[SBS-2] *Les Chevalier au fil du temps* - màj 28 /2/26 - G8 Chapitre 42
Vous trouverez ici la suite de mon SBS "LES CHEVALIERS AU FIL DU TEMPS", à partir de la G8, chapitre 9. En effet, je ne peux plus publier sur la première discussion. 😊
POUR LES CHAPITRES PRECEDENTS ET LE SOMMAIRE ASSOCIE, c'estICI
G8/ Chapitre 19 - Le coupable est un vampire ______________________________________________
Au lendemain de cette discussion ente Caleb et sa sœur Lilith, je m’étais rendue à la Clairière Forestière. Il fallait que je parle à Mamie et je savais que c’était à son tour de m’apparaître. Je la vis apparaître dans une démarche jeune et assurée. Elle portait une robe de la même couleur que ses cheveux, ses beaux cheveux roux. J’étais petite fille la dernière fois que j’avais vu Mamie avec ses cheveux-là. Dans mes souvenirs, elle avait plutôt les cheveux blancs...
Elle s’approcha de moi avec un grand sourire.
- Mamie... C’est bien toi ? - Oui, ma chérie.
Je me jetai dans ses bras : - Oh Mamie... Comme tu me manques ! - Tu me manques aussi, ma puce.
- Je me demandais quand est-ce que tu aurais besoin du cristal. - Et bien tu vois, je suis là. - J’ai appris pour ton bébé... Je suis désolée... Je n’ose imaginer ce que tu as souffert. - J’ai passé de très mauvais moments... Mais le plus dur est de ne pas me rappeler complètement.
- De quoi te souviens-tu, au juste ? - J’avais peur, je n’étais pas seule. Je ne pouvais pas bouger non plus. Et j’avais froid. C’est tout. Je ne sais même pas où j’étais. Et toi, tu le sais ? - Oui. Le Créateur sait tout. - Mais tu n’as pas le droit de me le dire, n’est-ce-pas ?
- Non mais ce que je sais, c’est que tu finiras par t’en rappeler. - C’est déjà ça... - Je me doute que cela est très dur pour toi, Rose, mais c’est tout ce que je suis autorisée à te dire. - Ne t’en fais pas. Je connais votre mode de fonctionnement, depuis le temps !
- Mais quelque chose me dit que ce n’est pas pour me poser cette question que tu es venue ici... - Non, en effet. Mais je ne sais pas comment te dire ça... - Alors je vais t’aider : tu veux devenir un vampire, n’est-ce-pas ? - Oui... Est-ce que c’est mal, Mamie ?
- Pas du tout. Tout comme les humains, les vampires sont des créatures du Créateur. Certaines se sont tournées vers le Mal mais heureusement, la plupart sont du côté du Bien. - Alors tu ne m’en voudrais pas ?
- Bien sûr que non. Si tu m’en parles, c’est que tu as bien pesé le pour et le contre. - Vaguement, oui... - Si je peux te donner un conseil, évite d’être dans le vague. - Je sais une chose, je voudrais vieillir aux côtés de Caleb mais le problème, c’est que les années passent, que je vieillis et que je vais finir par être beaucoup plus âgée que lui.
- Je comprends bien mais là, on parle d’immortalité. Cela n’a pas que des avantages. - Lilith m’en a parlé, oui... - La vie éternelle, c’est long, extrêmement long. Et elle n’a pas de fin. C’est ainsi qu’il faut que tu l’envisages. - J’y ai déjà pensé.
- Tu y as pensé, c’est vrai. Mais de façon superficielle, tu viens de me le dire. - Je serai avec Caleb. C’est le plus important pour moi. - Certainement. Vous vivez une très belle histoire d’amour. Mais pense quand même à ce que je t’ai dit avant de prendre une décision qui serait irréversible. - Je te promets que j’y penserai plus sérieusement, ça te va ?
- Et Caleb, qu’en dit-il ? - Il ne le sait pas encore. - Je ne suis même pas sûre qu’il accepterait de faire de toi un vampire. - Je l’ai entendu parler avec sa sœur hier soir... Il lui disait qu’il aimait bien l’idée. - Caleb est plein de bon sens. Entre aimer une idée et passer à l’acte, il y a une marche à franchir. Et je ne suis pas sûre qu’il la franchisse. - Je pourrais demander à Lilith, dans ce cas. Une fois que je serais vampire, il ne pourra plus rien dire.
- Ne t’emballe pas comme ça. Il n’y a que ton mari qui puisse te transformer. La loi des vampires est simple. Il te transforme et c’est ensuite lui qui te guide et te forme. Il t’enseigne et t’apprend aussi à te nourrir correctement. - Je n’avais pas songé à tout ça... - Tu n’as pas songé à grand-chose ma chérie, j’en ai bien peur. - Il faut donc que Caleb accepte.
- S’il n’accepte pas, respecte sa décision, s’il te plait. - Je te le promets. - Tu n’iras pas voir Lilith ? - Je te le promets.
- Tu sais, quand j’ai rencontré Caleb la première fois, j’étais une gamine écervelée. - Tout comme moi, Mamie. - Nous étions à l’auberge du vieux quartier. Je m’étais levée un moment et il s’était assis à ma place. Je lui avais fait un scandale ! Il ne m’avait pas impressionnée du tout ! - Au fait, tu sais que j’ai retrouvé une photo de Caleb et toi dans la pièce fermée du sous-sol, à Windenburg.
- Cette photo a été prise à l’Usine. Il jurait ses grands dieux que je ne l’avais jamais vu avant, que je le confondais avec son père qui lui ressemblait beaucoup. J’ai quand même réussi à lui arracher un selfie. - Cette photo est chez nous maintenant. - Et celle où il joue du piano, tu l’as ? - Bien sûr.
- C’était pour mes quarante ans. Je voulais une preuve que ce gars-là ne vieillissait pas. Je savais que je ne délirais pas. - Oui, j’ai lu tes livres sur le sujet. Tu devais déjà sentir qu’il y avait quelque chose de surnaturel en lui, je suppose. - C’est incroyable ! Et dire que ma petite-fille l’a épousé ! Si j’avais su cela à l’époque, j’en aurais fait un super roman. Tu as commencé à écrire, toi, Rose ? - Non, pas du tout.
- Mais tout le monde dans la famille l’a fait ! Il faut raconter notre histoire. Pour les futures générations. - J’ai le temps. Je suis encore jeune. - Mais tu l’as dit toi-même, le temps passe vite. Sauf si tu as l’éternité devant toi. - Ça, nous verrons bien.
- Je suis vraiment très heureuse de voir à quel point Caleb et toi vous aimez. Ça me fait tellement plaisir pour vous deux. - Merci Mamie. Dommage que je ne puisse pas le lui répéter. - Tu ne lui as jamais parlé de la clairière ? - Non mais il doit en connaître l’existence. Il a lu toutes les biographies de la famille.
Mamie s’était levée. Elle allait devoir partir. - Et il n’a jamais souhaité y venir ? - Il ne m’en a jamais parlé, en tous cas. - Il attend peut-être que ce soit toi qui lui en parles. - Je ne saurais le dire. Caleb est toujours très mystérieux, tu sais...
- Oh, ça je le sais. En tous cas, si tu l’emmènes ici, ne lui parle pas du cristal, ni de nous, Rose. Pas encore. - Pas encore ? C’est Mamie qui devenait mystérieuse, cette fois.
Elle me prit alors dans ses bras. - Chaque chose en son temps. Je t’aime, Rose. - Moi aussi je t’aime, Mamie. Très, très fort. J’ai tellement adoré discuter avec toi. - Moi aussi ma chérie. Et j’espère que tu reviendras vite !
Elle s’était ensuite éloignée, et je l’avais vue disparaître non loin de l’arbre... Je me retrouvais seule à nouveau.
Quelques jours plus tard, Shelby, le docteur Mülter, vint me rendre une visite à domicile pour s’assurer de ma bonne santé suite à l’opération qu’elle m’avait fait subir. Elle m’examina puis je l’invitai un peu à rester discuter. Nous allâmes sur la terrasse. - Qu’en pensez-vous, Shelby ? Mon examen est-il satisfaisant ? - Vous vous remettez vraiment très bien. Encore mieux que prévu. Le sang de votre mari fait des miracles. - C’est une très bonne nouvelle. D’ailleurs, je me sens plutôt bien. En pleine forme, même. - Je n’en doute pas. Faites quand même attention. Il ne faudrait pas que vous retombiez enceinte tout de suite. Certaine de vos blessures ne sont pas encore complètement guéries et se remettent doucement.
- Mais vous m’aviez dit que je pourrais avoir un bébé... - Et vous le pourrez. Mais attendez cinq ou six mois. Nous serons fixées. - J’attendrai tout le temps qu’il faudra.
Shelby était ensuite venue s’asseoir près de moi et nous discutâmes comme deux vieilles copines. C’était vraiment facile de se confier à elle : elle était douce et prévenante, et surtout, elle n’avait aucun lien de parenté avec mon mari. J’aperçus Caleb sur le perron du jardin alors que j’étais en train d’expliquer une de mes recettes à base de plasma fruit à Shelby.
Caleb s’approcha.
Elle n’hésita pas une seconde.
Caleb venait de l’enrôler pour le combat dont nous parlions depuis des mois, je le savais. Et je suis certaine qu’elle savait aussi que cela allait bien au-delà d’une vengeance personnelle.
Je m’étais alors levée à mon tour. J’avais un dîner à préparer. J’avais confiance en Shelby et je la sentais de taille pour aider mon mari. Je la regardai alors partir, le cœur léger. Deux vampires devaient aider Caleb et Lilith, d’après la prophétie du Créateur. Shelby serait l’un d’entre eux.
Quelques soirs plus tard, nous reçûmes la visite de mon oncle Yann. Caleb l’avait invité. C’était la première fois qu’il autorisait l’accès de notre demeure à un humain qui ne soit pas de sa descendance directe. Je me demandais ce que cela pouvait bien cacher. Tonton était venu seul.
- Ma douce, j’ai invité Tonton Yann à venir nous voir, me dit mon mari. - C’est ce que je vois...
Yann me serra aussitôt contre lui.
Caleb nous installa à la cuisine et remercia Tonton Yann : - Je suis heureux que vous ayez pu venir. - Je ne pouvais pas refuser une telle invitation. - Vous voulez boire ou manger quelque chose ? - Non, je vous remercie.
Mon oncle Yann ressemblait finalement beaucoup à Caleb. Il ne prenait pas de gants pour dire ce qu’il avait à dire. - Je suis là parce que nous devions nous revoir, pour parler, pas pour manger.
Mais je n’avais pas envie qu’ils parlent tout de suite car je savais que je serais évincée de leur conversation. Je déviai alors le sujet sur la famille. Caleb me laissa faire. - Et Tante Béatrice, comment va-t-elle ? - Très bien. Et je pense que ça lui ferait plaisir de te revoir. - Moi aussi, ça me ferait plaisir. - Alors passe à la maison. Quand tu veux. Tu seras toujours la bienvenue.
[Point de vue de Caleb]
Rose avait suffisamment parlé. Il était temps que nous restions seuls, Yann et moi. - Ma douce, j’aimerais beaucoup que tu ailles vaquer à tes occupations maintenant. - Nous ne sommes pas obligés de chasser Rose... Je voyais bien que Yann n’approuvait pas mais heureusement, Rose ne me contredit pas. - J’avais beaucoup de choses à faire justement. - Parfait. Parce que ton oncle et moi devons discuter entre hommes.
Et Yann n’en rajouta pas davantage, ce dont je le remerciai intérieurement. Cet homme-là était très fin. Lorsque Rose s’éloigna, je relançai le sujet. - Lorsque nous nous sommes vus à l’hôpital, vous m’avez clairement dit de ne pas sous-estimer votre force. - Tout à fait. La mienne mais aussi celles de mon frère et de mon fils. Nous sommes indissociables. Et nous avons, nous aussi, des pouvoirs.
Je le raillai un peu, mais je savais qu’il était sérieux. - Des pouvoirs ? Je ne savais pas que les humains pouvaient avoir des pouvoirs ! - Nous ne sommes pas de simples humains. Nous sommes les Protecteurs. - Vous pouvez m’en dire plus ? - Nous sommes aussi des magiciens. Depuis peu, il est vrai mais nos pouvoirs sont immenses. - Ils vous été donnés par le Créateur, n’est-ce pas ? - Oui. Un soir, il est venu dans notre sommeil pour nous informer que nous devions partir dès le lendemain matin vers une bourgade paumée de quatre maisons.
Nous avons suivi un petit chemin et nous sommes retrouvés devant une sorte de portail mystique.
Il n’y avait rien derrière, excepté une énorme chute d’eau. Nous savions que nous devions traverser ce portail.
Nous avions tous la Foi, ou presque...
Nous arrivâmes dans un monde qui ne voyait jamais le soleil, par un portail en tous points identique à celui que nous venions de traverser. Il était posé au centre d’un grand cercle sur lequel étaient gravés trois symboles formant un triangle. Nous nous savions pas encore ce qu’ils signifiaient mais nous découvrîmes très vite que ce cercle et ces symboles se trouvaient partout dans ce monde magique.
Ce monde-là était un monde très particulier puisqu’il était à lui seul une école de magie. Il était composé de quatre régions qui avaient l’air de flotter dans l’espace. La région principale, appelée aussi le quartier général, était notre lieu de vie. Nous y apprenions, mangions et dormions. Il n’y avait pas de place ici pour d’autres distractions que la magie mais je dois avouer que nous n’eûmes pas trop le temps d’y songer.
Le seul éclairage naturel dont nous jouissions était celui de la lune. Le soleil nous manqua beaucoup au début mais nous finîmes par nous y habituer.
Les trois autres régions étaient toutes différentes. La première était un jardin, lieu de détente bienvenu certains jours et dans lequel nous trouvions aussi les plantes nécessaires à la fabrication de nos potions. La seconde était appelée l’Allée des jeteurs de sorts, une rue commerçante où tout le monde se retrouvait pour acheter des babioles magiques mais aussi de la nourriture. Nous y avons passé beaucoup de temps. Et enfin la dernière région, et non la moindre était le terrain de duels. Ici, nous allions au-delà de l’entraînement et les duels étaient bien réels.
- Incroyable ! J’ignorais qu’un lieu pareil existât. - Nous aussi. La surprise a été énorme. - Vous saviez que vous deviez y apprendre la magie ? - Pas du tout. Nous nous demandions pourquoi nous étions là. Nous ne savions même pas où aller.
L’histoire de Yann était passionnante et je m’en voulus d’avoir évincé Rose de cette conversation. - Qu’avez-vous fait alors ? - Nous nous sommes dirigés vers le seul bâtiment qui était là et l’avons exploré chacun de notre côté.
Nous avons très vite été pris en charge par des professeurs de la magie, appelés des sages. C’est ainsi que je fis la connaissance de Philéas Bardeau, celui qui deviendrait mon mentor. Il enseignait la magie indomptée et le Créateur m’avait choisi pour pratiquer cette magie. Maxime, de son côté eut à faire à Obéron Grimaud, le sage de la magie malicieuse. C’est lui qui devint son mentor. Et Gildas rencontra Jesabel Lopez, la seule femme sage de l’école de magie. Elle allait lui enseigner la magie pratique.
Nous passâmes des jours, des semaines et des mois à nous entraîner. Nos professeurs ne nous lâchaient pas. Et plus le temps passait, et plus nous devenions forts.
Et un jour, on nous expliqua la signification des symboles dans le cercle. Chaque symbole représentait une forme de magie : les magies indomptée, malicieuse et pratique
En nous positionnant chacun sur le symbole correspondant à la magie qui nous avait été enseignée...
...et en exerçant notre magie en même temps, nous décuplions nos pouvoirs, nous rendant ainsi presqu’indestructibles. Le pouvoir du Trio. Nous venions, à ce moment-là, de finir notre apprentissage.
Et il nous fallut rentrer. En revenant dans notre monde, nous fûmes tout d’abord éblouis par la lumière du soleil. Nos yeux n’étaient plus accoutumés à autant de clarté. Puis nous nous aperçûmes que nous avions pris place sur nos symboles magiques, gravés dans la pierre. Le jour où nous avions quitté le monde réel, nous n’avions même pas fait attention à leur présence, mais ils étaient bien là, plus d’une année après...
- Vous voulez dire que vous êtes restés plus d’un an dans cette école de magie ? - Oui. Mais lorsque nous sommes rentrés, nous étions exactement le même jour à la même heure que celui de notre départ. Nos familles n’ont même pas eu le temps de s’apercevoir de notre absence. - Vous êtes revenus le même jour, mais avec vos pouvoirs en plus. - C’est ça.
- Et que se passerait-il pour votre pouvoir du Trio s’il arrivait quelque chose à l’un d’entre vous ? Vous n’auriez plus de pouvoirs ? - Nous les aurions toujours mais ils seraient moins puissants. Pourquoi cette question ? - Sans vouloir vous vexer, vous ne devriez pas tarder à devenir une personne âgée... Vous êtes de la même génération que Léandre Chevalier, non ? - Oui. Où voulez-vous en venir ?
- Et bien, nous ne savons pas quand aura lieu ce combat. Il peut avoir lieu la semaine prochaine comme dans un an ou deux... On ne sait rien... - Et vous vous dites que je pourrais mourir avant.
- Oui... Je sais que c’est un peu moche de penser à ça mais c’est une réalité. - Je ne mourrai pas, Caleb. Je ne vieillis plus. - Vous ne vieillissez plus ? - Non. Le Créateur m’a accordé un sursis. Je resterai au même âge que maintenant jusqu’à ce que tout soit réglé. Ensuite, je vieillirai à nouveau.
- Magnifique ! Dans ce cas, je n’ai aucun souci à me faire. - Moi oui, par contre. Maewenn m’en veut à mort parce qu’elle est ma jumelle et qu’elle ne vieillira plus en même temps que moi. Et ma femme commence à se demander si elle ne va pas finir plus vieille que moi. Heureusement, elle est jeune et il y a de la marge. - C’est vrai qu’on ne pense pas toujours à ce genre de détails. - Franchement, je ne sais pas comment vous faites avec Rose. Moi, j’ai l’impression de vivre un enfer à cause de cette histoire d’âge.
- Pour Rose, cela est plus facile à accepter. Elle connaissait la situation dès le début. Pour Béatrice, la donne a changé. Pour Maewenn aussi. - Evidemment... - Yann, est-ce que vous seriez d’accord pour que je rencontre votre fils et votre frère ? - Vous voulez savoir s’ils vont vous dire la même chose que moi ?
- Non, je voudrais mieux les connaître. Je n’ai fait que les apercevoir à l’hôpital. Et si on doit faire équipe, je trouve important de savoir à qui on a à faire. - Vous avez raison. Dimanche matin à la Boulangerie Jules pour un café-croissants, ça vous tente ? - Ça me tente. Mais vous ne leur demandez pas avant ? - Ils seront d’accord, ne vous en faites pas.
Je ne m’en faisais pas. Yann était un homme de la même trempe que moi, un meneur, un décideur. Lorsqu’il parlait, je devinais qu’on lui obéissait sans rien dire. Il serait un allié à ma hauteur, mais je redoutais surtout qu’il soit aussi un adversaire de taille lorsqu’il s’agira de savoir qui de nous deux prendra le commandement des opérations, le moment venu. Il se leva pour prendre congé. - Il est temps pour moi de partir maintenant. - Merci d’être venu. - Merci à vous de m’avoir invité dans votre demeure. Je sais que peu de personnes ont ce privilège. - Ce fut un plaisir. - Autant pour moi. Je vous dis à dimanche.
J’étais soulagé de savoir que les pouvoirs de Yann et des autres Protecteurs étaient sérieux. Nous en aurions grand besoin dans la bataille. Mais j’aimerais quand même voir de mes propres yeux ce dont ils étaient capables. Je voulais savoir qui allait protéger mes arrières durant le combat... Il faudrait que je leur en parle dimanche. Et j’amènerai Rose avec moi.
G8/ Chapitre 20 - Oncles et tante ___________________________________
J’étais soulagé de savoir que les pouvoirs de Yann et des autres Protecteurs étaient sérieux. Nous en aurions grand besoin dans la bataille. Mais j’aimerais quand même voir de mes propres yeux ce dont ils étaient capables. Je voulais savoir qui allait protéger mes arrières durant le combat... Il faudrait que je leur en parle dimanche. Et j’amènerai Rose avec moi.
Je fus sorti de mes réflexions par la voix de Rose.
Rose était exceptionnelle. Elle savait exactement comment me dire les choses et, même si une de mes décisions ne lui avait pas plu, elle n’utilisait jamais un ton de reproches.
[Point de vue de Rose]
Ce matin-là, Caleb et moi discutions au jardin. Il m’avait raconté par le détail les aventures de mes oncles et de mon cousin dans le monde magique et m’avait aussi appris pourquoi mon oncle Yann ne vieillirait plus pour le moment.
J’avais mon ouverture pour parler à Caleb de ce qui me tenait réellement à cœur.
Je l’avais senti hésiter...
Je savais tout cela. Les nuits de Caleb étaient souvent agitées. Je l’entendais même hurler parfois...
Puis Caleb se mit à rire.
Nous nous étions retrouvés ce dimanche-là, mon mari, mes oncles, mon cousin et moi à la Boulangerie Jules, endroit choisi par mon oncle Yann.
Caleb me fixait d’un regard attendri. Je savais qu’il compatissait silencieusement.
J’avais pourtant une envie folle de voir Caleb me venger et s’occuper de ce type.
J’avais le nez dans ma tasse, j’avais peur... Une hypnose pourrait réveiller d’intolérables souvenirs... Mais je voulais aider mon mari à prendre une décision.
Je pris mon courage à deux mains.
Je regardai alors mon mari droit dans les yeux, pour lui montrer toute la confiance que je lui portais.
Le lundi, j’appelais Tatie Morgane pour savoir si je pouvais lui rendre visite. Elle était ravie et me demanda de passer dans l’après-midi.
J’appelai aussitôt Caleb pour le prévenir que je ne serais pas présente à seize heures pour l’accueillir car je me rendais chez ma tante. Il avait l’air heureux pour moi et me souhaita de passer un bon après-midi.
J’arrivai chez Morgane en début d’après-midi. Elle m’accueillit à bras ouverts. - Je suis très heureuse de te voir ici.
Effectivement, ils étaient tous là : Tonton Ludovic et sa sœur Stéphanie mais aussi ma cousine Laurence que j’avais vue enfant la dernière fois et qui était à présent une belle adolescente.
Ludovic me prit spontanément dans ses bras.
Stéphanie et moi commencions tout juste à devenir des amies lorsque j’ai quitté Windenburg pour me marier avec Caleb.
Laurence se leva aussi. - Alors, c’est toi, ma cousine ? me lança-t-elle.
Laurence n’était pas tendre avec moi mais je ne pouvais pas lui en vouloir. Après tout, j’avais coupé les ponts avec ma famille du jour au lendemain.
C’était exactement ça, du moins en partie, mais comment le leur dire ? Morgane, heureusement, me tira d’affaire...
- Merci, lui répondis-je lorsque nous nous fûmes éloignées. - Ne crois pas que tu vas t’en sortir comme ça. Si j’ai voulu qu’on aille plus loin, c’est pour que tu me dises toute la vérité.
Tatie était en colère. - Je veux savoir pourquoi tu n’as pas donné signe de vie durant toutes ces années. - Je ne sais pas quoi te dire parce que je n’ai aucune excuse.
- Aucune excuse, ce n’est pas une réponse. Tu avais résilié ta ligne téléphonique, Rose... Du jour au lendemain, je suis tombée sur un message vocal disant que le numéro n’était plus en service. - Je suis désolée, Tatie... - Arrête d’être désolée et dis-moi pourquoi. Il y a forcément une raison. On ne fait pas ça sans raison ! - A l’époque, je détestais Papa. Et peut-être même Maman, un petit peu. Je ne voulais plus les voir. Jamais. Je voulais disparaître.
- D’accord, mais moi ? Tu ne me détestais pas, moi. - Non mais je me disais que si je gardais le contact avec toi, ou avec mes oncles du côté de Maman, mes parents finiraient un jour par savoir où j’étais. - Et alors ? Tu pouvais refuser de les voir. - Ce n’était pas si simple que ça. J’allais quand même épouser l’homme que Papa haïssait le plus au monde... Un homme différent des autres. Tout le monde se serait opposé à ce mariage, même toi.
- Pourquoi aurais-je fait une chose pareille ? - Tu sais comme moi que lorsque Forgotten Hollow est apparu, des créatures surnaturelles sont également apparues. Caleb en est une. C’est un vampire.
- Bon sang ! Caleb est un vampire et tu l’as épousé quand même ? Tu le savais avant de te marier ? - Oui. Il m’a tout raconté avant. - Et tu as tenu à te marier malgré tout ? - Tu vois, tu as justement le genre de réactions que je craignais à l’époque. J’ai épousé Caleb parce que je l’aimais. Qu’il soit un vampire ne change rien. Et je l’aime encore.
- Léandre va être fou quand il saura ça... - Mais tu ne diras rien à mon père. Ni à personne, d’ailleurs. - Pourquoi m’en as-tu parlé dans ce cas ? - Je t’en ai parlé parce que je te fais confiance, pas pour que tu ailles le répéter. Le monde n’est pas encore prêt à accueillir des vampires en son sein.
- Très bien. Je garderai ça pour moi. - Parfait. - Et je suis heureuse que tu m’aies raconté ton petit secret - Je te devais bien ça.
- Rose, est-ce que tu en veux toujours à ton père ? - Je ne sais pas... Peut-être un peu. - Il faudrait que tu ailles rendre visite à tes parents. - Quoi ?
- Ils ont été très malheureux tous les deux de ne pas savoir où tu étais, ni même s’il t’était arrivé quelque chose. - Je ne crois pas que j’en aurais la force.
- Et si je venais avec toi ? Cela te donnerait du courage ? - Je n’en sais rien. Lorsque nous nous sommes retrouvés à l’hôpital, nous ne savions même pas quoi nous dire. - Justement. Si j’étais avec toi, ce serait peut-être plus facile. - Peut-être... Je vais y réfléchir.
- Réfléchis vite alors, d’accord ? Ton père vieillit. Il ne sera peut-être plus très longtemps avec nous. - D’accord. J’irai les voir. Mais je compte sur toi pour m’accompagner. Il faut que je rentre maintenant.
- Je serai toujours là pour toi, Rose. - Je le sais.
- Mais est-ce que tu me pardonneras un jour ?
- J’y arriverai... me répondit-elle simplement.
Elle me prit dans ses bras : - Mais laisse-moi un peu de temps... - Je t’aime, Tatie. - Moi aussi, ma chérie.
A suivre... 🙂
Crédit poses : Rose et Caleb sur le banc, dans le jardin : ONLINDA
Lorsque je rentrai à la maison, après avoir passé l’après-midi chez Tatie Morgane, Caleb était au salon en train d’écouter de la musique.
Même si j’avais dit que j’étais partante, l’entreprise me semblait risquée et j’en avais une peur bleue.
[Point de vue de Caleb]
Rose cachait mal sa peur et la dissimulait souvent derrière de petites plaisanteries. Même lorsque nous arrivâmes dans mon antre, elle trouva encore à me provoquer gentiment.
Je m’enveloppais alors d’un brouillard de séduction afin qu’elle se sente rassurée...
Puis j’entrepris de lui parler d’une voix douce et monocorde.
Ma femme était très réceptive. L’hypnose fonctionnait à merveille sur elle. J’allais pouvoir commencer.
Mon Dieu... Je n’aurais jamais pensé que l’hypnose de Rose serait aussi une épreuve pour moi. Elle s’était rendue au manoir du Comte Vladislaus Straud, et je n’avais pas empêché cela...
Rose commençait à saigner du nez. J’interrompis immédiatement l’hypnose. J’étais bouleversé de ne pas avoir su qu’elle était en danger, de ne pas avoir pu lui venir en aide. Mais si j’étais bouleversé, Rose l’était encore davantage. Des larmes coulaient le long de ses joues.
Je n’osais même pas imaginer ce qu’elle traversait... Elle releva la tête et me regarda, de ses yeux implorant.
Elle s’était mise à pleurer.
Elle pleura toutes les larmes de son corps. Je la pris contre moi sans rien dire. Elle avait juste besoin d’une épaule. Les paroles étaient superflues. Elle devait juste pleurer, évacuer sa peine. Je lui prêtai ainsi mon épaule pendant de longues minutes, attendant que ses sanglots s’épuisent, laissant leur place à de petits hoquets nerveux puis à des soupirs de tristesse. Rose, alors, me relâcha.
[Point de vue de Rose]
Après avoir longtemps pleuré dans les bras de Caleb, je finis par me calmer et montai jusqu’à notre salle de bain pour me rafraîchir un peu. Mon visage était inondé de larmes et mon nez avait saigné durant l’hypnose.
L’eau me fit un bien fou.
J’étais à nouveau présentable. Il ne restait qu’à me changer avant de rejoindre mon mari dans le jardin.
Un peu plus tard... alors que nous prenions l’air au jardin.
L’air frais me faisait le plus grand bien, notamment après la remontée douloureuse et brutale de mes souvenirs refoulés. Et Caleb était près de moi, comme un baume apaisant toutes mes souffrances.
Il n’aurait pas pu. Je le savais. Mon agresseur avait tout prévu, j’en étais certaine.
A suivre... 🙂
Crédits poses et CC :
Rose et Caleb appuyés sur la rambarde : LUMIALOVERSIMS Les larmes de Rose : S-CLUB LL Le nez qui saigne : The Sims Ressources (je ne retrouve plus le nom du créateur)
G8/ Chapitre 22 - La maison de mon père __________________________________________
Mercredi matin, le lendemain du jour où Caleb m’avait hypnotisée, nous nous retrouvâmes pour le petit déjeuner.
Je me levai alors pour débarrasser la table et faire la vaisselle. Je comprenais mon mari même si j’eusse aimé qu’il changeât d’avis. Il en profita pour appeler Shelby et lui expliquer que nous avions vu son assistante dans le coin.
Caleb était allé se changer pour aller au travail et s’apprêtait à partir.
Mais je comptais bien tout faire pour être à l’heure. Je ne voulais pas rater un seul mot de ce que Shelby avait à nous dire.
Lorsque Caleb s’en fut, j’appelai Morgane. - Tu es toujours d’accord pour venir avec moi chez mon père ?
- Voilà, nous y sommes, me dit Morgane - Tu es sûre que ça va bien se passer ? - Allez viens, on y va ! Et arrête de te poser toutes ces questions ! - Je vais essayer...
Maman vint nous ouvrir la porte. Elle m’enlaça aussitôt, mais je ne sentais toujours pas cette chaleur que j’aurais aimé avoir.
Je regardais Morgane de travers... Le choc ? Quel choc ? Celui de voir leur fille dans leur maison ?
Au contraire de Maman, Papa me serra très fort contre lui et prit une profonde inspiration laissant penser qu’il était vraiment sincère et heureux de me voir.
Il me regarda un moment... Nous nous toisions, les yeux dans les yeux. Que nous dire après toutes ces années ?
Puis Papa se mit à parler.
Morgane s’était lancée dans un conversation à bâtons rompus avec ma mère. Mon père et moi en profitâmes donc pour discuter de notre côté.
- Tu sais Rose, je ne te ferai aucun reproche. Je suis juste heureux que tu sois là. Je sais très bien pourquoi tu as voulu couper les ponts avec nous et je suis le seul responsable. - Vraiment ? - Je n’ai pas été un bon père pour toi. Peut-être trop jeune. Certainement, même. Mais cela n’est pas une excuse.
Mon père était-il en train de s’excuser ? Je choisis d’être franche avec lui. - J’ai manqué de parents dans mon enfance... Et ensuite durant mon adolescence, alors que j’en avais grand besoin. - Je suis conscient de tout cela. Malheureusement, je ne peux pas revenir en arrière.
- J’aurais tellement aimé que mes parents m’écoutent et me comprennent... Mais vous aviez toujours autre chose à faire. - C’est vrai... Je reconnais tout ça... Nous n’avons pas été à la hauteur...
Oui... Mon père s’excusait... Mais j’avais encore du mal à intégrer ce qu’il me disait et ma souffrance de petite fille était encore bien concrète. - Pourquoi avez-vous emménagé ici ? La maison de Mamie était bien plus belle. - Nous avons toujours adoré San Myshuno. Surtout ta mère.
- Mais vous m’avez abandonnée... J’avais à peine dix-huit ans... - Je le sais ma chérie. Chaque jour que Dieu fait, Il me le rappelle. - J’étais seule mais j’ai adoré cela. Au moins je n’avais plus à espérer l’amour de mes parents... Un amour qui ne viendrait jamais... Que j’ai attendu des années... - Je ne savais pas que tu avais autant souffert...
- Et pourtant... Heureusement, Caleb a su me donner tout l’amour qui me manquait alors que vous étiez absents. - C’est pour ça que tu l’as épousé, Rose ? C’est pour nous punir que tu as épousé un vampire ? - Comment sais-tu que Caleb est un vampire ? - Allons dehors. Nous y serons mieux pour discuter.
Papa me conduisit jusqu’à sa terrasse, et sa terrasse était désespérante. A part une plante et un bout de gazon synthétique, il n’y avait rien. - Alors ? Comment sais-tu pour Caleb ? - C’est lui qui me l’a dit.
- Caleb t’a dit qu’il était un vampire ? - Oui, à l’hôpital, la nuit où le docteur Shelby t’a opérée. Nous étions désespérés aussi bien l’un que l’autre. J’imagine qu’il m’a fait confiance. - Certainement. Et moi qui croyait que Morgane avait cafté !
- Parce que Morgane est au courant ? - Oui. C’est moi qui le lui ai dit. Mais cela ne doit pas sortir de nous trois. Elle le dira peut-être un jour à Laurence, qui est aussi une héritière, mais ça doit s’arrêter là.
- J’entends bien. Mais tu n’as pas répondu à ma question. Est-ce pour me punir que tu as épousé Caleb ?
- Non Papa. J’aime Caleb de tout mon cœur, et de toute mon âme. Quoique tu aurais pu dire ou faire, rien n’aurait changé cela. - Et ce bébé ? Tu le voulais ? - Evidemment ! Il était le fruit de notre amour. - Et Caleb ? Il le voulait aussi ? - Bien sûr ! Quelle question étrange !
- Alors je suis d’autant plus désolé pour ce qui t’es arrivé... - Merci Papa. - Et j’imagine que vous voulez refaire un bébé ? Tu n’as pas peur qu’il soit un vampire ? - Il y a cinquante pour cent de chance. Mais ce n’est pas notre préoccupation du moment. Nous avons d’autres chats à fouetter.
Je parlai alors à Papa des vampires qui voulaient anéantir la lignée des Elus. - Mon Dieu... L’histoire se répète... Comme du temps de ma grand-mère, Linette... - Et de ses parents Baptiste et Michèle... Ne t’inquiète pas. Nous nous en sommes toujours sortis.
Je sentais l’inquiétude de mon père et je voulais le rassurer. - Et cette fois, des forces surnaturelles sont avec nous. Je ne risque rien, Papa... - J’espère que tu dis vrai. - J’ai confiance en Caleb. Cela me suffit.
- Et je pense que tu as raison. - Vraiment ? Je suis étonnée que tu dises une chose pareille. - J’ai longuement discuté avec lui à l’hôpital. Caleb était sincèrement inquiet. Je suis persuadé qu’il est fou de toi, le savais-tu ?
Je m’amusais de voir mon père tomber ainsi des nues. - Bien sûr que je le sais.
- Il t’aime vraiment. Moi, je ne le savais pas. - Je te l’ai pourtant toujours dit. - Rose... Sais-tu qu’il a donné presque tout son sang pour te sauver ? - Non... Ça, je ne le savais pas... Il va falloir que je m’en aille Papa... J’ai justement un rendez-vous avec mon mari...
- J’en suis désolé mais je comprends... Est-ce que je peux t’embrasser, ma chérie ? - Oui, tu peux.
Et oui, je le voulais... Je voulais tant sentir les bras de mon père... et j’eus plus que ça. Il me dit les mots que j’avais attendus toute ma vie. - Je t’aime, Rose. Je ne sais pas si je te l’ai un jour dit, mais je t’aime.
Je le serrai encore plus fort. - Non, Papa. Tu ne me l’avais pas dit...
- Alors je te le redis ma chérie. Je t’aime ! - Moi aussi je t’aime. Prends-soin de toi, Papa. Et de Maman.
Je rentrai à la maison le cœur léger. Il était dix-sept heures passées mais les câlins de mon père valaient tous les dépassements du monde. Le soleil brillait encore sur Forgotten Hollow et sur notre manoir.
Lorsque j’arrivai, Shelby était déjà là, en pleine discussion avec mon mari.
Je soupçonnais Caleb d’avoir voulu m’attendre, mais il était trop fier pour me le dire.
Shelby ignora Caleb...
J’avais lancé cela par hasard... Parce que le mot « combat » résonnait à mes oreilles depuis longtemps.
Je regardai Caleb, interloquée... Il me fit signe que oui, il dirait tout à Shelby. Je compris qu’il avait confiance.
G8/ Chapitre 23 - Tout acte a des conséquences __________________________________________________
Caleb avait parlé avec Shelby une bonne partie de la nuit. Il lui avait raconté tout ce qu’il y avait à savoir sur les Elues et sur Vladislaus Straud qu’il connaissait par cœur. Nous nous couchâmes vers deux heures du matin et, en fin de matinée le lendemain, jeudi, Caleb décida de m’emmener faire un barbecue à Magnolia Blossom, le parc de Willow Creek. - Ce serait Straud, alors ? - Mais oui, j’en étais déjà persuadé, mais avec l’hypnose, ça ne fait que me convaincre ! - Pourquoi l’hypnose ? - Parce que le Comte est suffisamment puissant pour avoir ce genre de pouvoir.
- Mais on ne peut pas être sûr que ce soit lui. Plusieurs autres vampires vivent, apparemment, dans son manoir. Tu as entendu ce qu’a dit Shelby. - Oui, mais je suis certain que peu d’entres eux sont capables de pratiquer la double hypnose. - Ça collerait, dans ce cas. - Sans compter que le Comte me hait vraiment.
- Mais que lui as-tu fait pour qu’il te déteste à ce point-là ? - J’ai supprimé sa femme. - Caleb ! Pas étonnant qu’il s’en prenne à moi ! - Il a juré qu’il me détruirait. Et tu es le meilleur moyen d’y parvenir.
- Pourquoi as-tu fait cela ? - Parce que c’est lui qui m’a privé de toute ma famille. A l’époque je n’avais aucun scrupule. Je lui ai donc pris le seul amour de sa vie. - Quelle tristesse... - Je te l’accorde. Mais il l’avait mérité.
- Si tu veux mon avis, c’est un cercle vicieux... - C’est bien pour ça que, cette fois, c’est de lui dont je m’occuperai.
- Mais comment feras-tu ? Le manoir est plein de sbires à son service. - Je trouverai bien une solution.
- Tout cela commence à m’inquiéter... Tu sembles tellement dégagé quand tu parles de ça... Mais ce n’est pas un jeu, Caleb.
- Je ne suis pas dégagé et je ne prends pas la chose à la légère. Je te rappelle que c’est toi qui m’as demandé de m’occuper de lui. - Et bien je n’aurais pas dû. J’ai l’impression que ça tourne à l’obsession. - Pas du tout. Ma seule obsession est de te protéger, Rose.
- J’ai peur qu’il t’arrive quelque chose si tu vas là-bas sur une impulsion. - Je ne suis pas fou, ma douce. Je ne compte pas me rendre au manoir Straud sur un coup de tête.
- C’est sensé me rassurer ? - Si un combat se prépare, j’aurai tout le loisir de me retrouver face à lui et, le connaissant, il voudra me dire personnellement que c’est lui qui t’a fait ça. Alors, je le supprimerai.
- Et si c’est lui qui te supprimait ? D’après ce que tu me dis, il a l’air vraiment puissant. - Mais je le suis aussi.
Caleb m’embrassa puis me dit : - Ne doute pas de ma puissance, Rose. - Je ne doute de rien te concernant, mon amour... - Ni de mes pouvoirs...
Caleb me relâcha ensuite, et baisa ma main. - Je ne veux plus qu’il te fasse du mal, Rose.
- Je crois qu’il n’a qu’à bien se tenir. - Tout à fait.
Caleb m’embrassa à nouveau.
- Et si nous allions manger maintenant ? Tu nous as prévu quoi ? - Du vite fait. Des hamburgers. - Ça fait des années que je n’en ai pas mangés ! Ce n’est pas la cuisine que tu me fais d’habitude.
- Je me suis dit que ça changerait un peu. - Tu as raison. Et puis, aujourd’hui c’est barbecue au parc ! On bouscule nos habitudes ! - Je suis heureuse que ça te plaise. J’avais peur de faire un flop avec mes hamburgers.
- Mais pourquoi ça ? - Tu m’as toujours dit que tu n’aimais pas la mal bouffe, et tu détestes le Burger Sims. - C’est vrai mais ils n’ont pas ma petite femme comme cordon bleu. - Je ne te le fais pas dire !
- Et toi, tu cuisines maison. C’est meilleur. Tu veux que je sorte le pain et la salade ? - Et que des produits frais, Monsieur ! - Oui, ça va être bientôt prêt.
- Hum, c’est délicieux ! - Je vais pouvoir te traîner au Burger Sims alors ! - N’y compte pas trop ! - Rabat-joie, va !
- Qu’est-ce que tu veux, j’aime la vraie cuisine ! Tu ne me referas pas ! - J’espère bien que non. - Il faudra qu’on se refasse des barbecues comme ça, qu’est-ce que tu en dis ? - J’adorerais ! J’aime ces petits moments qu’on partage tous les deux, loin de nos soucis.
- Mais ils sont toujours là, malheureusement. - Peut-être mais c’est bon d’avoir une trêve au milieu de cette guerre qui se prépare. - Tu as raison. Il faut profiter des ces instants chaque fois que c’est possible...
[Point de vue de Caleb]
De retour à la maison, je remerciais Rose pour la journée que nous venions de passer. - J’ai passé une journée merveilleuse à tes côtés, ma douce. Nous referons ça plus souvent.
- Avec plaisir mais en attendant, je crois qu’il est l’heure pour toi de te nourrir vraiment. - Justement. J’ai quelque chose de nouveau à te proposer.
Je proposai à Rose de me nourrir directement à son cou. Elle fut tout de suite d’accord, mais je ne la sentais pas rassurée. - Ça va ? Je ne te serre pas trop ? - Ça va, tu peux y aller. Avant de commencer, je l’avisai que la procédure allait être différente, et plus délicate que ce qu’elle connaissait déjà.
Rose poussa un petit cri et je pouvais sentir ses doigts se crisper sur mon avant-bras. Mais cela ne dura pas. Je finis par la sentir se détendre. Ses doigts relâchèrent leur emprise. C’était une communion parfaite, une fusion de nos deux êtres qu’elle seule pouvait me donner, car nous nous aimions.
Lorsque j’eus terminé, Rose me serra fort contre elle d’une étreinte presque désespérée, et j’eus le sentiment, très fort, de ne faire qu’un avec elle. - Je t’aime, ma douce, je t’aime tellement. - Moi aussi mon amour...
Je la serrai alors encore plus fort, l’enveloppant complètement de mes bras. - Je ne supporterai pas de vivre sans toi.
- Ça n’arrivera jamais Caleb, jamais, tu entends ? - Non, ça n’arrivera pas. Je te le promets aussi, ma douce.
Comme chaque fois après m’avoir donné son plasma, Rose devait se reposer. Je la portai jusqu’au canapé et l’allongeai doucement. J’adorais la regarder dormir. Elle était si belle, elle, qui faisait mon bonheur.
Depuis quelques temps, je veillais sur son sommeil mais aujourd’hui, je me demandais si cela était suffisant.
Cette conversation que nous avions eue au parc Magnolia Blossom avant notre barbecue, m’avait remué. D’abord, parce que j’avais dû faire part à ma femme d’un acte horrible que j’avais commis il y a plus de mille ans, et qui avait pour conséquence, aujourd’hui, de mettre sa vie en danger. Straud voulait ma perte et il voulait me punir de la même façon que je l’avais puni autrefois. Et cette conversation m’avait secoué, aussi, parce qu’elle m’avait rappelé la réalité, une réalité que je ne pouvais avouer : je ne me sentais pas si puissant, fort et confiant, que j’avais bien voulu le dire à Rose.
Le Comte Vladislaus Straud avait cinq cents ans de plus que moi et était bien plus redoutable que moi. Il était presque invulnérable... J’en étais à ce point de mes réflexions lorsqu’il me vint une idée.
J’appelai alors Yann Quellec et lui fit d’abord part de mes craintes. - C’est l’hypnose, le problème. Il peut recommencer à tout moment. Rose est en danger. J’ai besoin de votre aide, Yann. - [...] - Un sort ? Quel sort ?
Yann m’expliqua de quoi il s’agissait. Il n’était pas dans mes habitudes de solliciter une aide auprès des humains, mais les Protecteurs étaient différents, et ils étaient de la famille de Rose. Alors ma confiance leur était acquise. - Très bien, ce serait l’idéal mais moi, ce qui m’intéresse, ce sont les risques que pourrait encourir Rose. - [...] - Parfait. Je vous crois. Pourriez-vous être à la maison demain après-midi ?
J’avais bien fait d’appeler Yann. Il avait la solution à mon problème. - Parfait... Mais bien sûr. Vous installerez tout ce que vous voudrez. L’important est que ça marche... - [...] - Ok. A demain. Merci Yann.
Rose s’était réveillée. - Tu discutais au téléphone ? - Oui. Il faut que je te dise quelque chose. - Tu as l’air bien sérieux. - Ce que j’ai à te dire est sérieux.
- J’ai appelé ton oncle Yann et je lui ai parlé de cette double hypnose qui avait été faite sur toi, et qui pourrait se reproduire. - Oui... ? - Il a la solution. Gildas, Maxime et lui vont te lancer un sort puissant de protection. Ainsi, plus personne ne pourra t’hypnotiser, pas même moi. - Ce serait formidable. Ce n’est pas dangereux ?
- Yann m’a assuré que non. Et je serai pleinement tranquillisé de savoir qu’il ne pourra plus te faire venir chez lui sans que je ne le sache. - Caleb, tu es extraordinaire. Tu as laissé de côté ta fierté et tu as été demander de l’aide à mon oncle... pour moi...
- Pour toi, je suis prêt à tout, ma douce. - Tu viens de me démontrer ta force une fois de plus.
Et une fois de plus, Rose touchait mon cœur avec ses mots. A ses côtés, ma puissance et ma force augmentaient. Elle y croyait, et j’y croyais encore plus. Pour Rose, ma force était partout. Ma femme, mon amour... Elle, elle était ma plus grande force. - Rose, je veux te savoir en sécurité, c’est tout. Tes oncles et ton cousin viendront demain après-midi. Ensuite, tu ne risqueras plus rien. - Tu es mon sauveur, mon amour...
Le lendemain, vendredi, Yann, son frère et son fils étaient au rendez-vous à l’heure dite. Rose lisait au salon. Je devais l’interrompre. A contre cœur, mais il le fallait... - Tu es prête, Rose ? - Il le faut bien, non ?
Sous ses airs dégagés, elle me paraissait tout de même anxieuse...
Cependant, elle se leva, digne et majestueuse, comme toujours... - Nous allons préparer la salle, me dit Yann. Rejoignez-nous avec Rose. - Nous arrivons.
Nous nous retrouvâmes seuls pendant que les Protecteurs préparaient mon antre pour protéger Rose. - Ça va bien se passer, ma douce. Je te le promets. - Je le sais bien. Mais j’appréhende un petit peu, même si je sais que je pourrai bientôt dormir sur mes deux oreilles.
- Je comprends, mais il va falloir y aller. On ne voudrait pas faire attendre tes oncles. - Je suis d’accord. Allons-y, mon amour.
A suivre... 😊
Crédits Poses : Rose et Caleb se promenant dans le parc : JOANNE BERNICE Poses au sous-sol : NATALIA AUDITORE
G8/ Chapitre 24 - Le cercle de Caleb ______________________________________
[Point de vue de Caleb]
Lorsque nous arrivâmes au sous-sol, l’atmosphère avait changé. Les protecteurs avaient installé une dalle de pierre noire circulaire et la luminosité de la pièce avait changé. Ils avaient tous trois pris place sur un des symboles lumineux qui se détachaient du cercle. Rose murmura quelques mots que j’entendis car j’étais près d’elle mais Yann l’appela.
Je m’étais assis sur le banc. Rose cherchait mon regard et Maxime et Gildas se toisaient. Je fis signe à Rose d’aller au centre de ce cercle. Elle avait confiance en moi, et s’exécuta aussitôt...
Yann lança le sort. Je vis jaillir de la lumière et de violents éclairs.
Gildas et Maxime suivirent. Rose ne bougeait plus, comme tétanisée.
Les protecteurs avaient l’air en transe.
Je les entendais prononcer des incantations incompréhensibles à mon oreille de profane.
Puis Maxime et Gildas cessèrent. Yann dessina un cercle étoilé avec sa baguette en débitant d’étranges paroles.
Il s’inclina ensuite bizarrement... J’avais peur pour Rose mais je devais leur faire confiance.
Yann brandit ensuite sa baguette directement sur ma femme.
Gildas et Maxime le suivirent à quelques secondes près... Yann était le plus fort des trois, je le voyais. Il menait le sort. Son frère et son fils obéissaient... Il était puissant lui aussi, très puissant...
Je vis de mes propres yeux des particules lumineuses traverser le corps de Rose.
Elle n’avait pas l’air à l’aise mais exécutait l’ordre qui lui avait été donné de ne pas bouger. J’étais en admiration devant elle.
Puis les trois baguettes furent tournées sur elles, menaçantes et encore plus, de par les cris de leurs propriétaires.
Et soudain, Yann eut l’air déterminé et inquiétant... Depuis que je le connaissais, je ne l’avais jamais vu ainsi. Je me levai d’un coup, tremblant pour Rose...
Un cercle de feu jaillit de sa baguette... Maxime et Gildas s’étaient inclinés. Yann envoûtait ma femme...
Je me retins pour ne pas intervenir et casser la magie. Yann hurlait ses incantation d’une voix venue d’outre-tombe. Je n’avais jamais rien entendu de tel de toute ma longue existence. Un cercle de feu se forma devant Rose.
Yann s’était alors arrêté net. Gildas et Maxime avaient pris le relais dans une synchronisation impeccable, pointant leurs baguettes vers ma femme. La magie semblait l’électriser...
Maxime la transperça au niveau de la taille...
Gildas la toucha au cœur. Je ne savais que faire. Mais Yann m’avait fait promettre de ne jamais intervenir dans le rituel. Alors, je ne bougeai pas... tout comme Rose... Elle était docile, je le serai aussi...
Puis tout cessa. Le silence se fit...
Rose avait l’air complètement hébétée et je m’inquiétais pour elle...
Yann prit ma femme dans ses bras. C’est moi qui aurais dû faire cela, mais je le laissai faire.
Je me demandais comment ils pouvaient être aussi sûrs d’eux... Je le dis à Yann.
Nous parlâmes encore un moment puis Yann me demanda s’ils devaient quand même venir dimanche pour la démonstration de leurs pouvoirs.
Les Protecteurs s’en allèrent, laissant mon antre telle qu’il l’avait trouvée en arrivant. Lorsque Rose et moi allâmes nous coucher ce soir-là, je voulus en avoir le cœur net et tentai de l’hypnotiser. Je fis chou blanc... La magie des Protecteurs avait opéré mais ma femme ne fut pas dupe. - Caleb ? Qu’est-ce que tu fais ?
- Rien du tout. Pourquoi ? - Mais si, je t’ai vu. Tu as voulu m’hypnotiser. Alors, ça marche, hein ? Je suis protégée.
- Oui. Plus personne ne pourra t’hypnotiser. Cette nuit, je dors près de toi, ma douce.
[Point de vue de Rose]
Le dimanche, comme prévu, tout le monde se retrouva dans le repaire de Caleb pour une démonstration des pouvoirs de chacun.
Aujourd’hui, il n’y avait pas de dalle au sol, mais mes oncles et mon cousin formèrent tout de même un cercle imaginaire.
Ils firent une jolie démonstration.
Pas si impressionnante que ce qu’ils m’avaient fait vendredi, mais de la belle magie tout de même, et qui laissait deviner à Lilith l’étendue de leurs pouvoirs.
Lorsqu’ils eurent fini, Caleb se leva et alla remercier mes oncles et mon cousin.
La conversation avait lieu entre mon mari et mon oncle Yann. Nous écoutions tous, dans un silence respectueux, curieux de savoir ce qui allait ressortir de leur échange.
Une alliance... Une entente entre deux puissances occultes, les vampires et les magiciens... Un engagement tacite de se porter secours mutuellement en cas de guerre... Une guerre qui approchait à grand pas... Nous n’y échapperions pas.
Tonton Yann reprit la parole.
Mon oncle était sage... Caleb n’aurait jamais accepté d’être dirigé par qui que ce soit. En proposant de se soumettre à l’autorité de Caleb, et de le reconnaître en tant que chef, il forçait le respect et l’admiration de mon mari.
Maxime était parti se changer et nous avait rejoint alors que Lilith et Caleb se faisaient face.
Ils se transformèrent tous les deux sous les regards décontenancés de ma famille qui n’avait jamais encore vu de vampires sous leurs formes sombres.
C’était justement l’occasion de les préparer à ce qui pourrait se trouver face à eux.
Tonton Yann observait mon mari et sa sœur avec la plus grande attention.
J’imagine qu’il se demandait ce qui allait se passer. Au regard de Caleb, je compris que le combat serait sérieux.
Lorsque les vampires quittèrent le sol, tout le monde se leva.
C’était une première pour ma famille. Ils découvraient que le côté chauve-souris des vampires leur permettait de voler.
Lilith eut un moment le dessus sur Caleb. Je découvrais qu’elle aussi pouvait être puissante.
Malheureusement pour elle, cela ne dura pas. Avec sa main, Caleb, sans même la toucher, il la fit voler presque jusqu’au plafond.
Lilith tomba au sol, vaincue.
Ma famille était médusée mais le spectacle n’était pas fini. Lilith s’approcha d’eux.
Caleb commença...
...et Lilith enchaîna.
Lorsque la démonstration fut finie, Tonton Yann alla serrer la main de Caleb.
Gildas vint à son tour remercier mon mari et le reconnaître comme chef.
Maxime fit de même.
Lorsque nous allâmes nous coucher, ce soir-là, Caleb m’embrassa. Cette alliance avec ma famille l’avait rendu d’humeur amoureuse. - A nous tous, nous t’offrons une protection infaillible, m’avait-il dit.
G8/ Chapitre 26 - Coalition et cohabitation ____________________________________________
Un an après...
La coalition s’était mise en place tout doucement et Caleb avait tout organisé, avec mon aide, bien sûr, pour que tous les membres du Cercle de Caleb se sentent à l’aise en arrivant chez nous. Nous savions que ce moment arriverait et il était arrivé deux mois plus tôt. Nous avions installé Lilith dans notre chambre d’amis, au premier étage...
... et nous avions fait construire deux chambres supplémentaires au sous-sol dont une pour Shelby et Landry (oui, je vous expliquerai plus tard).
Shelby avait même installé son matériel de médecin expérimenté dans sa chambre, ainsi qu’un bureau.
La deuxième chambre que nous avions construite était pour mes oncles et mon cousin, mes Protecteurs. Ils avaient abandonné leurs familles pour venir à Forgotten Hollow et nous leur devions bien ça. Ils ne savaient même pas quand ils pourraient les revoir. Leurs familles avaient été mises à l’abri et, ma tante Béatrice, la femme de Tonton Yann, avait accueilli sous son toit la petite fille de Caleb, Emmanuelle, qui, elle aussi, se retrouvait seule. Moi seule était restée, au milieu de ces tous puissants vampires et magiciens... Mon mari ne voulait pas me perdre de vue... Mais je n’avais aucun pouvoir et la guerre approchait à grand pas...
En plus du charme magique que m’avaient lancé ma famille magicienne contre l’hypnose, Caleb avait tenu à ce que je porte de nouvelles boucles d’oreilles. Elles seraient une protection supplémentaire, m’avait dit Caleb. Il ne voulait rien négliger. Ah oui ! J’ai oublié de vous le dire mais mes cheveux ont poussé !
Nous nous organisions bien et nous étions devenus à nous huit un vrai réseau de renseignements. Enfin... moi, j’occupais mes journées au ménage et à la cuisine. Il fallait bien nourrir tout ce petit monde.
J’étais tellement heureuse de m’occuper d’eux. Ils veillaient tous sur moi. Je leur devais bien cela, et je leur permettais aussi de garder le moral.
De cette année, je me rappelle principalement deux choses. Tout d’abord, la présentation de Landry à mes oncles et au reste de la famille. Nous discutions au salon. Lilith était arrivée en **bleep**. Cela n’avait pas plu à Caleb.
L’incident passé, Caleb s’était rapproché de Tonton Gildas, et nous continuâmes à discuter.
Tout le monde se connaissait à présent et mon mari, ainsi que ma belle-sœur, avaient grand plaisir à s’entretenir avec mes oncles et mon cousin. Nous avions même de grandes parties de rigolades.
Et ce jour-là, nous étions tellement pris dans notre conversation que nous ne prîmes pas attention à l’arrivée de Landry qui, pourtant, nous salua.
Heureusement, Caleb vit son ami, le fit asseoir à sa place et le présenta à tout le monde. Seule, Shelby était absente car elle avait énormément de travail à l’hôpital.
Landry avait tout de suite été intégré dans le cercle de Caleb, tout comme l’avait été, une semaine plus tôt, notre amie Shelby Mülter.
Je vais maintenant vous raconter le jour où Landry rencontra Shelby. Ce souvenir-là est vraiment le plus émouvant de l’année qui vient de s’écouler. J’étais en train de discuter dans la cuisine avec Shelby.
Des histoires de femmes. Nous n’avions même pas vu Caleb et Landry approcher.
Je me souviens encore que Shelby et moi discutions lorsque Landry s’était avancé vers nous et avait murmuré son prénom. Elle ne l’avait pas vu arriver. Landry avait un sourire éblouissant.
Le temps s’était alors suspendu. Elle m’avait oubliée et son regard ne fut plus que pour lui. Ils n’échangèrent pas une parole et ce, pendant de très longues minutes. Juste des regards. Caleb et moi nous éclipsâmes.
Landry souriait toujours.
Shelby le regardait tendrement...
Après un long moment, Landry la serra contre lui.
Lui qui plaisantait toujours et prenait tout à la dérision... Cet homme-là... Il me sembla l’entendre pleurer. Shelby aussi pleurait.
Ils ne se lâchaient plus. Leurs deux corps semblaient ne jamais vouloir se séparer.
Une étreinte qui dura une éternité... Shelby fut la première à parler.
Une fois passée l’émotion de leurs retrouvailles, Landry et Shelby étaient venus nous rejoindre. Shelby nous confirma ce que nous savions déjà.
Quelques jours après ces belles retrouvailles, je m’étais rendue à la clairière forestière. Il y avait très longtemps que je n’y avais pas mis les pieds et j’avais vraiment besoin de besoin de savoir... Savoir pour la dalle sur laquelle je me trouvais et qui avait exactement les mêmes symboles que la dalle des magiciens...
Savoir ce qui allait se passer. Nous préparions une coalition, une guerre... Mais comment tout cela allait-il se finir ?
Lorsque j’avais invoqué le cristal, comme je le faisais habituellement, rien ne m’eut préparée à voir arriver deux Élues... Je reconnus leurs robes... Michèle et Perrine, notre Fondatrice.
Comment était-ce possible ? Mon cœur battait à tout rompre. Si elles venaient à deux, peut-être pouvaient-elles venir toutes ensemble ? Je les regardai avancer vers moi...
Elles durent voir mon regard intrigué car Michèle en fit la remarque à Perrine...
Michèle... Elle était ma préférée. Nous avions tant de points communs... Ma préférée à part Mamie, bien sûr...
Michèle était fraîche et spontanée. Elle avait vécu des expériences similaires aux miennes, et son verbiage naturel me séduisait beaucoup.
Nous allâmes toutes les trois nous asseoir.
Perrine et Michèle échangèrent un regard qui m’inquiéta.
Cette fois, Perrine me répondit. Elle ne se cacha pas derrière un « nous n’avons pas le droit de t’en parler ».
Mes ancêtres me raccompagnèrent jusqu’à l’arbre...
Michèle s’approcha de moi...
Elle me tendit un paquet.
Michèle confirma et me dit qu’on l’appelait le cristal de l’air.
Depuis deux mois donc, le Cercle de Caleb avait établi son quartier général au manoir et, vampires et magiciens travaillaient de concert et s’entrainaient ensemble. La dalle circulaire des jeteurs de sort avait définitivement trouvé sa place au sous-sol.
La dalle servait principalement aux Protecteurs à régénérer leur énergie, grâce au Pouvoir du Trio, mais la plupart du temps, ils descendaient au sous-sol pour s’entraîner.
Leur magie était chaque jour un peu plus puissante.
Sûrement car ils accumulaient de l’énergie chaque jour. Maxime, le dernier arrivé était en train de surpasser son père, le plus fort des trois.
Shelby, elle, avait décidé de prendre en main l’entraînement de Lilith. Et elle y arrivait très bien puisque ma belle-sœur maîtrisait de plus en plus ses pouvoirs.
Bon, elle n’était pas encore complètement de taille face à Shelby mais elle s’améliorait vraiment.
Caleb et Landry adoraient s’entraîner ensemble. Leurs entraînements étaient en général très violents et, de force égale, ils ne se ménageaient pas du tout. Cela les amusait beaucoup et ils prenaient chaque combat comme un défi.
Caleb raffolait de ses instants passés avec son ami. Cela lui permettait d’avoir un véritable adversaire à sa hauteur.
Cela le changeait de ses entraînements avec sa sœur d’où il sortait vainqueur presqu’à tous les coups. Mais ce jour-là, mon mari eût raison de Landry.
Notre petite vie était bien organisée. Chaque soir, après le dîner, nous avions notre « pyjama partie » un peu particulière, au sous-sol. Les jeteurs de sort affrontaient les vampires, car, évidemment, il leur faudrait être prêts lorsqu’il s’agirait de combattre les « vrais méchants ».
Ils devraient savoir à quoi s’en tenir, et surtout quels pouvoirs il allait leur falloir contrer. Caleb, Shelby et Landry se chargeaient donc de leur entraînement. Pourquoi en pyjama ? Shelby y tenait. Elle disait que cela nous donnait l’illusion d’être une famille normale.
Après cet entrainement d’après-dîner, nous vaquions tous à des occupations différentes. Cela faisait du bien de penser à autre chose qu’à cette guerre et à tous ces combats, aussi amicaux fussent-ils. Alors, nous jouions aux cartes...
...ou prenions du bon temps avec la machine à bulles. Ceci dit, cette pièce était interdite à toute personne susceptible de partir en éclaireur à partir de minuit. Et Caleb y veillait. Vous comprendrez aisément pourquoi...
Tonton Yann, lui faisait beaucoup de sport.
Quant à Lilith, elle s’était remise à la peinture. En ce moment, elle peignait son défunt neveu, Samuel.
Ce soir-là, c’est Caleb et Landry qui partirent épier le nid du Comte et de ses disciples.
Trois d’entre eux discutaient devant le manoir Straud. Landry avait tout de suite identifié Noélie Jacques, la jeune femme qui l’avait sorti de son hibernation et avec qui il avait vécu quelques temps.
Elle était en grande discussion avec un rouquin et un gars à la chevelure bouclée.
Caleb et Landry n’avaient rien perdu de la conversation. Et ils avaient les noms, ou plutôt les prénoms de deux autres des acolytes de Straud. Pour Noélie, c’était différent, Landry connaissait son nom. Et, de plus, grâce à eux, nous savions maintenant ce qu’ils mijotaient.
Caleb avait réuni toutes les photos qui avaient été prises au fur et à mesure des planques qui avaient été effectuées au manoir Straud.
A suivre... 😊
Crédits poses : Landry serrant Shelby : THE SENSE 4 Yann sur la dalle magique (et en l'air!) : PRINCESS PARANOIA
Crédits CC : Cheveux de Rose : ANTO Boucles d'oreilles de Rose : PRALINE SIMS Tenue de Rose : JOMSIMS
G8/ Chapitre 27 - Les archives de Draco _________________________________________
C’est dans une atmosphère de plus en plus préoccupante que notre petite vie continuait à suivre son cours. Les beaux jours étant arrivés, nous profitions, dès que nous le pouvions, du jardin. Cela nous permettait de nous aérer et de sortir du confinement de la salle de combat dans laquelle nous passions la plupart de nos journées. Parfois, il m’arrivait de les regarder tous, me demandant lesquels d’entre eux nous quitteraient... Je n’avais pas oublié les paroles de Perrine... Il y aurait des pertes...
Je chassais alors mes idées noires pour profiter pleinement de leur présence et de ces moments privilégiés que nous partagions ensemble.
Les moments de détente étaient rares et toujours bienvenus, et notre petite communauté adorait se retrouver ensemble.
Caleb arrivait même à s’amuser un peu.
Mais il y avait d’autres moments, beaucoup plus sérieux ceux-là, dans notre vie, et il était temps que nous commençâmes nos recherches sur les disciples du Comte. Un soir, Lilith nous amena Shelby et moi à l’arrière des archives de Willow Creek. Elle devait nous faire découvrir les archives secrètes des vampires.
Draco... Ce nom me disait quelque chose... Lilith usa de ses pouvoirs de vampires pour nous faire entrer dans la cour de la bibliothèque.
Nous arrivâmes dans une toute petite pièce dont les murs étaient tapissés de rayonnages avec des livres.
Nous suivîmes Lilith et arrivâmes dans une pièce plus grande. Il y avait deux grandes bibliothèques dans le fond ainsi que deux secrétaires, tous remplis de livres. Je considérai comme un privilège de découvrir cet endroit insoupçonné de tous.
Derrière nous, il y avait deux tableaux représentant le fameux Lord Draco. Je le reconnus tout de suite. Le même tableau dominait la pièce des cercueils, au manoir. Lord Draco était celui qui avait transformé Caleb. Lilith me dit qu’il l’avait transformée, elle aussi. Sur le portrait de gauche, il était avec sa femme, Drusilla. Draco avait fait construire cet endroit il y a plus de mille ans afin de répertorier tous les vampires existants dans le monde. Ses archives furent d’abord alimentées par Draco lui-même et par Drusilla puis, au fil des siècles, par certains des vampires qu’il avait transformés, dont Lilith et Caleb faisaient partie. Chacun d’eux devaient mentionner dans les archives s’ils avaient connaissance de la naissance, de la transformation ou de la mort d’un autre vampire. Une sorte de registre d’état civil consacré aux vampires, mais bien plus étoffé puisqu’il contait aussi les forfaits commis par chacun d’entre eux. C’est ici que nous trouverions des renseignements sur les acolytes de Vladislaus Straud.
Nous nous mîmes donc en quête de renseignements... Et ce jour-là ne fut que le premier jour de nos recherches.
Nous en passâmes beaucoup d’autres dans les archives de Draco. Nous revenions parfois penaudes et parfois un peu moins.
Nous trouvions à tour de rôle...
Le soir où nous trouvâmes les renseignements sur le dernier membre de la bande de Straud, Shelby n’était pas avec nous car elle travaillait tard à l’hôpital.
Lilith referma son livre.
Nous avions enfin terminé nos recherches et il était temps d’en faire part au Cercle de Caleb. Lorsque nous arrivâmes au manoir, Shelby n’était pas encore rentrée et les hommes étaient tous installées devant la chaîne sportive. Caleb avait consenti à installer la télé au manoir, afin de divertir nos invités de longue durée.
Ils n’avaient même pas remarqué que nous étions là...
Je n’en menais pas large... Heureusement, Landry était là maintenant...
Lilith s’était levée pour exposer nos trouvailles aux hommes, mais Shelby arriva à ce moment précis, complètement bouleversée...
Lilith et moi devrions attendre pour faire notre rapport. Shelby nous raconta ce qui s’était passé. Ce soir-là, elle était restée à l’hôpital pour s’occuper du stock de plasma des vampires du Cercle de Caleb. Depuis que tout le monde était à la maison c’est elle qui s’occupait de les nourrir. Caleb ne se nourrissait d’ailleurs plus sur moi, et je retrouvais une forme olympique. Shelby s’apprêtait à partir lorsqu’elle arriva dans un couloir et tomba sur Dominique Goodman... Celle-ci avait vidé le Docteur Porter de tout son plasma. Shelby était restée figée un moment puis s’était adressée à Dominique : « Mais qu’est-ce que vous avez fait ?! »
Dominique savait que Shelby était un vampire, tout comme Shelby savait pour Dominique...
Cette fille était folle. Shelby avait vite compris que Dominique Goodman était capable de tout, complètement irrationnelle, et très dangereuse...
Aussi entreprit-elle de changer de ton.
Elles s’étaient ensuite relayées pour descendre le corps de Salvador Porter jusqu’au sous-sol de l’hôpital et l’avait déposé sur une des tables destinée aux patients en attente de traitement. Shelby avait alors signifié son renvoi à Dominique Goodman, l’enjoignant de ne plus jamais remettre les pieds à l’hôpital.
Malgré la peur au ventre, Shelby ne s’était pas laissé impressionner et Dominique avait quitté l’hôpital, mais lorsqu’elle nous raconta sa mésaventure, elle en tremblait encore... Landry s’était approché pour la réconforter.
A suivre... 🙂
Crédits poses : Caleb portant Rose sur son épaule : SIMMERBERLIN Porter étendu au sol : JOANNE BERNICE Expression des visages de Dominique à la morgue : JOANNE BERNICE
Crédit CC : Mobilier de la morgue : NECRODOG Robe de Rose : JOMSIMS
G8 / Chapitre 28 - Mon père, ce héros _______________________________________
Nous fîmes notre rapport le soir-même de la mort du docteur Porteur, car nous avions tous défini que la situation était urgente. Lilith et moi avions affiché les portraits de nos ennemis, avec leurs noms...
...dans la salle de réunion que Caleb avait fait construire un mois auparavant.
Caleb ne faisait aucun commentaire. Son visage était fermé. Je le sentais en colère.
Le lendemain matin, mon mari, mes oncles et Shelby étaient partis travailler. Lilith avait une exposition à la galerie et Landry m’avait dit qu’il s’absentait pour deux petites heures. Un indicateur l’avait appelé et devait lui donner quelques informations précieuses sur l’équipe de Straud. Caleb m’avait fait promettre de ne sortir de la maison sous aucun prétexte, mais ce n’était pas mon intention de toute façon. Une fois seule, j’en profitais pour placer le cristal que m’avait donné Michèle au centre du cercle magique.
Le cristal de l’air... Le cristal devint rose une fois que je l’eus invoqué. Et cette fois, j’avais appelé nommément toutes mes ancêtres, toutes les Elues.
Elles apparurent en même temps. Elles souriaient toutes mais je sentais une tension dans l’air...
Perrine était la seule à s’être avancée vers moi... La Fondatrice... Mais elle ne m’enlaça pas...
Et aucune d’entre elles ne m’enlaça...
Je les avais accompagnées jusqu’à la salle de réunion et leur avais expliqué qui étaient nos ennemis.
Je leur avais ensuite demandé si elles les connaissaient. Mamie parla la première.
Mamie ne disait rien... Je la sentais angoissée... Si tant est qu’elle pouvait l’être, étant donné qu’elle n’était plus de ce monde.
Perrine avait dû le remarquer car elle donna le feu vert pour le départ des Elues...
Perrine m’enlaça...
Puis elle s’éloigna avec Michèle et Linette...
Je restai seule avec Mamie... - Mamie... Qu’est-ce qu’il se passe ? - Ma chérie... Si seulement je pouvais te le dire... - Tu ne veux pas ? - Je ne peux pas... Raccompagne-moi au cristal s’il te plait... - Très bien. Je te raccompagne.
Mais j’étais inquiète... - Il faut vraiment que j’y aille... Je vais finir par me faire taper sur les doigts... - Tu vas me manquer...
- Ma chérie... Je vais m’autoriser à te dire une chose, et une seule : écoute les recommandations de ton mari. - D’accord, Mamie. Tu m’embrasses ?
Elle me serra si fort que j’ai cru qu’elle allait m’étouffer. - Je t’aime, Rose, me dit-elle.
Puis elle disparut instantanément.
Je ne sais pas pourquoi mais je ressentis une angoisse soudaine, incontrôlable... Son étreinte m’avait fait l’effet d’un adieu. Mamie me cachait quelque chose de grave... Elles m’avaient toutes caché quelque chose de grave. Quelque chose que j’avais perçu lorsqu’elles étaient arrivées...
Je décidai d’aller relever le courrier pour me changer les idées. Après tout, j’étais toujours à la maison et je ne désobéissais pas à Caleb...
Je ne l’entendis pas approcher...
Ce ne fut que lorsqu’il se jeta sur moi que je ressentis le danger... - Tais-toi ! me dit-il. Je ne veux pas entendre un son lorsque je retirai ma main. Tu as compris ?
Je fis un signe de tête pour dire que oui, j’avais compris... Il me lâcha brutalement et je tombai à terre, telle une poupée de chiffon. En relevant la tête, je vis qui il était. C’était un vampire. Je reconnus tout de suite Léonard Dudebro, un des acolytes du Comte. - Debout ! me dit-il.
Comme je n’’allais sûrement pas assez vite à son goût, il me saisit par le cou pour me relever. - Lâchez-là ! entendis-je dans le lointain.
Je crus reconnaître la voix de Papa... - Lâchez-la tout de suite ! Va-t’en Papa, va-t’en...
Dudebro m’envoya valser. Je vis mon père se jeter sur lui. Le vampire avait le dessus mais Papa ne se laissait pas faire et se défendait comme un beau diable.
Malheureusement, il n’était pas de taille contre la force surnaturelle et les pouvoirs de vampire de Dudebro qui réussit à le faire tomber. - Papa... arrivai-je à peine à souffler. J’entendis mon père gémir. Il fallait que je lui vienne en aide et j’essayais de me lever avec grande difficulté.
Je retombai aussitôt, en ayant eu le temps d’apercevoir notre ennemi se jeter sur mon père pour le mordre. Je l’entendis crier, impuissante, puis son calvaire cessa subitement. Je ne comprenais que trop bien ce qui venait de se passer...
J’eus la force de me retourner pour voir Dudebro se lever et Landry apparaitre.
Mon ami s’approcha de Dudebro.
Ensuite, tout se passa très vite. Il se rua sur lui, le fit tomber et lui fit rendre son dernier souffle, d’un geste sûr et précis. Je réussis à m’asseoir, tant bien, que mal au moment où Caleb arrivait en courant.
Landry était en train de m’aider à me relever lorsque mon mari arriva près de moi, mais j’avais beaucoup de mal à me redresser, tant j’étais endolorie.
Lorsque j’y parvins, je me réfugiai dans les bras de Caleb.
Je me précipitai ensuite vers mon père, ce père que j’avais si mal connu, tandis que Landry racontait à mon mari ce qui venait de se passer. Au milieu de mes larmes j’entendis la voix douce de Caleb.
Je me ressaisis alors, étrangement calme.
Tonton Yann arriva peu de temps après. Personne n’eut besoin de lui faire un discours. Il vit tout de suite son beau-frère, le mari de sa sœur jumelle, étendu sur le sol.
Je m’approchai de lui.
Tonton Yann m’aida à rentrer au manoir. Son épaule était la bienvenue pour que je puisse y parvenir. Ce soir-là, Landry et Caleb déposèrent Papa dans un magnifique cercueil que mes oncles Yann et Gildas avaient eu pour douloureuse mission de ramener à ma mère... Ils passèrent la nuit avec elle.
Nous enterrâmes Papa deux jours plus tard. La communauté vampire n’avait pas souhaité y assister, et Caleb avait jugé qu’il n’aurait pas été à sa place avec nous, étant donné les antécédents qu’il avait eus avec mon père. Il s’était donc porté volontaire pour aller garder Gabriel, le fils de Gildas, avec Lilith. Toute la famille était présente aux côtés de Maman : Ma tante Morgane, la sœur de Papa, accompagné de son mari Ludovic ; Yann et Gildas étaient venus avec leurs conjointes respectives, Béatrice et Amandine. Et mon cousin Maxime était là, lui aussi...
Yann avait été un soutien sans faille pour nous durant cette terrible épreuve.
Il nous avait épaulées à tour de rôle, ma mère, ma tante et moi.
Papa aurait dû partir de vieillesse et non de cette façon...
Pourquoi était-il venu me voir ce jour-là ? Pourquoi ?
« Moins dangereux que d’aller vivre ailleurs sans aucune protection. » expliquai-je à Morgane. « Ils veulent l’Elue, Tatie, ils me veulent, moi. Où que j’aille ils me trouveront. ». Tatie Morgane fit de son mieux pour me consoler.
Maman me serra contre elle.
Ce soir-là, Caleb avait insisté pour que je vienne dîner avec eux. Cela faisait deux jours que je n’avais presque rien avalé. Lilith avait préparé à manger mais je n’avais toujours pas d’appétit.
A la fin du repas, Shelby s’employa à débarrasser la table sous l’œil attendri de son mari.
Moi, je voulais aller m’allonger. Je n’avais pas envie de rester plus longtemps à table. Caleb m’accompagna.
Je ne sais pas si ce sont ses paroles mais je m’effondrai dans ses bras en sanglotant.
Caleb me tint longtemps contre lui pour me réconforter. Je savais qu’il n’aimait pas se donner en spectacle mais ce soir-là, il ne dit rien. Il me serra seulement...
A suivre... 😊
Crédits poses :
Rose montrant les vampires au tableau : PAYTONERIK
L'attaque de Rose, Rose allongée sur l'herbe puis essayant de se relever, Landry aidant Rose à se relever, Rose se réfugiant dans les bras de Caleb, Léandre courant pour sauver Rose, Rose tenant son père, Yann soutenant Rose : JOANNE BERNICE
Léandre contre Dudebro : RAYGUN et PRINCESS PARANOÏA
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