafetière et nous savourions notre première tasse de café avec grand bonheur. Il faudra que je dise à Stéphanie que je passerai un peu moins souvent au food truck dorénavant.
Dans l’après-midi, Yvon partit en promenade avec la chienne tandis que j’avais promis aux enfants de faire un bonhomme de neige avec eux.
Une bien belle réalisation, cela va de soi. Thérèse et Mathurin l’appelèrent Bobo.
Nous nous réunîmes tous en début de soirée pour partager la dinde de Noël et reparler de ces moments fabuleux que nous avions partagés.
Je commençais alors à imiter le Père Hiver lorsqu’Yvon vit Thérèse ouvrir de grands yeux intrigués, et regarder doit devant elle : - Y’a un môsieur tout bleu dans la maison...
Je ne sais pas si c’est mon imitation qui l’a fait venir, mais le Père Hiver était bien présent dans notre bâtisse. Les enfants s’approchèrent de lui. Sûrement pour Mathurin, et fébrilement pour Thérèse qui était très impressionnée.
- M’man, c’est Papa Hiver ? C’est lui ? me demanda Mathurin. Je n’en savais pas plus que lui car je ne l’avais encore jamais vu mais je confirmais l’information. - Oui, mon chéri, c’est Papa Hiver !
Mon fils s’approcha alors de l’homme en bleu, vraiment sûr de lui : - Z’é été très sage, Papa Hiver. Z’é pô fait de bêtises. - Moi non pu... chuchota timidement Thérèse qui n’osait pas s’avancer.
Le Père Hiver parla à chacun de mes enfants doucement, gentiment et d’une voix vraiment chaleureuse. Il nous offra à chacun un cadeau personnalisé. Quel bonheur de voir les yeux écarquillés de Thérèse et Mathurin lorsqu’ils reçurent, pour l’une, un téléviseur Pingouin et pour l’autre un violon. J’étais moi-même fascinée car jamais je n’avais rencontré le Père Hiver... Ms yeux s’agrandirent lorsqu’il me proposa son cadeau et je ne savais plus quoi dire... Yvon, lui sembla être celui qui n’avait pas été sage : - Crac crac dans la benne ? Mais comment peux-tu imposer cela à ta femme ?
Je remerciai pour sa gentillesse notre ami d’un soir en lui offrant une rose de Noël issue de mon jardin (et trouvée dans une benne, mais on ne va pas le lui dire, n’est-ce pas ?) - J’espère vous recroiser l’année prochaine, Père Hiver. Je suis tellement heureuse de vous avoir connu. Et merci aussi pour mes enfants, ils n’attendaient que vous. - Merci à toi pour cette belle cheminée, Capucine. Moi aussi, je suis enfin heureux de te rencontrer. Je ne l’espérais plus. Nous nous reverrons l’année prochaine, c’est certain. En attendant, j’ai laissé un cadeau supplémentaire pour chacun de tes enfants au pied du sapin. Dis-leur de regarder.
Après le départ du Père Hiver, les enfants s’empressèrent d’ouvrir le dernier cadeau qu’il leur avait laissé. Mathurin reçut, pour la deuxième fois de la journée un violon... Peut-être que le Père Hiver n’était plus tout jeune, après tout... Il fut acté entre Yvon et moi que le deuxième violon irait à Thérèse, si tant est qu’elle aime la musique.
L’hiver s’installait et mes bambins s’étaient découvert une passion pour les insectes ! Ils les nourrissaient, leur faisaient des câlins et cela soulageait Yvon qui n’entretenait plus que les ruches.
Au lendemain de Noël, nous étions tous fatigués et certains excès de nourriture avaient eu raison de nous... Je m’étais donc lancée dans la confection d’un bouillon de grenouilles, recette qui m’avait été donnée par mon amie Elsa. - Tu verras, ça purifie l’organisme, m’avait-elle dit.
Pourtant le bouillon ne réjouit pas tout le monde. Même Yvon sembla dubitatif sur cette nouvelle recette bien que je reconnaissais qu’il faisait d’énormes efforts pour les enfants. Thérèse s’amusait avec son assiette et Mathurin semblait trouver qu’elle avait une bonne odeur.
- Ne te force pas, dis-je à mon mari qui était en train d’observer notre fils imitant sa sœur en trempant les mains dans son assiette. Si ce plat ne convient pas, je n’en ferai plus, c’est tout. Malgré mes craintes, tous finirent leur assiette. Était-ce dû à ce plein de vitamines dont nous nous abreuvions en mangeant le bouillon ? Je n’en sais rien mais les enfants avaient voulu une deuxième assiette.
En tous cas, j’ai soufflé un peu en envoyant tout mon petit monde se coucher.
Ma vie était parfois faite de surmenage et de tâches ingrates auxquelles il était pourtant nécessaire de s’atteler, mais je commençais à me lasser... j’avais besoin de distractions...
Heureusement, mes abeilles et ma chienne étaient toujours là pour me remonter le moral même dans les moments où je n’aurais demandé qu’à baisser les bras.
Et, heureusement aussi, mes bambins étaient là pour s’occuper merveilleusement bien des insectes... enfin presque car Thérèse avait quand même réussi à décimer mon élevage de vers... mais j’étais tellement fatiguée que je n’avais pas eu le bon sens d’aller vérifier ce qu’elle faisait. Yvon avait choisi des scarabées rouges pour remplacer les vers et la petite fut tout heureuse de pouvoir prendre à nouveau soin d’un « hôtel » à bestioles.
Ce jour-là, je venais de finir mes lessives lorsque le temps tourna subitement. Je ne sais pas combien de temps allait prendre mon linge pour sécher avec toute cette humidité mais, ce qui était certain, c’est qu’une tempête s’annonçait.
Je filai sur le champ au jardin pour demander aux enfants de rentrer. Nos bestioles avaient été nourries et ils n’avaient plus rien à faire dehors.
Ces journées de tempêtes pouvaient être parfois très longues mais je les mettais à profit pour avancer mes projets de tricots. Tessie, elle, semblait complètement amorphe. Elle qui aimait chasser, se retrouvait bloquée entre quatre murs et tournait en rond ou restait des heures, inerte, sur notre canapé.
Elle ne retrouvait un peu de vigueur que lorsque les jumeaux étaient près de nous et que je lui parlais un peu.
Mes meilleurs moments restaient toujours le soir, lorsqu’Yvon, qui était le seul à braver la tempête pour s’occuper du potager et des insectes, revenait auprès de moi : - Quelle journée ! Je suis complètement vanné ! - Merci pour tout ce que tu fais, mon amour
Il venait alors s’assoir à mes côtés et je m’emplissais de ses paroles bienveillantes : - Tu mérites tout ça, tu sais... Je n’ai jamais été autant heureux qu’auprès de toi. « Moi non plus... » - Oui, mais tu te fatigues. Toi aussi, tu mérites un peu de repos. Tu vas finir par tomber malade dans ce froid glacial. J’étais tellement gauche... je n’arrivais pas à lui dire combien je l’aimais et combien je m’inquiétais pour lui.
Mon passé me rattrapait toujours. Cette peur de l’abandon... mais j’étais heureuse auprès de lui notre complicité de chaque instant me démontrait à quel point nous nous aimions.
Les mots n’avaient aucun sens lorsque des regard suffisaient. J’en étais persuadée. Je l’aimais plus que chaque parcelle de ma ferme et je sentais qu’il en allait de même pour lui.
Je m’étais sérieusement mise au vélo grâce à ce petit bijou trouvé dans une benne et que j’avais retapé. Il fonctionnait très bien et tombait à point nommé car, depuis ma grossesse, j’avais du mal à perdre du poids. Il faut dire que je passais mon temps à cuisiner et que cela me profitait bien.
La nouvelle année avançait à grands pas. Elsa était venue me trouver avec une merveilleuse idée. Elle souhaitait passer le réveillon seule en amoureux avec son mari et proposait de nous inviter le 1er janvier à midi Stéphanie et moi, ainsi que nos conjoints, au restaurant. Tout un programme sans les enfants...
Le plan était de convaincre ses aînés ainsi que ceux de Stéphanie de garder Romain, le plus jeune fils d’Elsa, ainsi que les trois bambins, Mathurin, Thérèse mais aussi Paul, le petit dernier de Stéphanie. Elle m’avait appelée en renfort pour l’aider dans cette tâche. Hugo fut enchanté car il n’avait rien de prévu et Romain était tout heureux à la perspective de faire la fête avec les grands, sans les parents.
Ce fut un peu plus compliqué pour Claire qui n’avait pas du tout envie de passer son réveillon avec trois bambins dans les pattes...
Mais elle changea rapidement d’avis lorsque son père lui proposa un « petit dédommagement » en échange de sa bonne volonté. - D’accord ! De toute façon, les bambins, ça ne se couche pas trop tard, hein ? Et puis, ma copine Aurélie sera avec moi, c’est chouette !
Aurélie avait tout de suite été d’accord, de même que son frère Armand. Ils s’entendaient très bien avec les aînés d’Elsa et étaient heureux de pouvoir rendre service.
En attendant, la vie continuait à la ferme avec son lot de petites corvées et ses moments agréables.
Etant donné que les jumeaux dormaient toujours dans notre chambre et qu'Yvon entendait bien ne plus se servir de la benne...
... Nous avions décidé de tenter une nouvelle approche pour exprimer notre amour.
Le moins qu’on puisse dire est que nous avons bien rigolé !
Le 31 au soir, nous avions enfin déposé les enfants, ainsi que Tessie chez Elsa. Les bambins n’avaient pas voulu partir sans elle et les enfants de nos amis étaient enchantés d’accueillir notre chienne. Nous étions enfin seuls, yes ! La nouvelle année allait arriver dans quelques heures et je pris la résolution de perdre du poids. Je me donnai sept jours pour y arriver...
En attendant, ça n’allait pas être pour ce soir, car Yvon et moi étions bien résolus à fêter la nouvelle année comme il se doit.
Quoique... en dansant, j’éliminerai peut-être les excès, qui sait ? En tous cas, cela faisait longtemps que nous n’étions pas sortis et nous nous sommes amusés comme deux petits fous pour cette dernière soirée de l’année.
Le lendemain midi, nous rejoignîmes nos amis pour le déjeuner au restaurant. Chacun d’entre nous avait passé un magnifique réveillon avec son compagnon et nous étions tous d’accord pour dire que cela faisait du bien à nos couples de se retrouver de temps en temps sans les enfants.
Le restaurant est une création de Miskis_Hippo que vous trouverez dans la galerie sous le nom de « Brindletonbay Country club »
Elsa et Jérôme nous confirmèrent que tout s’était très bien passé avec les enfants mais que les bambins risquaient d’être un peu fatigués car ils avaient fait la fête avec la grands et s’étaient couchés aussi tard qu’eux. Pour l’instant, tout ce petit monde dormait.
Finalement, nous trouvions tous assez rassurant que les grands aient ainsi accepté les bambins. Nous étions ainsi sûr que nos progénitures avaient bien profité eux aussi de leur réveillon. - Elsa a même des photos ! Elle a récupéré le portable d’Hugo et il a mitraillé toute la soirée, dit Hugo - Vous fouillez dans le portable de vos enfants ? se choqua Stéphanie. - C’est pour la bonne cause, se défendit Elsa, et il y a des petites pépites !
Elle s’empressa de faire le tour de la table pour nous montrer les images de nos enfants en train de s’amuser. - Tu vas avoir du boulot, tu as des confettis partout !
- On ne fête pas tous les jours la nouvelle année ! Il fallait bien ça et puis, Elsa a dévalisé le magasin de cotillons. Donc, elle s’attendait un peu à avoir du ménage à faire... - Oh, mais tu vas m’aider, mon amour !
Nous nous quittâmes en nous promettant de nous revoir régulièrement tous les six, au restaurant ou ailleurs.
Yvon et moi avions envie de prolonger l’instant et nous nous sommes installés dans le salon que proposait le restaurant.
Mais nous fûmes d’accord tous les deux pour reconnaître que Mathurin, Thérèse et Tessie nous manquaient. - On va les chercher ? - Avec plaisir.
Quel bonheur de nous retrouver tous ensemble ! Ce soir-là, nous eûmes le droit à un résumé complet de la fabuleuse soirée de nos enfants : cotillons, confettis, chapeaux de fête, sifflets bruyant, danse et chants ! Ils étaient encore sous l’excitation de ces superbes moments.
Lorsque nos deux fêtards furent couchés, Yvon et moi allâmes finir la soirée dehors. Nous fîmes une partie endiablée de bataille de boules de neige et mon cher mari me fit manger de la neige !
- Je t’aime, me murmura-t-il Nous étions au dernier jour de l’hiver. Notre trésorerie avait pris une claque, mais j’avais une bien belle famille, un mari qui m’aimait, des amis épatants et... une résolution à tenir !
Les espaces à posséder: - un bâtiment d’habitation (avec deux chambres au minimum) : NON (une seule chambre) - une étable et un pâturage attenant pour vos « vaches » : NON - une grange pour ranger votre matériel : NON - un potager pour planter vos légumes et vos herbes aromatiques : OUI - un verger : OUI - un moulin (non fonctionnel, mais qui accueillera une éolienne) : NON
Les plantations à posséder: 5 légumes : OUI 6/5 5 fruits : OUI 6/5 5 herbes aromatiques : OUI 5/5
Les animaux à posséder: Un chien : OUI Un chat : NON Des abeilles dans deux ruches : OUI 2/2 Des insectes dans deux paradis des bestioles : OUI 2/2 (criquets et scarabées bombardiers) Deux plantes-vaches (créées à partir de greffes) : NON
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