[SBS-2] *Les Chevalier au fil du temps* - màj 4/4/26 - G8 Chapitre 45
Vous trouverez ici la suite de mon SBS "LES CHEVALIERS AU FIL DU TEMPS", à partir de la G8, chapitre 9. En effet, je ne peux plus publier sur la première discussion. 😊
POUR LES CHAPITRES PRECEDENTS ET LE SOMMAIRE ASSOCIE, c'estICI
G8/ Chapitre 45 - Une transformation compliquée ____________________________________________________
Lorsqu’ils rentrèrent au manoir, vers une heure du matin, Rose s’empressa de questionner Caleb sur leur départ précipité de chez Landry et Claire.
- Je commençais juste à m’amuser ! - Je sais, ma douce.
Rose ne connaissait que trop bien ce regard mystérieux chez son mari.
- J’aurais bien voulu rester, moi aussi, mais c’était impossible. Landry le savait. - Qu’y a-t-il, Caleb ?
Rose repoussa sa main.
- Tu ne vas pas tarder à devenir un vampire. C’est pour cette nuit. - Déjà ? Tu m’avais parlé de plusieurs jours... - Tu as réagi très rapidement, ma douce. - Regarde-moi, je me sens beaucoup mieux ! Je n’ai même plus mal à l’estomac.
- Je m’en suis aperçu. - Alors peut-être que tu m’as juste guérie, finalement ! Peut-être que tu te trompes. - Je t’ai guérie, oui, mais je ne me trompe pas. Allons au salon. - Mais comment le saurais-tu ?
- Rose, je sais comment ça se passe. Et je t’ai observée. Même Landry l’a constaté et on n’a pas eu besoin de se parler pour ça. Il a compris pourquoi je voulais partir. - Caleb, ce n’est pas possible ! Pas maintenant !
- Je veux manger de la nourriture et ne pas en être dégoûtée. Et je veux voir le soleil ! Comme dans la maison de Landry !
Aux propos de Rose, Caleb sentit son cœur se crisper. - Je veux être humaine, Caleb !
- Ce n’est plus possible ma douce. - Alors, j’aimerais ne plus être en vie. - Ça non plus, ce n’est plus possible.
Caleb s’assit près d’elle, attristé de la voir aussi triste. Il avait cru, à tort, qu’elle s’était faite à cette idée, mais force était de constater que ce n’était pas du tout le cas.
- Je pensais vraiment que tu voulais devenir un vampire... - Oui je le voulais... - Alors, qu’est-ce qui a changé ? - J’ai peur. De cette vie éternelle. Plus le moment approche et plus j’ai peur.
- Je serai près de toi. Pourquoi crois-tu que j’ai voulu rentrer ? - Je ne serai plus jamais pareille... Et si je faisais du mal à quelqu’un ?
Rose s’était mise à pleurer à chaudes larmes.
- Aux gens que j’aime ?
Caleb savait très bien que c’était une possibilité, car les jeunes vampires ont beaucoup de mal à se maîtriser et à contrôler leurs pulsions.
- Je suis ton Maître, Rose, je vais tout faire pour que tu restes la même et que tu ne fasses de mal à personne. Je te le promets. - Tu m’apprendras tout ? - Oui. - Caleb... Je me sens bizarre, tout d’un coup...
- C’est parce que la transformation commence. Ne t’inquiète pas, tout va bien se passer.
Rose n’eut pas le temps de répondre. Elle se leva vite, sentant son corps se métamorphoser. Caleb était auprès d’elle pour l’aider à passer ce cap difficile.
A deux heures trente du matin, cette nuit-là, elle acheva sa transformation. Rose était à présent un vampire.
Rose était interpellée. Elle ne savait même pas que son mari pouvait se transformer en chauve-souris.
Rose suivit donc les conseils de Caleb mais elle manquait, à chaque seconde, de s’aplatir sur le sol.
Rose réussit donc à déployer ses ailes. Bizarrement, elle trouva cela plutôt facile, et presque naturel. Le fait de voler la rendit complètement euphorique.
Caleb se rapprocha alors d’elle. Jamais elle n’aurait vivre un jour un instant pareil. Ils étaient en train de cracotter, au-dessus de leur salon.
Après l’expérience, Rose se laissa guider par son mari afin de retrouver sa forme initiale. Elle ne tenait pas à rester une chauve-souris et l’observa avec la plus grande attention.
Ce matin-là, Rose réalisa qu’elle ne pouvait plus voir son reflet dans le miroir.
La tristesse l’envahit alors.
- C’est normal, ne t’en fais pas, assura Caleb.
- C’est peut-être normal, Caleb, mais je ne sais même pas à quoi je ressemble. - Tu es belle, très belle, Rose. - Ça, tu me l’as déjà dit cent fois, mon amour, mais ce que je voudrais, c’est me voir.
- Je peux te prendre en photo, si tu le souhaites. - C’est une très bonne idée.
Rose posa donc devant l’appareil de Caleb, puis il lui montra le résultat.
- Tiens, regarde comme tu es belle ! - Tu peux zoomer sur mon visage ? - Bien sûr... Voilà ! - Mon Dieu... Je suis horrible...
- Mais pas du tout ! Tu es magnifique ! - Tu plaisantes ? Et ces grosses coulures sur mon visage ? Pourquoi j’ai ça ? Tu n’en as pas, toi ! Et Lilith non plus, et Landry non plus ! - Ce noir qui coule représente la tristesse que tu avais au fond du cœur lors de ta transformation. Je m’y attendais un peu pour tout te dire. Tu n’as appris que des mauvaises nouvelles lorsque tu t’es réveillée. - Je ne sais même pas comment faire pour redevenir humaine. Je ne veux pas rester comme ça !
- Tu ne redeviendras pas humaine. Mais je vais t’apprendre comment prendre ton apparence humaine. - D’accord. On peut le faire maintenant ?
Caleb conduisit Rose dans la salle de combat et se transforma.
- Maintenant, c’est à ton tour. Pour revêtir ta forme humaine, c’est la même chose. Allez, à toi ! - Mais je ne peux pas... - Pourquoi ? Tu n’as pas regardé faire ? - Si, mais tu es allé beaucoup trop vite.
Caleb refit les mêmes gestes, plus lentement, et Rose observa attentivement sa transformation.
- Maintenant, c’est à toi. Ça va aller ? - Il faudra bien. Je ne peux pas rester comme ça.
Caleb la regarda essayer de reproduire fidèlement ses gestes. Elle se débrouillait bien.
Mais il observa un problème lorsqu’elle commença à tourner. Il y avait beaucoup trop d’aura noire autour d’elle.
Et en effet, la transformation ne s’était pas opérée.
- Je n’ai pas changé, c’est ça ?
Rose fit plusieurs essais sans succès... Caleb espérait de tout cœur que cela fonctionne ! Et la magie vampirique opéra !
- Caleb ! Je crois que c’est bon, cette fois !
- Je me sens à nouveau humaine. Ça a marché, n’est-ce pas ? - Non, pas du tout. Il va falloir que tu recommences...
Devant la détresse de sa femme, Caleb mit immédiatement fin à sa mauvaise plaisanterie. Il se rendait bien compte que tout cela était beaucoup trop nouveau pour elle, et qu’elle n’était pas prête à en rire.
- Oh non ! Je crois que je n’y arriverai jamais ! - Mais si ! C’était une blague. Tu as bien repris ta forme humaine.
- Une blague ? Mais pourquoi as-tu fait cela ? - Je pensais te détendre. Je me suis trompé.
Ils remontèrent au rez-de-chaussée car Rose avait très soif.
- Ta soif est une soif de plasma, ma douce, pas d’eau, crois-moi. - Mais j’ai envie d’eau !
Et elle alla quand même se servir un verre, au robinet de la cuisine.
- L’eau n’arrêtera pas ta soif...
Caleb la laissa faire. Après tout, c’était aussi bien qu’elle se fasse sa propre expérience, comme lui l’avait fait dans le passé.
- Tu me diras ce que tu en as pensé. - Laisse-moi finir, tu veux bien ? Pour l’instant, c’est très rafraichissant.
- Sûrement, mais je reste persuadé que le plasma fruit étancherait davantage ta soif. L’eau ne peut rien pour nous. Sauf pour le plaisir. - Cette eau est très bonne.
Rose alla poser son verre sur la table. Elle y remarqua les packs de plasma que son mari avait laissés sur la table, à son attention. Et son gosier criait famine... Elle se retourna vers lui :
- A la vérité, j’aimerais bien goûter une de ces petites gourdes...
- Tu m’en vois ravi. Ce plasma vient de la réserve de Claire.
- La réserve de Claire ?
Rose planta sa paille dans la gourde.
- Oui. Claire garde du plasma pour nous, tout comme le faisait Shelby. Elles n’étaient pas amies pour rien.
Caleb regarda Rose boire goulument. Elle avala les deux gourdes d’une traite, et le rendit fier sans qu’elle ne le sache. Puis il apprécia son apaisement.
- C’était un pur délice, bien meilleur que le plasma fruit !
- Et tu sais quoi ? Je me sens vraiment rassasiée ! - Parfait. Maintenant, je vais aller travailler un peu. J’ai des dossiers en **bleep**. Tu sauras t’occuper sans moi ? - Mais oui, ne t’en fais pas ! Il y a toujours à faire au manoir.
Caleb monta donc travailler sur l’ordinateur de sa chambre, tranquillisé.
Mais Rose s’était mise en tête de s’occuper de son jardin. Elle savait que les vampires craignaient le soleil et avait prévu de se munir d’un parapluie. Elle avait déjà vu Lilith le faire. Mais le soleil était plus puissant qu’un parapluie et, en une demi-heure, elle sentit qu’il attaquait sa peau. Elle poussa un petit cri...
Petit cri qui alerta Caleb qui arriva en très peu de temps auprès d’elle.
- Mais qu’est-ce que tu fais ? - Je m’occupe du jardin. - Je t’ai entendu crier. Rentre tout de suite ! - Mais nos plantes vont mourir... - Rentre tout de suite, te dis-je ! Ton épiderme va prendre feu ! - Ce n’est rien. J’ai juste eu une petite brûlure dans le dos.
Caleb se rapprocha de Rose.
- Est-ce que tu te rends compte que ton épiderme va grésiller jusqu’à ce que tu brûles entièrement ? - J’ai un parapluie. Il me protège. - Tu vas m’écouter enfin ! Ce parapluie ne te protègera pas. Tu n’as aucune tolérance au soleil pour l’instant ! Un parapluie ne protège que les vampires qui ont un peu d’expérience avec le soleil. - Et mon jardin ? Je ne vais quand même pas le laisser à l’abandon ?
Caleb attrapa Rose par le bras et l’accompagna à l’intérieur du manoir.
- J’en ai assez de toutes ces discussions ! Lorsque je te demande quelque chose, j’attends de toi que tu m’écoutes, c’est compris ? - Oui Caleb...
Mais elle ne trouvait pas ça juste.
- Mais qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Je me suis juste occupée de mon jardin. - Tu vois ! Tu discutes encore !
Caleb était comme fou...
- Et qu’est-ce que je dois faire alors ? - Ecouter, Rose ! Je veux que tu m’écoutes ! Et que tu arrêtes de discuter, surtout !
Rose ne répondit pas. Il la saisit par les deux bras.
- Bon sang, Rose ! Tu n’as aucune tolérance au soleil ! J’aurais pu te perdre ! Définitivement cette fois ! Est-ce que tu te rends compte ?
Lorsqu’il la relâcha, le ton de sa voix s’était adouci.
- Je ne veux pas te perdre, Rose... C’est juste ça. - Te rends-tu compte que j’adore m’occuper du jardin ? Que j’adore nager dans notre piscine dans l’après-midi, ou lire sur la terrasse quand il fait beau ? Que vais-je faire maintenant ?
- Je sais cela, ma douce... Je ne le sais que trop bien. Mais ça s’arrangera, je te le promets. - Mais ce ne sera pas pour tout de suite... Alors, qui prendra soin de mon jardin ?
Caleb l’embrassa sur le front. Il se voulait rassurant devant la détresse de Rose.
- Je le ferai. Je m’en occuperai. - Mais tu n’y connais rien en jardinage...
Il la serra alors contre lui.
- Tu m’expliqueras tout et je ferai comme tu diras, c’est promis. Je ne veux pas que tu sois malheureuse.
Rose passa le reste de la journée à jouer de l’orgue...
...alors que Caleb s’était isolé au sous-sol pour travailler. Il avait besoin de calme. Et ce calme lui permit de réfléchir. Il savait que sa femme souffrait de la situation, et il en était attristé. Il la revoyait profiter de leur piscine quand il faisait beau, nourrir les oiseaux, ou boire une citronnade sur la terrasse.
Elle aimait tant tous ces petits moments précieux... Caleb eut alors une idée et cessa instantanément de travailler, pour effectuer quelques recherches sur son ordinateur.
A suivre... 🙂
Crédits poses :
Caleb et Rose sur le canapé : ONLINDA, SHARONSIMS et JOANNE BERNICE
G8 / Chapitre 44 - Un dîner chez Landry _________________________________________
Rose s’était isolée dans sa chambre jusqu’au moment du départ mais elle fut prête à l’heure et, à vingt-et-une heures, ils étaient devant chez Landry et Claire.
- Cette maison a l’air très grande, dit Rose à Caleb - Elle l’est.
Landry vint les accueillir.
Caleb faillit bondir, mais il croisa le regard de Landry qui l’encourageait à ne rien faire. Son ami avait été offensé dans sa propre demeure, et entendait régler l’affront à sa façon.
Rose se rappela alors les premiers instants qu’elle avait vécus auprès de Caleb.
Landry prit Rose dans ses bras. Elle ne le repoussa pas.
Landry salua ensuite son meilleur ami.
Landry fit visiter le salon à Rose. Elle le trouva immense et adora les grandes baies vitrées qui lui donnaient beaucoup de lumière.
Le regard de Rose s’attarda alors sur la photo qui trônait sur un guéridon, face à elle.
Rose s’approcha. Shelby avait l’air tellement heureuse auprès de Landry, et ils avaient mis tellement de temps pour se retrouver... Tout cela pour disparaitre d’une manière si injuste... Le cœur de Rose se serra...
Lorsqu’elle revint près des hommes, Landry l’apostropha d’un ton autoritaire qu’elle ne lui connaissait pas.
Lorsqu’ils arrivèrent sur la terrasse Claire était en train de griller des steaks au barbecue et la table était dressée.
Rose décida de faire bonne figure, vis-à-vis de Caleb, mais elle avait encore beaucoup de mal avec cette femme.
Les hommes se mirent à discuter entre eux, les femmes s’assirent et Rose en profita pour reprocher à Claire d’avoir voulu tout faire pour la maintenir en vie, et notamment, d’avoir suggéré que la transformation était la seule solution. Claire était outrée, mais elle ne comptait pas se laisser faire de la sorte.
Rose lâcha, face à cette inconnue, ce qui la rongeait le plus.
Cette inconnue, cette femme que Rose avait cru détester, se révélait être d’une perspicacité inébranlable à son sujet. Elle avait réponse à tout, et de bonnes réponses. Rose commençait vraiment à l’apprécier.
Tous se réunirent dans la cuisine pour commencer l’apéritif. Rose avait retrouvé le sourire, et Caleb l’observait avec émotion. Il savait combien tout cela n’était pas facile pour elle.
Claire convia tout le monde à passer à table. Dehors, il faisait encore bien chaud malgré les vingt-deux heures passées.
Rose avait l’estomac encore chamboulé et elle annonça qu’elle n’avait pas très faim.
Caleb regardait Rose d’un regard mécontent.
Caleb trouvait que Rose était de plus en plus insolente, depuis son réveil. Il se retenait pour ne pas sortir de ses gonds, mais il savait que Rose devait faire face à un double deuil et, de plus, il ne pouvait pas imposer cela à leurs hôtes. Il décida donc de la laisser dire, mais elle ne perdrait rien pour attendre, car elle l’avait vraiment offensé, et en public.
Claire détourna la conversation sur un autre sujet.
Tous plongèrent alors dans la piscine. Rose s’amusa à éclabousser Caleb en rigolant. Et lui était heureux de retrouver sa femme, riant et s’amusant.
Enfin bon... jusqu’à un certain point.
Après le bain, tous se rhabillèrent, sauf Landry. Ils allèrent finir leurs verres dans le coin salon de la piscine.
Claire railla un peu Caleb.
Ils discutèrent un moment, plaisantant et riant, puis Caleb se leva, regardant Landry d’un regard complice.
Les femmes se levèrent donc, à leur tour.
Tous se rapprochèrent de la terrasse pour se dire au revoir. Rose avait entendu quelques bribes des échanges entre Caleb et Landry, et se demandait pourquoi ils étaient obligés de rentrer aussi vite.
Rose enlaça Claire pendant que Landry et Caleb, de connivence, se faisaient face, sans rien dire.
Rose serait bien restée un peu pour profiter de la compagnie de Landry et Claire, et elle ne comprenait pas la raison de ce départ précipité. Ce qu’elle observait, c’est que Caleb souhaitait rentrer au manoir, au plus tôt.
G8/ Chapitre 43 - La douleur de Rose ______________________________________
Le lendemain matin, Ils étaient tous les deux frais et dispos pour le départ de Caleb au travail.
- Tu pars déjà ? - Il le faut bien, ma douce. J’ai accumulé beaucoup de boulot au bureau.
Caleb sentit que quelque chose n’allait pas, et s’arrêta une minute pour parler à sa femme. - Qu’y a-t-il, Rose ? Je te sens inquiète.
- Je ne suis pas rassurée... Et si je me transformais pendant ton absence ? - Cela n’arrivera pas. - Tu es sûr ?
Caleb la prit dans ses bras, et elle le serra très fort contre elle. - Je suis sûr.
- Je ne te laisserai jamais seule si je savais que cela pouvait arriver en mon absence. Sois sans crainte, s’il te plait. - D’accord. - Promets-le-moi, tu veux ? - Je te le promets.
Ils s’enlacèrent alors. - Sois confiante. Va voir ta famille comme tu l’as prévu, c’est entendu ? - Oui mon amour.
Caleb la laissa, et elle le regarda partir la boule au ventre.
Rose se rendit directement à la maison de retraite après le départ de Caleb. Son estomac décida de se rappeler à elle lorsqu’elle arriva sur place.
Mais se souvenant de ce que lui avait dit son mari, elle essaya de se calmer et les douleurs passèrent plus vite. Elle fit le tour du bâtiment et arriva devant le portillon de l’entrée. Elle remarqua qu’en face, il y avait un parc de jeu.
Elle imaginait les cris et rires des enfants qui illuminaient la vie de cette résidence pour retraités, et cela lui arracha un sourire. Sa mère aimait-elle les enfants à présent ? Ceux qui n’étaient pas les siens ? Elle avait tant vieilli...
Elle alla directement jusqu’à la chambre de sa mère qui était à l’étage, et qui lui avait été indiquée par le réceptionniste. Elle frappa et n’eut aucune réponse. La porte étant ouverte, elle entra donc. Mais il n’y avait personne.
Elle continua donc son exploration des lieux et arriva dans une bibliothèque. Il y avait une femme aux cheveux gris affairée devant un ordinateur. Elle s’assit en face d’elle, et lui demanda où elle pourrait trouver Maewenn Chevalier. La vieille dame était charmante. Elle lui dit qu’elle la trouverait certainement au rez-de-chaussée, dans la salle télé.
Rose redescendit donc. Elle avait bien aperçu deux personnes en salle télé mais aucune n’était sa mère.
Et puis, elle la vit, juste à côté, en grande discussion avec sa tante Béatrice. Elles n’avaient pas l’air triste.
Après quelques secondes d’hésitation, elle se décida à entrer dans la pièce.
Maewenn prit sa fille dans les bras.
Rose n’eut pas le temps de répondre. Elle se concentra sur sa douleur pour la faire disparaître au plus vite.
Le visage de Béatrice s’assombrit.
Rose ne le savait que trop bien.
À ces paroles, certaines choses revinrent à la mémoire de Rose.
Elle se leva pour dire au revoir.
Cela lui avait fait du bien de voir sa mère, mais elle était toujours aussi triste, et son ressentiment envers Caleb, mitigé.
Elle marcha jusqu’au parc de jeu qui faisait face à la maison de retraite. Sa mère et sa tante étaient bien ici. L’endroit était calme et paisible. Elle s’assit sur un banc. Elle commençait vraiment à souffrir de cette chaleur étouffante.
Mais pourquoi avait-elle justement choisi de mettre cette petite robe à col montant ? Sûrement parce qu’à Forgotten Hollow, il fait rarement aussi chaud.
Elle appela Maxime pour savoir s’il était chez lui. Elle avait très envie de passer le voir. Il en était ravi et la convia à venir sans tarder. Il lui annonça que Lilith était en congés et que Gabriel était en visite chez lui.
Lorsqu’elle arriva à Willow Creek, il faisait toujours très chaud mais le temps était plus nuageux. Lilith, Maxime et Gabriel l’attendaient devant la maison. Elle remarqua combien son cousin Gabriel avait grandi et était devenu un bel adolescent.
Maxime enlaça sa cousine.
Lilith prit, à son tour, Rose dans ses bras.
Mais tous savait que Maxime avait uniquement cherché à dédramatiser la tragique situation dans laquelle se trouvait Rose.
Gabriel se décida enfin à rejoindre le petit groupe.
Tous discutèrent encore un moment, puis Rose se sentit mal à cause de la chaleur et Lilith l’emmena, à l’arrière de la maison, sur une terrasse ombragée.
- J’ai eu Caleb au téléphone ce matin. Il m’a dit que tu lui en voulais. Il en est très malheureux.
- Toute ma famille est partie, alors que je dormais tranquillement, et il ne me l’a dit qu’après m’avoir transformée...
- D’abord, tu ne dormais pas. Tu étais dans le coma, sur ta fin... Ensuite, toute ta famille n’est pas partie. Ton mari, ta mère, tes tantes, ta cousine et tes cousins sont encore là.
- Et moi aussi, je suis là. Si tu en veux à Caleb, tu dois nous en vouloir à tous, car nous l’avons tous poussé à prendre cette décision difficile. Tous, sauf Morgane, au début. Caleb était le seul à ne pas accepter cette solution. Il ne voulait pas te transformer. C’est parce qu’on le lui a demandé qu’il a fini par le faire.
- Je ne savais pas... - Et aussi parce qu’il t’aime. Il y a quelques jours, lorsqu’il a su que tu n’en avais plus pour longtemps, il a enfin pris cette décision que l’on espérait tant qu’il prendrait. Et il a pris la bonne décision. Qu’aurais-tu fait, toi, à sa place ? Tu l’aurais laissé s’en aller ?
- Je ne sais pas... - Si, tu le sais. Tu aurais voulu qu’il vive. Claire ne pouvait rien pour toi. Et Caleb a vraiment attendu la dernière minute.
- Claire ? Qui est Claire ? - Caleb ne t’en a pas parlé ? Claire Guérin, ton médecin. Elle t’a suivi depuis le début. C’était une collègue de Shelby. Figure-toi que Landry est tombé amoureux d’elle. Et ils habitent ensemble depuis deux semaines environ.
- C’est incroyable ! Shelby est à peine partie qu’il se trouve une nouvelle femme ! - Arrête, Rose. Landry a énormément souffert. Et si le Créateur a jugé qu’il avait le droit, une seconde fois, à l’amour, je ne vois pas pourquoi nous nous y opposerions. Landry est vraiment heureux avec Claire. C’est un plaisir de les voir ainsi. Tu devrais arrêter d’en vouloir au monde entier, Rose.
- Je n’en veux pas au monde entier. - Bien sûr que si. Tu n’as qu’à t’écouter parler. Le pire, c’est que tu en veux aux personnes qui t’aiment, comme Caleb ou Landry, alors que le seul responsable de ce qu’il t’arrive est Vlad !
- Vlad est n’est plus. - Est-ce une raison pour reporter ta colère sur ceux qui veulent sincèrement t’aider. Nous voulions tous te sauver. - Tu as raison. Je suis en colère. Je suis même très en colère. Mais je n’y peux rien. Ça ne se contrôle pas. - Est-ce que tu sais pourquoi tu es tellement en colère ?
- Je suis triste... J’ai perdu mes deux oncles... et Shelby. C’est injuste. - La vie n’est pas toujours juste, Rose. L’éternité me l’a démontrée à plusieurs reprises.
Rose se leva. Il était temps qu’elle parte. Elle avait dit à Caleb qu’elle serait là à son retour.
- Est-ce que tu veux toujours devenir un vampire, au moins ? lui demanda Lilith.
- De toute façon, il est un peu tard pour reculer, maintenant. - Ne t’en fais pas, tout se passera bien. Tu as, en Caleb, le meilleur Maître qui soit. - Oui. D’ailleurs, je sens qu’il va m’en faire voir de toutes les couleurs ! J’ai l’impression que je ne vais pas m’ennuyer.
- Mais en attendant, je vais rentrer l’embrasser et lui dire que je ne lui en veux plus. - C’est une très bonne chose. Mais tu es sûre de ne plus lui en vouloir ?
- Oui. J’ai bien entendu ce que ma mère et toi m’avez dit. - Si tu as besoin de conseils vampires, appelle-moi, d’accord ? Ou mieux, passe me voir.
A seize heures, Rose était sur le pas de la porte pour attendre Caleb.
- Bonjour ma douce ! C’est la première fois que tu m’attends dehors. - Il fait beau. J’en ai profité. - Ça me fait plaisir. Tout va bien ?
Rose lui répondit que oui, mais Caleb vit tout de suite que quelque chose n’allait pas. Ils entrèrent à l’intérieur.
G8/ Chapitre 42 - Renaître pour l'aimer encore ________________________________________________
Ce soir-là, après une journée difficile durant laquelle Rose avait tenu à s’isoler dans son refuge, Caleb la retrouva au salon en train de pleurer.
Il avait tellement de peine de la voir ainsi. Il s’approcha d’elle.
Rose ne répondit pas.
Elle releva la tête mais regarda dans le lointain.
Il la prit dans ses bras. Il était tellement soulagé. Il avait eu peur, un instant, que son amour pour lui se soit envolé, mais Rose avait senti la chaleur rassurante du corps de son mari.
Caleb serra se rapprocha de sa femme, la serra contre lui et l’embrassa.
Il était tellement heureux de la retrouver. Elle lui avait tellement manqué.
La suite, tout le monde la devine. Leurs retrouvailles furent tumultueuses...
... très tumultueuses.
Et lorsqu’ils eurent fini, leurs éclats de rire résonnèrent dans toute la chambre.
Les deux amoureux retrouvaient le ravissement d’être ensemble, et de discuter après leurs parties de cracottage. Rose se reprit même à demander son avis à son mari. - Je pense aller voir ma famille demain. Qu’est-ce que tu en dis ? - C’est une très bonne idée. Qui vas-tu aller voir ?
Rose savait que sa mère vivait avec sa tante Béatrice dans une maison de retraite de Magnolia Promenade. - Maman d’abord... et Tante Béatrice puisqu’elle vit avec elle. J’espère qu’elles vont bien toutes les deux. - Elles vont bien, je t’assure. Tu le verras par toi-même. - C’est à cause de l’amour que Maman et Papa avaient l’un pour l’autre qu’ils m’ont délaissée. Sa mort l’a anéantie. Et maintenant, elle perd ses deux frères... - Rose... Cela fait six mois. Ta mère va certainement mieux que toi à présent.
- J’ai besoin de les voir, de savoir comment ils vont, tous. - Ça se comprend. Et ça leur fera aussi du bien de te voir vivante même si je les ai appelés pour le leur dire. Qui iras-tu voir ensuite ? - Probablement Maxime et Lilith. Et ensuite Amandine et Gabriel. - Pas Morgane ? - Non. Elle travaille toute la journée... Et je dois être là à seize heures pour t’accueillir. - Si tu me préviens, je n’y vois aucun inconvénient. Rentre à l’heure que tu veux, et fais comme tu le sens, ma douce.
Mais Rose avait besoin d’attendre Caleb et elle refusa sa proposition. Cette nuit-là, Caleb redécouvrit le plaisir de dormir auprès de sa femme et de la sentir lovée contre lui...
Au milieu de la nuit, il la retrouva même allongée sur lui.
Il ne la repoussa pas, bien au contraire. Il se sentait bien et posa la main sur elle.
Dans un demi-sommeil, Rose sentit la main de Caleb, et entendit son souffle régulier et rassurant.
Mais elle sentit aussi autre chose et se leva : son estomac était de plus en plus douloureux. Elle alla s’asseoir sur la chaise et regarda son mari dormir. Le plaid qui les recouvrait était tombé par terre. Il était beau et musclé...
Il avait l’air si serein, loin de se douter qu’elle veillait sur lui, le mal au ventre et la faim tenaillant ses entrailles. Il dormait bien parce qu’il la savait auprès de lui.
Rose le savait. Elle en était là de ses pensées quand la douleur se fit fulgurante.
Cette fois, la douleur mit longtemps à se calmer...
... et lorsqu’elle cessa, Rose se leva.
Elle enfila un peignoir et s’en fut.
Il fallait qu’elle mange. Lorsqu’elle arriva à la cuisine, elle prit un plat dans le congélateur dont elle savait qu’il était là puisque c’était elle-même qui l’y avait mis quelques mois plus tôt : un bon tajine d’agneau. Il calmerait sûrement sa faim.
Mais à la première bouchée, elle fut surprise. Dans ses souvenirs, son plat n’avait pas ce goût-là. Elle rajouta du sel et du poivre, puis se força tout de même à finir son assiette, se rappelant les paroles de Caleb qui lui avait dit qu’elle risquait une aversion définitive de la nourriture humaine, si elle ne se forçait pas.
- Tu en fais des grimaces, dis-donc ! - Oui, c’est parce que j’essaye de finir cette assiette qui a vraiment un sale goût. Tu ne dormais pas ? - Si, mais j’ai subitement senti que tu n’étais plus là. Alors, je suis venu voir ce que tu faisais.
- Beurk ! Voilà, j’ai fini, enfin ! - Je te félicite. Ça n’a pas dû être facile. - Une horreur. J’ai très faim. Je trouve la nourriture immonde, et même en me forçant, elle n’apaise pas ma faim. - C’est cette phase de transition. Ton corps est en train de se préparer à ce qu’il va devenir.
- Je pourrais avaler tout le frigo ! - Tu auras beau manger, la sensation de faim ne disparaîtra pas. Mange normalement, ça suffira. Inutile de devenir le bonhomme Michelin ! - Pourquoi ? Tu ne m’aimerais plus ? - Si, je t’aimerais. Et si tu essayais de manger un plasma fruit ?
- Comme ça ? Sans le cuisiner ? - Oui, c’est très bon cru aussi, tu verras.
Caleb s’était levé, était parti cueillir un plasmafruit au jardin puis l’avais déposé sur la table.
- Comment je vais faire pour le manger ? C’est tellement liquide à l’intérieur que ça va couler partout. - Il faut le boire. - Et comment ? Tu ne m’as pas amené de verre. Tu me passes le tien ? - Regarde à gauche de ton assiette.
Il y avait une paille suffisamment rigide pour s’enfoncer dans le fruit, dont la coque était très dure. Caleb regardait Rose se débrouiller, avec attendrissement. Elle était très sérieuse. - Voilà, je crois que j’ai réussi. - Enfonce-la un peu plus.
Elle écouta le conseil de son mari puis se mit à siroter le jus du fruit.
- Alors, c’est comment ? - Ça va. - Tant mieux. - C’est meilleur que mon tajine, et ça a le mérite d’être rafraîchissant. - Je savais que tu apprécierais.
- Mais j’ai toujours faim, et mon estomac recommence à faire des siennes. - Ça va aller. Je suis près de toi. Et rappelle-toi que ça ne dure pas longtemps, ma douce. - C’est vrai. D’ailleurs, ça va déjà mieux. - Tu vois... Tu paniques beaucoup trop à chaque fois. Si tu arrivais à te détendre, je t’assure que tu aurais moins mal. - C’est tellement violent. Comment voudrais-tu que je me détende ? - Crois-moi sur parole, ça fonctionne. - D’accord. Tu sais, mes douleurs sont de plus en plus rapprochées. - C’est bon signe. Ta transformation se rapproche. Elle aura certainement lieu plus tôt que ce que je ne l’avais imaginé.
Rose changea, sans prévenir, le cours de leur conversation.
- Caleb ? J’ai une question à te poser. Avais-tu trouvé le mot que j’avais laissé à ton attention ? - Oui. Et j’ai aussi trouvé le cristal. - Je suis soulagée. J’avais peur que quelqu’un d’autre soit tombé dessus. Le mot et le cristal n’étaient plus dans le refuge. Où as-tu mis le cristal ? - Nulle part. Perrine a repris le cristal lorsqu’elle est partie. - Perrine ? Tu as rencontré Perrine ? - Nous avons tous eu la chance de la rencontrer. Et j’ai aussi revu Cassandre, ta mamie.
- C’est extraordinaire. Je ne pensais pas qu’elles se montreraient à d’autres personnes que moi. J’avais laissé ce mot, juste au cas où, et lorsque j’ai vu la tournure que prenaient les évènements, j’ai dit à Shelby de te parler du refuge. - Tu as très bien fait. Perrine nous a été d’une aide précieuse. J’ai fait appel à elle, après les décès de Yann et Shelby. Et elle est restée avec nous jusqu’à la fin. Je pense qu’elle voulait s’assurer que tu sois sauvée.
- Comment vous a-t-elle aidé ? - En tout premier lieu, elle nous a permis de récupérer le pouvoir du Trio et de le rendre plus puissant. - Cela me semble évident. Après la mort de Yann, il n’existait plus. - Non seulement Gildas et Maxime étaient anéantis par la disparition de Yann, et donc affaiblis mais, en plus, ils avaient perdu la puissance de leur pouvoir. - Perrine a donc réuni le cercle de magie divine avec un autre, plus petit, et le cristal. C’était impressionnant. Tout le sous-sol était éclairé d’une lumière rose. Elle a entraîné Gildas et Maxime pendant trois jours, trois jours durant lesquels, nous n’avons pas pu venir te chercher. - Trois jours pendant lesquels, le Comte m’a fait du mal. - Perrine ne voulait pas qu’on aille là-bas. Nous n’étions pas en force, et nous nous serions fait laminer. Ce n’était pas le but. Il fallait te sauver, Rose. Quoiqu’il en soit, une fois que nous fûmes prêts, Perrine est allée lancer un sort sur le manoir Straud pour que nous puissions entrer sans que personne à l’intérieur ne se doute de rien. - Et vous avez donné l’assaut ?
- Un assaut tranquille, mais oui, un assaut tout de même. Nous étions dans les murs. - Et ils ne sont plus là ? - Oui ma douce, ils ne sont plus là. Je te le certifie. - Steven aussi ? Tu t’en es occupé ? - Ce n’est pas moi qui m’en suis chargé. C’est Landry. - Et les autres ? Qui s’en est pris à Tonton Yann ? Et à tonton Gildas ? - Gael Kean s’en est pris à Yann. Et je me suis chargé de lui. Quant à Gildas, c’est Tommy Kean qui l’a eu. Et Maxime l’a eu, à son tour.
Rose se rappela le jeune homme qui avait discuté avec elle dans sa cellule...
- Tommy ? Il avait l’air si gentil pourtant... Il voulait m’aider. - Rose... Personne ne voulait t’aider. Ce n’était pas leur but.
Rose s’énerva.
- Et comment peux-tu le savoir ? Tu n’étais pas là. - Je le sais. Et n’élève pas la voix contre moi.
Rose ignora sa remarque et lui envoya un regard empli de mépris. Le cœur de Caleb se noua.
- Tu le sais parce que tu as été comme eux, n’est-ce pas Caleb ? - Oui. Et je ne le sais que trop bien, malheureusement. Allons-nous remettre au lit maintenant. Tu as besoin de dormir.
Cette nuit-là, Caleb et Rose retournèrent dormir l’un contre l’autre. Rose pleura longtemps dans les bras de son mari, qui ne parvint pas à la calmer, puis elle finit par fermer les yeux, épuisée d’avoir versé trop de larmes.
A suivre... 😊
Crédits Poses :
Rose et Caleb autour du bar : NATALIA AUDITORE
Rose et Caleb sur le canapé : JOANNE BERNICE
Rose et Caleb dans leur lit, avec un plaid : AOIHANA
G8/ Chapitre 41 - Un réveil douloureux ________________________________________
Caleb était monté voir Rose et constata immédiatement qu’elle avait bougé. Le processus s’était inversé et il en était tellement heureux qu’il s’allongea auprès de sa femme pour la regarder dormir.
Il s’assit ensuite sur le lit et attendit qu’elle se réveillât. Le temps semblait s’écouler très lentement, trop lentement même.
Il décida d’aller jouer un peu d’orgue pour se changer les idées, puis remonta trente minutes après pour s’apercevoir, qu’une fois de plus, Rose avait changé de place dans le lit. Il supposa qu’elle était doucement en train de se réveiller, et l’embrassa tendrement sur le front.
C’est alors qu’elle le regarda, avec son joli sourire, et murmura son prénom. Il en fut bouleversé. Cela faisait si longtemps.
Elle lui saisit alors le visage et l’embrassa d’un baiser bref et plein d’amour.
Puis Caleb dût lui annoncer que six mois s’étaient écoulés, depuis qu’il était allé la sauver des griffes de Straud. Il omit volontairement, pour le moment, de lui parler du décès de ses oncles, ainsi que de celui de Shelby, bien que Rose fut présente lorsque cette dernière s’était battue avec Steven.
Il lui raconta qu’elle était tombée dans le coma car Le Comte lui avait inoculé la fièvre du rongeur enragé, puis il lui expliqua la décision qu’il avait prise de la réveiller et les conséquences qui en découlaient.
Soit Rose acceptait de se faire transformer et elle vivrait, soit elle retomberait dans le coma jusqu’à la fin.
Caleb aida Rose à s’habiller puis il la souleva dans ses bras. Ils avaient tous deux décidé que la transformation aurait lieu dans l’antre de Caleb.
Caleb l’y emmena à vitesse surnaturelle et s’octroya le luxe de revêtir sa forme sombre durant le trajet.
Caleb expliqua alors à Rose ce qui allait se passer, puis il saisit délicatement son cou, pour y boire son plasma et entamer la première étape de sa transformation, la plus belle de toutes, celle de son Unique. Rose se sentit chavirer. Elle se sentait en communion totale avec son mari.
Celui-ci appliqua un baiser soyeux à l’endroit où il avait meurtri la chair de son épouse, puis il se mordit le poignet pour y faire jaillir son propre sang... Elle était maigre et vulnérable. Caleb espérait tant qu’elle guérisse.
Lorsqu’il lui présenta son poignet, elle sembla hésiter.
Rose regarda un instant le poignet de son mari. Elle semblait fascinée...
Après que Rose eut bu à son poignet, Caleb réalisa que sa femme ne serait plus jamais la même.
Il savait que la transformation de Rose était à présent irréversible.
Rose eut subitement une terrible douleur à l’estomac, douleur qui lui arracha un cri.
La douleur cessa comme elle était venue.
Caleb l’entoura de ses bras.
Caleb pleura dans les bras de sa femme. Il pleura son désespoir de l’avoir transformée, alors qu’il aurait tant voulu qu’elle restât humaine. Il pleura son égoïsme de ne pas avoir su la laisser partir en paix comme il l’avait envisagé.
Rose ne l’avait jamais vu dans un tel état. Elle ne comprenait pas...
Rose serra son mari contre elle plusieurs minutes, puis alla se reposer comme il le lui avait conseillé.
Le soir-même, Caleb et Rose se retrouvèrent au salon. Elle allait beaucoup mieux. Son corps amaigri n’était plus. Le sang de vampire commençait à faire effet et Caleb en était enchanté. Elle s’était assise sur ses genoux.
- On va être heureux, tous les deux, Caleb, n’est-ce pas ?
- Les plus heureux du monde.
- Mon amour, ce réveil auprès de toi a été une bénédiction. Avant cela, j’étais dans un taudis, allongée sur un sol crasseux.
- Je le sais, mon cœur...
- On m’avait attaché les mains et les pieds...
Caleb avait laissé Rose s’asseoir dans le fauteuil et il avait pris place sur l’accoudoir.
- Cela n’arrivera plus. Straud et ses disciples n’existent plus.
- C’est une bonne nouvelle. Tu sais, je crois savoir comment ils m’ont administré la fière du rongeur enragé... Par l’eau.
- L’eau ? C’est intelligent... En général, on se méfie de la nourriture...
- Et c’est ce que j’ai fait. Mais je buvais beaucoup. On m’apportait régulièrement de l’eau dans ma cellule. Je la buvais à chaque fois car j’avais très soif.
- Et le dernier soir dont je me souvienne, juste après ma tentative d’évasion, Vlad a tenu à ce que je boive un grand verre de jus d’orange. Il a attendu que j’ai tout bu avant de me faire reconduire dans ma cellule.
- Tu as essayé de t’évader, ma douce ?
- Oui, mais je n’ai pas eu beaucoup de chance. Steven m’a rattrapée très vite, mais je lui en ai fait voir de toutes les couleurs. Je ne me suis pas laissé faire.
- Ah bon ?
Rose souriait à l’évocation de ce souvenir et Caleb frémissait à l’idée de ce qu’elle avait vécu. Mais il était très fier d’elle. Elle n’avait pas abdiqué, elle s’était défendue et avait cherché un moyen de s’évader.
- Je me suis servie de ce pulvérisateur à l’ail que tu m’avais fabriqué. Il n’a pas aimé du tout.
- Tu es merveilleuse mon amour... J’admire le courage que tu as eu. Je ne te savais pas si combattive.
- J’ai pensé à toi, Caleb, chaque jour... Je savais que tu viendrais me chercher. C’est toi qui m’as donné la force.
Le lendemain matin, Rose s’était réveillée tard et se sentait beaucoup trop barbouillée pour prendre un petit déjeuner. Caleb insista cependant pour qu’elle prenne un repas à midi. Il avait mis tout son cœur pour lui préparer un bon plat de pâtes.
Puis Rose parla de Shelby... Elle avait cauchemardé cette nuit et revécu la scène de ses derniers instants avec son amie.
Caleb avala une grande gorgée de nectar. Il faudrait qu’il annonce à Rose la disparition de ses oncles...
Caleb raconta alors à Rose que le Créateur avait fait le cadeau d’une deuxième chance en amour à Landry et Lilith.
Caleb avait dégluti. Il avait pourtant déjà eu à annoncer de terribles nouvelles, mais, avec Rose, c’était difficile. Elle avait blanchi et il voyait ses mains trembler.
Rose fut prise de violentes douleurs à l’estomac qui lui firent oublier, un court instant, la terrible nouvelle que Caleb venait de lui apprendre. Elle poussa un gémissement.
Caleb la regarda. Au fond de lui il était heureux car cela signifiait que bientôt, elle serait complètement à lui.
La douleur s’était calmée. Rose se leva subitement.
Mais Rose s’était éloignée en lui disant qu’elle voulait juste la vérité, et Caleb se précipita auprès d’elle.
Elle se dégagea et tenta de s’en aller mais Caleb la rattrapa.
Elle se tourna vers Caleb et se blottit contre lui.
Elle se laissa glisser jusqu’au sol. Caleb suivit son mouvement.
Le cœur de Caleb se serra. Il avait tellement hésité... Il avait voulu la laisser partir... mais, au dernier moment, il s’était ravisé car, perdre Rose et vivre sans elle, aurait été au-dessus de ses forces.
A suivre... 😊
Crédits Poses :
Caleb se penchant sur Rose et l'embrassant : MIDAGERE
Caleb portant Rose (dans la chambre) : BEXOSIMS
Caleb portant Rose (dans son antre) : KATVERSE
Caleb rattrapant Rose dans le vestibule : ONLINDA
Caleb serrant Rose dans ses bras (debout puis à genoux) : ATASHI77
G8/ Chapitre 40 - Un espoir pour tous _______________________________________
Lilith quitta le manoir quelques semaines après Maxime. Landry s’employa donc à remonter le moral de son meilleur ami, et surtout à ne pas lui faire oublier qu’il avait un objectif : sauver la vie de Rose.
Ce ne fut pas simple car Caleb n’acceptait toujours pas de transformer Rose. Mais parfois, les arguments de Landry parvenaient à le convaincre quelques heures.
Un pas en avant, deux pas en arrière, mais Landry ne voulait pas quitter le manoir sans être certain que son ami prendrait la bonne décision.
Alors, il ne lâcha pas l’affaire malgré la peine immense de Caleb qui était persuadé d’agir au mieux. Il pensait que sa femme souffrirait davantage d’une transformation que d’un départ prématuré en s’endormant.
Mais qu’adviendrait-il de leur couple ? Un jour, Landry prit les choses autrement...
...et il affronta Caleb au combat plusieurs jours de suite, sans le ménager...
...jusqu’à ce jour où Caleb se défendit enfin, et eut le dessus sur lui.
Son ami l’aida alors à se redresser.
Mais Landry sut, à ce moment-là, qu’il pouvait quitter le manoir... Caleb n’abandonnerait pas sa femme...
[...]
Six mois plus tard...
Rose dormait toujours mais alors que quelques semaines plus tôt, elle changeait encore de position, à présent, elle ne bougeait plus. Caleb avait disposé ses mains sur sa poitrine.
Il allait la voir plusieurs fois par jour, dans leur chambre, et continuait à lui raconter ce qu’il avait fait de ses journées, mais il ne dormait plus auprès d’elle. Lorsqu’il avait besoin d’énergie, il allait se ressourcer dans son cercueil, au sous-sol. Mais chaque soir, avant de dormir, il allait embrasser son épouse. Ces six mois avaient été pénibles pour Caleb, surtout après le départ de Landry, mais il avait compris que chacun devait continuer sa vie.
Maewenn et Béatrice, les mères respectives de Rose et Maxime, avaient emménagé ensemble dans une maison de retraite afin de laisser Maxime et Lilith vivre leur histoire d’amour.
Elles étaient amies depuis si longtemps qu’elles ne voulaient pas se séparer... Elles avaient aussi rencontré des personnes sympathiques et en forme, tout comme elles. Ici, elles n’avaient plus à s’occuper de rien. Une maison de retraite pour nanties... Un bonheur pour elles, loin des soucis de ce monde.
Maxime, passait beaucoup de temps à entraîner son cousin Gabriel, aux techniques de combat d’agent secret. L’adolescent était très sportif, mais il avait du mal à prendre le dessus sur Maxime.
Et puis, bien sûr, Maxime entrainait Gabriel à la magie, et au destin des Protecteurs.
Claire et lui l’avait déjà emmené à l’école de magie, où il s’était découvert un don pour la magie indomptée, la même magie dont Yann avait été adepte.
La plus difficile et la plus puissante, mais Gabriel s’en sortait très bien.
Maxime était conscient d’y aller fort parfois, mais il était vraiment fier de Gabriel.
Ces six mois avaient vu aussi le mariage de Maxime et Lilith.
Un mariage dans la plus stricte intimité, et sans fête. Maxime et Lilith l’avait voulu ainsi car, même si chacun avait fait son deuil des êtres perdus au combat, personne n’oubliait la situation précaire de Rose.
Après le mariage, Lilith avait définitivement quitté la maison d’Emmanuelle pour aller vivre avec son époux.
Landry, quant à lui, s’était considérablement rapproché de Claire Guérin. Cela se produisit sans qu’il ne le vit venir.
Son cœur s’était remis à battre pour cette jolie blonde qui n’avait pourtant rien de commun avec sa Shelby, à part peut-être sa profession de médecin. En tous cas, il retrouva le sourire.
Claire le lui rendait bien, folle amoureuse de lui qu’elle était. Merci au Créateur pour cette seconde chance.
Maxime, aux côtés de Claire et Gabriel, avait réussi à augmenter ses pouvoirs.
Ensemble, ils rétablirent le pouvoir du Trio. Certes, Claire n’était pas de la famille, mais cela fonctionnait. Et leurs pouvoirs à tous trois n’en devenaient que plus forts.
[...]
Un jour, Caleb réalisa... Il avait repensé aux paroles de Claire, Claire qui visitait souvent Rose pour s’assurer que ses fonctions vitales allaient bien. Claire, qu’il avait tellement détesté et qui pourtant, s’inquiétait de sa femme. Elle avait dit que Rose s’en irait, quoi qu’il arrive, dans six ou sept mois. Nous y étions. Caleb se jura que cela n’arriverait pas.
Alors, un matin, en voyant que sa femme avait beaucoup maigri, Caleb prit LA décision. Il transformerait Rose. Il se demandait comment il allait procéder, car il fallait qu’elle soit réveillée pour que la transformation se produise. Il lui faudrait appeler les Protecteurs, mais aussi Claire. Avec la magie, ils auraient peut-être une solution. Et puis, il appellerait Landry bien sûr, juste parce que c’était son meilleur ami, et qu’il aurait besoin de lui à ses côtés.
Il s’empressa de mettre de l’ordre dans la chambre, qui était envahie de vêtement sales et de coques vides de plasma fruits, témoins de son désespoir, puis il alla se doucher. Il se surprit même à chanter. Il se sentait soulagé pour la première fois depuis six mois. Rose vivrait.
Il s’habilla alors et descendit au salon pour appeler ses amis.
Tous se débrouillèrent pour se libérer et ils arrivèrent très peu de temps après.
Ce fut aussi l’occasion pour Caleb de faire plus ample connaissance avec Gabriel qu’il n’avait aperçu que deux ou trois fois, au cours des six derniers mois. Ce garçon semblait très intelligent et très sensé. Il raisonnait et parlait comme un adulte. Nul doute que les épreuves qu’il avait traversées, l’avaient aidé à grandir.
Maxime avait l’air très fier de son cousin et de ce qu’il semblait être capable de faire.
Caleb n’avait pas le choix. Il lui fallait faire confiance à tous ces magiciens qui étaient, par ailleurs, ses amis. Le lendemain, ils étaient arrivés pour lancer « Revivario ». Maxime les avait tout d’abord aidés, assisté de son familier, puis s’était éclipsé.
Claire et Gabriel avaient alors commencé le rituel.
Ils étaient, eux aussi, accompagnés de leurs familiers.
Leurs magies étaient ainsi plus fortes, puisque les familiers avaient été frappés par le pouvoir du Trio.
Ils touchèrent Rose dans tout son être. Ils récitèrent ensuite ensemble quelques incantations, puis achevèrent de lancer le sort.
Ils redescendirent ensuite à la cuisine où les attendaient Caleb et Landry.
A suivre... 😊
Crédits poses :
Rose allongée dans son lit : WISTFUL CASTLE
Entrainement de Gabriel : BEVERLY ALLITSIMS
Caleb dans la chambre : WISTFUL CASTLE, EXZENTRA et KATVERSE
Crédits CC :
Robe de chambre de Caleb : HISTORICAL SIMS LIFE (HSL)
G8/ Chapitre 39 - Au bord du renoncement ____________________________________________
Lorsque Claire Guérin arriva, Caleb l’introduisit directement dans la cuisine. Il voulait s’entretenir en tête à tête avec elle sans la présence de ses amis. Il lui annonça directement sa façon de penser. - Je tiens à vous prévenir tout de suite. Il est hors de question que vous me demandiez de transformer ma femme en vampire, même si la seule solution est là. - Oh mais ça, je le sais, Monsieur Vatore. J’ai tout de suite cerné quel genre d’homme vous étiez.
Déstabilisé par les paroles de Claire, ainsi que par sa voix calme, il lui proposa de s’asseoir. - Pourquoi êtes-vous venue ici, dans ce cas ? - Pour que vous me permettiez d’aider Maxime à jeter le sort de survie sur votre femme. C’est uniquement pour cela.
- Ma femme est destinée à mourir. A quoi ce sort servirait-il ? - Monsieur Vatore, un jour, peut-être, changerez-vous d’avis... - Cela m’étonnerait beaucoup. - Ne dites pas cela. Vous n’en savez rien.
- Bien sûr que si, j’en sais quelque chose. Rose m’a demandé à plusieurs reprises de la transformer et j’ai toujours refusé. Je ne changerai pas d’avis. - Je suis curieuse mais pourquoi avez-vous refusé d’accéder à sa demande ? - Parce que la vie d’un vampire est éternelle, que cette vie-là est longue et pavée de souffrances... Vous rencontrez des gens, vous finissez par les aimer. Vous faites des enfants que vous aimez aussi. Et tout cela pour quoi ? Pour les voir s’en aller. Ne nous leurrons pas docteur, il y a plus d’humains que de vampires sur cette terre. Mais nous, nous restons, et nous voyons nos êtres chers disparaître alors que nous sommes toujours là. Je n’imposerai pas cela à Rose. C’est une douleur sans cesse renouvelée.
- Je comprends mieux votre existence, Monsieur Vatore, mais votre femme était-elle au courant de tout cela lorsqu’elle vous a demandé de la transformer ? - Oui, bien sûr. Je ne lui ai jamais rien caché. - Mais elle voulait quand même que vous la transformiez, n’est-ce pas ? - Dans les premiers temps, non. Je la faisais changer d’avis. Mais ensuite, elle m’a dit vouloir vraiment passer l’éternité à mes côtés. J’ai refusé.
- J’ai envie de vous demander pourquoi. Pourquoi, alors qu’elle désire passer l’éternité auprès de vous, vous ne la lui accordez pas ? Et pourquoi, alors que vous l’aimez plus que tout, vous vous refusez ce droit au bonheur éternel ? - Parce que je me refuse à la voir souffrir. Son bonheur est ma priorité. - Ce que j’observe est que vous décidez pour elle. Vous en rendez-vous compte ?
Caleb était las. Il savait aussi que Claire Guérin n’avait pas tort. Son emprise sur Rose était forte mais il n’avait pas envie la perdre, et, plus que tout, il ne voulait pas qu’elle souffre. Alors, s’il devait décider, il déciderait. - Je veux que Rose parte en paix. C’est tout ce que je veux. - Très bien. Je vous propose un marché. Réfléchissez à ce que je viens de vous dire. Laissez-nous jeter le sort. La fièvre du rongeur enragé continuera à faire des ravages, mais elle restera en vie encore six ou sept mois. Elle n’aura pas plus de souffrances que maintenant mais, au moins, cela vous laissera le temps de changer d’avis.
- Je ne changerai pas d’avis. - Je ne suis pas du tout persuadée de cela. Laissez-vous le temps, ou vous pourriez regretter de ne pas avoir fait ce qu’il fallait, pour elle, et pour vous deux.
- Très bien. Allez voir Maxime. Il est au salon. - Merci Monsieur Vatore, je suis sûre que vous ne regretterez pas votre décision.
Claire et Maxime montèrent ensuite dans la chambre de Rose.
Ils entamèrent tous deux un rituel magique qui ne fonctionna pas énormément.
Après plusieurs essais, ils comprirent qu’ils ne pouvaient rien faire de bien ensemble. - Je crois que je vais vous laisser officier seule. - Effectivement. Votre magie malicieuse parasite ce sort. Et c’est un sort qui se lance normalement seul.
Maxime laissa donc Claire, seule avec Rose, alors qu’il avait promis à Caleb de ne pas le faire. Mais son initiative fut heureuse. Seule, Claire arrivait à mieux canaliser son énergie magique sur Rose.
C’était le but principal, et elle lança le sort uniquement avec les mains, sans baguette. Ainsi, « Survivario » protégerait Rose le temps qu’il faudrait...
Lorsqu’elle eut fini, Claire rappela Maxime qui était simplement resté derrière la porte afin que Caleb ignore qu’il avait laissé le médecin seule avec sa femme. - Elle est protégée ? - Oui.
- Comment le savez-vous ? Elle est toujours telle que je l’ai laissée tout à l’heure. - Moi, je le sais. J’ai pratiqué ce sort une dizaine de fois. Vous, vous devez me faire confiance.
- Mais je vous fais confiance. - Tant mieux parce que sinon, vous seriez obligés d’attendre demain soir pour vérifier si le sort a bien fonctionné. - Et si ce n’est pas le cas, demain soir elle ne sera plus là... - C’est exactement ça. Mais ne vous inquiétez pas. Maintenant, elle a un sursis. Laissez juste le temps à Monsieur Vatore de se décider.
- Et je suis persuadée qu’il le fera. - Comment pouvez-vous en être aussi sûre ? - Disons que j’ai une bonne connaissance de la nature humaine, même si, dans le cas de Monsieur Vatore, nous parlons d’un vampire. Lorsqu’il verra la fin de Rose approcher, il la transformera. J’en suis sûre. - Dieu vous entende. Mais en attendant, ne dites jamais à Caleb que je vous ai laissée seule avec Rose.
- Il ne m’apprécie vraiment pas, hein ? - Laissez-lui le temps. Cela finira par arriver. Je vous remercie pour Rose. J’espère que nous la sauverons. Je reste en contact avec vous.
- Je vais m’éclipser maintenant. Retournez voir Monsieur Vatore, et dites-lui que nous avons réussi. Pour la suite, je ne peux plus rien faire. - Merci Claire. Merci pour votre aide précieuse.
Maxime ne trouva Caleb nulle part dans le manoir. Il alla prendre une douche et rejoignit Lilith. - Je suis heureuse que vous ayez pu jeter ce sort. Je suis persuadé que Caleb finira par se décider à la transformer. - C’est Claire qui a tout fait. Je n’étais pas assez puissant pour cela. Mais surtout, ne le dis pas à ton frère, il en ferait une jaunisse.
- Et si nous allions quelque part pour fêter ça ? - Tu es en nuisette, et moi, en pyjama... Et puis, il faut que je te parle de quelque chose.
- Et qu’as-tu donc de si important à me dire qu’on ne puisse pas sortir ? - Je vais quitter le manoir.
Lilith sentit son cœur se serrer mais il fallait qu’elle fasse bonne figure. Elle questionna doucement Maxime. - Tu ne me l’avais jamais dit. Mais pourquoi ? - Ma mère a besoin de moi. Mes tantes Maewenn et Amandine aussi. Je me dois d’être auprès d’elles.
- Tu es résistant, Maxime. Pourtant, tu souffres, toi aussi. - Et il y a Gabriel, mon cousin. Il est devenu ado, et il vient de perdre son père. Je suis la seule figure masculine qui lui reste dans cette famille. - Et tu dois l’entraîner, n’est-ce pas ? - Oui... A la magie, bien sûr, mais aussi à sa future profession d’agent secret, et à son rôle de protecteur. Il a les marques.
- Cela ne fait pas beaucoup pour un adolescent ? - Je suis passé par là, et je m’en suis très bien sorti. Et pour lui qui vient de perdre son père et son oncle, ce sera un moyen de penser à autre chose. Ce n’est pas parce que je vais m’en aller que je ne t’aimerai plus, Lilith.
- Oh, mais je le sais très bien ! - Pourtant, tu as l’air triste...
Oui, Lilith était triste. Elle ne s’attendait pas à une telle nouvelle, mais elle envisagea, de ce fait, de quitter, elle aussi, le manoir de Caleb. - C’est vrai que je suis un peu triste... Nous ne serons plus ensemble...
- Mais cela me permettra aussi de quitter le manoir et de reprendre ma vie avec Emmanuelle. - C‘est ce que tu veux ? Et Caleb ?
- Caleb est mon frère, je ne l’abandonnerai pas, mais je ne vivrai plus sous son toit, c’est tout. - Tu retournes vivre dans ta maison, alors ? - Non... J’en ai marre de la vallée oubliée... Et il y a trop de souvenirs que je souhaite oublier, dans cette maison. - Et où iras-tu alors ?
- Dans la maison de mon neveu Samuel, à Willow Creek. Je pense qu’Emmanuelle en sera ravie. - Nous serons voisins alors. C’est merveilleux.
La peine de Lilith grandissait. Elle aurait tant aimé que Maxime et elle soient plus que voisins. - Nous ne serons pas loin l’un de l’autre, c’est certain. - Cette nouvelle n’a pas l’air de te faire plaisir.
- Disons que je n’avais pas imaginé cela... - Moi non plus mais j’espère que tu comprends que j’ai des obligations familiales... - Je le comprends, bien sûr mais j’aurais préféré que nous soyons ensemble. - Cela se fera très vite, je t’en donne ma parole.
- Tu me donnes ta parole, Max ? Tiens-tu tes promesses ? - Tu verras que je les tiens ! Je t’aime, Lilith. - Je l’espère bien. Tout ira bien pour moi, mais pour toi, Max, est-ce que ça ira ? - Ça ira, ma chérie, je te le promets.
- Parfait. Mais ne m’oublie pas, ou il pourrait t’arriver des bricoles. - Tu me menaces, belle brune ? - Evidemment ! N’en es-tu pas effrayé ? - Non. De toute façon, je vais me tenir à carreaux.
- Je t’aime, Max, tu le sais, ça ? - Jusqu’à ce jour, tu ne m’avais jamais dit « je t’aime » et j’en suis très heureux parce que je t’aime tellement que tes mots me réchauffent tout entier.
Maxime embrassa Lilith.
- Et si nous allions fêter la réussite de ce sort à l’étage, maintenant ? - Très bonne idée, mon amour !
Caleb tambourinait à la porte.
Lilith avait entendu cette fois.
Caleb s’était laissé tomber sur les genoux, en étouffant un sanglot.
Caleb s’effondra dans les bras de sa sœur, sous le regard médusé de Maxime qui n’aurait jamais pensé voir un jour ce vampire-là, dans un tel état de désespoir. Il lui paraissait si fort. Mais si sa femme était sa force, elle était aussi sa plus grande faiblesse. Le voir ainsi bouleversa Maxime.
Caleb pleurait dans les bras de Lilith.
Il ne s’arrêtait plus.
Maxime s’éclipsa discrètement, laissant Lilith consoler son frère.
Après de très longues minutes, elle finit par le conduire jusqu’à sa chambre.
Le lendemain matin, Caleb était descendu prendre le petit déjeuner, souriant, comme si le chagrin ne l’avait pas envahi. Maxime en profita pour lui annoncer officiellement son intention de quitter le manoir, et Caleb aborda la nouvelle avec légèreté.
A suivre... 😊
Crédits Poses :
Rose allongée sur le lit (pyjama vert) : JOANNE BERNICE
Pose cadre photo dans la chambre (CC par moi) : KATVERSE
Caleb frappant à la porte puis avec Lilith : SIM-PLYREALITY
Pose cadre photo dans l'entrée (CC par moi) : LEALLAI
G8/ Chapitre 38 - Discussions autour d'un sort ________________________________________________
Le lendemain matin, Maxime se réveillait tranquillement auprès de Lilith lorsqu’il reçut un appel d’un numéro inconnu.
- Docteur Guérin ? Oui, c’est bien, Maxime Quellec. - [...] - Vous voulez me voir ? Mais pourquoi moi ? Je ne suis pas son mari. - D’accord, très bien. Je me prépare et j’arrive.
Maxime s’habilla et se rendit directement à l’hôpital. Claire Guérin l’attendait.
Le docteur Guérin ne s’embarrassait pas de détours.
Dans l’après-midi, Maxime retrouva Maewenn et Morgane à Oasis Spring pour leur annoncer que Rose était atteinte de la fièvre du rongeur enragé.
Maewenn, qui jusque-là n’avait pas dit grand-chose, se rapprocha.
Maewenn passa sa main dans le dos de Morgane et la caressa tout en parlant.
Maxime se leva pour partir.
Lorsque Maxime rentra au manoir, il trouva Landry sur la terrasse. Il avait préparé de la limonade.
Lorsque Caleb rentra, tout le monde l’attendait au salon.
Devant l’ultimatum de Maxime, Caleb haussa le ton.
Caleb se radoucit un peu et Landry intervint dans la conversation.
Lilith regardait amoureusement Maxime... Elle était tellement fière de lui.
G8/ Chapitre 37 - La fièvre du rongeur enragé _______________________________________________
Caleb rentra au manoir pour aller chercher Lilith, car ils avaient rendez-vous à Windenburg avec Emmanuelle qu’ils n’avaient pas vue depuis que les hostilités avec le Comte avaient été déclenchées. Se remémorant les paroles du docteur, Caleb regarda au loin. Lilith suivit son regard.
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Il constata que le manoir était toujours en train de brûler. - Au moins, tous ces sanguinaires ne pourront plus faire de mal à personne... - Tu crois que nous sommes les seuls vampires restant dans ce monde, Caleb ? Landry, toi et moi ? - J’espère que non... Mais j’ai envie d’un monde où nous puissions vivre en harmonie avec les humains, comme avant... - Moi aussi. C’était tellement plus agréable de ne plus cacher notre vraie nature et, lorsque nous la montrions, personne n’avait peur. - Et si nous allions rejoindre Emmanuelle maintenant ? Ma petite fille m’a manquée.
Les retrouvailles furent émouvantes, à coup d’embrassade et d’accolades puis, Caleb, sa sœur, et sa petite fille s’attablèrent à la terrasse de la Boulangerie Jules. Emmanuelle fut mise au courant des détails du combat.
Au bout d’une heure encore de conversation, Emmanuelle prit congé et s’en alla. Il était déjà dix-neuf heures Caleb proposa à Lilith d’aller boire quelque chose de plus sérieux à l’Auberge du vieux quartier.
- Tu plaisantes ? Après tout ce que tu m’as dit ? - Justement. J’ai été injuste avec toi. Je veux me faire pardonner, sincèrement. Je t’invite.
Lilith finit par accepter. Ils descendirent tranquillement à pied jusqu’à l’auberge.
Sa petite sœur... Elle avait toujours été là pour le soutenir et elle l’était encore, malgré sa peine.
Caleb et Lilith entrèrent dans le bar.
- La soirée est à nous, Lilith. - J’espère.
- Arrête de jouer les trouble-fêtes. Alors, comment ça va avec Maxime ? - Je te trouve bien curieux, dis-donc ! - Tu es ma petite sœur, je m’intéresse. - Je suis sûre que tu m’as invitée ici pour me poser des questions sur Maxime. - Peut-être bien... - Je l’savais ! - Et c’est si dérangeant que ça ? - Non.
- Tu l’aimes, n’est-ce pas ? - Je crois, oui. Tu penses que c’est mal ? - Non, je trouve que c’est merveilleux que tu aies une deuxième chance d’aimer. - C’est vrai, mais quelque chose me retient quand même. - Quoi donc ?
- Roger... Chaque fois que je suis avec Maxime, j’ai l’impression de le trahir. - Roger est mort depuis longtemps, Lilith. Et adorable comme il était, je suis sûr qu’il voudrait ton bonheur. - Tu n’as pas tort. Il m’aimait tellement... Même avant de mourir, il s’inquiétait encore pour moi... - Je sais. Il m’avait fait promettre de prendre soin de toi. Il avait peur de te laisser seule.
- Il était tellement prévenant. - Maxime l’est aussi. Et je suis convaincu qu’il t’aime. - Je le sais bien mais nous avons eu plusieurs vies, toi et moi. Nous avons fondé une famille et perdu nos enfants, morts de vieillesse... Une douleur immense, toujours présente malgré le temps qui passe... Maxime et Rose n’ont encore rien vécu, eux.
Caleb avala une bonne gorgée de plasma Mary. Lilith avait raison, perdre un enfant était ce qui pouvait arriver de pire à un parent, même vampire, et tous deux avaient fait les frais de cette malédiction de leur vie éternelle.
- Aucun de mes enfants n’a voulu me donner de petit enfant... Ils ne voulaient pas me voir souffrir, génération après génération... Ils m’avaient tous deux promis que les derniers deuils que j’aurais à affronter seraient les leurs. Et ils eurent raison, mais je le regrette aussi, car je n’ai eu aucune descendance... - La mienne va s’arrêter avec Emmanuelle. Elle va bientôt vieillir, et elle est divorcée...
- Rappelles-toi que tu as accepté son divorce. - Il le fallait. Paul était un parasite qui vivait à ses crochets. Nous ne le supportions pas et elle n’était pas heureuse avec lui. - Je me souviens de cette nuit où nous sommes allés tous les deux chez lui pour lui faire oublier tout ce qu’il savait de la famille. - N’empêche qu’on s’est bien amusés.
- Caleb... Est-ce que tu crois qu’on pourra fonder à nouveau une famille ? - Toi, tu le pourras... Moi, je ne sais pas encore. Rose n’est pas en état pour le moment. - Moi, j’aimerais beaucoup. Mais il faudrait d’abord que Maxime me demande en mariage.
- Il le fera, j’en suis certain. Le rôle de maman t’allait si bien. Tu étais resplendissante. - Mais si je venais à avoir d’autres enfants, cela voudrait dire qu’il me faudrait accepter de les perdre à nouveau... - Oui, s’ils ne naissent pas vampires, mais si tu n’en avais pas, tu te priverais d’un bonheur inégalé. Nos enfants ont fait notre bonheur, Lilith, il faut t’en rappeler. Même si cela a été pour une courte durée, nous étions heureux avec eux.
- Tu as raison. J’ai vécu auprès d’eux les plus belles années de ma vie, et auprès de Roger aussi, bien sûr. - Ces instants de bonheur sont précieux. Nous ne devons pas les gâcher. Et même s’ils ne durent pas longtemps, nous nous devons de les savourer. - C’est vrai. Je ne voyais pas les choses ainsi, mais tu m’as ouvert les yeux. Je vais déjà apprécier mon bonheur auprès de Max. - Tout comme j’ai apprécié tout ce que j’ai vécu avec Rose... Si elle ne se remet pas, ces instants seront à jamais avec moi.
Lorsqu’ils étaient rentrés au manoir, Lilith était partie se coucher auprès de Maxime et Caleb était allé se préparer un plasma Mary au salon.
Il regarda un des portraits de son épouse, toujours belle pour lui, si gentille et si douce... Jamais il n’avait vécu pareil bonheur, et il ne voulait pas que cela s’arrête.
Il prit son verre et monta dans sa chambre, auprès d’elle. - Je suis rentré, ma douce.
Caleb aimait parler à Rose. Quelque chose au fond de lui, lui disait qu’elle entendait ses paroles. - J’étais avec Lilith. Nous avons beaucoup discuté. Figure-toi que ton cousin Maxime et elle vivent le grand Amour.
Il se leva pour débarrasser son verre puis alla s’allonger auprès de Rose. - Lilith et Maxime s’aiment vraiment, une belle histoire. Je pense que leur amour est aussi fort que le nôtre.
Rose bougea dans son sommeil... - Il y a une chose que je ne t’ai pas encore dite : j’ai rencontré Perrine. C’est une femme formidable. Elle a apparemment ses entrées auprès du Créateur. Il a donné à Lilith une seconde chance d’aimer. C’est merveilleux, n’est-ce pas ? Il voulait la remercier d’avoir participer au combat. Tu sais, nous avons vaincu Straud et tous ses disciples. Aucun d’entre eux ne pourra plus te faire du mal.
Le lendemain matin, Caleb s’occupa de sa femme. Il la lava et la changea.
- Je vais descendre pour le petit déjeuner, ma douce. En fin de journée, tu vas avoir la visite du Docteur Claire Guérin. Elle t’examinera sûrement. Et j’espère qu’elle va pouvoir nous aider. Je te dis à tout à l’heure.
Lilith et Landry ne disaient mot, mais ce dernier sentait que son meilleur ami était sur le point d’exploser. Contre toute attente, il s’apaisa.
Maxime remettait ça, et Landry et Lilith se demandaient comment cette conversation allait se terminer.
Lilith était très fière de Maxime. Il avait tenu tête à Caleb sans se laisser impressionner, et obtenu ce qu’il voulait.
En fin d’après-midi, Caleb, Maxime et Landry attendaient au salon l’arrivée du médecin.
C’est Lilith qui alla lui ouvrir.
- Bonjour, je suis Lilith Vatore, la sœur de Caleb. Nous vous attendions. - Bonjour Madame Vatore.
Caleb arriva aussitôt.
- Comment allez-vous, Monsieur Vatore ? - Ça va, j’espère que vous trouverez un moyen de sauver Rose. - Il faut d’abord que je l’examine. - Suivez-moi à l’étage, je vous prie, je vais vous montrer sa chambre.
- Je vais vous demander de nous laisser, Monsieur Vatore. - J’aimerais rester. Rose ne vous connait pas. Elle pourrait avoir peur. - Monsieur Vatore, laissez-moi faire mon travail, s’il vous plait. - Comme vous voudrez. Je vous attends en bas.
Caleb s’éclipsa rapidement, à la vitesse vampirique. Le docteur Guérin le héla donc. - N’ayez crainte, Monsieur, je vais prendre soin d’elle.
Caleb descendit au salon.
Caleb s’était aussitôt levé.
- Vous avez du nouveau, Docteur ? - Les nouvelles ne sont pas bonnes, Monsieur Vatore.
Tout le monde s’empressa autour de Caleb.
- Qu’est-ce à dire ? Qu’y a-t-il ? - Votre épouse a contracté la fièvre du rongeur enragé... Et à ce jour, nous n’avons encore aucun remède... Je suis désolée, Monsieur Vatore.
- Ce n’est pas possible. Elle n’a jamais eu de contact avec des rongeurs. - Chez vous peut-être. Mais lorsqu’elle a été enlevée ? Qu’en savez-vous ? Je pense que la maladie lui a été volontairement transmise. Sûrement par voie orale. - Et vous ne pouvez rien faire, c’est ça ? - Nous n’avons encore aucun vaccin, je vous l’ai dit...
Caleb n’acceptait pas cet état de fait, et il en voulait beaucoup à ce médecin qu’il jugeait incapable.
- Alors vous ne servez à rien, n’est-ce pas Docteur Guérin ? - Apparemment non, Monsieur Vatore.
Au plus profond de son désarroi, il entendit la voix de Maxime.
- Caleb, s’il te plait, elle n’y est pour rien. - C’est vrai... Pardonnez-moi, Docteur. - Cette maladie est incurable. Vous pourrez contacter n’importe quel médecin, il vous dira la même chose. Quelqu’un en voulait à votre femme, Monsieur.
Caleb lui tendit sa main.
- D’accord Docteur. Merci de vos être déplacée. - Je vous en prie... Ecoutez, si vous avez besoin de quoi que ce soit n’hésitez pas. - Ce ne sera pas nécessaire. Je crois que nous nous sommes tout dit. Au revoir, Docteur. - Au revoir Monsieur Vatore.
Lorsque Claire Guérin partit, Caleb se tourna vers ses amis.
- Vous avez tous entendu ? Elle ne peut rien faire. - Oui, mais tu m’as donné ta parole, Caleb. Ne l’oublie pas. - Je le sais bien, mais pas ce soir. J’ai besoin d’être seul. Je vais voir Rose. - Comme tu voudras. On en parle demain.
Caleb était complètement anéanti... Non seulement cette incompétente de docteur Guérin n’avait rien pu faire, mais en plus, il ne parvenait à visualiser qu’une seule issue pour Rose... Sa fin.
- Tu es comme ça à cause du Comte, ma douce...
Il éteignit la lumière. Rose avait les yeux ouverts mais elle ne le voyait toujours pas.
- Il avait promis de me faire souffrir autant qu’il avait souffert... Je crois qu’il est en train d’y parvenir. Je suis tellement navré, ma Rose... Tout cela est de ma faute. Même dans sa tombe, il nous veut du mal. Je l’ai sous-estimé, il avait tout prévu...
- Tu sais, ma douce, tu ne l’as pas encore vu, mais j’ai mis un livre, sur ta table de chevet. C’est Cassandre, ta mamie, qui me l’as laissé pour toi. Elle a dit qu’il te réconforterait. Voilà, je t’ai tout dit, ou presque, pour ce soir, ma tendre Rose. Et n’oublie pas que je t’aime.
A suivre... 😊
Crédits poses :
Rose seule puis Rose et Caleb alongés sur le lit : JOANNE BERNICE
Rose allongée sur le lit (robe grise) : JOANNE BERNICE
Pose de Maxime, Landry et Caleb devant le docteur Guérin : EXZENTRA
Crédits CC :
Feu aux fenêtres du Manoir Straud : NATALIA AUDITORE
G8/ Chapitre 36 - Le Docteur Guérin ______________________________________
Caleb avait ramené Rose au manoir.
Il l'avait portée jusqu’à leur chambre, le cœur bien lourd de la voir dans cet état.
- Ça va aller ma chérie. Tu es à la maison maintenant. Plus personne ne te fera de mal, je te le promets.
Il l’avait déposée sur leur lit et avait rapidement essuyé une larme qui coulait le long de sa joue. Il ne savait pas si Rose pouvait le voir, mais, si c’était le cas, il ne tenait pas à ce qu’elle le vit pleurer.
Elle avait ouvert les yeux mais son regard était toujours dans le vague. Caleb se demandait si elle se rendait compte de l’endroit où elle était, mais il était persuadé d’une chose, c’est qu’elle l’entendait. - Tu vois, tu es dans notre chambre, ma douce, dans ton lit.
Il l’avait alors, doucement embrassée. - Je t’aime.
A son retour de chez Straud, Perrine avait tenu à réunir tout le monde. - Je vais devoir vous quitter, maintenant. Ma mission auprès de vous est terminée.
Tous avaient la mine triste. Le combat avait été dur et les pertes subies, douloureuses. Elle leur annonça qu’elle avait récupéré le cristal et le petit cercle de magie, laissant le grand à Maxime, à qui il appartenait. - Avant de partir, j’ai quelque chose à vous dire, qui vous concerne, Lilith et toi, Landry. Le Créateur tenait à vous remercier de votre implication dans ce combat. Pour ce faire, vous avez reçu de sa part, le droit d’aimer une seconde fois au cours de votre vie.
Tous restèrent interdits devant cette annonce importante. Perrine se tourna vers Landry et poursuivit : - Je sais qu’au regard des circonstances, tu n’imagines pas une seconde que cela puisse arriver, Landry, mais ça arrivera.
Elle s’adressa ensuite à Lilith. - Lilith, tu te demandais pourquoi tu ressentais de telles choses pour Maxime, maintenant tu sais. Lui aussi est ton Unique. Tu n’aimeras plus après lui.
Caleb souriait en regardant sa sœur. Elle avait une seconde chance, et il en était très heureux. Mais Landry regarda Maxime d’un air contrit. Il n’envisageait effectivement pas qu’il puisse aimer aussi fort, une autre femme que Shelby.
- Maintenant, il faut que je vous laisse. Vous n’avez plus besoin de moi, et je dois retourner auprès du créateur.
Caleb se leva pour dire au revoir à Perrine. - Va voir le docteur Guérin pour Rose, lui dit-elle. Elle est à l’hôpital d’Oasis Spring.
Elle se tourna vers Lilith. - Ne doute plus, Lilith. Ce que tu ressens est bien réel.
Puis elle embrassa Caleb.... - Suis ton instinct, il la sauvera.
...et Landry. - Ça ira, Landry. Je te promets que ça ira.
Et elle disparut.
Caleb s’aperçut que malgré sa peine d’avoir perdu son père et son oncle, Maxime avait un regard plein d’amour pour Lilith et cela lui réchauffa le cœur.
Ce soir-là, il était remonté auprès de Rose.
Il s’était allongé auprès de sa femme et était resté ainsi, contre elle, une bonne partie de la nuit.
Landry, lui aussi, était allé dans sa chambre. Mais celle-ci était trop pleine du souvenir de Shelby.
Alors, il décida d’aller faire un tour en ville. Il avait besoin de prendre l’air.
Maxime et Lilith se consolèrent ensemble, tristes de la perte de leurs êtres chers, mais soulagés d’avoir un avenir ensemble.
Egoïstement heureux de ce cadeau que le Créateur avait offert à Lilith...
Une seconde chance inespérée.
Caleb avait été réveillé au milieu de la nuit par Rose, qui avait changé de position. Il s’était alors habillé.
Doutant que sa femme ne se réveille à son tour, il décida de se rendre à l’hôpital. Shelby y gardait du plasma dans son bureau, dans une cellule de maintien à température.
Il ne voulait pas que quelqu’un mette la main dessus et commence à poser des questions ou à faire une enquête.
Le nom de Shelby était toujours sur la porte et la cellule toujours en place.
Il se dirigea donc vers elle d’un pas assuré, bien décidé à tout faire disparaître. Mais à peine avait-il ouvert la porte qu’il entendit des pas derrière lui. Il s’empara d’une canette d’eau qui se trouvait là. - Que faites-vous ici ?
- Oh, je cherchais de quoi me rafraîchir. - Dans mon bureau ?
- Vous êtes le docteur Shelby Levasseur ? - Pas vraiment, non. - C’est pourtant le nom qui est inscrit sur la porte. - Vous ne manquez pas d’air. Monsieur ?
- Vatore. Caleb Vatore. - Je vais vous demander de sortir, Monsieur Vatore. J’ai encore beaucoup de travail. - Bien sûr, je comprends. - Au revoir, Monsieur Vatore.
Caleb rentra chez lui, penaud. - Je n’ai pas réussi à récupérer le sang, ma douce. Mais la bonne nouvelle, c’est que le médecin que j’ai vu n’avait pas l’air de se douter de quoi que ce soit.
Rose avait investi le milieu du lit. Caleb prit un fauteuil. Il ne dormirait pas cette nuit. - J’y retournerai demain soir. J’essayerai d’être un peu plus prudent, cette fois.
Il veillerait sur le sommeil de sa femme. - Ma douce, je t’aime tellement, reviens-moi...
Le lendemain matin, Rose dormait toujours. Elle changeait régulièrement de position mais ne se réveillait pas.
Caleb était de plus en plus inquiet. Il saisit son téléphone pour solliciter un rendez-vous avec le docteur Guérin, le médecin dont lui avait parlé Perrine. Son interlocuteur lui dit que l’agenda du médecin était chargé et que Caleb n’aurait probablement pas de rendez-vous avant un ou deux mois. - C’est trop long. Il s’agit d’une urgence.
Le réceptionniste le mit en attente pour aller vérifier. Lorsqu’il revint, trente secondes plus tard, il lui annonça qu’un rendez-vous s’était libéré pour l’après-midi. Caleb trouva ce revirement de situation étrange, mais le réceptionniste assura qu’il avait eu de la chance car il y avait eu une annulation.
- J’espère que ce docteur Guérin pourra te tirer d’affaire, ma douce.
Lorsqu’il descendit pour le petit déjeuner, Maxime était en train de s’inquiéter de savoir s’il pouvait ou non manger de ce crumble aux plasma fruits.
Ensemble, tous essayaient d’oublier les terribles deuils qui les submergeaient.
Lilith savait combien le protocole était cher à son frère et elle-même, trouvait qu’il en manquait.
Caleb se rendit donc auprès de sa tendre épouse. - Cet après-midi, je vais aller voir un docteur pour toi, ma douce. Le docteur Guérin, je t’en ai parlé tout à l’heure.
- Je reviendrai très vite, je te le promets.
L’après-midi, Caleb se rendit donc à l’hôpital. A travers la vitre, il reconnut le réceptionniste qu’il avait déjà vu lorsque Rose y avait été hospitalisée.
- Bonjour Monsieur Vatore. - Vous me reconnaissez ? - Bien sûr. Qu’est-ce que je peux faire pour vous ?
- J’ai rendez-vous avec le docteur Guérin. - Je l’ai notifiée de votre arrivée. Allez-vous asseoir en salle d’attente, elle va venir vous chercher.
Le médecin arriva quelques minutes plus tard. - Monsieur Vatore, vous voulez bien me suivre.
Il reconnut sa voix et redressa la tête. - Vous ? - Et si nous allions parler dans mon bureau ? Vous y êtes le bienvenu cette fois.
- Je comprends mieux pourquoi j’ai obtenu un rendez-vous si vite.
- Vous avez obtenu un rendez-vous aujourd’hui parce que je travaillais avec Shelby, et que je connais très bien le dossier de votre épouse. - Vous le connaissez très bien ? C’est-à-dire ? - Disons que je connais votre petit secret Monsieur Vatore. Et j’ai repris tous les travaux de Shelby. - Tiens donc...
Caleb sentait qu’il pouvait faire confiance à cette blondinette fort sympathique. - Dites-moi plutôt pourquoi vous m’avez sollicitée pour votre femme. Que lui arrive-t-il ? - Je crois qu’elle est dans le coma. Enfin, elle dort peut-être parce qu’elle change régulièrement de position... - Lorsque le coma n’est pas très profond, ce sont des choses qui peuvent arriver.
- Elle ouvre aussi les yeux parfois. Mais son regard est vide, comme si elle dormait les yeux ouverts. - Pouvez-vous m’en dire plus ? Avez-vous une idée de ce qui aurait pu la mener à cela ? A-t-elle subi un traumatisme récemment ? - Elle a été enlevée et détenue dans une pièce sale et froide pendant plusieurs jours. Je l’ai trouvée ainsi quand je suis allé la récupérer.
Le docteur Guérin n’avait l’air ni surprise, ni choquée, ou en tous cas, elle n’en laissait rien paraître... - Oui... Tous ceux qui ont eu le loisir d’aller à Forgotten Hollow, ont pu voir le manoir de Vladislaus Straud brûler... Votre vengeance a été terrible. J’imagine qu’elle était enfermée là-bas. - Vous imaginez bien.
- Vous me disiez qu’elle est restée là-bas quelques jours. J’ai besoin de savoir combien de jours exactement. - Je dirai quatre. - Et on ne sait pas si elle est dans le coma depuis le premier jour ou après... Mais ce dont nous sommes certains, c’est qu’elle s’y trouve depuis six à deux jours... - Pouvez-vous faire quelque chose ?
- Il faudrait d’abord que je m’assure qu’il s’agit bien d’un coma et non d’autre chose. - Dites-moi ce que vous voulez que je fasse ! Je veux qu’on la sorte de là, je suis désespéré. - Il faut que je vois votre femme, et comme il est impensable de la déplacer, cela implique que je vienne chez vous, Monsieur Vatore. - Tout ce que vous voudrez.
- Et Shelby qui m’avait dit que vous ne receviez aucun étranger chez vous... - Oh... Il y a longtemps que cette règle n’est plus d’actualité. - Très bien. Je passerai chez vous demain en fin de journée. J’aurais une meilleure idée de la situation. - Merci Docteur.
- Je ne vous promets aucun miracle. Je ne sais pas encore ce qui est arrivé à votre femme. - J’en suis conscient mais votre aide me sera précieuse.
- Au fait, Monsieur Vatore, avant que vous ne partiez, je tenais à vous dire de ne pas vous inquiéter pour les petites provisions que Shelby laissait de côté à votre intention. - Vous savez ça aussi ?
- Je vous l’ai dit... Je connais tous vos petits secrets. - A demain, Docteur.
A suivre... 😊
Crédits poses :
Caleb portant Rose : NATALIA AUDITORE
Poses autour du lit Caleb et Rose (Retour de chez le comte) : WISTFUL CASTLE
Poses autour du lit Caleb et Rose (après le départ de Perrine) : MIDAGERE
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