Je m’étais promis de pas écrire d’histoire avant de terminer mon « Comme à la ferme » mais, à ma décharge, j’ai été attirée comme un aimant par la pub que @oiseaudelune a fait de son nouveau challenge « L’hôpital psychiatrique » sur l’activité et dont vous trouverez le lien .
Merci Oiseau de Lune pour ce super défi ! Après avoir lu les les règles du challenge, j'ai craqué et, comme tu peux le constater, je n’ai pas longtemps résisté longtemps à en faire une histoire ! ;)
Voilà donc mes huit sims prêts à s’enfermer dans l’hôpital à leurs risques et périls, et pour autant de temps qu’il le faudra, afin d’assainir l’établissement de sa malédiction. (franchement, autant de traits de terrain néfastes pour un seul endroit, c’est vraiment pas de chance ! :D )
Si vous êtes impatients de connaître les personnages, j’ai fait une petite présentation sur la page de Oiseau de Lune , un peu différente de celle que je vous présente à la fin de ce prologue. :blush:
Je vais garder cette première discussion pour le sommaire. Je vous invite donc à retrouver mes courageux sims, juste en dessous, dans celle qui suit. :)
Tout d’abord je vous souhaite à tous une belle et heureuse année 2022. Je suis heureuse de vous retrouver pour vous raconter la suite des aventures de mes mercenaires.
@Eljisim Heureuse que cette croix sur le visage d’Opaline t’ait fait rire ! :D Je pense que tu n’as pas saisi la dimension dramatique qui voulait dire « Et un de moins ! ». :p o:) En fait, j’ai fait disparaître Opaline à cause de toutes ces crises de sirène à propos des poissons, même si elle n’en a jamais rien dit. Elle aurait pu le faire, après tout ! :D Euh... combattre le feu par le feu, je ne suis pas sûre que ce soit l’idée du siècle. Mais c’est peut-être ce qu’avait Audric en tête... vas savoir Merci pour ton commentaire, Elji :kissing_heart:
@idjya Je me suis bien marrée à la lecture de ton commentaire ! Mais oui, je crois sincèrement qu’Audric déteste tellement les poules et les poissons, qu’il en préfère les fantômes ... ou le feu. :mrgreen: Merci pour le repas en souvenir d’Opaline. :kissing_heart:
@oiseaudelune Merci pour les funérailles d’Opaline, mais ne te sens pas inhumaine pour Sohaïl. Il n’était pas humain de toute façon. :D Je suis contente de t’avoir fait rire avec le désarroi d’Audric face à l’enclos des poulets.
Concernant les statuettes, j’ai décidé de les cacher car Tempérance n’est pas encore apparue sur le terrain, et je ne voudrais pas que ça l’empêche d’y venir. Bien sûr que Susumu est sympa mais le pauvre Audric s’est laissé envahir par une colère inattendue... C’est de la faute à l’hôpital (et peut-être de la mienne, aussi) :wink: Oui, Opaline, le retour. Personne n’est en fait réellement mort dans cet hôpital.
A propos du plan pour détruire Tempérance, Audric en a un bien ficelé, mais que nous ne découvrirons qu’en temps voulu... ça risque d’être très intéressant, en effet. :wink: La colère a tellement consumé Audric qu’elle lui a mis des idées folles en tête, comme le feu. Sauf que ben... non seulement, ce n’était pas une bonne idée, mais en plus les guêpes se sont attaquées à lui pour montrer leur mécontentement. :grimace: Alors ? L’hôpital va-t-il brûler ? La réponse tout de suite. Merci beaucoup pour ton commentaire. Bisous à toi aussi. :kissing_heart:
@Arcaluce Merci beaucoup pour l’air coincé trop mignon d’Audric. Je trouve que ça lui va bien aussi. :blush:
Je te concède que folie incendiaire d’Audric laisse imaginer le pire et qu’il aurait dû rester en cuisine. C’était plus calme. On va voir tout de suite si le pire va se produire. :open_mouth: Des cupcakes ? Mais tu sais le prix que ça coûte une machine à cupcakes, et surtout la place que ça prend, même si c’est bon pour le moral ? Il n’y a pas d’atelier prévu pour, ici.. :wink:
Merci pour les petites touches d’humour que j’ajoute au récit. Ça me fait plaisir que tu les aies relevées.
J’essaye de donner un côté attachant à tous les personnages, même si j’en préfère certains plutôt que d’autres. Alors, je suis heureuse si ça fonctionne. :blush: Je trouve très joli l’adjectif que tu as utilisé pour décrire la forme fantomatique d’Opaline : vaporeuse. J’aime beaucoup. L’avantage avec les fantômes, c’est qu’on a l’impression que les sims ne sont pas morts car ils reviennent. C’est une découverte intéressante pour moi car ne je joue que très rarement, voire jamais, avec eux, comme les extraterrestres d’ailleurs. Je découvre tout cela avec ce challenge. :kissing_heart:
@Pascalimsette Merci pour l’hommage à Opaline. Oui, elle est de retour, en fantôme, comme si rien ne s’était passé.
L'aspirateur souffleur n’est pas toujours disponible pour désherber. Il faut avoir un certain niveau en jardinage pour l’utiliser, et Audric l’a. Audric a récupéré la statuette pour que Tempérance se montre. Et il a un beau projet pour la vaincre, que nous ne connaîtrons pas tout de suite.
Qu’est-ce qui lui a pris de mettre le feu au désordre devant l'HP ? Je dirais, sa colère incontrôlable... ou peut-être son observatrice qui voulait faire une expérience... Oups ! :mrgreen: C’est vrai que la tête des autres est assez marrante à voir. On va savoir tout de suite s’il y a eu des pertes. :kissing_heart:
Et maintenant la suite...
*** *** *** *** *** *** ***
Point de vue d'Ancelin
Il était près de 15 heures... Le feu avait brûlé toute la nuit et commençait seulement à s’étouffer. Nous étions tous animés par un ressentiment puissant envers Audric. Guidry lui-même était aussi exaspéré qu’Odely et moi. S’il y avait bien une chose que les vampires craignent, c’est le feu.
Nos amis humains dégageaient une odeur nauséabonde et tombaient de fatigue. Audric fut le premier à se laisser choir, inconscient et misérablement, sur les pavés, au pied de l’escalier de l’hôpital.
Mais qu’était-il donc passé par la tête de cet humain-jeteur de sort, pour avoir imaginé une absurdité pareille ? Sa sottise me laissait complètement médusé. Nous le vîmes se redresser après une dizaine de minutes, et faire quelques pas avant de s’arrêter près de la fontaine. Il affichait un air abattu.
Je me précipitai, à vitesse vampirique, vers le dernier foyer encore allumé pour y déverser toute la puissance de l’extincteur que j’avais saisi. J’entendis Audric accourir vers moi, aboyant des mots décousus, pour m’empêcher de mettre fin à l’incendie.
Il fut heureusement arrêté par Odely et Amaël qui se chargèrent de l’accompagner jusqu’à son lit pour qu’il puisse se reposer. A 15h20, l’incendie était complètement maîtrisé.
Mes amis étaient dans un état calamiteux. Ils avaient faim, sommeil, et la pestilence qui émanait d’eux n’avait rien à envier au tas de déchets qui venait de brûler des heures durant.
Ils s’étaient réunis dans la cuisine pour satisfaire leurs estomacs endoloris puis avaient rejoint leurs couches sans plus attendre, s’endormant, pour certains, dans leur propre saleté.
Je me dois cependant de souligner que mes compères masculins ont fait preuve de courtoisie et de bienveillance, puisqu’ils ont élégamment laissé la seule baignoire, et la seule douche de l’hôpital, à Fantine et Doreen afin qu’elles puissent se laver.
Odely et moi avions alors mesuré l’urgence qu’il y avait à posséder des sanitaires supplémentaires, et nous avions offert à Guidry, avant qu’il ne reparte, six cents simflouz, afin qu’il nous donne accès à deux salles de bain de l’étage. L’ectoplasme avait été ravi de nous aider puis s’en était retourné dans son « au-delà » en péril, après nous avoir salués.
Odely m’avait aidé à nettoyer les sanitaires, à boucher les fissures et à enlever les toiles d’araignées qui s’étaient installées un peu partout. Nous n’étions que deux mais, deux vampires tels que nous pouvaient abattre le travail de trente humains en un temps record. Lorsque nous eûmes fini, Odely m’accompagna jusqu’au centre-bourg, à la boutique « Trouves-y-tout » de Juju, afin d’y acquérir deux baignoires pour nos compagnons d’infortune. Nous n’échangeâmes que des banalités. Son visage était aussi fermé qu’une stèle de tombeau... Pourtant, je ne pouvais m’empêcher de la regarder... elle... si belle et si forte.
Lorsque nous rentrâmes à l’hôpital, nous installâmes les baignoires et les raccordâmes au réseau interne de l’établissement. Nous n’avions pas oublié de remplir quelques seaux avec l’eau du lac. Il n’était pas envisageable d’en manquer maintenant. Nos amis en auraient été effondrés. Odely s’éclipsa ensuite en me laissant seul dans une salle de bain flambant neuve.
Je me faufilai ensuite jusque dans la chambre des femmes pour y lire le journal que nous avions aperçu la veille. Elles dormaient encore... Audric nous avait déjà résumé le contenu du journal se trouvant dans la chambre des hommes et, celui-ci semblait relater les mêmes évènements, et exprimer les mêmes désespoirs que ce qu’il nous avait conté. Ces pauvres humains avaient été arrachés à leurs familles contre leur volonté, simplement parce qu’ils étaient victimes de maux psychiatriques passagers qui auraient pu être soignés autrement. Celui-là avait été déprimé parce qu’il venait de perdre sa femme et cela avait suffi pour justifier son internement.
Il avait aimé sa femme plus que tout autre chose au monde. Au fil de ma lecture, je me rendis compte que ses propos devenaient de plus en plus incohérents à mesure qu’il racontait ses passages à l’infirmerie pour y avaler ses traitements et y subir des tourments indescriptibles. Il les nommait des « expériences ». Parfois, il revenait dans sa chambre sans pouvoir parler, parfois, il n’avait plus aucune motricité, parfois, il ne se souvenait de rien.
L’hôpital l’avait rendu fou alors qu’il ne l’était pas en y entrant, et, tout comme dans l’histoire qu’Audric nous avait résumée, cet homme-là avait fini par voir des « choses ». Il parlait de « boules de couleurs ». Certaines souriaient tandis que d’autres crachaient du feu, malfaisantes. Est-ce la folie qui lui avait permis de les voir ? C’est ce qu’il pensait. Les spectres ? Car je savais qu’il parlait d’eux. Une chose est sûre, les médecins avaient prévu d’augment son traitement, de lui mettre une camisole et de l’isoler. Le journal s’arrêta là, ou presque... Il eut une dernière pensée pour sn fils qu’il évoquait souvent, et il priait le ciel pour qu’il ne lui arrivât rien de mal, et qu’il réussît sa vie. Le journal finissait par ces quelques mots : « Je t’aime, Naoki. Ton père, Susumu. »
Je me levai alors pour observer les photos qui étaient punaisées sur le mur de sa chambre. Il y avait de nombreuses photos de femme, la même, à différents moments. Je pouvais supposer qu’il s’agissait de Manon, la femme de Susumu, morte prématurément de la tuberculose. Le portrait, un peu plus bas, représentait un homme brun avec une moustache élégante. Il s’agissait de Susumu avant son entrée à l’hôpital. Il avait la posture de tête d’un homme fier et heureux, un bel homme de son époque.
A ma gauche, déposé au sol mais appuyé contre le mur, se tenait le portrait d’un enfant, à peine adolescent. Je n’eus aucun mal à deviner que se trouvait devant moi, Naoki, son fils... un fils qu’il n’eut jamais le loisir de revoir. Je contemplai la photo, usée et abîmée à force d’avoir été touchée par les doigts du père, d’un air détaché. Même si je comprenais, et même si je trouvais cette histoire horrible, je m’étais forgé une carapace suffisamment dure pour ne pas m’appesantir sur le malheur d’autrui. Les faits... juste les faits...
Je descendis jusqu’à la réception pour me réfugier dans cette musique troublante que j’aimais tant. L’orgue avait un effet salutaire sur moi. Dans quelle mesure ? Je ne saurais le dire, car depuis que la malédiction m’avait séparé de ma femme, je ne ressentais plus rien. Ni haine, ni colère, ni peine, ni tristesse. Seule sa présence me rappelait que je n’étais pas complètement mort ou insensible, et la musique m’y aidait aussi, me berçant de doux souvenirs.
Elle s’était assise pour m’écouter jouer, comme elle l’avait fait tant de fois par le passé... à la différence près qu’elle avait pris un siège à distance respectable, et que mes doigts auraient pu saigner de la violence avec laquelle je heurtais les touches, si je n’avais pas été un vampire...
Je pouvais sentir son âme se repaître de cette mélodie qui fut la nôtre, et entendre ses pensées, inconsolables d’être, à la fois, si près et si loin de moi.
Au cours de leur existence éternelle, les vampires ne pouvaient aimer qu’une seule et unique fois. Nous pouvions tomber amoureux plusieurs fois, comme n’importe quel humain, bien sûr, mais... aimer avec un grand A, nous ne le pouvions qu’une fois. A condition que nous trouvions notre âme sœur, celui ou celle qui serait notre Unique. Et je l’avais trouvée... celle que j’aimais par-dessus tout, qui m’aimait plus que de raison, celle avec qui je pouvais communiquer par la pensée, celle qui me comprenait d’un seul regard... Et nous nous étions perdus.
Alors que nous étions heureux depuis des siècles, il avait fallu que nous acceptions, en 1989, une mission dans cet hôpital maudit. Nous y étions venus avec Adrian Duplantier et Luc Lapierre, un de ses amis jeteur de sorts. C’est là que nous avons croisé Tempérance pour la première fois. Notre présence sur les lieux l’avait rendue hors d’elle, et elle avait menacé Odely.
Luc avait bien tenté d’user de ses pouvoirs pour la dompter, mais sans succès. Il était trop jeune et ne maîtrisait rien face à la puissante dame en colère que nous avions tous sous-estimée.
La fureur de Tempérance nous avait tous surpris, tous sauf Odely qui s’était ruée sur elle, comptant lui donner une bonne leçon.
Ma douce y parvint, mais ce ne fut pas sans conséquences. Tempérance s’en prit à nous, à notre couple. La menace m’avait semblée bien réelle et je me souviens l’avoir sentie venir au plus profond de moi. Mais Odely la narguait. Elle la fixait de ses grands yeux, sans peur et sans crainte. Sur mon insistance, elle finit par cesser ses provocations...
...mais trop tard. Tempérance lança sur nous sa malédiction infernale, la malédiction qui nous séparerait à jamais.
Nous eûmes un temps infime pour nous serrer l’un contre l’autre une dernière fois. Luc Lapierre tenta une dernière expérience magique pour contrer le sortilège mais il échoua une nouvelle fois, et une décharge de feu nous sépara, Odely et moi, décharge qui nous aurait probablement transformés en tas de cendres, si nous ne nous étions pas éloignés l’un de l’autre... pour toujours.
Je m’étais arrêté de jouer sans même m’en rendre compte. - N’y pense plus, Ancelin... me dit-elle de sa voix douce. - J’essaye... mais j’y pense chaque jour que Dieu fait. - Je le sais bien.
Nous étions si proches sans pouvoir nous toucher... Odely s’occupa de faire changer de direction à nos pensées en me proposant de m’occuper de la survie du groupe jusque dans la nuit du lendemain. - Etant donné qu’Audric ne t’a pas permis de prendre les choses en main avant quinze heures, il serait plus juste que tu gardes ton tour jusqu’à demain. Toi aussi, tu as le droit à une journée entière.
- Tu as raison. Sans compter que j’ai tout de même fait ma part de travaux forcés aujourd’hui, alors que c’était le seul jour de la semaine où j’aurais dû en être exempté. J’avais essayé de dire cela sur le ton de la plaisanterie, mais le cœur n’y était pas.
- Parfait. Je préviendrai Amaël qu'il prendra son tour après-demain. Et si on allait faire un peu de cuisine avant que les autres ne se réveillent ?
Nous avions donc partagé la cuisine dans la bonne humeur. Odely avait remarqué que certains ingrédients indispensables nous manquaient, mais je l’avais tout de suite rassurée. J’avais donné à Juju une liste de courses qu’il avait promis de nous faire livrer, dès le lendemain matin.
Lorsque nous eûmes terminé, il faisait déjà nuit. Nos amis étaient tous dans la cuisine, vêtus de leurs pyjamas. Odely avait disparu, tandis que j’étais resté quelques minutes pour discuter avec eux. Ils avaient trouvé les deux salles de bain, donc nous avions sciemment laissé les portes ouvertes, et en étaient enchantés. Je constatai même, avec soulagement, qu’ils avaient dû s’en servir.
Avant de les quitter, les informai qu’un plat de spaghetti bolognese se trouvait dans le frigo à leur attention, puis je m’éclipsais, bien décidé à aller me servir un petit verre de plasma-mary au salon. En arrivant, je découvris qu’une nouvelle marque maléfique était apparue sur le sol mais, surtout, que Guidry était là, et qu’il courtisait grossièrement Odely.
Je m’assis à leur table en ne quittant pas des yeux le bellâtre ectoplasmique, puis lui recommandai expressément de cesser ses avances suggestives envers elle.
Guidry n’eut pas l’air ravi d’entendre mes ordres déguisés en demande : - Et on peut savoir en quoi notre discussion vous concerne ? me lança-t-il sur un ton désagréable. - Elle me concerne, voilà tout.
- Pas du tout. Mêlez-vous de vos affaires. Nous discutions en toute amitié, et votre intervention est malvenue. Odely m’envoya un signal pour m’inciter à abandonner la partie. Je savais qu’elle était assez grande pour se débrouiller seule, et je devinais aussi qu’elle avait certainement eu d’autres amants que moi depuis notre malédiction, mais je ne voulais pas voir. Deviner me suffisait amplement.
Je me levai sans un mot, étouffant ma colère, pour aller rejoindre Amaël, Fantine et Doreen autour de la table de Parcémente. Mes amis avaient, semble-t-il, tous décidé de garder leurs pyjamas. Les humains étaient parfois très étranges. Au milieu de la séance, nous entendîmes de légers craquements non loin de nous. Fantine ouvrit les yeux pour voir ce qui se passait, mais rien n’avait changé autour de nous.
Le bruit s’intensifia, comme si quelque chose se promenait dans les murs, puis la voix de Tempérance surgie de nulle part, s’adressa à nous : « Paaartez.... L’hôpital est à moiiii ! » Son rire diabolique envahit la pièce puis le silence s’imposa à nous. Amaël se risqua à parler, d’une voix peu assurée : - Vous avez tous entendu, n’est-ce pas ?
- Ça suffit ! me mis-je à crier. Ne voyez-vous donc pas qu’elle cherche à nous faire peur ? Cessez de rentrer dans son jeu. Elle se nourrit de nos peurs et de nos colères. Tout l’hôpital s’en nourrit.
- C’est malin ! me dit Doreen sur le ton du reproche. Tu as mis fin à la séance.
- Il y en aura d’autres, ne t’en fais pas. Mon regard glacial n’eut pas à souffrir d’autres de ses réflexions.
J’avais entraîné Fantine un peu plus loin dans le couloir pour lui demander de me donner un peu de sang. Je commençais à avoir sérieusement soif, et je ne voulais pas quitter l’hôpital à la recherche d’un repas en sachant Guidry en train de tourner autour d’Odely. Fantine accepta tout de suite : - Avec plaisir. Je suis en pleine forme, alors si je peux te rendre service...
C’est à ce moment-là qu’apparut Susumu, le fantôme avec qui Fantine avait lié une amitié, mais aussi l’auteur du journal que j’avais lu un peu plus tôt dans l’après-midi. Ce fantôme avait parfaitement l’air sain d’esprit (si je puis m’exprimer ainsi), lorsqu’on sait dans quel état il a achevé sa pauvre vie. Il nous salua tous les deux puis s’adressa à Fantine en disant qu’il ne comprenait pas pourquoi elle acceptait, de son plein gré, de se faire mordre par des vampires.
- C’est un échange de bons procédés, Susu, lui répondit Fantine. Susu ?! Mais qu’est-ce que j’exécrais ces surnoms ou diminutifs, par trop courants dans cette époque dévergondée. - Et je ne ne donne pas mon sang à tous les vampires. Seulement à Odely et Ancelin. Ce sont mes amis. Ils me le rendent bien, je t’assure. - Tu dois avoir mal, pourtant ?
- Pas tant que ça. C’est même plutôt agréable, parfois. Mais tu es trop mignon de t’inquiéter pour moi. - Tu me fais penser à la fille que j’aurais pu avoir, lui répondit Susumu. Mais je n’ai eu le temps de n’avoir qu’un fils.
Afin d’éviter les jacasseries inutiles sur le bien-fondé, ou non, de donner son sang à un vampire, j’orientai Susumu sur le journal que j’avais trouvé dans la chambre des femmes. - Vous êtes bien l’auteur de ce journal, n’est-ce pas ? - Vous ne vous trompez pas. Je suis bien Susumu Ikeda. Susumu refusa de s’étendre sur ce qu’il avait écrit sur son internement. Il me convia cependant à découper la couverture de son journal pour y lire d’autres pages, plus accusatrices, celles-là : - Nous discuterons une fois que vous les aurez lues, me dit-il.
Je me levai donc pour le remercier et lui assurer que je poursuivrais ma lecture, mais il était temps pour moi de me nourrir. Ma soif ne pouvait plus attendre.
Je m’étais alors transformé sous ses yeux. - Mais comment fais-tu, Fantine ? s’outra-t-il. Franchement, cet aspect-là est très repoussant. - Ce n’est pas très gentil, ce que tu dis là, Susu ! s’esclaffa Fantine. Si j’avais conservé une once d’émotion, je crois que j’aurais pu rire aussi, à ces paroles irréfléchies. Susumu ne savait manifestement pas de quoi les vampires étaient capables.
Je lui enviais sa candeur, mais je n’avais pas le temps de m’en interrésser. Fantine m’avait tendu son poignet et je ne voulais pas la faire attendre. Susumu ferma les yeux puis se leva. Nous entendîmes, au même moment, une porte grincer en provenance des étages.
- Bon, je vous laisse les amis ! Tout cela est passionnant mais je n’ai pas envie d’en voir plus. Au fait, la porte que vous venez d’entendre est celle de la deuxième chambre du premier étage, dans l’aile ouest. C’est un petit cadeau pour vous, Ancelin. Ce fantôme était, ma foi, fort sympathique.
Je remerciai Fantine pour son don plasmatique et la félicitai pour le choix de ses amis.
- Tu sais, me dit-elle, je n’ai pas voulu lire ce journal alors qu’il est dans notre chambre, à Doreen et à moi. J’y ai vu le nom de Susumu et je ne voulais pas vio-ler son intimité, mais il n’a pas l’air contre, n’est-ce pas ? Tu crois que je devrais le lire ?
- Agis selon ton cœur. Je ne peux pas te dire plus. - Merci Ancelin. Tu viens de me donner ma réponse. - Si je peux être utile... C’est à ce moment-là que nous entendîmes un bruit si violent qu’il nous sembla que l’hôpital, en son entier, allait s’écrouler sur nos têtes.
Fantine se dirigea vers le salon, tandis que je me hâtai vers la réception. La terre tremblait sous nos pieds. Je reconnus immédiatement la poupée maléfique qui se trouvait assise sur le sol, l’œuvre de Tempérance... - Quand est-elle apparue ? demandai-je à Amaël. - Depuis un petit moment déjà. J’aperçus, au loin, Yoram qui paniquait.
Doreen ne semblait pas se trouver mieux, mais il faut reconnaître qu’elle s’épeurait facilement.
Au moment où Guidry allait pour s’asseoir près de moi, la voix stridente de Tempérance envahit l’hôpital : « Il y a déjà eu un mort. D’autres suivront si vous restez. ALLEZ-VOUS-EN ! »
L’instant d’après, je sentis qu’Odely était en difficulté, en prise avec un ennemi invisible qui voulait la combattre et qu’elle ne maîtrisait pas. Comment combattre ce que l’on ne peut voir ? Et comment aurais-je pu l’aider ? Je ne savais même pas dans quelle pièce elle se trouvait.
Le sol redevint stable, les bruits cessèrent, et je me tournai vers Guidry, inamical : - A quoi riment toutes ces galanteries envers Odely ? Vous êtes un fantôme. Elle est faite de chair et d’os. - Pas exactement, non... Odely est aussi morte que vous et moi. En cela, nous nous ressemblons. J’aime beaucoup sa présence.
A ces mots et, malgré des émotion anéanties, la colère s’empara de nouveau de moi. Je savais combien elle pouvait être néfaste dans un endroit comme celui-ci, et j’avais mis les autres en garde afin qu’ils n’y succombent pas, mais je fus de ceux qui s’y laissèrent prendre. Je suis le seul à pourvoir aimer la présence d’Odely. Je m’attaquai donc à Guidry. Lui, si paisible d’ordinaire, vira du rose au rouge en quelques millisecondes, bien déterminé à ne pas me laisser prendre le dessus, et répliquant à mes violentes accusations.
Au bout d’un échange tumultueux, il finit par se lever. Nous nous jaugions mutuellement d’un regard haineux et féroce. J’étais dans la détestation de ce fantôme et, pourtant, il me semblait l’estimer.
Je le vis franchir la porte de l’hôpital en me narguant. Il n’avait pas peur de moi et, à aucun moment, je ne l’avais vu courber l’échine devant moi.
Une petite voix en moi me soufflait de ne pas le suivre. ‘Laisse ta colère s’apaiser...’ Mais elle était bien frêle et bien fluette à côté de celle, si puissante, qui guida mes pas jusqu’à lui. Il était furieux.
Il me faisait presque rire, mais quelque chose me poussait à le provoquer. J’aurais tellement aimé avoir une épée entre les mains pour le convier en duel, comme au bon vieux temps. Nous réglions les tensions si facilement, à cette époque-là. Mais je n’avais pas d’épée et je m’avançai vers lui : - Tu veux combattre, espèce de mirliflore, alors allons-y !
Mon air arrogant n’avait pas plu au bellâtre, et nous avions combattu, sans répit, dans une lutte acharnée.
L’esbroufeur avait perdu, cela va de soi.
Tout fantôme qu’il était, il n’avait pas mesuré le danger qu’il affrontait, et je l’avais mis à genoux. Je m’en régalai.
- Alors ? Qui est le plus fort ? Accepte de te soumettre à ma volonté, petit ectoplasme. J’étais tellement sûr de moi, à ce moment-là ; je me sentais tellement supérieur à lui.
Je repris ma forme humaine alors que les gonds d’une nouvelle porte se mirent à grincer pour annoncer la libération d’une autre pièce. Guidry me foudroya du regard, toujours paré de son aura colérique, et me faisant redescendre de mon piédestal. Il me tutoya, en écho aux propos que je lui avais tenus un peu plus tôt : - Bravo Ancelin. Une nouvelle chambre vous est accessible à tous, grâce à ta jalousie. Sache que je n’ai jamais envisagé de te prendre Odely. Je connais votre histoire. Je t’ai simplement mené là où je le voulais. Cette querelle était mon but.
Je l’observai, interloqué : - Que veux-tu dire ?
- Rien de plus, et rien de moins que ce que je viens de te dire. Je t’ai poussé à la colère pour que tu me combattes. L’hôpital m’a bien aidé. Nous sommes à présent ennemis jurés mais, un jour, nous deviendrons sûrement amis. Laissons le temps effacer cette improbable mais nécessaire fâcherie. Je dois y aller, maintenant.
Le jour s’était finalement levé. Guidry s’était bien moqué de moi, et je me félicitai de n’avoir eu aucun témoin de notre discorde. Je rejoignis la chambre des femmes pour terminer la lecture du journal de Susumu. Mes pensées vagabonderaient ainsi vers d’autres lieux et d’autres vies... Un triste exutoire pour oublier... et, peut-être... de nouvelles révélations.
(en bleu ciel, les pièces accessibles dès le début - En vert, les pièces débloquées dans les précédents chapitres - En jaune, les pièces débloquées au cours du chapitre)
Rez-de-chaussée
Premier étage
Deuxième étage
Les objets maléfiques apparus jusqu'à maintenant :
Les traits de terrain « répugnant » et « gremlins » ont été enlevés suite au déblocage des deux chambres. Traits enlevés depuis le début : « maudit » et « dégoutant »
Quelle courtoisie que de créer de nouvelles salle de bains pour les humains! Vraiment, les vampires sont si gentils dans ton histoire! :smiley:
Oh! <3 Susumu! J’ai eu une pensée pour ce fantôme si sympathique. Quelle histoire tragique! :cry:
J’adore avoir le point de vue d’Ancelin, mon personnage préféré. Si troublant, si beau, si sévère. La malédiction, c’est ce qui le rend si froid puisqu’il n’a plus de sentiments? C’est triste et troublant. Mais c’est un vampire donc je comprends. J’ai aimé le paragraphe où il joue de l’orgue. Mon dieu! Son histoire d’amour me rend triste! :cry: Avec Odely! Oh mon dieu!!!! Une malédiction qui les sépare!!! Quelle idée de génie! Mais tellement tragique! J’espère qu’ils pourront y remédier!!! Mon dieu!!!! :open_mouth:
Oh! <3 Petit moment de cuisine agréable! J’adore! :smile:
hahaha « Époque dévergondée » hahaha :joy:
Oh <3 belle apparence vampirique! >:) Je le trouve encore sexy! >:) Hihi :love: :kissing_heart:
WWWWWOOOOWWWW Le combat contre Guidry! >:) :# À couper le souffle!!!! Oh comme ma Carmilla tomberait sous son charme, elle qui est si froide d’habitude!!! hihihi :yum:
Oh… <3 Bel avancement du challenge! Ton histoire m’a beaucoup manqué. C’était un pur ravissement! Avec Ancelin en plus! Je suis gâtée aujourd’hui!!! hihihi Merci beaucoup! :smile:
Avant toute chose, je m'excuse auprès de Susumu pour avoir écorché son prénom dans mon précédent commentaire. J'ai un vrai problème avec les prénoms, je les oublie sitôt ma lecture terminée :sweat_smile:. Et ne parlons pas des noms, là j'oublie même ceux de mes propres personnages, raison pour laquelle je ne leur en donne plus.
Donc, j'ai été très touchée par l'histoire de Susumu, considéré comme fou par des esprits rationnels qui avaient torts.
Ce fut un plaisir d'en découvrir plus sur l'histoire d'Ancelin, et de cet amour pour Odely dont ils ont conscience mais qu'ils ne peuvent ressentir. Mention spéciale pour tes images, qui reflètent parfaitement ce vide entre eux.
Par contre, il peut toujours ressentir la jalousie. Ah la la, que ne ferait pas Guidry pour les aider à ouvrir des portes :smirk:. Enfin, cela permet de découvrir la forme sombre d'Ancelin, qui lui va bien, même si son côté "c'est qui le plus fort" n'est pas son meilleur profil.
J'ai l'impression que tu avances bien dans le challenge quand je vois la validation des objectifs, en tout cas tu le racontes vraiment bien !
@Eljisim Puisque le point de vue d’Ancelin t’a autant plu, on va rester un peu sur lui dans le chapitre d’aujourd’hui dont je suis sûre que le titre va te plaire. :smile: J’espère aussi qu’Odely et lui pourront se retrouver à la fin de cette aventure... Tempérance n’a pas été tendre avec eux. :cry:
Concernant leurs looks rétro, j’avoue que je me suis un peu amusée à les relooker pour la scène de la malédiction. Ça me fait plaisir de lire que tu les as bien aimés. :blush: Pour débloquer la pièce, il ne fallait pas se battre contre Guidry, mais s’en faire un ennemi, et c’est chose faite. J’apprécie vraiment que tu trouves que l’apport des règles dans le récit, reste cohérent. Si le récit reste fluide, alors, c’est super ! Merci. :kissing_heart:
@oiseaudelune C’est vrai qu’ils sont gentils, les vampires dans mon histoire. C’est surtout qu’ils forment une équipe et que, pour avancer, l’équipe doit être au top... et propre ! D’où les nouvelles salles de bain. :D Tu as raison, pauvre Susumu. Il n’a pas eu une vie facile, notre sympathique fantôme. :cry:
Oh mais que de chouettes qualificatifs, tu as trouvé pour Ancelin ! Troublant, beau et sévère... je trouve que ça lui va bien. :love: Tu vas en savoir plus dans le chapitre qui suit à propos des émotions et des sentiments d’Ancelin. Merci pour le passage où il joue de l’orgue. :blush:
Que de « Mon Dieu » ! Je peux presque entendre d’ici ton cri de désespoir à la lecture de la malédiction qui sépare Odely et Ancelin. Pourront-ils y remédier ? Tu vas avoir une toute petite réponse à ta question, en lisant la suite. :wink:
Je constate que tu es une grande fan d’Ancelin et que son apparence vampirique te plait. Elle me plait beaucoup à moi aussi. Le combat contre Guidry était un grand moment. Mais attention, Carmilla ! Pas touche ! Ancelin est chasse gardée pour Odely. :naughty:
Merci beaucoup pour ton gentil petit mot final. Et, comme tu aimes bien Ancelin, on continue avec lui aujourd’hui :kissing_heart: (euh... en fait, on continue avec lui car il n’a pas eu le droit à sa journée complète après l’incendie qui s’est éteint vers les 15 heures...)
@Arcaluce Ne t’inquiète pas pour Susumu, c’est une bonne pâte, et il n’est pas du tout vexé. :smile: Par contre, il est vraiment très touché que tu te sois émue à sa triste histoire.
C’est toujours délicat de trouver les images qui vont venir appuyer le récit ; alors, lorsque tu me dis qu’elles traduisent parfaitement le vide entre Ancelin et Odely, je suis vraiment touchée. :blush:
Ancelin et Odely peuvent toujours s’aimer mais ne peuvent plus se toucher car, au moindre contact physique, la malédiction les tuerait. C’est ce qui rend leur histoire tragique. C’est aussi pour cela qu’Ancelin, malgré des émotion anéanties, ressent la jalousie. D’ailleurs, les seules émotions qu’il ressent, concernent Odely.
Tu as raison ! Que ne ferait-on pas pour ouvrir les portes ! :D
Ah ? Tu n’as pas aimé le côté « c’est qui le plus fort ? » d'Ancelin ! Il faut dire qu’il a joué les prétentieux sur ce coup-là. :joy:
Merci pour ton petit mot de la fin. Je suis touchée. :kissing_heart: Oui, le challenge avance bien.
Et maintenant la suite...
*** *** *** *** *** *** ***
Point de vue d'Ancelin
Nous nous apprêtions à entamer notre septième journée en ces lieux maudits... Mes amis s’étaient levés d’humeur radieuse ce matin. Ils avaient dormi et mangé, ils s’étaient lavés, et étaient maintenant prêts à affronter les surprises que cette journée nous réserverait. La nature humaine était ainsi faite que ces pauvres êtres ne pouvaient faire grand-chose avant d’avoir satisfait leurs besoins primaires. Je crois que c’est une évidence qui me surprendra toujours.
Odely, a contrario, semblait soucieuse. J’avais intercepté certaines de ses pensées en la croisant dans le couloir tout à l’heure, et avais senti qu’elle redoutait que quelque chose ne vienne ternir cette journée festive. Aujourd’hui, devait se dérouler la fête déguisée du samedi, prévue par les spectres des murs.
Je replongeai le nez dans la lecture du Journal de Susumu. J’en avais découpé la couverture cartonnée, comme il me l’avait conseillé, et avec découvert les autres pages dont il m’avait parlé. Ce que j’y lus me laissa à la fois pantois et révolté. Il y avait là, des noms, des dates et toutes sortes de preuves et de témoignages... Susumu avait recueilli tout cela avec beaucoup de courage, afin de se sauver et de sauver les autres malades de l’hôpital.
Je savais déjà ce que j’allais faire de ses preuves, si nous pouvions sortir d’ici. J’en connais un qui regrettera d’avoir croisé ma route. En attendant, je trouvais plus sage de garder ces informations pour moi, afin que les autres ne se laissent pas envahir par la colère. Tout sentiment d’animosité, qui se ressentait ici, pouvait prendre de terribles proportions incontrôlables. J’en avais été pour mes frais, hier, en m’en prenant à Guidry. Il y avait longtemps, pourtant, que les émotions, bonnes ou mauvaises, n’avaient plus prises sur moi, mais ici... Je fermai le journal et l’emportai avec moi, dans l’idée de le cacher. Peut-être faudrait-il que j’en entretienne Fantine car elle était avisée de son existence.
Je me préparai à descendre l’escalier pour rejoindre le rez-de-chaussée, lorsque j’aperçus Amaël et Fantine en train de discuter dans la salle de méditation. Leurs échanges avaient l’air beaucoup plus qu’amicaux. Je restai les observer quelques minutes avant d’emprunter l’escalier.
J’avais caché le journal sous l’une des céramiques. L’opération avait été aisée. En grattant le plâtre, j’avais pu faire un trou suffisamment grand pour y glisser l’oeuvre de Susumu, puis j’avais recollé le carreau. Personne ne risquait de découvrir mon forfait puisque la céramique utilisée était située derrière le réservoir des toilettes du rez-de-chaussée.
En regardant par la fenêtre, je vis arriver la livreuse envoyée par Juju. Doreen aussi était dehors, en train de regarder le tas de déchets qui embellissait pitoyablement l’entrée de l’hôpital. J’espère qu’elle n’était pas en train de se demander si elle aurait pu mieux faire qu’Audric. Un incendie était bien suffisant.
J’allai à la rencontre de la livreuse. En ouvrant la porte, je m’aperçus qu’elle se faisait attaquer par de petits spectres rouges. La pauvre fille me tendit le sac en papier qu’elle tenait sous son bras, puis elle partit prestement, sans même attendre mon pourboire.
C’était la première fois que nous voyions ces spectres en plein jour. Jusqu’à présent, ils ne s’étaient manifestés que la nuit. Était-ce les coups frappés à la porte qui les avaient attirés ou le fait qu’une personne étrangère à notre groupe se présente ici ? Le mystère était entier mais je pus constater que quelque chose les avait contrariés au point qu’ils se mirent à éructer des flammes que je dus esquiver rapidement.
Audric, dans le même temps, se faisait attaquer par une ou plusieurs créatures invisibles, du même ordre que celles qui s’en étaient prises à Odely, la veille. - Audric ! l’apostrophai-je. Tu as besoin d’aide ? - Non ! Je ne crois pas !
J’arrivai à sa hauteur au moment où il se relevait. - J’étais sur le point de leur jeter un sort de visibilité lorsqu’elles ont disparu. Je me demande où elles sont passées. J’espère qu’elles ne sont pas restées dans l’hôpital. C’est assez flippant de se faire attaquer par des trucs invisibles.
En réalité, alors que nous discutions, les créatures s’en prenaient à Doreen, et la poursuivaient.
- Tu sais, Ancelin, je tiens à te remercier de m’avoir proposé ton aide. Depuis ce fâcheux incendie, j’ai l’impression que tout le monde m’évite. Je crois que je ne participerai pas à la soirée déguisée, ce soir. - Ne dis pas de sottises. Ce soir, tu seras avec nous. Tu n’es pas directement responsable de ce qui est arrivé. Ce sont ces murs qui amplifient notre colère. J’en ai moi-même fait l’expérience en menaçant et en combattant Guidry. Il est furieux contre moi, à présent.
Audric avait rigolé à l’idée que j’eus pu me faire un ennemi de Guidry, le fantôme si courtois et si bienveillant, puis il avait accepté de me suivre pour une partie de pêche.
- Je crois que tu as raison. C’est l’hôpital qui nous fait faire des trucs bizarres. Jamais, en temps normal, je n’aurais eu l’idée de mettre le feu aux détritus, même si j’avoue que leur vue et leur odeur me retournent le cœur. J’ai eu l’impression d’être comme possédé... - C’est aussi mon impression. Et d’ordinaire, la possession ne touche pas les vampires. C’était une sensation suffisamment curieuse pour que l’on s’en inquiète. Je vais parler aux autres. Ils comprendront mieux tes actes, de cette façon.
- Je ne sais pas... Odely leur a déjà parlé. - S’ils savent qu’eux-mêmes peuvent être victimes du même phénomène, je reste convaincu qu’ils te pardonneront. Nous vivons en vase clos. Nous devons tous nous soutenir.
Nous restâmes un moment pêcher en silence, admirant la beauté et le silence du lieu, puis je déployai mes ailes pour aller faire un tour sur le petit îlot qui se trouvait au milieu du lac. La vue, de ce côté, était encore plus remarquable. Je m’approchai de la tombe qui se trouvait là, au pied d’un arbre tordu au milieu, pour y lire l’épitaphe : « Ci-gît Aurora, notre déesse bien-aimée, sœur de la Lune et du Soleil, arbitre entre le jour et la nuit, le Bien et le Mal. Repose en paix. » Une déesse ? Je n’avais jamais cru en ces entités surnaturelles et celle-ci me donnait raison. Les dieux n’étaient-ils pas, par essence, immortels ?
Je m’envolai alors jusqu’au manoir et atterris dans le salon. Ce soir, nous fêterions... une fête, sans même que nous sachions pourquoi, mais c’était la troisième de la semaine et, d’expérience, je savais que ce genre de réjouissances remontait le moral du groupe. Tout le monde buvait, rigolait et s’extasiait sur tout et n’importe quoi, et ces petites frivolités semblaient faire oublier à tous la raison véritable de notre présence en ces lieux pendant quelques heures, notre mission.
Je fréquentais les humains depuis de nombreux siècles pour savoir qu’ils aimaient festoyer, peu importe leurs obligations. Et certains festoyaient plus que de raison. Je leur donnerai donc de quoi s’amuser ce soir. Un de mes petits cocktails maison qui avait fait ses preuves au fil de plusieurs lustres et dont je m’étais servi, à plusieurs reprises, de manière inavouée par le passé, pour obtenir ce que je voulais. Aujourd’hui, mon fabuleux cocktail de jus permettrait à mes amis de se détendre. J’avais même trouvé quelques petits parasols décoratifs que j’avais prévu de rajouter à la dernière minute, afin que mon breuvage parut plus ludique.
Après ce petit intermède mixologique, je me fis un devoir d’expertiser un vase que nous avions trouvé, Odely et moi, lors de notre dernier séjour à Selvadorada. Nous avions ramené à l’hôpital quelques-unes de nos trouvailles dénichées dans la jungle et, jusque-là, je n’avais pas eu le temps de m’en occuper vraiment. J’ignorais si ma femme avait analysé celles qui se trouvaient en sa possession, mais j’avais bien l’intention de prouver que ce vase était authentique. L’archéologie était une de mes passions depuis fort longtemps. Après avoir prélevé quelques échantillons et décrypté les inscriptions présentes sur la terre cuite, je remballai mon matériel pour monter à l’étage et m’employer à aménager les deux chambres que nous avions débloquées la veille grâce à Susumu et Guidry.
Odely m’avait apporté son aide et j’avais gardé, pour la fin, la surprise que je lui réservais : - Un cercueil ?! s’était-elle exclamée. - Nous le partagerons à tour de rôle, si tu veux bien. Je l’ai acquis pour une poignée de simflouz, chez Juju. Ce n’est pas le grand luxe auquel nous sommes habitués, mais il fera l’affaire. Cette chambre est la nôtre. - Tu es merveilleux, Ancelin. Je sais pourquoi je t’... Elle s’était interrompue. Il y a des mots qu’on s’interdit, aujourd’hui... Nous étions d’accord là-dessus. Alors, elle reprit, comme si de rien n'était: - Je sais pourquoi je t’estime tant.
Au même moment, alors que la nuit s’était installée, le sol se mit une nouvelle fois à trembler dans tout l’hôpital, et les murs se mirent à gémir. Fantine, qui avait rejoint sa chambre, pour se préparer à la soirée, se fit attaquer par les créatures invisibles, comme l’avaient été précédemment Odely, Audric et Doreen. Amaël, qui lui, avait déjà revêtu son déguisement et faisait quelques pas dans le jardin en attendant le début des festivités, vit surgir devant lui une plante maléfique semblable à celle qui ornait déjà notre perron.
Nous nous rejoignîmes au salon lorsque l’hôpital s’apaisa. Chacun fit part aux autres de ses dernières expériences surnaturelles survenues au cours de la journée et j’en profitai pour glisser ma mésaventure avec Guidry ainsi que celle d’Audric avec l’incendie. Mes amis réalisèrent que personne n’était à l’abri, et Audric fut accueilli de nouveau, à bras ouverts dans notre groupe. La petite fête avait pu alors commencé. Odely et moi avions revêtu, sans nous concerter, les tenues que nous portions le jour de notre rencontre. J’étais alors un pirate sans cœur et elle, un princesse héritière promise à un noble roi dont je ne citerai pas le nom, car il a peu d’intérêt ici. Amaël aurait pu être ce roi, mais son allure et son port de tête étaient bien plus distingués que ceux de celui que j’avais dû occire, à l’époque.
Fantine s’était déguisée en fée. Cela allait très bien à sa douceur et à sa gentillesse. Quant à Audric, il arborait avec élégance un costume de marin, en hommage à ces ancêtres qui avaient sillonné toutes les mers du globe et parcouru milliers de miles, uniquement par amour de la mer. Mes petits parasols semblaient faire leur effet et je n’en étais pas peu fier.
Doreen et Yoram ne s’étaient pas luxés pour choisir leurs costumes. Yoram avait plongé dans son uniforme de soldat sixamien (le vrai), tandis que Doreen était paré d’un drap blanc agrémenté d’une ceinture et qu’elle avait noué ses cheveux en deux macarons de chaque côté de ses tempes. Elle avait dit être la princesse Leia de Star Wars... oui... peut-être. Mais j’étais là, à la sortie de ce film populaire et nous avons, Odely et moi, rencontré Carrie Fisher, l’actrice qui jouait ce rôle, en 1978. Doreen ne lui ressemblait pas du tout... mais peut-être que cette histoire de déguisement m’échappe. Je n’eus pas le temps de m’appesantir sur le sujet. Le sol trembla à nouveau, faisant tintinnabuler les verres que nous avions reposés sur la table. Amaël et Fantine ne contrôlaient plus leur effroi.
Heureusement, l’effet ne dura que quelques secondes, et chacun reprit sa place. C’est à cet instant qu’Audric remarqua le pendentif qui ornait le buste de Fantine. - Où as-tu eu cette pierre ? lui demanda-t-il. - C’est mon père qui me l’a donnée. C’est un souvenir précieux. - Bon sang ! Mais tu ne sais même pas à quoi elle sert, alors ? - Elle ne sert à rien, Audric. C’est un diamant brut qui a été taillé pour en faire un bijou. Il a une valeur sentimentale. Rien de plus.
Je n’ai jamais cru aux coïncidences et je me levai alors dans l’idée d’examiner la pierre de plus près. Audric était un jeteur de sorts reconnu dans son milieu, et je l’avais nettement vu reconnaître la pierre. - A quoi te fait penser cette pierre ? lui demandai-je sans vouloir heurter Fantine.
Il n’eut pas le loisir de me répondre. Un vacarme épouvantable retentit dans tout l’hôpital, et chacun quitta son siège. Guidry fit son entrée, quelques secondes après, dans la pièce. - Elle est là. Elle a trouvé le moyen de revenir. Faites très attention. Odely avait saisi l’allusion tout autant que moi : - Viens, Ancelin... Nous devons l’affronter.
Nous avions traversé le premier couloir, puis la réception, avant de nous retrouver face à ELLE. Elle était identique à la première fois que nous l’avions vue, vingt-deux ans plus tôt, toujours malfaisante et autoritaire : - Alors, vous êtes de retour ? nous dit-elle. Vous n’avez pas encore compris que ma fureur domine les lieux et que vous êtes de petits vampires insignifiants, face à moi ? Partez de suite !
- Nous n’irons nulle part. Nous t’anéantirons, quoiqu’il nous en coûte. Ta malveillance ne nous fait pas peur. Odely m’appuya. A deux, nous faisions front contre elle : - C’est toi qui va-t’en aller, créature du malin. Nous ne plierons jamais devant toi.
Nos propos ne l’atteignirent malheureusement pas. Pour asseoir ses propos colérique, elle fit apparaitre une autre de ses poupées maléfiques à nos pieds.
Je vis Odely devenir aussi furieuse qu’elle l’avait été en ce jour de 1989 où la malédiction de Tempérance nous avait frappés. Je redoutai le pire, Tempérance n’étant pas fantôme à se laisser intimider.
- Tu oses t’adresser à moi de la sorte, petite vampire insipide ! Tu as pourtant subi, une fois déjà, le revers de ma colère.
Par instinct de protection, je me rapprochai d’Odely. Quoiqu’il advienne, je ne permettrai pas à cette chose de lui faire du mal, puisse-t-il en aller de ma vie. Les deux femmes se mesuraient du regard, et aucune ne baissait les yeux. J’entrepris alors d’ouvrir le dialogue avec la folle furieuse : - Veux-tu bien m’écouter une seconde ? Nous pourrions peut-être nous entendre.
- Ah oui ? Et en quoi ce que tu pourrais me dire pourrait-il m’intéresser ? De ce que je sais, tu n’as pas grand-chose à offrir à part le désespoir d’avoir perdu ta femme, grâce à moi.
Il me fallut me faire violence pour ne pas succomber à la colère qui m’envahissait à nouveau. Odely m’y aida. Elle s’était calmée et m’envoyait ses pensées apaisantes, loin de la portée haineuse de Tempérance. - « Parle-lui agréablement... ne te laisse pas subjuguer par l’aura qu’elle dégage... je suis avec toi... Je t’aime... Ne la laisse pas faire... » Je t’aime... Elle avait prononcé les mots alors même que nous nous les étions interdits. Mais ces mots étaient ma force. Elle le savait.
Je pliai alors devant la furie de Tempérance, sachant Odely à mes côtés, imperturbable : - Noble Dame... Tu nous as séparés, ma femme et moi, il y a de nombreuses années de cela. Nous ne sommes pas ici pour te nuire mais pour implorer ta clémence et faire en sorte de retrouver de retrouver notre amour perdu. Nous pouvons te proposer un marché qui pourrait te convenir.
- Tiens donc ! Et quel marché serait susceptible de m’intéresser au point de vous rendre cet amour auquel vous tenez tant ? Après tout, j’ai perdu le mien et je ne vois pas pourquoi vous auriez, tous deux, la jouissance de profiter du vôtre alors que je ne le puis de mon unique amour... Et la malédiction vous va si bien...
Odely m’épaula de son plus beau sourire de faux complice alors que je m’évertuais à parlementer avec Tempérance. - Tu sais que nous ne sommes pas revenus seuls ici. De puissants jeteurs de sorts et un extraterrestre se sont alliés à nous pour refermer la faille qui te maintient dans ce monde. Il serait si facile pour Odely et moi de mal les orienter afin qu’ils n’atteignent pas leur but. Nous saboterions leur travail pour que jamais ils ne puissent t’enfermer en Enfer.
Tempérance nous observa, l’un après l’autre, évaluant certainement la sincérité de mes propos, mais elle ne connaissait pas la faculté des vampires à déguiser leurs émotions. Nous étions de marbre. - Très bien. Je vais lever la malédiction mais, en retour, vous devrez me rendre compte de tout ce qui se passe dans votre groupe de mercenaires de pacotille. Et jamais, vous ne devrez aller contre moi, sous peine de voir la malédiction s’abattre sur vous à nouveau. Aujourd’hui, il suffit que vous vous touchiez pour que vous périssiez. Demain, si vous me trahissez, un seul regard entre vous suffira à votre perte. Etes-vous d’accord avec ça ? Si vous l’êtes, serrez-moi la main, Ancelin.
Odely avait transpercé mes pensées pour me pousser à accepter. Nous savions tous les deux que nous n’irions pas au bout de ce marché, mais nous avions décidé de le ratifier, en ayant l’intime conviction que nous viendrions à bout de la furie. Notre espoir ne faisait qu’un, et c’est ainsi que je saisis la main de la « tempête rouge ». Elle avait l’air tellement sûre d’elle, tellement contente, ignorante de ce que nous luis réservions...
Elle me pria de m’agenouiller auprès d’elle pour sceller ce pacte infâme, et je dus poser mes mains sur les siennes pour qu’elle puisse faire cesser la malédiction. J’occultai alors mes pensées pour ne pas qu’Odely ressente la méfiance que j’avais envers cet ectoplasme. Nous la savions capable de tout et je ne voulais pas qu’elle y songe en cet instant.
Tempérance se redressa ensuite, violente de jalousie et de colère : - Allez-vous-en, maintenant, et vivez votre amour. Mais n’oublie pas ta promesse, Ancelin... ou je te le ferai payer au centuple.
Tempérance avait alors disparu, plus rapide qu’une vitesse vampirique. Odely et moi, nous étions retrouvé seuls, conscients que les minutes nous étaient comptées, et nous étions montés dans la chambre au cercueil. Nous n’ignorions pas que Tempérance avait pu nous tromper, autant que nous envisagions de le faire avec elle. Odely avait la voix qui tremblait lorsqu’elle s’exprima. Elle n’osait même pas me regarder, trop épeurée par les menaces que le fantôme rouge avait énoncées à notre encontre : - Tu crois sincèrement qu’elle a levé la malédiction, Ancelin ? Elle pourrait faire de nous ce qu’elle veut. Nous nous aimons tellement. Un seul regard et nous brûlerions en Enfer.
- Il n’y a qu’un moyen pour le savoir... lui avais-je répondu, aussi effrayé qu’elle. Puis je m’étais approché d’elle, affichant l’air le plus confiant que je pouvais étaler, au vu des circonstances. Elle était proche de moi, ma femme, mon amour... après vingt-deux ans de séparation charnelle... Un sourire se dessinait sur ses lèvres... elle espérait, et j’avais décidé de « faire confiance » à Tempérance. Elle comptait sur nous pour éviter sa perte. Elle ne pouvait donc pas nous avoir joué un mauvais tour.
- On va commencer doucement, dis-je à Odely. Tu te souviens de notre première rencontre ? - Tu avais pris ma main et l’avais portée à tes lèvres. - Aie confiance, lui murmurai-je à l’oreille. Mes gestes furent les mêmes que cette fois-là. Je saisis sa main et embrassai ses doigts délicats. Aucune foudre... aucun feu ne nous sépara. Tempérance avait tenu sa promesse.
Odely se hasarda donc à m’embrasser le bout du nez, comme elle adorait tant le faire aux premiers jours de notre mariage, avec douceur et sensualité, avec bonheur et amour. J’étais aux anges. Ces vingt dernières années, j’avais tant rêvé ses bai.sers et ses mains frôlant mes joues. Cette nuit, cela arrivait...
Nos lèvres s’effleurèrent, timidement d’abord puis passionnellement ; elles se retrouvèrent comme si elles ne s’étaient jamais perdues... et sa main si douce sur ma joue...
J’avais l’impression de tournoyer, ivre de la retrouver, ivre de son amour, ivre de ses bai.sers... Je ne voulais plus m’en passer. Pourtant, nous avions choisi le contraire.
Et je sentais encore ses mains sur mes joues... Elles réchauffaient mon cœur si froid de vampire... Elles m’apaisaient, me rassuraient... Elles me touchaient comme si elles ne m’avaient jamais abandonné... et je fermai les yeux pour espérer que cela dure... pour l’éternité.
Pendant ce temps, Opaline faisait face à Tempérance, lui barrant l’accès au salon, où se trouvaient réunis tous nos amis. Elles étaient prêtes à combattre.
- Cela faisait si longtemps... - Et pourtant, je n’ai pas oublié l’odeur de tes cheveux, ni le parfum de ta peau si douce. - Moi non plus, je n’ai pas oublié, Ancelin.
- Tu penses à ce que je pense ? - Bien sûr que j’y pense !
Au salon, l’heure n’était plus à la fête. Guidry essayait de rassurer nos amis, mais c’était peine perdue. La peur les avait saisis, un par un.
Nous étions dans notre bulle, inconscients de ce qui se passait au rez-de-chaussée. Nos deux cœurs battaient à l’unisson. Il y avait si longtemps...
...mais c’était presque comme si c’était hier.
Je l’accueillis dans mes bras, l’amour de mon éternité...
... pour l’étreindre dans un souffle et ne plus la laisser partir.
Nous étions tellement en phase que notre cercueil se retourna, nous laissant choir sur le sol, apaisés, sans que nous ne nous y attendions.
Son rire cristallin se communiqua à moi, un rire qui avait déserté son visage depuis plus de vingt ans. Je m’en étourdis, riant avec elle pendant de belles et longues minutes, lové contre son corps.
Je pris sa main pour l’aider à se relever. Elle aurait pu le faire seule mais je voulais retrouver ces gestes qui avaient fait notre quotidien, autrefois, un quotidien fait d’amour et de galanterie, et d’attentions que nous avions chaque jour, l’un envers l’autre... jusqu’à ce tout bascule.
Opaline avait rejoint les autres pour leur annoncer qu’elle avait échoué à tenir Tempérance à distance. Elle ignorait où la furie avait disparu, et elle les avertit de sa possible venue dans cette pièce.
Mais Tempérance avait d’autres projets. Elle n’avait pas supporté de toucher du doigt le bonheur qu’elle nous avait rendu, et envisageait de terrifier plus qu’ils ne l’étaient déjà, tous les habitants de l’hôpital.
Odely et moi étions sortis prendre l’air au jardin en passant par les corridors extérieurs, pour ne croiser personne. J’avais attrapé le bout de son nez, comme j’aimais tant le faire pour la taquiner. - Veux-tu bien laisser mon nez tranquille ? Ce geste-là ne m’avait pas manqué, je t’assure. - Il te manquera, lorsque je ne pourrai plus le faire. - Je préfère de loin tes bai.sers, tu le sais, non ?
Je l’entourai alors de mes bras pour l’embrasser tendrement sur la tempe.
- Cette nuit est sûrement la dernière que nous passons ensemble avant un moment. Une sorte de trêve. Je ne pense pas que Tempérance mette longtemps à comprendre que nous allons la trahir. - Je crains qu’elle ne s’en aperçoive dès demain. L’évidence lui sautera au visage lorsqu’elle verra qu’on continue à aider les autres.
- Ancelin... Nous nous retrouverons bientôt. J’en ai la certitude. Nous la vaincrons. - J’en suis persuadé, moi aussi. Nous les renverrons directement en enfer, elle et sa malédiction.
Cette nuit-là, nous remîmes nos alliances, symboles de notre mariage et de notre amour, mais aussi de l’espoir qui nous habitait, d’en finir une fois pour toute avec la furie.
Nous étions montés nous allonger dans l’une des chambres, sachant que la nuit prochaine, nous ne pourrions plus nous toucher, ni même nous regarder. Alors, je l’avais serrée contre moi et pris sa petite main dans la mienne.
Ce furent les cris d’Opaline qui me sortirent de ma torpeur. - ARRÊTE ! Mais qu’est-ce que tu fabriques, pauvre folle !
D’un simple mouvement de son index, Tempérance avait envoyé Opaline au fond de la pièce.
J’arrivai au moment où elle fit apparaître, derrière elle, son armée de spectres malfaisants. Opaline avait couru au salon pour rejoindre les autres.
- Je ne sais pas ce qu’elle mijote, mais elle a réuni son équipe.
Par ses incantations, Tempérance venait de faire surgir de terre une sorte d’arbre à mains, non loin de la poupée maléfique dont elle nous avait fait cadeau précédemment. Je l’observais, impuissant, ne sachant comment réagir.
L’un de ses spectres m’avait repéré et me toisait en en ricanant.
La vitesse vampirique m’épargna, de justesse, la rencontre avec ses armes de feu.
Je rejoignis la pièce lorsque j’entendis Tempérance leur intimer l’ordre de se calmer. Elle s’adressa ensuite à moi, ses disciples bloquant toutes les issues : - Espèce de traître, tu croyais que vos conversations à Odely et à toi n’arriveraient pas jusqu’à mes oreilles ? Je suis omniprésente, ici. Cet hôpital est à moi. A compter de cette seconde, tu ne pourras plus la regarder ou la toucher. Et, pour pimenter mon superbe sortilège, tu devras offrir le bout d’âme qu’il te reste à l’un de mes petits compagnons. Si tu ne le fais pas, j’enverrai l’un d’eux faire griller ton unique amour.
Je savais qu’Odely dormait encore aussi paisiblement que lorsque je l’avais laissée tout l’heure, ignorant tout du choix que je m’apprêtais à faire, un choix terrible opposant la raison à l’amour que j’avais pour elle.
Elle m’aurait certainement supplié de conserver le peu d’âme qu’il me restait, la seule chose qui me permettait de l’aimer encore. Elle aurait ajouté qu’elle saurait se défendre contre ces êtres paranormaux, comme elle l’avait toujours fait, qu’aujourd’hui n’était pas différent, et qu’il ne fallait pas que je m’inquiète pour elle.
Mais elle aurait eu tort. Je m’inquiétais toujours pour elle, et je me refusais à être celui qui mettrait fin à ses jours. Elle finirait par être heureuse sans moi, elle m’oublierait... J’acceptai donc le marché et vit se retirer de moi, le dernier morceau de mon âme. Le petit spectre sembla heureux du cadeau que je lui offris et j’entendis, au loin, les gonds de plusieurs portes grincer.
Un peu plus loin, Guidry annonçait aux autres que j’avais perdu mon dernier bout d’âme. - Et qu’est-ce que cela signifie ? avait demandé Audric naïvement, tout en se doutant de la réponse.
- Cela signifie que, sans son âme, Ancelin peut être très dangereux. - Alors, il va falloir trouver un moyen pour la lui rendre, avait déclaré Yoram.
Je ne ressentis plus rien. Aucun regret, au remord, plus d’inquiétude pour qui que ce soit. J’avais perdu mon âme mais j’étais débarrassé de toute émotion inutile. Je me sentais bien. Tempérance avait décidé de quitter l’hôpital pour ce soir : - A présent, tu pourras la regarder et la toucher. Tu pourras même la tuer, s’il t’en vient l’envie. Mais jamais plus, tu ne l’aimeras. Elle en aura le cœur brisé.
Je m’en moquais éperdument. Le spectre, reconnaissant, venait de déposer à mes pieds, une urne qui ressemblait à un bonbonnière. Je m’empressais de la faire disparaître afin que mes coéquipiers ne tombent pas dessus. Je ne voulais pas qu’ils sachent trop tôt, que j’avais traité avec Tempérance.
Pour le moment, je devais uniquement me soucier de satisfaire un besoin primaire. Je n’aspirais qu’à une chose : chasser, et me nourrir de sang frais jusqu’à épuisement de son hôte. Le jour se levait, personne ne se méfiait, et je trouverais ma proie.
(en bleu ciel, les pièces accessibles dès le début - En vert, les pièces débloquées dans les précédents chapitres - En jaune, les pièces débloquées au cours du chapitre)
Ouuuuiiii Ancelin mon adoré! Je suis contente de lire sa suite!!! :smile:
Pauvre Audric! Il se sent bien à part depuis l’incendie. Ce n’était pas de sa faute. :cry:
Oh Ancelin est tellement cute! <3 Mettre des petits parasols dans les drink. C’est vraiment un amour! <3
Il y a des mots qu’on s’interdit? Mais pourquoi ne peuvent-ils pas se dire Je t’aime? :o
Oh? Ancelin était autrefois un pirate et Odely une princesse! C’est tellement intéressant!!! :smiley:
Oh! Le collier est symbolique! Fantine porte une pierre magique! :smiley:
Oh mon dieu! Tempérance revient!!!!! :# >:)
Oh mon dieu! Ancelin! Non! Pas ton âme!!!!!! :'( Quel monstre deviendra-t-il???? :o >:) J’espère qu’il ne va pas mordre tout le monde comme ma Carmilla!!! mouahahahahahaha :joy: >:)
Oh c'était un superbe épisode comme tous les autres. Je suis absorbée dans ton histoire vraiment incroyable! :smiley: <3
J'adore l'idée du carnet qui cache des secrets. Je me demande ce que vont révéler ces preuves, mais je sens que les révélations vont être douloureuses.
L'attaque des spectres est impressionnante, ils sont petits mais féroces ! Heureusement, personne n'a été blessé. Cela mérite bien une fête pour fêter la fête. Et je suis contente qu'Audric ait retrouvé sa place dans le groupe. Il faut dire que cette tenue "Le mâle" lui va à ravir. Je me demande ce que lui évoque la pierre portée par Fantine. Tu as un don pour disperser des mystères dans cette grande intrigue.
Puis vient le face à face avec Tempérance et ce marché qui permet aux amoureux de se retrouver. Quelles belles retrouvailles, douces et tristes, car éphémères alors que leur amour est éternel.
J'ai relu le passage du chapitre précédent qui explique la malédiction, et je ne sais pas pourquoi je l'ai aussi mal interprétée ! Parfois je me mets des idées en tête toute seule.
C'est super qu'Opaline cherche encore à aider l'équipe même si elle n'en fait plus tout à fait partie. Une aide insuffisante, malheureusement... Le choix d'Ancelin risque d'anéantir Odely. La dernière image est glaçante...
@Eljisim Ils ont la classe, mes vampires, c’est certain. :blush: Cette chère Carrie en avait même été bluffée, à l’époque ! :p
Je suis désolée pour ton cœur d’artichaut mais Tempérance ne fait pas dans la dentelle. :naughty: Odely et Ancelin ont bien fait de profiter de ce moment de répit avant son retour de bâton, comme tu le dis joliment. :smile:
Oh, et moi qui pensais que ce qu’ils pensaient allait être dur à trouver ! Décidément, tu devines tout ; je peux te le dire maintenant : ils pensaient bien à une super partie de jeu du lama. Exactement. Tu avais raison ! :kissing_heart:
Je suis touchée que tu aies a-do-ré ce chapitre, ainsi que les poses. :love: Mon petit couple méritait bien cette attention de ma part. Pouvoir enfin se toucher après tant d’années. Le moment devait être inoubliable. :smile: Tu as raison, ce moment ne va pas se reproduire avant longtemps, mais ils en étaient conscients. Tu l’as dit, ils font partie d’une équipe et ils n’auraient certainement pas trahi cette équipe. Merci pour leurs formes sombres. :blush:
La robe d’Odely vient bien d’Heure de Gloire. Quant à la couronne, je l’ai trouvé sur le site d’HSL (History Lover’s Sims). C’est un site sur lequel qui propose pas mal de CC de différentes périodes de l’histoire. Je m’en suis beaucoup servi pour Cendre. Le site est vraiment très bien. Je peux t’envoyer le lien en MP si tu veux mais tu peux le trouver facilement en tapant HSL Sims 4 dans ton moteur de recherche. :blush:
@oiseaudelune Audric s’est senti un peu à part après l’incendie, mais il a vite été réintégré. Ce n’était pas de sa faute, bien évidemment, mais seulement celle de l’hôpital. :naughty:
Je savais que tu allais être heureuse de retrouver ton Ancelin adoré dans ce chapitre, et j’adore les petites expressions que tu utilises à son égard comme « il est tellement cute! » ou « C’est vraiment un amour! ». Alors, oui, j'adore ! :kissing_heart:
Odely et Ancelin auraient pu se dire « je t’aime » mais c’était trop dur pour eux. Ils ont vécu 20 ans sans pouvoir se toucher, et se dire ces mots alors qu’ils ne le pouvaient plus, leur était insupportable. C’est pour cela qu’ils se sont interdits de les dire, jusqu'à ce que... la malédiction soit levée pour quelques heures. :blush: Oui, Ancelin était autrefois un pirate, et Odely une princesse! :smiley:
Fantine porte bien une pierre magique. Mais à quoi sert-elle ? Le mystère reste entier. :wink:
He oui, malheureusement, Ancelin a donné son âme... :neutral: Notre vampire amoureux n’aurait pas supporté que Tempérance fasse du mal à Odely... Deviendra-t-il un monstre et mordra-t-il tout le monde comme Carmilla ? A découvrir dans ce chapitre... :wink: Merci pour ton gentil mot à la fin de ton commentaire. Je suis chaque fois très touchée :kissing_heart:
@Arcaluce L’ascenseur émotionnel... oui, c’est tout à fait ça. :relaxed:
Tu as le flair, certaines révélations risquent d’être douloureuses, ou, en tous cas, difficiles à entendre... Mais nous y reviendrons plus tard. :wink:
Audric a retrouvé toute sa place dans l’équipe. Nous reviendrons aussi plus tard sur la pierre de Fantine, mais Audric a, l’a, semble-t-il, reconnue. :innocent:
J’aime beaucoup disperser les mystères, je plaide coupable, tout comme j’aime également introduire des rebondissements à mes histoires. Tout s’éclaircira au fur et à mesure. :blush:
Qu’est-ce que tu entends par tenue « le mâle » ? C’est le nom de la tenue qu’il porte ? Si oui, où vois-tu les noms des tenues ?
Les spectres... petits mais costauds ! :D Il vaut mieux ne pas les contrarier. Ancelin a fait son choix, un choix cornélien, et difficile, qui risque évidemment d’anéantir Odely. Mais ça, il n’y a pas pensé, non ! Il a préféré se dire qu’Odely allait l’oublier avec le temps. Pfff... :angry:
Le marché avec Tempérance leur aura, au moins, permis de se retrouver avant le terrible choix qui a été fait, mais c’est vrai que ces retrouvailles, bien que belles étaient aussi « douces et tristes, car éphémères alors que leur amour est éternel. » Comme c’est joli dit. :heart: Opaline a fait de son mieux en essayant d’aider l’équipe mais, malheureusement, ce mieux n’a pas été suffisant. En tous cas, Opaline reste du côté des gentils, c’est déjà une bonne chose.
« La dernière image est glaçante... ». Oui. Je la voulais glaçante, car un autre Ancelin est sorti de tout ça, un Ancelin sans âme... :naughty:
Et maintenant la suite...
*** *** *** *** *** *** ***
Point de vue d'Amaël
Après cette nuit sordide et irréelle, j’avais fait le tour, au petit jour, de l’hôpital afin d’évaluer les dégâts commis par Tempérance. Nous avions à présent neuf objets maléfiques sur le terrain, le pire étant certainement cette étrange arborescence à trois mains, en lieu et place de branches. Les poupées faisaient peur, mais pas autant que cette chose.
Yoram nous éclaira sur son origine. C’était un trident de Vénus, présent que les vénusiens offraient régulièrement à leurs alliés, un présent bienveillant pour ceux qui le recevaient mais, particulièrement malfaisant pour les ennemis de Vénus ou de ceux qui acceptaient leur alliance. Il faisait monter en eux une terreur irraisonnée, qui ne leur permettait plus de réfléchir rationnellement, ou de se défendre.
Il ne faisait plus aucun doute, maintenant, pour Yoram, que les Vénusiens ne s’étaient pas aventurés dans ce secteur de l’espace, par hasard, et que les enlèvements d’Audric, puis d’Opaline, n’avaient pas été fortuits. Tempérance avait très certainement dû s’allier à cette bande d’extraterrestres malveillants.
Malgré la frayeur ambiante qui s’intensifiait, nous réussîmes à évoquer les évènements de la nuit passée.
Ancelin et Odely nous avaient laissés en début de soirée, lorsqu’ils avaient appris que Tempérance était dans les parages, bien déterminés à lui mettre la main dessus.
Nous étions tous dans l’ignorance de ce qui avait pu se passer ensuite, mais nous ne les avions pas revus de la nuit. Quelque chose de terrible avait cependant dû se produire car Guidry nous avait assuré qu’Ancelin venait de perdre son âme, il l'avait senti. Et il s’y connaissait en âmes, Guidry... Mes amis se demandaient donc quelle genre de créature avait pu devenir notre ami vampire.
Je le savais déjà et je le leur dis. Alors que j’étais allé prendre l’air, au petit matin sur le perron, j’avais vu Ancelin revenir de la ville, maculé de plasma. Je n’osais imaginer ce qu’il était advenu de l’un de mes administrés mais, Ancelin n’était plus celui que nous avions connu.
Il s’était avancé, puis s’était arrêté au pied de l’escalier. Il m’avait regardé sans mot dire, mais je devinais un petit sourire au coin de ses lèvres. Je ne pus voir son regard, dissimulé derrière des lunettes de soleil, mais je pressentis aisément que celui-ci ne devait traduire aucune trace de remords. Il fallait se rendre à l’évidence. Ancelin s’était perdu, en même temps que son dernier bout d’âme.
Doreen et Yoram ne trouvaient pas cela étonnant. Ils n’étaient pourtant pas souvent sur la même longueur d’onde mais, cette fois, ils s’accordaient à dire qu’Ancelin avait toujours été aux limites de l’humanité.
Alors que Fantine prenait sa défense en arguant qu’il avait toujours été un ami fidèle, Odely apparut derrière nous : - Je vous interdis de dire du mal d’Ancelin. Il a toujours été présent pour chacun d’entre vous, et c’est maintenant à notre tour de l’aider. Nous devons lui rendre son âme.
- C’est exactement ce que disait Yoram, hier soir, clama Audric. Il faut lui rendre son âme. Le problème est que nous ne savons pas comment.
- Vous, les jeteurs de sort, vous devez probablement avoir un moyen magique de le faire. Je vous conseille donc de vous mettre au travail, et d’y réfléchir très vite. Ancelin est des nôtres. Audric et Doreen s’étaient concertés rapidement. - Nous allons y réfléchir, nous te le promettons. Mais pourrais-tu nous expliquer ce qui s’est passé cette nuit ?
- Certainement pas. Je ne veux pas que vous soyez influencés par ce qui nous est arrivés. Et maintenant, si nous avons fini, je vous rappelle qu’on a une pièce à débarrasser. N’oubliez pas pourquoi nous sommes ici.
Son regard était si triste. Je ne me faisais pas d’illusion sur la douleur qu’elle devait ressentir. Odely était proche de nous tous, mais sûrement davantage d’Ancelin, puisqu’ils se connaissaient depuis de nombreuses années. Avoir perdu un coéquipier devait être pour elle une véritable souffrance, mais elle donnait bien le change. Elle savait que cette journée était la mienne, et que j’aurais dû être dégagé des corvées de déblayage, mais, étant donné qu’elle avait demandé à Audric et Doreen de travailler sur un moyen de restituer son âme à Ancelin, ils n’étaient plus que trois pour cette pénible tâche. Elle me demanda donc, comme une faveur, de venir les aider ; ce que je j'acceptai volontiers.
J’avais donc suivi Odely jusqu’au premier étage, accompagné de Fantine et Yoram. La pièce était sombre. Il y avait pourtant ici quelques luminaires qui avaient dû être puissants autrefois, mais, sans électricité, ils ne servaient à rien.
Nous fûmes surpris de voir, que pour une fois, la pièce qui s’était ouverte à nous n’en formait pas une, mais plusieurs. Les quatre portes qui se trouvaient là étaient toutes accessibles et constituaient un ensemble. Nous nous trouvions apparemment au cœur de l’hôpital.
Yoram et Fantine découvrirent les salles de soin tandis que nous tentâmes, avec Odely d’ouvrir les deux autres portes ; les nombreux déchets qui jonchaient le sol nous en empêchèrent. Nous décidâmes donc de nous en débarrasser avant de refaire une tentative.
Nous travaillâmes donc sans relâche pour rendre l’endroit accueillant, la sueur au front, les bras et le dos en compote, mais nous y parvînmes. Nous avions même nettoyé les murs, certes pas aussi scrupuleusement qu’Ancelin l’aurait fait, mais nous n’avions pas à rougir de notre travail. Nous avions une nouvelle fois déniché quelques trouvailles au milieu des détritus, petits trésors qui nous permettaient d’avoir un peu d’argent pour améliorer notre quotidien.
Odely demanda donc à Fantine et Yoram de se rendre chez Juju afin d’acheter des bougies pour nous éclairer. Je n’en compris pas la raison car, d’ordinaire, nous finissions de nettoyer avant d’aller à la boutique « Trouves-y-tout ». Yoram en profita pour négocier l’achat d’une antenne satellite. Il jurait sur toutes les étoiles du ciel, que cela nous permettrait d’éviter les enlèvements vénusiens. Odely décida de lui faire confiance et accepta cet achat imprévu. Elle ne tenait pas à voir un autre de ses mercenaires se faire tuer par les vénusiens.
Nous nous retrouvâmes seuls, Odely et moi... Odely découvrit le réfectoire...
... tandis que je tombai sur le bureau. Nous nous employâmes à débarrasser les détritus. Odely alla beaucoup vite que moi, de par sa nature vampire, et elle finit par me rejoindre pour m’aider.
Après le nettoyage, nous nous assîmes l’un près de l’autre sans un mot. Après de longues minutes d’un silence pesant, Odely prit enfin la parole : - Amaël... J’ai envoyé Yoram et Fantine au bourg sous un faux prétexte. Je voulais t’entretenir de ce qui s’est passé la nuit dernière.
Elle me raconta tout... Le pacte avec Tempérance... leur trahison pour une nuit ensemble...
Son mariage avec Ancelin, leur amour Unique, de vampires... Cette nuit qui avait été la leur après 22 ans de séparation...
Je ne m’attendais pas à cela. Jamais, en les voyant, je n’aurais pensé qu’Odely et Ancelin étaient mariés. Des larmes coulèrent le long de ses joues et sa voix s’étrangla : - J’ai senti le moment où son âme a quitté son corps parce que le lien qui nous unissait, tous les deux, a été rompu brutalement.
J’essayai de trouver les mots pour la réconforter mais elle essuya ses larmes d’un revers de la main, et se ressaisit. Elle ne souhaitait pas qu’on la console. Elle voulait simplement que je dévoile aux autres l’histoire de cette malédiction. Pour vaincre Tempérance, personne ne devait être dans l’ignorance, mais elle ne se sentait pas la force d’en parler elle-même, et d’affronter leurs questions. Je promis donc de le faire.
Yoram et Fantine interrompirent notre conversation à leur retour du village. Ils avaient trouvé les bougies et l’antenne satellite. Décidemment, la boutique de Juju portait bien son nom.
Il me vint alors une idée. Je proposai à mes amis de me rendre moi-même chez Juju pour y vendre les objets dont nous n’avions aucune utilité. Puisqu’on trouvait tout chez lui, il aurait certainement une solution pour nous débarrasser de nos déchets accumulés. L’idée fut accueillie avec beaucoup d’enthousiasme.
Comme nous le pensions, Juju avait effectivement un moyen pour résoudre notre problème. Il me proposa de mettre à notre disposition, un camion avec chauffeur pour récupérer nos déchets. Deux passages seraient nécessaires, un pour les ordures, et l’autre pour les déchets verts. A nous de voir si nous acceptions les deux solutions, ou si nous n’options que pour une seule. Etant donné le prix d’ami qu’il m’annonça, et qui collait parfaitement au budget dont nous avions débattu avec Odely, j’acceptai avec joie puis m’en allai récupérer quelques minéraux et autres végétaux à des fins de revente.
En début d’après-midi, l’homme de Juju nous avait entièrement débarrassé de nos détritus, et l’hôpital avait retrouvé un peu de sa splendeur d’antan et une partie de sa façade, au niveau du rez-de-chaussée. Tous semblaient soulagés mais Audric en avait presque sauté de joie.
Si l’on ajoute à cela, la théière et le micro-onde que nous avions trouvés dans le réfectoire de l’infirmerie, nous étions comme des enfants qui venaient de recevoir un cadeau. Fantine ne se fit pas prier pour nous préparer un thé apaisant, extrêmement bienvenu dans cet endroit où la peur ne nous donnait plus aucun répit. Nous vivions avec, à chaque seconde qui passait.
Le thé eut un effet bénéfique sur nous tous. Nous nous sentions moins tendus, mais surtout, moins terrifiés par l’atmosphère lugubre qui s’éternisait dans l’hôpital. Yoram semblait cependant faire exception. Son visage restait fermé et inquiet.
Il finit par cracher le morceau : - J’ai croisé Ancelin, tout à l’heure. Il avait encore ses lunettes de soleil et il portait, sous le bras, un cercueil de bois. - Sous le bras ? m’étonnais-je. Il faut dire que j’étais loin de leur univers, à eux, les mercenaires. Je connaissais l’existence des vampires ou des sirènes, des extraterrestres et sorciers, mais jamais je n’avais eu à les côtoyer jusque-là.
Doreen m’expliqua que, pour les vampires, rien n’était trop lourd. Leur force surhumaine leur permettait de supporter des charges que les humains n’auraient pu appréhender. Fantine posa alors sa question : - Mais que ferait-il d’un cercueil ? Il en a déjà installé un dans l’une des chambres... - Il en avait installé un pour nous deux, répliqua Odely. Aujourd’hui, il a besoin du sien propre.
- Il était différent... souffla Yoram en fermant les yeux. - Ne te soucie pas de cela. Nous finirons par le ramener. - Odely a raison, Yoram, lui dit Doreen. On n’abandonne pas l’un des nôtres. Mais la raison était plus forte que ça. L’histoire, je la connaissais... Elle était si triste. Odely m’avait jeté un regard pour que je ne dévoile rien en sa présence, mais ce n’était pas mon intention. Je parlerai à chacun en privé pour leur expliquer la situation.
Après notre petit thé de seize heures, je m’employai à réparer les dégâts que Tempérance avaient commis la veille, sur notre gazinière et nos toilettes. C'était bien la peine de nous être débarrassés de ces esprits, casseurs de plomberie... Tempérance était pire qu'eux... Je n’étais pas un féru du bricolage, mais je me sentais quand même le devoir de m’atteler à ces tâches dont je ne connais pas grand-chose. J’avais réussi à remettre notre gazinière en état de fonctionnement, mais ce ne fut pas sans mal, car je fus électrisé par le tournevis que je tenais pour la réparer. Je crois que je n’avais pas dû choisir le bon. Son manche ne devait pas être suffisamment isolé pour m’empêcher de recevoir les décharges électriques. C’est complètement ahuri que je me retrouvai donc à m’occuper des toilettes défectueux mais, au moins, avec eux, je ne risquais à part quelques éclaboussures.
Mes amis, pendant ce temps, vaquaient à d’autres besognes, bien plus ludiques. Doreen s’était installée à la réception pour faire du point de croix, tandis que Yoram s’exerçait à nous peaufiner de jolis bouquets pour rendre notre intérieur plus agréable. Quant à Audric, je l’avais aperçu se rendant en salle de médiation, probablement pour faire du yoga et se relaxer. Je ne savais pas où était Odely, et encore moins Ancelin... Je ne l'avais pas revu depuis le petit matin.
Fantine et moi avions convenu de nous retrouver devant l’hôpital vers dix-sept heures. Elle était déjà là lorsque j’arrivai. Je ne sais pas comment nous avions pu nous rapprocher tous les deux, malgré une différence d’âge d’une quinzaine d’années, mais nous l’avions fait. Les jeunes femmes ne m’avaient jamais attiré, mais son espièglerie et sa maturité avaient eu raison de mon cœur. Était-ce cet endroit ou les circonstances de notre rencontre, qui avaient voulu cela ?
Nous n’en savions rien, mais nous étions bien ensemble. Elle ressentait la même chose que moi car, elle non plus, n’aurait un jour envisagé de se laisser séduire par un homme d’âge mur, selon son expression. Elle avait trente ans, j’en avais quarante-cinq ; mais nous savourions chacun de ces instants précieux que nous passions l’un près de l’autre.
Nous ne parlions pas d’amour... Comment aurait-il pu en être autrement ? Trois jours à peine s’étaient écoulés depuis notre premier baiser... Son enthousiasme, sa jeunesse... ou simplement le fait qu’elle soit aussi spontanée, avaient pourtant fait chavirer mon cœur qui ne s’était pas ému de la sorte depuis ma séparation de la mère de ma fille, Gwen.
Fantine avait pour habitude de sauter du coq à l’âne dans n’importe laquelle de nos conversations. Elle suivait très probablement le fil de ses pensées et, aujourd’hui ne fit pas exception. Elle avait aperçu le jour se coucher et souhaitait invoquer les esprits sur la table de Parcémente. Bien sûr, elle me voulait à ses côtés. C’en était donc fini de notre romantique tête à tête, et je me fis un plaisir d’accepter, pliant face à sa gaité et son euphorisme.
C’est ainsi que nous nous retrouvâmes à appeler les morts en compagnie de Doreen et Audric qui se trouvaient à ce moment-là dans le hall de la réception.
Nous maintenions depuis plusieurs minutes déjà, le cercle parfait, lorsque les lumières se mirent à vaciller. Doreen et Audric se fixaient d’un regard entendu tandis que Fantine et moi nous observions pour savoir si tout allait bien.
Le cercle s’éteignit ensuite. La séance n’avait rien donné. Mais il était sûrement trop tôt, à peine dix-neuf heures. Je partis alors à la recherche d’Odely et la trouvai, debout, dans l’une des salles de soins de l’infirmerie, devant un cercueil de bois d’où émanait des vapeurs violacées. - Qu’y-a-t ’il ? lui demandai-je d’une voix que j’espérais être la plus douce possible. - Il hiberne... Ancelin s’est mis en hibernation. Nous ne le reverrons pas avant un moment.
Je ne savais que dire. Mais qu’aurais-je pu dire, finalement ? De simples mots qui auraient paru insipides face à la douleur qu’elle ressentait ? Mieux valait se taire. Elle reprit finalement : - J’aimerais tant qu’il se réveille lorsque tout sera fini... qu’il ne se rappelle rien de cette étape de sa vie...
Sa mélancolie ne dura pas car elle souhaita que nous essayâmes de monter l’escalier qui menait au deuxième étage. Elle avait déjà tenté de le faire mais, elle avait ressenti une force qui l’en empêchait. Je n’eus pas plus de succès. Il y avait vraisemblablement une barrière invisible qui nous interdisait d’aller plus haut. Sans doute une pièce dont l’accès nous serait accordé, une nouvelle fois, sous conditions.
Après notre tentative, Odely m’avait demandé de la laisser seule. J’étais alors descendu au jardin pour m’occuper nourrir les poules et ramasser leurs œufs, puisque je n’avais pas eu le temps de le faire ce matin. Je récoltai le miel dans les ruches d’abeilles très agressives puis je m’employai à arroser nos plantes. J’aurais au moins fait la part du travail que l’on attendait de moi.
Vers 20h30, j’acceptai une partie de cartes avec Audric, Yoram et Doreen. Nous n’eûmes pas le temps de nous concentrer sur nos cartes que Guidry apparut dans la pièces et fit, comme à chaque fois, vaciller les bougies.
- Coucou les amis ! nous lança-t-il. Alors, comment ça va ce soir ? Comment ça va ? L’ectoplasme se moquait de nous, ou quoi ? Il avait beau être bienveillant, il ne paraissait pas à ce point stupide pour savoir ne pas savoir que nous sursautions au moindre bruit, ou la moindre lumière tremblotante... Doreen entrait d’ailleurs déjà en panique, et avait lâché son jeu de cartes avant de se lever. J’avais l’impression qu’elle était la plus terrifiée d’entre nous.
- Nous allons bien, lui répondis-je. D’ailleurs j’aurais une question à te poser. Yoram exultait car il avait une main gagnante, mais son enthousiasme retomba vite en s’apercevant que j’avais aussi abandonné mes cartes, et qu’Audric s’apprêtait à faire de même. - Je t’écoute, Amaël, me dit joyeusement le fantôme.
- J’allais gagner... soupira Yoram. - Que veux-tu que je te dise, la mission est plus importante, lui sourit Audric, que l’arrivée inopée de Guidry avait certainement dû arranger. J’exprimai à Guidry mon souhait de rendre accessibles les deux dernières pièces du premier étage, et lui demandai aimablement quels actes il nous faudrait accomplir pour qu’elles soient nôtres. Aucun acte. Juste de l’argent. Il nous fallait débourser deux-cents simflouz par pièce, et nous les avions largement.
Je me levai alors pour aller piocher dans la trésorerie, donnai notre contribution à Guidry et des gonds grincèrent. Parfois, tout me semblait si simple. - Merci, me dit-il simplement en s’approchant de la fenêtre. Vous avancez rapidement, et j’en connais une à qui cela ne va pas plaire du tout.
Il allait nous quitter lorsqu’Odely fit son entrée dans la pièce et le ramena vers nous. Audric lui avait gentiment cédé sa place. Elle voulait savoir pourquoi Tempérance n’était pas venue ce soir. Elle l’avait pourtant attendue de pied ferme. Guidry n’en savait rien et répliqua qu’il n’était plus dans toutes les confidences de la furie, depuis fort longtemps.
- Et comment pourrions-nous faire pour la vaincre au plus vite ? insista Odely. Nous sommes ici depuis huit jours maintenant et nous ne parvenons à rien contre elle, et ses esprits. Je veux me débarrasser de cette plaie. - Il y a bien une solution... mais elle risque de ne pas vous plaire. Guidry avait hésité avant de prononcer ces mots et, je reconnais que j’étais tout aussi curieux qu’Odely, que notre mission ici se terminât. J’avais hâte de revoir ma fille, Gwen.
- Dis toujours, s’impatienta notre cheffe. - Il vous faudrait activer la main pour rentrer en mode héroïque... en pliant le pouce et l’index... Seulement, vos terreurs deviendraient encore plus grandes que maintenant, et je ne sais pas si vous pourriez y survivre. Toi, oui. Mais pour tes amis humains, je ne présume de rien...
Je m’étais alors levé, j’avais plié le pouce et l’index, qui s’étaient aussitôt redressés dans un bruit infernal. Je ne sais pas si mon impulsion avait été la bonne, mais il était maintenant trop tard. - Tu as fait le bon choix, me dit Guidry. Tout ira plus vite dorénavant.
Mes amis s’étaient tous levés de leur chaise, affichant une vague d’incompréhension sur leurs visages, mais Odely me remercia sincèrement.
Quelques secondes après, nous étions tous en proie à la frayeur, y compris elle...
Une fois notre terreur amoindrie, Odely questionna Guidry sur les moyens qu’on avait de rendre son âme à un vampire. Celui-ci inspira avant de répondre à sa question : - Techniquement, un vampire n’a pas d’âme. Je crois que tu le sais aussi bien que moi... Nous en parlerons donc une autre fois, en privé. Guidry s’était ensuite volatilisé, laissant Odely, seule, dans ses pensées.
Notre petite bande s’était ensuite dispersée. J’avais, pour ma part, rejoint Fantine, qui s’était assise, non loin de là, sur le canapé, bien déterminé à lui faire oublier la réaction spontanée, mais pourtant réfléchie, que j’avais eue en activant la main maléfique. Elle ne m’en voulait pas, au contraire... Elle me remercia même d’avoir eu le courage de faire ce que personne n’aurait osé faire. Derrière nous, sans que nous nous en rendîmes compte, Audric, se fit attaquer par des chauves-souris.
Nous étions sur notre petit nuage. Odely me dit plus tard qu’elle nous avait trouvé adorables, à nous voir ainsi lovés l’un conte l’autre.
Nous ne les avions même pas vu partir, Audric et elle. J’aimais sentir Fantine contre moi... et elle aimait sentir mes bras autour d’elle.
Mais, subitement, elle s’éloigna de moi, de nouveau apeurée. - Il y a quelque chose ici, Amaël... une présence malfaisante. Je crus, sans conteste, ce qu’elle me racontait, Fantine n’étant pas femme à fabuler.
Nous nous levâmes tous les deux, prêts à parer les attaques mais, celles-ci était invisibles, une nouvelle fois, et atteignirent ma jolie petite amie. Je tentai alors de la convaincre que l’attaque n’était qu’une illusion destinée à nous faire peur, bien que n’y croyant pas moi-même... car j’avais réellement peur pour elle.
Au même moment, Audric, qui avait envisagé une séance de yoga et s’était rendu en salle de méditation, ainsi que Yoram qui voulait se régaler d’un petit plat en cuisine, furent victimes des mêmes esprits invisibles que Fantine.
Odely, qui discutait avec Guidry, à cet instant-là, m’affirma n’avoir pas été non plus dans son assiette, même si elle appréhendait, mieux que les autres, les créatures paranormales.
J’avais essayé de calmer Fantine mais la tâche ne fut pas aisée et me prit un temps qui ne semblait pas vouloir finir.
Heureusement, je finis par la convaincre que nous pourrions vaincre nos frayeurs en occupant nos pensée à autre chose... Et elle finit par me suivre, comblant mes attentes alors que je n’y avais pas cru vraiment.
Elle m’offrit un merveilleux moment, de ceux que j’avais oubliés depuis très, très longtemps.
Pendant notre douche romantique, l’orgue d’Ancelin se décolla du sol et Guidry allait et venait des enfers, jusqu’à l’hôpital. Mais nous étions bien et, rien n’eut pu gâcher notre bonheur.
Ce petit intermède de plaisir nous avait fait le plus grand bien, et nous ne ressentions plus aucune peur.
En traversant le hall pour nous rendre au jardin, nous remarquâmes que Guidry et Odely discutaient à bâtons rompus, mais nous n’y portâmes aucune attention.
Audric, Yoram et Doreen étaient vraisemblablement partis se coucher mais, nous, nous voulions encore profiter de ces moments ensemble en regardant les étoiles, le cœur léger et l’esprit libéré de nos peurs irraisonnées.
(en bleu ciel, les pièces accessibles dès le début - En vert, les pièces débloquées dans les précédents chapitres - En jaune, les pièces débloquées au cours du chapitre)
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