J'ai écrit cette histoire autour du challenge "Nature et Libertés" (NEL) qui a été créé par @Elinoee
Voici l'introduction du challenge. J'ai copié/collé les propos d'Elinoee :
"Ce challenge a été conçu afin de faire vivre nos sims en autosuffisance, que ce soit pour leur nourriture, leur consommation d’eau et d’électricité ou même leur ameublement, leur déco et leurs vêtements. Ils seront également soucieux de la nature et feront de leur mieux pour la préserver.
Le challenge se joue sur neuf générations, et chacune a ses propres objectifs qui s'additionnent aux règles de base, qui sont, elles, valables tout au long du challenge. Les extensions nécessaires sont Vie à la campagne et Saisons, les extensions conseillées (selon les générations, sinon il faudra adapter le challenge) sont Ecologie, Destination nature, Iles paradisiaques, Au Travail, Mariage, kit Tricot de pro et kit Mini Maisons."
Lorsque j'ai commencé le challenge, je ne comptais pas en écrire une histoire, mais plutôt une avancée, une progression. Mais, je n'ai pas su résisté et, au fil des chapitres, la progression s'est transformée en histoire. Je vous laisse la découvrir. (et, pour une fois, j'ai choisi un homme pour challenger !)🙂
Chapitre 25 / Philippe - Les rêves à portée de main ____________________________________________________
Je n’avais pas prévu de recevoir une lettre de l’université de Britechester. Quand je l’ai ouverte, mes yeux ont parcouru les lignes avec un mélange d’excitation et de doute. On m’offrait une place dans un cursus prestigieux aux beaux-arts, une opportunité que beaucoup auraient saisie sans hésiter. Mais moi… je n’arrivais pas à me convaincre. L’université, c’était des années de cours, de dissertations, de contraintes. Et moi, j’avais déjà mille projets en tête : mes jus pétillants, mes cristaux, et pourquoi pas des bougies et de la poterie ? Je voulais créer, expérimenter, vendre, partager. Pas m’enfermer dans une salle de classe. Jace m’avait regardé longuement, sa guitare posée sur ses genoux. - Tu refuses ? - Oui. Je crois que ce serait une perte de temps. Je veux me lancer maintenant, pas dans quatre ans. Il avait haussé les épaules, mais je savais qu’il comprenait ma décision. Quelques jours plus tard, nous étions installés au marché de Carrière Grims.
J’avais préparé mon stand avec soin : toutes mes bouteilles de jus étaient parfaitement alignées et je les avais regroupées par carton de six. Jace m’aidait à tenir le stand, me regardant, abasourdi, alors que j’essayais d’attirer l’attention des passants. Mais personne ne s’arrêtait. Les clients se dirigeaient vers les étals voisins, habitués à leurs produits. Mon stand restait désespérément vide. Je jetais des coups d’œil autour de moi, espérant apercevoir Hitomi. Elle n’était pas là. Et cette absence me pesait plus que je ne voulais l’admettre. Pas de vente et pas d’Hitomi... ça n’était pas ma journée.
Je soupirai, les bras croisés. ֊ Ça ne marche pas, Jace. Personne ne vient. Il me regarda avec un sourire compatissant. - C’est le premier jour, Phil. Tu ne peux pas t’attendre à ce que tout le monde se précipite. - J’espérais au moins la croiser… murmurai-je. - Hitomi ? devina-t-il. Je baissai les yeux, gêné. - Oui. Mais elle n’est pas là. Jace posa une main sur mon épaule. Mon jumeau. Nous nous comprenions tellement bien. - Tu sais, parfois les choses prennent du temps. Tu as du talent, mais il faut que les gens le découvrent. Je hochai la tête, mais la déception restait vive, et je me tournai à nouveau vers les passants pour les attirer.
Le lendemain, je décidai de changer de stratégie. J’ai installé mon stand directement devant notre maison. Les passants s’arrêtaient plus facilement, intrigués par les bouteilles pétillantes exposées. Certains achetaient, d’autres posaient des questions. Et pour la première fois, je glissai quelques simflouz dans ma caisse. C’était modeste, mais c’était un début, un début que j’espérai plus faste.
Quelques jours plus tard, Coline est arrivée, son sac à dos sur l’épaule, prête à passer la soirée à la maison, comme le lui avait suggéré Maman. Elle pensait qu’un moment avec ses frères ferait du bien à sa fille.
Jace s’était empressé de lui montrer nos profils sur « Le coin de Cupidon ». - Regarde ça, Coline. Voilà mon profil, dit Jace en sortant son téléphone. Elle éclata de rire. - T’es sérieux, frangin ? Tu poses avec ta guitare ? Et Philippe, il pose avec quoi ? Jace lui répondit avec un clin d’œil. Puis il ajouta, plus sérieux : - Philippe, lui, ne se connecte jamais. Je haussai les épaules. - Je n’ai pas le temps. Et puis… je ne suis pas sûr que ce soit pour moi. Coline me lança un regard malicieux. - Pourquoi tu dis ça ? Tu espères la fille parfaite, Phil ? Je détournai les yeux, sans répondre, pensant à Hitomi sans rien dire.
Le soir venu, nous nous sommes retrouvés autour d’un repas. J’avais préparé un bar grillé, simple mais savoureux. Nous avions enfilé nos pyjamas, et l’ambiance était chaleureuse.
Coline, entre deux bouchées, se mit à se plaindre. - Maman réduit mes heures d’ordinateur. Elle dit que je dois sortir prendre l’air. Jace éclata de rire. - Elle a raison. Tu passes trop de temps devant ton écran. - Mais j’écris des histoires ! protesta-t-elle. J’invente des mondes, des personnages… Et elle croit que je perds mon temps.
Je lui souris. - Tu devrais lui montrer ce que tu écris. Peut-être qu’elle comprendrait mieux. Coline haussa les épaules, mais je voyais dans ses yeux qu’elle était fière de ses créations.
Alors que nous profitions de cette soirée tranquille en famille, nous ignorions qu’un contrôleur des initiatives écologiques était en train d’inspecter les abords de la maison. Il avait vérifié nos hôtels à insectes, la ruche et le recycleur. Si nous l’avions su, Jace et moi aurions pu retenir notre souffle, mais le verdict fut positif et nous le reçûmes dans notre boîte aux lettres le lendemain matin : notre foyer respectait les plans d’action du quartier. Nous avions échangé un sourire complice. C’était une petite victoire, mais une victoire tout de même.
Après notre repas avec Coline, nous nous installâmes sur le canapé pour regarder un vieux film. Coline n’arrêtait pas de parler, commentant chaque scène, posant des questions, riant à ses propres blagues. Jace lui répondait, amusé, et leur conversation couvrait presque le son du film.
Moi, j’essayais de suivre l’histoire, mais au bout d’un moment, j’ai abandonné.
Je me suis levé pour faire la vaisselle, laissant l’eau chaude couler sur mes mains. Mon esprit s’évadait vers Hitomi, ignorant les bavardages intensifs de mon frère et ma soeur. Où es-tu, ce soir, Hitomi ? Penses-tu à moi, ne serait-ce qu’un instant ? Sûrement pas... Tu ne te rappelles peut-être même pas qui je suis...
Le lendemain matin, j’accompagnai Coline au lycée puis m’empressai de rejoindre la machine à fabriquer que Maman m’avait confiée. Certes, cette machine n’était pas celle que je préférais, et je ne m’épanouissais pas en l’utilisant, mais elle faisait partie intégrante de mon métier de fabricant indépendant et me permettait de répondre aux commandes de mes clients. Cette machine était dans la famille depuis mon arrière-grand-père Victor, et elle nous avait appartenu à tous : ma grand-mère, ma mère, et maintenant, moi. Je la transmettrai aussi à mes enfants. La matinée s’annonçait tranquille. J’entendais Jace jouer quelques accords dans sa chambre lorsqu’il me sembla entendre retentir quelques coups à la porte. J’arrêtai alors la machine et dressai l’oreille.
J’entendis encore trois coups. Trois coups timides, presque hésitants. Je fronçai les sourcils : nous n’attendions personne. Quand j’ouvris, mon cœur fit un bond. Hitomi se tenait là, devant moi, le regard fuyant. - Bonjour… dit-elle doucement. Je restai figé, incapable de cacher ma surprise. - Hitomi ? Mais… comment avez-vous su où j’habite ? Elle baissa les yeux, visiblement gênée. - Je vous ai vu… l’autre jour. Vous vendiez vos jus devant votre maison. Je sentis une vague de confusion m’envahir. Je ne savais pas que lui répondre mais elle continua : - Je ne voulais pas paraître intrusive. Mais je… je voulais vous parler. Il y eut un silence. Et moi, je restais bouche bée... Elle semblait sincère, et son hésitation me mettait mal à l’aise. Sûrement à cause de mon manque d’assurance. - Vous voulez entrer ? finis-je par dire, d’une voix plus douce. Elle releva les yeux vers moi, visiblement soulagée. - Si vous acceptez, je veux bien…
Je m’écartai pour la laisser passer et l’accompagnai jusqu’au jardin, où j’avais installé de vieux fauteuils de camping près d’un petit feu de camp, sous un cornouiller. J’y jetai un allumette et les flammes crépitèrent doucement, projetant des ombres dansantes sur nos visages. Nous nous assîmes, chacun un peu raide, comme si la proximité nous intimidait. Le silence dura quelques instants, seulement troublé par le bois qui craquait dans le feu. Je pris une inspiration. - Pourquoi êtes-vous venue ? demandai-je Hitomi joua nerveusement avec ses doigts.
Puis elle se mit à faire de grands gestes. - Je voulais m’excuser. Quand tu m’as parlé de tes jus au marché, j’ai réagi… froidement. J’avais peur de la concurrence. Mais en te voyant vendre devant ta maison, j’ai compris que tu faisais ça par passion. Pas pour me nuire. Alors j’ai cru ce que tu m’as dit. Elle m’avait tutoyé le plus naturellement du monde. Ses mots me touchèrent plus que je ne l’aurais cru.
- Tu n’avais pas tort de te protéger. Mais je ne veux pas te prendre ta place. Je veux juste… partager ce que j’aime. Elle me regarda, un peu plus assurée. - C’est pour ça que je suis venue. Je voulais que tu saches que je respecte ton travail. Et… que je serais heureuse si on pouvait se parler. Je sentis mes épaules se détendre. - Merci, Hitomi. Je ne m’attendais pas à te voir frapper à ma porte, mais je suis content que tu l’aies fait. Un léger sourire apparut sur ses lèvres - Moi aussi. Nous restâmes là, à regarder les flammes danser, chacun un peu maladroit, mais étrangement apaisé par la présence de l’autre. Le feu crépitait, et je me surpris à penser que cette journée, venait de prendre une tournure inattendue. Pourtant, elle finit par s’en aller.
Je restai là, immobile. Une partie de moi aurait voulu qu’elle reste et qu’on parle davantage, mais elle était partie, et je me retrouvais seul avec mes pensées. Je me surpris à réfléchir à tout ce que cette rencontre signifiait. Elle avait fait le premier pas, malgré sa réserve. Elle m’avait observé, elle avait osé frapper à ma porte. Cela voulait dire qu’elle s’intéressait à moi, d’une manière ou d’une autre. J’espérais à le croire. Je me dis que peut-être, aujourd’hui, quelque chose avait commencé. Rien de grandiose, rien d’évident. Juste une étincelle, fragile, comme les flammes du feu de camp qui s’éteignait doucement. Comme elle. Je compris alors que je n’avais plus seulement envie de vendre des jus de fruits. J’avais envie de construire un lien. Avec elle.
Cependant, la réalité se rappelait à moi. La carrière de fabricant indépendant me prenait énormément de temps. Entre les commandes à gérer, les devis à préparer et les messages des clients, je passais de longues heures devant mon ordinateur. Le contact avec eux était essentiel. Je devais répondre vite, être attentif à leurs attentes, et parfois même rassurer ceux qui doutaient de la qualité de mes créations. C’était un travail exigeant, mais je savais que c’était la clé pour faire grandir mon activité.
Et comme si cela ne suffisait pas, la maison demandait aussi son lot d’attention. Je me retrouvais régulièrement à bricoler pour éviter les catastrophes. Ce matin-là, c’était l’évier qui fuyait. Il y avait de l’eau partout. J’ai dû poser mes outils de fabrication pour attraper une clé à molette et m’occuper de cette réparation. Ce n’était pas la tâche la plus intéressante mais il fallait bien s’y coller si on voulait une maison agréable à vivre.
Jace et moi avions pris l’habitude de partager un café, chaque matin, dans le jardin. Nous nous installions autour de la table en bois faite de palettes, sur les sièges que Juliane, notre grand-mère, avait fabriqués de ses mains. C’était notre rituel, un moment simple mais précieux, où nous pouvions parler de tout et de rien. Nous tenions à en profiter avant qu’il ne fasse trop froid.
Ce jour-là, je laissai échapper ce qui me trottait dans la tête. - Tu sais, j’ai revu Hitomi… enfin, elle est venue à la maison. Jace leva les yeux de sa tasse, intrigué. - Ah oui ? Qu'est-ce qu'elle t'a dit ? - Elle voulait s’excuser pour son attitude au marché. Elle m’a dit qu’elle respectait mon travail. Mais… je ne sais pas quoi penser. Elle est partie aussi vite qu’elle est venue. Jace esquissa un sourire. - Au moins, toi tu as quelqu’un qui vient frapper à ta porte. Moi, je multiplie les rencontres sur Le coin de Cupidon, et ça ne mène à rien. - Peut-être que tu devrais arrêter de poser avec ta guitare ! dis-je en riant. - Jamais ! répondit-il en riant à son tour, mais sérieusement, je crois que je n’ai pas encore trouvé la bonne. Nous avons continué à boire notre café, bercés par le chant des oiseaux et le craquement du bois de la table. Ces conversations matinales étaient comme un souffle d’air frais, un équilibre entre mes doutes et ses espoirs.
Bon alors, on avance doucement avec ces deux là. Va falloir que Phil se bouge où ils vont jamais collaborer.🙃 Et Jace, son grand amour c'est la guitare. 🤣
Bonnes fêtes de fin d'année à toi aussi Aoi-Senritsu ! 😘
Oui, Jace aime sa guitare, mais qui sait ? Il finira peut-être par trouver un autre amour 😁 Quant à Philippe, ok, je vais lui dire de passer la seconde !😅
Chapitre 26 / Philippe - Déconvenues et évidence ___________________________________________________
Jace continuait ses rencontres avec des jeunes femmes inscrites sur le Coin de Cupidon. Il avait proposé à Charlotte de l’accompagner à la pêche. Elle semblait ravie, et je les avais observés de loin, intrigué par cette complicité naissante. Mais très vite, je compris que quelque chose clochait. - Tu sais, Jace, si tu veux vraiment progresser, il faudrait que tu changes de matériel. Ta canne n’est pas assez performante. Et puis, tu devrais te lever plus tôt, les poissons mordent mieux à l’aube.
Jace avait haussé les épaules, un peu agacé. Je le connaissais, mon frère. - Je pêche pour le plaisir, pas pour battre des records, avait-il dit.
Charlotte avait tout de même insisté, détaillant chaque geste, chaque technique, comme si rien n’était jamais assez bien. - Tu pourrais aussi apprendre à préparer tes appâts toi-même. Et franchement, tu devrais viser des prises plus grosses.
Je voyais Jace se renfermer peu à peu. Il détestait qu’on lui dise ce qu’il devait faire. Plus elle parlait, plus il semblait comprendre qu’elle était beaucoup trop exigeante pour lui. Et j’avoue que je ne pouvais que l’approuver. Pourtant tout avait bien commencé, entre eux.
Le jour où Jace invita Lorena, Maman fit une visite impromptue. Elle était toujours la bienvenue. Nous lui avions même donné un jeu de clés de la maison. Mais ce jour-là... il faut bien reconnaitre que Maman tombait assez mal. Je ne sais pas qui de Jace où de Lorena avait été le plus mal à l’aise, mais elle s’était assise avec eux, autour de la table de la cuisine.
Elle était arrivée avec le sourire. - Maman, mais qu’est-ce que tu fais là ? s’était étonné Jace, visiblement embarrassé. - Je viens voir mes fils. Vous aviez promis de venir la semaine dernière et je ne vous ai pas vus. Alors, je viens à vous. Tu ne me présentes pas à ton amie ? ajouta-t-elle. - C’est Lorena, une copine, répondit-il simplement.
J’étais descendu en entendant la voix de Maman, et je pris place autour de la table au plus mauvais moment. - J’aurais été enchantée, Lorena, mais rends ce que tu as pris. Je t’ai vue, lança notre mère d’une voix ferme.
Jace et moi nous regardâmes sans comprendre. Il n’était pas dans les habitudes de Maman de se montrer inamicale. Lorena feignit l’innocence, puis, devant l’insistance et le regard de celle qui lui faisait face, elle sortit de sa poche un petit objet, un vieux minuteur qu’elle avait caché dans la poche de son blouson. - Oh… ça ! Ce n’est qu’un minuteur de cuisine. Je voulais juste le regarder. » dit-elle en souriant faussement.
Jace était abasourdi. Avant qu’il ne puisse dire quoi que ce soit, Lorena regarda son téléphone comme si elle avait reçu un message puis elle se leva brusquement. - Désolée, je dois y aller. Une urgence.
Son regard jeta ensuite des éclairs vers Jace : - On n’invite pas sa mère à un rendez-vous, Jace. Ça ne se fait pas.
Et elle disparut aussitôt. Mon frère resta là, bouche bée, tout comme moi, réalisant à peine ce qui venait de se passer.
La visite de Maman eut ça de bien qu’elle avait empêché que mon frère ne s’attachât trop à cette fille. Et, Cerise sur le gâteau Maman m’expliqua comment fabriquer un nouveau meuble.
Elle me donna tous les détails après que je lui eus montré ma station de pétillerie.
Jace attendit quelques semaines avant d’inviter une nouvelle jeune femme à la maison. Puis il invita Marina, une jeune freegan, tout comme lui, qui venait de San Myshuno. Il voulait lui montrer nos hôtels à insectes et la ruche, fier de notre engagement écologique. Il espérait que, cette fois, ça fonctionnerait. Mais dès qu’elle s’approcha, son visage se crispa. - Beurk… ces bestioles me dégoûtent. Comment pouvez-vous vivre avec ça dans votre jardin ?
Jace tenta de lui expliquer l’importance des insectes pour la biodiversité, mais elle ne cessait de se plaindre.
- Et cette ruche… tu n’as pas peur de te faire piquer ? Franchement, c’est dangereux.
Elle continua à critiquer, non seulement les insectes, mais aussi la maison, le quartier, et même le café que Jace lui avait servi. - Cet endroit, il veut ressembler à une ville, mais ce n’est pas une ville. Franchement, ça ne ressemble à rien, ici.
Je voyais mon frère perdre patience. Elle le touchait dans ce qui nous tenait le plus à cœur. Marina semblait incapable d’apprécier quoi que ce soit. Elle transformait chaque détail en reproche, et je compris vite pourquoi Jace la considérait comme une rabat-joie.
Après ces rencontres infructueuses, Jace avait besoin de se retrouver en famille. Le froid commençait à s’installer, et ce soir-là était particulièrement glacial. Je décidai de préparer une soupe de tomates, avec celles du jardin que nous avions congelées à la fin de l’été. L’odeur douce et réconfortante emplissait la cuisine, contrastant avec l’air mordant qui s’infiltrait par les fenêtres.
Nous attendions Coline pour la soirée. Elle arriva emmitouflée dans son manteau et le déposa sur le porte-manteau, dans l’entrée. Ses joues rougies par le vent. Avant même de s’asseoir, elle sortit de son sac, son ordinateur portable. - J’ai quelque chose à vous montrer, dit-elle avec un sourire timide.
Elle ouvrit son ordinateur et commença à lire. Ses histoires parlaient de mondes étranges, de personnages courageux et de quêtes impossibles. Sa voix tremblait un peu au début, mais elle se fit plus assurée à mesure qu’elle ressentait notre intérêt. Jace et moi l’écoutions attentivement, impressionnés par sa créativité.
Jace l’interrompit avec un sourire malicieux : - Tu devrais écrire une histoire sur moi, le grand pêcheur qui attrape des monstres marins.
Coline éclata de rire. - Non, toi tu serais le héros qui passe son temps à choper sur Cupidon et qui finit seul sur son bateau.
Je ris à mon tour, amusé par leur complicité. - Tu as du talent, Coline, vraiment. Tu devrais continuer.
Elle baissa les yeux, mais je voyais dans son sourire qu’elle était fière. Jace acquiesça, un sourire sincère aux lèvres.
Après cette lecture, Jace prit sa guitare et improvisa un petit jam pour nous. Les notes résonnaient dans le salon, apportant une chaleur supplémentaire à cette soirée glaciale. Coline riait, frappant des mains pour l’accompagner, parfois chantonnant quelques paroles inventées, et je me laissai bercer par cette complicité fraternelle, heureux de voir mon frère et ma sœur partager ce moment.
- Tu vois, Coline, tu pourrais mettre ça dans ton histoire : un musicien qui réchauffe les cœurs avec sa guitare, lui dis-je simplement. Notre frère est capable de ça. - Oui, mais je ne suis pas sûre que mes lecteurs apprécient le gilet qu’il porte ce soir, répliqua-t-elle sur un ton taquin que Jace ignora en souriant.
Après l’improvisation de Jace, nous nous retrouvâmes tous les trois autour de la table. La soupe de tomates fumante nous réchauffait, et nous savourions chaque cuillerée comme un réconfort contre le froid. - Ce moment simple a plus de valeur que toutes mes rencontres ratées, nous dit Jace.
Coline souffla sur sa cuillère avant de la plonger dans son bol. Le dehors était glacial, mais à l’intérieur, la chaleur de la soupe et de nos rires suffisait à nous protéger. Ce soir-là, malgré les échecs amoureux de Jace et mes propres doutes, je continuais à penser que nous avions quelque chose de précieux : la force de notre famille.
Jace la regarda notre petite sœur avec un sourire. - Tu sais, Coline, tes histoires… elles sont vraiment bien. Tu devrais être fière de toi.
Elle leva les yeux, surprise. - Tu crois ? - Bien sûr. Tu inventes des mondes que moi je ne pourrais jamais imaginer, mais c’est ça, la créativité, c’est ça l’imagination. Peut-être qu’un jour tu rejoindras les grands comme Tolkien, répondit-il en ajoutant un morceau de pain grillé dans son bol.
Je pris le relais, voulant qu’elle sente que nous étions tous les deux derrière elle. - Tu as raison, Jace, Coline a une vraie voix. Ce qu’elle écrit, c’est elle. Elle y met son âme. Et ça mérite d’être partagé.
Je vis ma sœur rougir légèrement, baissant les yeux vers sa soupe. - Maman dit que je perds mon temps…
- Peut-être que Maman est simplement une maman qui s’inquiète pour sa fille. Elle veut s’assurer que tu auras un bel avenir. Nous, on voit bien que tu as du talent. Et je suis sûr que Maman s’en rendra compte si tu lui permets de lire ton histoire, répondis-je doucement à ma sœur.
Jace hocha la tête avec conviction. - Exactement. Et si tu veux, je peux mettre ta lecture en musique. Tes histoires avec ma guitare, ça ferait un duo parfait.
Coline éclata de rire, détendue, comme si elle ne s’était as attendue à ça : - Vous êtes incroyables. Merci… ça me fait du bien de savoir que vous croyez en moi.
Nous avons continué à manger, chacun savourant la chaleur de la soupe et la chaleur de nos mots. Ce soir-là, je sentais que nous avions réussi à lui donner confiance, à lui montrer qu’elle n’était pas seule. Et c’était peut-être ça, le vrai réconfort : la certitude que notre fratrie formait un cercle solide, prêt à soutenir chacun de ses membres.
L’automne touchait à sa fin, et l’hiver approchait. Je m’étais rendu au canal pour récupérer de l’eau. Le silence était presque total, seulement troublé par le craquement de quelques feuilles sous mes pas. C’est alors que j’entendis des pas derrière moi.
Je me retournai : Hitomi était là. Emmitouflée dans son manteau, elle me regardait avec un sourire hésitant. - Philippe… j’espérais te croiser ici. Je te cherchais. - C’est vrai ?... Je suis content que tu l’aies fait. Je n’avais même pas ton numéro.
Nous restâmes un instant immobiles, comme figés par le froid et par ce que nous ressentions. Pourtant, mes paroles avaient été nulles, et ne représentaient pas mes sentiments. Mais, j’avais vu ses yeux briller, et je compris que ce que je portais en moi depuis des semaines était partagé. - Tu sais… je crois que je suis tombée amoureuse de toi, murmura-t-elle. Et je crois que toi aussi...
Je sentis mon cœur bondir. - Tu as raison, Hitomi. Tu as raison. Je suis amoureux de toi depuis le premier jour.
Sans réfléchir davantage, nous nous rapprochâmes. Nos lèvres se rencontrèrent pour la première fois, et ce baiser scella ce que nous n’avions plus besoin de cacher : nous étions amoureux.
Amoureux ? Non, pour moi, c’était bien plus que ça. Je l’aimais, oui, je l’aimais. Je l’aimais tellement.
Depuis ce baiser, nous ne nous quittions plus. Chaque jour semblait trouver une raison pour nous rapprocher davantage. Hitomi venait souvent à la maison, et j’avais fini par la présenter à Jace. Ces deux-là s’entendaient très bien. Mon frère avait tout de suite approuvé notre relation, non pas que j’ai eu besoin de son feu vert, mais il trouvait qu’elle était parfaite pour moi.
Un soir, alors que nous étions assis au salon, elle me confia : - Tu sais, Philippe, je n’avais jamais imaginé trouver quelqu’un comme toi. Tu es simple, sincère… et tu me donnes l’impression d’être enfin à ma place.
Je passai mon bras autour de ses épaules, ému par ses paroles. - Et moi, je n’avais jamais pensé que l’amour pouvait être aussi évident. Avec toi, tout devient naturel.
Nous parlâmes longtemps, parfois de choses légères, parfois de nos rêves. Elle me raconta ses envies de vie stable, et d’avoir un vrai foyer. Et moi je lui confiai mes projets. Peu à peu, je me disais que nous pourrions bâtir quelque chose ensemble.
Nous sortions parfois marcher au bord du canal. Elle s’émerveillait de petits riens, et je me surprenais à m’émerveiller avec elle, comme si le monde entier s’était réduit à ces instants. Et chaque fois que je la regardais, je savais que ce n’était pas seulement de l’amour. C’était une certitude, une évidence : Hitomi était devenue le cœur de ma vie, une histoire sérieuse.
Bon alors là, nos amoureux transit ont pas passé la seconde, ils ont carrément mis le turbo. 🤣
Bon Colline faut te faire publier maintenant ! 😄
Et Jace, et bien... faut pas désespéré. Il y en aura bien une, un jour... En attendant il peut chanter toutes ses mésaventures avec sa guitare chérie. Ou laisser sa soeur les écrire. 😉
Quand on s'aime, il faut avancer, n'est-ce-pas ? Surtout quand tu te rends compte que la G5 n'est toujours pas en route, donc, on peut dire que c'est moi qui ai mis le turbo ! 😂
Coline fera certainement de grandes choses. Quant à Jace, il finira par trouver, peut-être dans le chapitre du jour, qui sait ? 😉
Chapitre 27/ Philippe - Le secret d'Hitomi ________________________________________
Même si la pétillerie demeurait ma passion première et que mes ventes de jus de fruits du jardin ne cessaient de grimper, je consacrais de plus en plus de temps à la gemmologie. J’avais lu des livres sur le sujet pour affiner ma technique de taille des cristaux, et apprendre sur les propriétés de ces pierres. Je passai, pour ainsi dire, plus de temps, dehors, à extraire de la pierre des cristaux bruts, ou à creuser pour en trouver, qu’à la maison avec Jace. Et lorsque j’y étais, je m’enfermais dans mes ateliers, pour tailler, pétiller, ou fabriquer des objets divers pour mes clients.
Pendant ce temps, Jace multipliait ses rencontres avec des jeunes femmes inscrites sur le coin de Cupidon. Dernièrement, il avait invité Justine, Céleste et Alexandra.
La première, Justine, était propriétaire d’un ranch. Elle arriva telle une tornade. Sa voix portait haut, et dès les premiers instants, elle parla de ses chevaux avec une passion contagieuse. - Tu sais, Jace, mes chevaux sont toute ma vie. Je me lève à cinq heures pour les nourrir, je les entraîne, je les soigne… et le soir, je recommence. Jace souriait, amusé par tant de vitalité. Il la trouvait gentille, sincère, mais il sentait déjà que son énergie était… trop. Elle parlait sans pause, enchaînant anecdotes et projets, comme si elle vivait trois vies en une seule.
Elle ne tenait pas en place et gesticulait en parlant, ses yeux brillants d’enthousiasme. Elle lui montra même des photos sur son téléphone, en lui présentant chaque animal comme un membre de sa famille. - Et puis, je veux organiser des compétitions de saut d’obstacles, tu devrais venir ! Ah, et j’ai aussi commencé à construire une nouvelle écurie. Tu sais, il faut toujours avancer, toujours faire plus !
Jace me raconta qu’il s’était senti épuisé. Justine lui avait semblé incapable de ralentir, comme si chaque minute devait être remplie d’action. Elle était pétillante, oui, mais beaucoup trop, à son goût. Jace, qui aimait les moments simples et calmes, se voyait déjà fatigué à l’idée de la revoir trop souvent. À la fin de la rencontre, il l’avait raccompagnée avec politesse, soulagé d’avoir un peu de silence.
Céleste fut sa deuxième rencontre de la semaine.
Jace avait ouvert la porte, un peu nerveux. Il espérait que ce rendez-vous serait plus calme que le précédent. Sur le pas de la maison, Céleste l’attendait. Elle avait de longs cheveux bruns qui encadraient un visage doux, décoré par un gros nœud violet qui contrastait avec la simplicité de sa tenue. Un piercing brillait sur son nez. Elle n’était pas vraiment son style, mais son visage doux, presque lumineux, l’avait immédiatement touché, et il avait senti une chaleur étrange lui parcourir la poitrine.
- Salut Céleste… entre, ou plutôt viens, je vais te montrer le jardin. Elle avait hoché la tête avec un sourire que Jace avait trouvé magnifique, et ils s’étaient assis sur le banc, au fond du jardin.
Assis côte à côte, ils commencèrent à discuter. Céleste parlait lentement, avec une voix douce, presque nonchalante. De temps en temps, elle enroulait distraitement une mèche de ses cheveux autour de son doigt. Ce geste simple, presque enfantin, lui parut attendrissant. Et lorsqu’elle levait les yeux vers lui, son sourire tranquille lui donnait l’impression que le temps ralentissait.
- Tu sais, Jace, j’adore la nature… mais je crois qu’elle est faite pour qu’on s’y repose, pas pour qu’on la maîtrise.
Sa voix douce, un peu traînante, résonna en lui comme une mélodie. Jace, qui passait ses journées à pêcher et à composer ses morceaux à la guitare, ne s’était pas senti gêné par cette confession. Au contraire, il y avait trouvé une sorte d’écho. Elle assumait sa paresse avec une sincérité désarmante, et lui, s’imaginait déjà avec elle, dans une bulle de tranquillité.
Il s’était penché légèrement vers elle, cherchant son regard, puis, sans trop réfléchir, il l’avait taquinée : - Alors, si je veux te revoir, il faudra que je sois aussi paresseux que toi ?
Elle avait éclaté d’un rire très léger, puis elle lui avait lancé un regard malicieux. - Peut-être… ou alors tu devras m’apprendre à aimer tes ruches et tes poissons.
Jace sentit une complicité naître. Il se surprit à la trouver charmante. Chaque sourire, chaque geste de Céleste semblait lui donner envie de rester là, à l’écouter encore, et il sentait son cœur battre plus vite. Elle n’était pas son style, mais elle l’attirait. Sa douceur, son authenticité, son rapport simple à la vie… tout cela lui donnait envie de se rapprocher.
A la fin de leur rendez-vous, il avait proposé de la raccompagner un bout de chemin. Ils avaient marché côte à côte, leurs épaules se frôlant parfois, Jace guettant chaque sourire et chaque regard qu’elle pouvait lui lancer. Puis mon frère s’était arrêté et lui avait pris les mains : - Céleste… je crois que tu me plais.
Elle avait baissé les yeux, ses doigts jouant encore avec une mèche de ses cheveux, puis avait relevé son visage vers lui avec un sourire timide sur les lèvres.
Alors, Jace n’avait plus hésité et, avec une audace nouvelle, il s’était penché vers elle. Leurs lèvres se rencontrèrent dans un premier baiser, doux et sincère, qui promettait que leur histoire irait plus loin.
Ce soir-là, Jace passa sa soirée à parler de Céleste, et de tout ce qu’il aimait en elle. Je pense qu’il avait trouvé quelqu’un qui faisait battre son cœur autrement, peut-être d’amour.
Jace n’avait pas pour autant annulé son dernier rendez-vous de la semaine avec la dénommée Alexandra. Il disait que ce ne serait pas correct d’annuler à la dernière minute.
Elle était arrivée ponctuelle, vêtue avec une élégance naturelle qui attirait les regards. La chaleur qui se dégageait de sa personne mettait tout de suite à l’aise, et sa générosité transparaissait dans chaque mot. Et elle avait une façon de s’intéresser sincèrement à ce que Jace disait.
Jace l’écoutait, mais son esprit vagabondait. Il se demandait ce que faisait Céleste à cet instant, si elle pensait à lui, si elle souriait encore de ce premier baiser. Chaque fois qu’Alexandra posait ses yeux sur lui, il ressentait une légère culpabilité : elle était intéressante, élégante, et pourtant son cœur n’était pas là.
En la raccompagnant, il savait déjà que son esprit était ailleurs. Dès qu’il la quitta, son premier réflexe fut de penser à Céleste. Alexandra avait été parfaite, mais elle n’avait pas réussi à effacer l’évidence : son cœur était déjà pris par un autre visage et un autre sourire, tout comme le mien ne battait que pour Hitomi.
J’avais organisé un repas de famille, un samedi, afin de présenter Hitomi à Maman, Coline et Michel. Hitomi était arrivée plus tôt pour m’aider à cuisiner et avait ajouté, à mon gratin, quelques épices pour le rendre savoureux. Ma famille nous avait rejoint vers midi et Maman et Michel nous avait donné une belle démonstration de leur amour, dans la cuisine.
Nous nous étions installés autour de la table. Je les observais discrètement, curieux de voir comment chacun allait accueillir Hitomi. Maman, fidèle à elle-même, avait commencé par lui poser mille questions.
- Alors, Hitomi, tu cuisines souvent ? demanda-t-elle en goûtant le gratin. - Oui, un peu… j’aime beaucoup les épices. J’espère que vous aimerez aussi, répondit-elle avec un sourire timide.
Coline leva les yeux de son assiette et s’exclama : -Oh, c’est vrai ! On dirait un gratin différent de celui de Philippe. Plus parfumé. Je rougis malgré moi, amusé de voir ma sœur comparer nos recettes.
Jace orienta la conversation vers mes projets. - Vous savez que les jus de Philippe commencent à bien se vendre ! - Tu comptes en faire ton activité principale ? me demanda Michel.
Je pris une inspiration avant de répondre. - J’y pense… mais la gemmologie me passionne de plus en plus. J’aimerais trouver un équilibre entre les deux.
Hitomi me regarda alors avec son joli sourire, comme pour me dire qu’elle croyait en moi. Maman posa sa fourchette et ajouta doucement : - Tu sais, ton père aurait aimé te voir travailler les pierres. Il disait toujours que tu avais de la patience dans les mains.
Ses mots me touchèrent, et un silence respectueux s’installa. Coline, pour alléger l’atmosphère, se tourna vers Hitomi : - Et toi, qu’est-ce qui te passionne ?
Hitomi réfléchit un instant, puis répondit simplement : - J’aime les choses simples… marcher au bord de l'eau, lire, et partager des repas comme celui-ci.
Je sentis mon cœur se gonfler de fierté. Elle avait trouvé les mots justes, ceux qui résonnaient avec notre vie. À la fin du repas, Coline débarrassa nos assiettes.
La conversation se poursuivit naturellement, entre anecdotes de famille et éclats de rire. On évoqua les histoires fantastiques de Coline ainsi que les aventures musicales et les pêches interminables de Jace. Je regardais Hitomi, et je voyais qu’elle s’intégrait déjà, qu’elle trouvait sa place parmi nous.
Coline acheva de faire la vaisselle, tandis que je mettais les restes du gratin au frigo. Je pris ensuite une vingtaine de photos de ma petite famille, les obligeant à poser les uns après les autres, ou tous ensemble. Je tenais à immortaliser cette belle soirée.
Après la séance photos, Maman s’adressa directement à Hitomi. - Tu es la bienvenue parmi nous, dans notre famille, Hitomi. Vraiment.
Je sentis alors que ce moment marquait un tournant. Mon amour n’était plus seulement une histoire intime : il venait d’entrer dans le cercle de ma famille. Pourtant, je vis Hitomi fermer les yeux un instants, et je crus percevoir qu’elle soupirait. Cet instant ne dura qu’une fraction de seconde, mais une fraction suffisante pour que je m’interroge sur sa signification.
Le malaise que je ressentis ne dura pas car Hitomi se leva et demanda à voir les photos que j’avais prises. - Oh, mais nous sommes très bien, sur celle-là, me dit-elle.
Les photos étaient parfaites. Elle était parfaite. Mon enthousiasme reprit le dessus et, avant qu’elle ne parte, je dis à ma famille que leur enverrai nos beaux souvenirs par mail.
Quand la maison retrouva son calme et que je serrai mon frère dans mes bras, je ressentis un profond soulagement. La soirée avait été simple, mais précieuse : Hitomi avait été accueillie sans réserve, et je savais désormais que je pouvais avancer avec elle, le cœur plus léger. - Tu as vu, Jace… tout s’est bien passé. Maman, Coline et Michel ont adoré Hitomi.
Pourtant, le lendemain, alors que je vendais mes jus, l’image d’Hitomi fermant les yeux la veille ne cessait de me revenir. Ce soupir discret, presque imperceptible, m’avait troublé. Peut-être n’était-ce rien, une simple fatigue, mais je ne pouvais m’empêcher d’être mal à l’aise. J’avais besoin d’en avoir le cœur net.
Jace venait de finir de s’occuper des insectes, ponctuel, pour être à l’heure à son rendez-vous avec Céleste. Mes derniers clients venaient de partir, et je vis s’éloigner mon frère et sa copine, heureux, flirtant l’un avec l’autre.
Je les regardai un instant, songeur, puis saisis mon téléphone pour appeler Hitomi. La connexion était mauvaise, comme d’habitude, mais après quelques coupures, nous parvînmes à nous comprendre, et elle accepta mon invitation.
Je rangeai rapidement le stand, nettoyai les bouteilles et mis mes jus au frais. À peine avais-je terminé qu’elle apparut, belle et souriante, comme toujours. Lorsqu’elle m’enlaça, je respirai le parfum agréable de ses cheveux fraîchement lavés, et je sentis mon cœur s’apaiser. Nous nous installâmes dans la cuisine, l’un en face de l’autre. Elle déclina ma proposition de lui offrir un café. Alors, je pris une profonde inspiration, décidé à ne pas laisser mes doutes m’envahir davantage.
- Hitomi… hier soir, quand Maman t’a souhaité la bienvenue, j’ai cru voir que tu étais mal à l’aise. Tu as fermé les yeux, comme si… quelque chose te pesait. Est-ce que je me trompe ?
Elle resta silencieuse quelques secondes, puis baissa le regard. Ses mains se serrèrent l’une contre l’autre. - Tu ne te trompes pas, Philippe. J’ai été touchée par les mots de ta mère, vraiment… mais c’était trop pour moi. Je me suis demandé si j’avais réellement ma place dans ta famille Je ne crois pas la mériter.
Ses paroles me frappèrent. Pourquoi pensait-elle une chose pareille ? Je pris sa main avec douceur. - Mais bien sûr que tu as ta place. Tu es déjà des nôtres. Et moi… je voudrais que tu viennes vivre avec moi. Ici, avec Jace et moi. Tu veux bien ?
Je la regardai, le cœur battant et plein d’espoir, persuadé que c’était la suite logique de notre histoire.
Mais Hitomi secoua doucement la tête. - Je ne peux pas, Philippe. Je ne peux pas.
Je restai figé, incapable de comprendre. - Pourquoi ? demandai-je d’une voix tremblante.
Elle sortit alors son téléphone de son sac. Après quelques gestes hésitants, elle me montra une photo. Sur l’écran, un petit garçon souriait. - Voici mon fils, dit-elle simplement.
Je sentis le monde vaciller autour de moi. Mon souffle se coupa. Jamais je n’aurais imaginé cela. Je fixai l’image, incapable de détourner les yeux. - Ton… fils ? balbutiai-je.
Hitomi hocha la tête, ses yeux brillants d’une émotion contenue, mais tellement tristes, à la fois. - Oui. C’est pour lui que je ne peux pas encore m’engager davantage. Je dois penser à lui avant tout, et je ne veux pas t’imposer sa présence.
Je restai là, muet, partagé entre la surprise et l’incompréhension. Ce secret changeait tout, et pourtant, je sentais que mes sentiments pour elle ne faiblissaient pas. Je l’aimais et je ne voulais pas la perdre.
- Pourquoi ne m’as-tu pas parlé de lui avant ? On se voit presque tous les jours. Ça me semble quand même un sujet important.
Ce fut la seule chose que je parvins à dire.
- Lorsque nous avons commencé à nous fréquenter, je ne te connaissais pas. Je ne voulais pas faire entrer un homme dans la vie de Koichi, alors que je ne savais même pas où notre relation allait nous mener. Et si je t’en avais parlé avant, tu aurais sans doute fui. C’est ce qui arrive, en général.
Je ne répondis pas. J’avais du mal à intégrer la nouvelle, et mon estomac était noué.
Hitomi s’était levée, prête à partir. Je la rejoignis dans l’entrée.
- Je t’aime, parvins-je à lui dire. - Ça ne suffira peut-être pas, Philippe. Nous avons eu une belle histoire. Tâchons de bien la terminer, s’il te plait.
Ses mots me transpercèrent comme une lame froide. « Tâchons de bien la terminer »… Je restai comme incapable de respirer, comme si le sol s’était dérobé sous mes pieds. Tout ce que j’avais construit avec elle, chaque instant partagé, semblait vaciller. Pourtant, au milieu de ce vertige, une seule certitude demeurait : je ne voulais pas la perdre.
Elle avait ouvert la porte. Mes mains se mirent à trembler légèrement. Je la regardai, debout dans l’entrée, prête à s’éloigner, et je compris que si je ne disais rien, elle partirait pour de bon.
— Hitomi… soufflai-je, presque dans un murmure. Ma gorge était tellement nouée que les mots ne sortaient pas.
Elle ne répondit pas. Elle franchit le seuil, et je restai là, figé, tandis que ses pas s’éloignaient.
Le silence qui suivit fut assourdissant. Je refermai la porte lentement, puis m’en retournai à la cuisine. La maison me parut soudain immense et vide, comme si son absence avait aspiré toute la chaleur des murs. Je compris alors que rien ne serait plus pareil. Mon cœur était brisé.
Jace a enfin trouvé quelqu'un ! A force, il aurait fini par rencontrer toutes les demoiselles du monde ! 😂
Sacré secret ! Hitomi, faut quand même attendre un peu de le laisser digéré la chose avant de tout arrêter. Bon Philippe est parti pour un petit coup de déprime, de remise en question. Mais je crois pas que tout soit quand même terminé. A voir. 🤭
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